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COMBINAISONS DU ÉOLTBDÈNE AVEC LE CHLORE

§ 1036. Le molybdène métallique se combine directement avec

le chlore, et donne, à une haute température, une vapeur rouge

.qui se condense sous forme de cristaux présentant beaucoup de

ressemblance avec ceux de l'iode. Ce chlorure a pour formule MoO* ;

il se dissout facilement, et en grande quantité, dans l'eau.

On obtient un protochlorure de molybdène en dissolvant l'hydrate de protoxyde dans l'acide chlorhydrique.

En faisant passer du chlore sur du bioxyde de molybdène chauffé, il se sublime de petites paillettes très-solubles dans l'eau. Ce composé a pour formule MoO*Cl; il correspond aux acides chlorochrômique et chlorotungstique.

270 VANADIUM.

VANADIUM.

Équivalent = 855,8.

§ 1037. Le vanadium* est un métal fort rare qui se trouve en trèspetites quantités dans certains minerais de fer de la Suède; on l'a rencontré aussi à Tétat de vanadate de plomb. On prépare le vanadium en chauffant l'acide vanadique avec du potassium, dans un creuset de platine. La réaction est très-vive ; on traite ensuite par Teau pour dissoudre la potasse, et le métal reste sous forme d'iine poudre noire. On peut aussi préparer ce métal en décomposant le chlorure d^ vanadium par le gaz ammoniac sec à la chaleur ronge; il présente alors l'aspect d'une masse floconneuse, d'un blanc d'argent.

§ 1038. Le vanadium forme trois combinaisons avec l'oxygène : le protoxyde VdO, le bioxyde VdO*, et l'acide vanadique VdO*.

V acide vanadique se prépare facilement au moyen du vanadate de plomb naturel. On chauffe ce minéral avec de l'acide azotique; l'acide vanadique devient libre, et il se forme de l'azotate de plomb. On reprend par l'eau, qui laisse l'acide vanadique. On dissout cet acide dans l'ammoniaque, et l'on fait cristalliser le vanadate d'ammoniaque par l'évaporation de la liqueur. Le vanadate d'ammoniaque, calciné au contact de l'air, se transforme en acide vanadique. L'acide vanadique forme une poudre orangée, ou brune, à peu près insoluble dans l'eau. Il est réduit à un état inférieur d'oxydation par un grand nombre de corps réducteurs, par l'alcool, le sucre, l'acide oxalique, l'acide sulfureux. Il se dissout à froid dans l'acide chlorhydrique ; mais si l'on chauffe, du chlore se dégage, et Ton obtient dans la dissolution le bichlorure de vanadium, VdCl*. En versant dans cette dissolution du carbonate de potasse, on en précipite une matière floconneuse grise, qxxi est V hydrate de bioxyde de vanadium. Cet hydrate se dissout facilement dans les acides, et donne des sels cristallisables dont les dissolutions sont bleues.

En chauffant l'acide vanadique dans un courantde gaz hydrogène, on obtient une poudre noire qui est du protoxyde de vanadium, VdO. On ne connaît pas jusqu'à présent de combinaisons salines de cet oxyde.

Si l'on chauffe un mélange d'acide vanadique et de charbon, au milieu d'un courant de chlore, il se forme un chlorure volatil VdCl*; ce chlorure se condense en un liquide jaune, qui bout un peu audessus de 400®, et répand d'abondantes fumées à l'air.

♦ I.e vanadium a été découvert en i83o par un chimiste suédois, M. Sefstrom.

Équivalents: 395,6.

§ 4039. Le cuivre a été connu de toute antiquité. Il se rencontre quelquefois dans la nature à Tétat natif ; mais, le plus souvent , il y existe en combinaison avec les métalloïdes : avec l'oxygène, le soufre, l'arsenic. On trouve également quelques sels formés par l'oxyde de cuivre, principalement des carbonates.

On rencontre dans le commerce du cuivre presque pur : les cuivres de Russie ne renferment que quelques traces de fer. Le cuivre natif est souvent cristallisé sous forme de petits octaèdres réguliers ; on l'obtient sous la même forme lorqu'on le précipite lentement de ses dissolutions par les procédés galvaniques. Le cuivre affecte la même forme cristalline lorqu'après en avoir fondu une masse un peu considérable dans un creuset, on l'abandonne à un refroidissement lent, et qu'on décante, au bout de quelque temps, la partie restée liquide. On obtient du cuivre chimiquement pur en réduisant par le gaz hydrogène de l'oxyde de cuivre pur chauffé dans un tube. La réduction a lieu à une température inférieure au rouge, et le métal reste sous forme d'une poudre rouge qui prend sous le brunissoir un bel éclat métallique.

