COMBINAISONS DU FEU AVEC LE CYANOGÈNE
§796. Le fer forme avec le cyanogène plusieurs combinaisons, remarquables surtout par leurs composés multiples.
Si l'on verse du cyanure de potassium dans la dissolution d'un sel de protoxyde de fer, on obtient un précipité blanc qui est du protocyanure de fer ; mais ce précipité retient avec beaucoup de force une partie du réactif qui a servi à le produire. On l'obtient plus pur
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en traitant le bleu de Prusse par uue ifissolulion d'acidosiiiriiyiirile ; i! se forme un prteipilé blanc qui bleuit promptement â l'air. Le cyanure de fer seconiliine avec un grand nombre d'autres cyanures métalliques, et produit des cyanures deubles, très-importants parleur emploi dans Ifs arts et par l'usage fréquent qu'on en bit comme réactifs dans les laboratoires, Daus ces combinaisons, é fera perdu ses propriétés caractéristiques babituelles, car il n'est tusprécipité parles réactifs qui le précipitent ordinairement de ses issoliilions salines ou des cblorures. Les propriétés caractéristi- Des des cyanures simples sont également modifiées dans ces cya- IDres doubles; et l'on a été conduit à r^arder ces combinaisons Omme n'étant pas réellement des cyanures doubles, mais des fcomdu métal avec un corps électro négatif composé, auquel on a onné le nom de cyanofer, ou de ferroci/anogène.
Cyanure double de fer et de patassitim, ou cyanoferrare de potassium, ou ferrocyanure de potassium, FeCy-)-2KCy.
§ 797. Le plus important de ces composés est le cyanure double ) fer et de potassium, que l'ou appelle aussi cyanofemiTe de polas~ um, ferrocyanure de potassium , et prussiale de pelasse. Ce sel se
. orne dans le commerce sous forme de beaux cristaux jaunes. Sa
bnnule chimique est
FeCy-i-2KCy+3H0.
11 renferme 13,8 pour 100 d'eau , qu'il perd facilement par une
bible élévation de température, ino parties d'eau dissolvent â la
température ordinaire 25 partiesdece sel, et 30 parties à la lempéra-
Inrederébullition. Ce cyanure double |ouit d'une grande stabilité;
il n'est pas décomposé par les alcalis, ni même par les hydrosulfates
dcaUns. Soumis â l'action de la chaleur, le cyaneferrure de potas-
nimsedécompose; de l'azotese dégage. Le résidu, repris par l'eau,
lonneunedissoluliondecyanure de potassium, et il reste une matière
]irequi est un véritable carbure do fer, ayant pour formule FeC.
On prépare ce sel dans les arts, en fondant du charbon animal
tvec du carbonate de potasse. Le cbarbon animal doit être préparé
Kprès avec des matières animales ne renfermant pas beaucoup de
liosphales. On l'obtient en calcinant de !a corne, de la jhair des-
Schée, des peaux, principalement de vieux souliers. Ces matières
tssent un résidu charbonneux, irès-azolé, que Ion chauffe en-
pDite avec son poids environ de carbonate de potasse, dans de
Itrandes chaudières en fonte où pénètre la (lanime fumeuse d'un
50 PEft.
fourneau à réverbère. On commence par fondre le carbonate de potasse seul, puis on y ajoute le charbon animal. H y a réaction avec une effervescence assez vive ; on agite continuellement la masse avec des ringards en fer. Il se forme du cyanure de potassium et du cyanure de fer. Le fer est fourni par les parois de la chaudière et par les ringards. Lorsque la réaction est terminée, on enlève la matière, et on la traite par l'eau bouillante. On filtre la dissolution chaude, et on Tévapore jusqu'à cristallisation. Les eaux mères, soumises à une nouvelle concentration, donnent encore des cristaux. On purifie ces cristaux en les dissolvant dans Teau bouillante, et laissant refroidir lentement la liqueur.
Oç a réussi depuis quelques années à préparer le cyanure de potassium par la combinaison directe du carbone avec Tazote, en présence du carbonate de potasse : on utilise maintenant ce procédé en grand pour préparer le prussiate de potasse. On chauffe à une haute température, dans des carneaux en briques, du charbon de bois imprégné d'une dissolution concentrée de carbonate de potasse, au milieu d'un courant d'air chaud qui a été privé de son oxygène par son passage à travers une longue colonne de coke incandescent. On retire de temps en temps la portion de charbon potassé qui est arrivé à la partie inférieure des carneaux, et l'on maintient ceux-ci constamment pleins, en introduisant de nouveau charbon potassé par leur ouverture supérieure. Le charbon alcalin reste exposé, dans cette opération, pendant 1 heures environ, à l'action de l'azote. On le chauffe ensuite dans une chaudière en fer, avec de l'eau et du fer spathique réduit en poudre fine. La liqueur évaporée donne de beaux cristaux de prussiate de potasse trèspur. Le résidu de charbon est de nouveau imbibé d'une dissolution concentrée de carbonate de potasse, et repasse dans la fabrication.
