‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 80 sur 130 · COMBINAISONS DU TUNGSTÈNE AVEC LE CHLORE · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DU TUNGSTÈNE AVEC LE CHLORE

§1030. Le tungstène métallique s'unit directement au chlore, avec dégagement de lumière. Si I on fait l'expérience dans un tube [le verre chaufTé, et traversé par un courant de chlore, les parties froides du tube se recouvrent de petites aiguilles, d'un rouge foncé. Je bichlorure de tungstène, WCl'*. Ce corps est très-fusible et volatil. H se décompose au contact de l'eau en bioxyde de tungstène qui se précipite, et en acide chlorhydrique.

En chauffant l'acide sulfotungstique dans un courant de chlore sec, on obtient un irichlorure de tungstène, WCP, qui se sublime sous la forme de petits cristaux rouges. Ce chlorure se décompose au contact de l'eau en acide tungstique et en acide chlorhydrique.

Si Ton fait passer du chlore gazeux sur de l'acide tungstique, il 5e sublime des petites aiguilles jaunes qui correspondent par leur îomposition à l'acide chlorochrômique (§ 884), Leur formule est

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266 TUNGSTÈNE.

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§ 4034. Le tungstène fie dose toujours à l'état d'aci( stique.

Pour le séparer des autres métaux on se fonde, tantôt su lubilité de Tacide tungstique dans l'eau et dans les acides sur sa solubilité dans les sulfhydrates alcalins.

L'insolubilité de l'acide tungstique dans les acides éten met de le séparer des métaux alcalins, alcalino-terreux et du manganèse, du fer, du chrome, du cobalt, du nickel, du cadmium, du plomb, du cuivre, du mercure, de l'argent. Sai dans l'ammoniaque permet de le séparer du fer, du chrôm tain, du bismuth, etc., etc. Enfin, sa solubilité dans les suif alcalins permet de le séparer des métaux dont les sulfures pas solubles dans les sulfhydrates ; c'est-à-dire du fer, du manganèse, du cuivre, du plomb, de l'argent, etc., etc.

MOLYBDÈNE. 267

MOLYBDÈNE.

Équivalent = 589,Q.

§ 4032. On obtient le molybdène'^ en chauffant, dans un tube de porcelaine, un oxyde quelconque de ce métal au milieu d'un courant de gaz hydrogène. Le molybdène reste souis formed'une poudre grise, qui prend l'éclat métallique sous le brunissoir. On obtient le molybdène plus agrégé, en réduisant l'oxyde dans un creuset brasque au feu de forge. Si l'on élève la température aussi haut que possible, on obtient quelquefois des petites masses fondues, présentant l'aspect de l'argent mat. La densité du métal est alors de 8,62. Le molybdène est facilement oxydable ; celui qui a été obtenu au moyen de la réduction par l'hydrogène se change à l'air, avec le temps, en une poudre brune d'oxyde. Chauffé au contact de l'air, il devient incandescent et se change en acide molybdique. L'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique dilué n'attaquent pas le molybdène; l'acide azotique l'attaque, au contraire, très-vivement et le change en acide molybdique.

COMBINAISONS DU MOLYBDÈNE AVEC L'oXTGÈNE.

% 4 033. Le molybdène forme avec l'oxygène trois combinaisons : le protoxyde MoO et le bioxyde MoO' qui sont des bases salifiables; le troisième oxyde MoO* qui est un acide.

Vacide molybdique MoO', est la combinaison la plus importante du molybdène; il sert à la préparation de tous les autres composés de ce métal. Le molybdène se trouve dans la nature principalement à l'état de sulfure de molybdène MoS*. Ce minéral forme des paillettes grises, à éclat métalloïde; il ressemble au graphite naturel, et laisse, comme ce dernier corps, des traces grises sur le papier. Il se trouve dans des roches granitiques, où il accompagne souvent les minerais d'étain. Les principaux gisements sont en Bohème et en Suède. On attaque le sulfure de molybdène par l'eau régale ; le soufre se change en acide sulfurique, et le molybdène en acide molybdique. On évapore à sec, et l'on traite le résidu par l'ammoniaque, qui dissout l'acide molybdique pendant l'évaporation de la liqueur. Le molybdate d'ammoniaque se sépare en cristaux. Le

* Découyeri en i778 par Scbeele.

â(>8 MOLYBDÈNE.

molybdate d'ammoniaque, chauffé au contact de l'air, se transforme en acide molybdique. On peut également séparer Tacide molybdique, en versant de Tacide chlorhydriquedans la dissolutiondu molybdate.

L'acide molybdique forme une poudre blanche, qui se sublime à une forte chaleur rouge en donnant des paillettes cristallines blanches. Cette sublimation ne se fait bien que dans un courant de gaz. L'acide molybdique, précipité par les acides, est très- faiblement solubie dans l'eau ; il y est complètement soluble après qu'il a été calciné. L'acide molybdique se dissout notablement dans les acides.

On obtient le protoxyde de molybdène MoO, en versant de l'acide chlorhydrique dans la dissolution d'un molybdate alcalin, jusqa'à ce que l'acide molybdique, qui se précipite d'abord, se soit redissous, on plonge ensuite une lame de zinc dans la liqueur, et celleci devient d'abord bleue, puis rouge brun, enfin noire. Elle renferme alors du chlorure de zinc et du protochlorure de molybdène; on y verse avec précaution de l'ammoniaque ; le protoxyde de molybdène se précipite le premier, et l'on cesse l'addition de l'ammoniaque aussitôt que la liqueur s'est décolorée. Le précipité doit être lavé rapidement et, autant que possible, à l'abri du contact de l'air, parce qu'il absorbe promplement l'oxygène.

Le bioxyde de molybdène, MoO", se prépare en décomposant le molybdate d'ammoniaque par la chaleur, à l'abri du contact de l'air, ou en calcinant un mélange de molybdate de soude et de sel ammoniac. Cet oxyde est une poudre cristalline, d'un brun rougeâtre ; il forme un hydrate rouge brun, qui ressemble à l'hydrate de sesquioxyde de fer.

Si l'on verse de l'ammoniaque dans la liqueur bleue que l'on obtient en réduisant partiellement par le zinc une dissolution d'acide tungstique dans l'acide chlorhydrique, il se forme un précipité bleu, qui est un oxyde salin résultant de la combinaison de l'acide molybdique avec le bioxyde de molybdène.

Sels formés par les oxydes de molybdène.

§ 1034. Le protoxyde de molybdène et le bioxyde forment tous deux des sels, en se combinant avec les acides.

Ces deux classes de sels présentent les réactions suivantes : les alcalis et l'ammoniaque donnent des précipités bruns ; les carbonates alcalins donnent un précipité de la même couleur qui se dissout dans un grand excès de carbonate d'ammoniaque. L'acide sulfhydrique les précipite complètement avec le temps, et donne un dépôt noir. Le même précipité se forme avec les sulfhydrates alcalins :

CHLORURES DE MOLYBDÈNE. 269

il se dissout dans un excès de réactif. Les sels deprotoxyde colorent leurs dissolutions en brun presque noir ; les sels de sesquioxyde les colorent en rouge foncé.

Molybdates.

§ 4 035. L*acide molybdique forme deux séries de sels : des molybdates neutres RO.MoO', et des bimolybdates R0.2MoO'. On obtient les premiers en dissolvant l'acide molybdique dans un excès d'alcali; et les seconds en faisant bouillir une dissolution alcaline, ou de carbonate alcalin, avec un excès d'acide molybdique. Le bimolybdate cristallise ordinairement pendant le refroidissement de la liqueur.

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