Le cuivre a une couleur rouge, caractéristique; il devient transparent quand il est réduit en pellicules très-minces ; il présente alors une belle couleur verte à la lumière transmise. On obtient ces pellicules cuivreuses en réduisant par l'hydrogène, dans un tube de verre chauffé, une petite quantité d'oxyde de cuivre, ou mieux, de chlorure. Dans certaines parties du tube, il se dépose une couche très-mince de cuivre métallique, qui présente la couleur rouge à la lumière réfléchie, et une belle couleur verte à la lumière transmise.

Le cuivre est très-malléable ; on peut le réduire par le battage en feuilles minces , et l'étirer en fils très-fins. 11 jouit aussi d'une grande ténacité, car un fil de 2""" de diamètre ne se rompt que sous une charge de 440 kilogr. La densité du cuivre varie entre 8,78 et 8,96, suivant le travail auquel il a été soumis. Le cuivre acquiert par le frottement une odeur désagréable, et il présente une saveur particulière. Il fond à une forte chaleur rouge; à la chaleur blanche, il donne des vapeurs très-sensibles qui brûlent à l'air avec une flamme verte.

A la température ordinaire le cuivre ne s'oxyde pas à l'air sec; mais il s'altère assez promptement à l'air humide, surtout sHl y

existe des vapeurs acides ; il se couvre d'une matière verte , appelée communément vert-de-gris. Une lame de cuivre, mouillée par un acide , puis exposée au contact de Tair, se combine avec l'oxygène de l'air, et donne d'abord un sel neutre, qui se change au bout de quelque temps en sous- sel. Une lame de cuivre s'oxyde également à Tair lorsqu'elle est mouillée par une dissolution ammoniacale. Les dissolutions étendues de sel marin attaquent rapidement le cuivre; les dissolutions concentrées exercent sur lui une action moins énergique. Le cuivre décompose la vapeur d'eau à un forte chaleur blanche; du gaz hydrogène se dégage, L'acide chlorhydrique, en dissolution concentrée, attaque le cuivre très-divisé, avec dégagement de gaz hydrogène ; mais il attaque à peine ce métal quand celui-ci est agrégé. Le cuivre ne décompose pas l'eau en présence des acides énergiques ; l'acide sulfurique concentré le dissout avec dégagement d'acide sulfureux. Le cuivre se dissout facilement, et à froid , dans l'acide azotique, avec dégagement de deutoxyde d'azote, lors même que l'acide est étendu.

COMBINAISONS DU CUIVRE AVEC l'OXTGÈNB.

§ 1040. Le cuivre forme quatre combinaisons avec l'oxygène:

1° L'oxydule de cuivre, Cu*0*;

2" Le protoxyde de cuivre , CuO ;

3" Le bioxyde de cuivre, CuO*;

4" L'acide cuivrique, dont lacomposition n'est pas encore connue.

Les deux premières combinaisons sont basiques, et forment des sels bien déflnis et cristallisables; la troisième est un oxyde indifférent; enfin la quatrième jouit des propriétés acides.

Oxydule de cuivre^ Cu"0.

§ 1 041 . L'oxydule de cuivre se trouve dans la nature ; il s'y présente, tantôt sous forme de masses d'un beau rouge, douées quel- (juefois de l'éclat vitreux, tantôt sous forme de beaux cristaux rouges. On peut l'obtenir artificiellement par plusieurs procédés : 1 " en chauffant dans un creuset de terre un mélange de \ éq. d'oxyde noir de cuivre CuO, et de 1 éq. de cuivre métallique en poudre fine; ce mélange s'agrège par fusion à une haute température ; 2° en chauffant dans un creuset un mélange de chlorure de cuivre Cu^Cl avec du carbonate de soude, et en traitant ensuite la matière par-

* On donne souvent le nom de protoxyde de cuivre k Toxydule Cu'O, et celui da bioxyde de cuivre à l'oxyde CuO. Nous n'adoptons pas cette nomenclatui-e parce qu'elle est en désaccord avec la notation chimique que nous employons.

DEUTOXYDE DE CUIVRE. 273

l'eau , qui dissout du chlorure de sodium et l'excès de carbonate de soude ; l'oxydule de cuivre se sépare sous forme d'une poudre cristalline d'un rouge foncé ; 3° en ajoutant à une dissolution d'un sel de cuivre, par exemple de sulfate de cuivre , CuO.SO*, du sucre et de la potasse , jusqu'à ce que l'oxyde de cuivre , qui se précipite d'abord, se redissolve de nouveau ; puis en faisant bouillir la liqueur. L'oxydule de cuivre se dépose sous forme de petits cristaux d'un rouge vif.