La dissolution de prussiate de potasse, versée dans les dissolutions d'un grand nombre de sels métalliques, donne des précipités, souvent remarquables parleurs belles couleurs, et qui servent de caractères pour distinguer les métaux. Dans ces doubles décompositions, le cyanure de potassium est seul décomposé ; il se change en un cyanure du métal qui existe dans la dissolution réagissante, et ce nouveau cyanure se combine avec le cyanure de fer. Si l'on verse du prussiate de potasse, FeCy-[-2KGy, dans une dissolution de sulfate ^e cuivre, CuO.SO*, on obtient un précipité d'un rouge brun caractéristique, qui a pour formule FeGy-j-2CuCy. Le prussiate, versé dans une dissolution de sulfate de zinc, 2nO.SO', donne un précipité blanc FeCy-{-2ZnCy. On a ainsi une série de compo-
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ses, de formules semblables, qui renferment tous du prolocyanure de fer.
Le précipité que Ton obtient avec un sel de plomb, a pour formule FeCy +2PbCy. Si l'on traite ce précipité par l'hydrogène sulfuré, il se forme du sulfure de plomb insoluble, et une liqueur acide qui donne des cristaux blancs quand on Tévapore à l'abri de l'air, à côté d'une capsule pleine d'acide sulfurique concentré. Ces cristaux sont formés par un véritable hydracide FeCy + 2HCy, que Ton a appelé acide hydrocyanoferrique^ ou acide ferrocyanhydrique. La dissolution de cet acide est sans odeur, et n'a aucune des propriétés de l'acide cyanhydrique. On peut donc regarder les cyanures doubles comme des cyanoferrures.
Le prussiate de potasse donne, avec les sels de protoxyde de fer, un précipité blanc, composé en grande partie de protocyanure de fer ; mais il retient toujours une certaine quantité de cyanure alcalin. Ce précipité s'altère très-vite à l'air.
Avec les sels de peroxyde de fer, le prussiate de potasse donne un précipité d'un beau bleu. Ce précipité, qui est appelé 6/cm de Prusse, est employé comme matière colorante dans la teinture et dans la peinture à l'huile. On a la réaction suivante entre le perchlorure de fer et le prussiate de potasse :
2Fe»Cl' + 3(FeCy + 2KCy) =: 6KC1 + (3FeCy + 2Fe«Cy»).
Le bleu de Prusse a pour formule 3FeCy-j-2Fe*Gy*.
§ 798. Si l'on fait passer un courant de chlore dans une dissolution de prussiate de potasse, et qu'on fasse ensuite bouillir la liqueur, il se forme un précipité vert. Ce précipité, chauffé avec de l'acide chlorhydrique, abandonne une certaine quantité de peroxyde de fer mélangé, et lerésidu verta pour formule FeCy + Fe*Cy*-f-4H0, C'est un composé semblable à l'oxyde magnétique, si on néglige l'eau combinée.
§ 799. Si l'on arrête le courant de chlore au moment où la dissolution ne précipite plus en bleu les sels de peroxyde de fer, on obtient une liqueur qui donne, par l'évaporation, des cristaux d'un beau rouge. Il est important de ne pas trop prolonger l'action du chlore, et d'agiter continuellement la liqueur. On essaye fréquemment la dissolution avec les sels de peroxyde de fer, et on arrête le courant de chlore aussitôt qu'il ne se forme plus de précipité. Il est bon aussi de neutraliser, à mesure, la liqueur avec un peu de potasse. Ce sel rouge, auquel on donne le nom de cyanoferride de potassium ou de ferricyanure de potassium , mais que l'on appelle le plus souvent prussiate rouge de potasse^ a pour formule
3KCy4-Pe*Cy*. Il ne renferme pas d'eau de cristallisation. La réaction, qui lui donne naissance, est la suivante :
2(FeCy+2KCy)+Cl = (3KCy+Fe«Cy*)+KCl.
Le prussiate rouge est beaucoup moins soluble que le prussiate jaune; il faut 38 parties d'eau froide pour en dissoudre 4 partie. Les sels de protoxyde de fer donnent avec le prussiate rouge de potasse un précipité d'un beau bleu. Ce précipité a pour formule 3FeCy-f-Fe*Cy*;on a la réaction :
(3KCy+ Fe«Cy») +3{FeO.SO») = 3(K0.S0») + (3FeCy + Fe«Cy*).
Le prussiate rouge de potasse donne, avec les sels de plomb, un précipité 3PbCy + Fe*Cy'. Ce précipité, traité par l'acide sulfurique, donne un précipité de sulfate de plomb et une combinaison 3HCy-|-Fe*Cy*, appelée acide ferricyanhydrique, qui donne une dissolution rouge. Cette dissolution, évaporée, abandonne des cristaux d'un jaune brun.