On obtient l'oxydule de cuivre hydraté , en précipitant par la potasse une dissolution de chlorure de cuivre , Cu"ÏT; l'hydrate se précipite sous forme d'une poudre jaune qui absorbe promptement l'oxygène de l'air ; desséché dans le vide , il a pour formule 4Cu*0+H0. L'hydrate d'oxydule de cuivre se dissout dans l'ammoniaque sans colorer la liqueur ; mais il absorbe promptement l'oxygène de l'air ; et la liqueur prend alors une belle couleur bleue.

Fondu avec une matière vitreuse , l'oxydule de cuivre donne des verres d'un beau rouge {% 702). Lorsqu'on les chauffe avec des acides concentrés , il se décompose ordinairement en protoxyde de cuivre , CuO, qui se dissout, et en cuivre métallique qui se sépare.

Protoxyde de cuivre , CuO. ^

g 1042. Lorsqu'on chauffe le cuivre métallique au contact de l'air, sa surface se couvre d'abord d'oxydule Cu*0 , qui se change ensuite en oxyde noir, CuO. On prépare souvent l'oxyde de cuivre en grillant, au contact de l'air, de la tournure de cuivre, ou mieux le cuivre très-divisé qui reste après la calcination de l'acétate. On obtient le protoxyde de cuivre plus facilement en décomposant l'azotate par la chaleur; on obtient ainsi l'oxyde sous la forme d'une poudre noire qui condense facilement l'humidité de l'air. Lorsqu'on verse de la potasse caustique dans la dissolution d'un sel de protoxyde de cuivre, il se forme un précipité bleu gris, qui est un hydrate de protoxyde. Cet hydrate perd facilement son eau par la chaleur ; il suffit de faire bouillir la dissolution dans laquelle on l'a précipité pour qu'il se change en une poudre noire d'oxyde anhydre. L'hydrate de protoxyde de cuivre se dissout dans l'ammoniaque , et donne une dissolution d'un beau bleu légèrement pourpré , qu'on appelle eau céleste.

Deutoxyde de cuivre, CuO*.

§ 4043. On prépare cet oxyde en traitant l'hydrate de protoxyde de cuivre par l'eau oxygénée. La matière bleue se change en une

substance d'un jaune brun , auquel une faible élévation de température enlève facilement la moitié de son oxygène.

Acide cuivrique,

§ 4044. Un mélange intime de cuivre très-divisé, de potasse et de nitre , chauffé au rouge et repris ensuite par Teau , donne une dissolution bleue qui paraît contenir une combinaison , avec la potasse , d'un oxyde de cuivre renfermant plus d'oxygène que les précédents. Mais cette combinaison est très-peu stable ; si l'on chauff'e la liqueur, il se dégage de l'oxygène , et le cuivre se précipite à l'état d'oxyde noir CuO.

8eki forméfl par Toxyde de enivre, Cu'O.

§ i 045. Les sels d'oxydule de cuivre s'obtiennent en dissolvant l'hydrate d'oxydule dans les acides étendus. Lorsque ces acides sont concentrés , Foxydule se décompose en cuivre métallique qui se sépare , et en protoxyde qui se combine avec les acides.

On prépare un sulfite d'oxydule de cuivre ^ Cu*O.SO', en décomposant une dissolution de sulfate de proloxyde de cuivre, CuO-SO", par une dissolution de sulfite de soude ; il se forme un précipité orangé qui se change , par l'ébullition , en une poudre cristalline rouge.

Lorsqu'on soumet l'acétate de cuivre à la distillation , on obtient sur le dôme de la cornue une petite quantité d'un sublimé blanc, qui est un acétate d'oxydule de cuivre.

Les sels solubles d'oxydule de cuivre donnent des dissolutions incolores. Les alcalis les précipitent en jaune orangé ; l'ammoniaque les précipite de la même manière , mais un excès de ce réactif redissout le précipité , et donne une liqueur incolore qui bleuit promptement à l'air. L'hydrogène sulfuré précipite ces sels en noir. Le chlorure de cuivre Cu'Cl convient parfaitement pour étudier ces réactions ,

Sels formés par le protoxyde de enivre, CuO.

g 1046. Ces sels s'obtiennent en dissolvant dans les acides le protoxyde de cuivre , ou mieux , son hydrate ou son carbonate. Us ont une couleur bleue , ou verte , lorsqu'ils renferment de l'eau de cristallisation. A l'état anhydre, ils sont d'un blanc sale, quand l'acide est incolore. Leurs dissolutions sont bleues ou vertes. Elles présentent les réactions caractéristiques suivantes :

La potasse et la soude caustiques donnent un précipité bleu gris d'hydrate de protoxyde , qui se change en un précipité brun par

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