‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 82 sur 130 · SULFATE DE CUIVRE · texte numérisé non relu

SULFATE DE CUIVRE

rébullition de la liqueur. Le précipité bleu ne se dissout pas dans les liqueurs alcalines faibles, mais il se dissout dans les liqueurs alcalines concentrées et les colore en bleu.

L'ammoniaque donne le même précipité ; mais un excès de ce réactif dissout le précipité, et donne une liqueur d'un beau bleu. La dissolution renferme alors un sel double de cuivre et d'ammoniaque ; la potasse caustique précipite l'oxyde de cuivre de cette dissolution.

L'hydrogène sulfuré et les sulfhydrates donnent des précipités noirs qui ne se dissolvent pas dans un excès de sulfhydrate.

Le prussiato de potasse forme , dans les sels de protoxyde de cuivre , un précipité brun marron qui prend une nuance pourprée quand le précipité est trçs-faible. Cette réaction est très-sensible ; elle permet de constater la présence dans une dissolution des plus petites quantités de cuivre.

Le fer et le zinc précipitent le cuivre métallique sous forme d'une poudre brune qui prend , sous le brunissoir, l'éclat métallique et l'aspect ordinaire du cuivre.

Le protoxyde de cuivre colore en vert le borax et généralement tous les fondants vitreux. Si l'on chauffe le verre dans la partie réduisante de la flamme, il prend une belle couleur rouge, due à ce que le protoxyde de cuivre , CuO, se change alors en oxydule , Cu*0.

Sulfate de cuivre,

§ 4047. Le sulfate de cuivre se trouve dans le commerce, où il porte le nom de vitriol de cuivre ou de vitriol bleu; à cet état il renferme ordinairement des quantités variables de sulfate de fer. On l'obtient pur en attaquant du cuivre de première qualité par de l'acide sulfurique étendu de la moitié de son poids d'eau ; de l'acide sulfureux se dégage et il se forme du sulfate de cuivre qui ne renferme que quelques traces de sulfate de fer. On évapore à sec , et l'on ajoute , à la fin de l'évaporation , quelques gouttes d'acide azotique qui font passer le fer à l'état de sesquioxyde. En reprenant par l'eau , le fer reste en grande partie à l'état de sous-sulfate anhydre de sesquioxyde. On fait bouillir la liqueur avec un peu d'hydrate , ou de carbonate de protoxyde de cuivre qui précipite les dernières traces de fer ; on soumet ensuite la liqueur à la cristallisation.

Le sulfate de cuivre est soluble dans i parties d'eau froide , et dans 2 parties d'eau bouillante. Il cristallise à la température ordinaire sous forme de beaux cristaux bleus qui appartiennent au sixième système cristallin, et qui ont pour formule CuO.SO'-|-5HO.

Les stwux sont iaomorplies avec ueux que donne li' sullale de pot j de de fer quand il criatallise à une température de iu" ean et qui renfernient de même 5 équivalents d'eau. Lorsttu'oo m lan e ces deux sulfates, et qu'on fait cristalliser la dissolution omplexe, il se dépose des cristaux qui renferment les deux sulAiet n pmp rtions différentes, suivant les quantités respectives àa deux sel qui se trouvent dans la dissolution. On peut mémefain ^ro volonté, un crislal de sulfate de cuivre dans une diseolu-

l on d sulfate de fer. Le cristal s'accroît alors avec des coudia di Hulfa edeferquisedislinguent facilement à leur'nuanee. l^mimi cristal, reporté de nouveau dans la dissolution de sulfate de coivre, se recouvre de couches de ce dernier sulfate, sans que sa fbrmF extérieure subisse des modifications notables.

Le sulfate de cuivre , chauffé , abandonne facilement i équivalents d'eau ; mais il retient le cinquième avec plus de force. Il h décompose complétenient, k une haute température , en oxyde il ruivrequi reste, et en un mèlan^'c d'acide sulfureux etd'oxygèie qui se dégagent.

Le sulfate de cuivre se prépare dans les fabriques par différenl* procédés. Une œrtaine quantité de ce gel est obtenue dans lesniiiM à cuivre. Lorsqu'on soumet au grillage des minerais de cuivre snlfurés ou des mattes cuivreuses , et qu'on arrose ensuite la matière grillée avec de l'eau, ou dissout une certaine quantité de siilfaWs de cuivre et do fer, que l'on sépare par cristallisation. Lesiilfaicde cuivre ainsi obtenu renferme toujours beaucoup de sulfate de fer.

On prépare de grandes quantités de sulfate de cuivre en utiliunl les feuilles de cuivre provenant du doublage des vaisseaux , et qd ont été mises hors de service par l'action corrosive des eaux dell mer. On chauffe ces feuilles au rouge sombre dans un four à réï»lière, puis on y projette du soufre, après avoir fermé loulM In ouvertures du fourneau. Ënergiquement attaquée par le eourre, Il surface de ces feuilles se couvre de sulfure de cuivre Cu'S; on la soumet ensuite à un grillage pendant lequel ou laisse pénélru* beaucoup d'air dans le fourneau. Une partie du soufre se dégage à l'étil d'acide sulfureux ; une autre partie se change en acide suKiiriquei et il se forme du sous-sulfate de protoxyde de cuivre. On place ensuite les feuilles sulfatisées dans de grandes chaudières remplies d'eaii à laquelle on a ajouté une certaine quantité d'acide sultorique. Du sulfate neutre de protoxyde de cuivre se dissout; on k fait cristalliser par évaporatioti, lorsque la liqueur en renferme uiw quantité suffisante. On répète ces opérations jusqu'à œ que les feuillcE' de cuivre aient entièrement disparu.

CARBONATES DE CUIVHE-

On 3 obtenu de grandes quanlitéa de sulfale de cuivre dans l'af- Inage des anciennes monnaies d'argent, ainsi que nous le dirons lus loi D.

Si l'on dissout du sulfate de cuivre dans une dissolution chaude 'ammoniaque, on obtient une disaolution d'un beau bleu qui abanjonne, par le refroidissement, des cristaux d'un bleu foncé dont la Jomposilion est représentée par la formule CuO.SO'-|-3AzH*+HO.

"i l'on fait digérer de l'osyde de cuivre hydraté avec une dissolude sulfate de protoxyde de cuivre, on obtient une poudre verte |ui eal un sous-sulfate de cuivre hydraté, CuO.SO'-|-2CuO+3HO. Dessous-sulfates analt^ues se précipitent quand on décompose ineomplétement les dissolutions de sulfate de cuivre par les alcalis.

Le sulfate de cuivre forme avec les sulfates alcalins des sulfates loubles facilement crislallisHbles. Il donne également des sulfates loubles, maisà proportions variables, avec le sulfate de magnésie, et ivac les aulfalea de protoxydesde fer, de zinc, de nickel, etc., qui lont tous isomorphes entre eux. Ces sulfates doubles, cristallisés à U température ordinaire, renfennent 5 ëq. d'eau lorsque le sulfale cuivre domine; et 7 ëq, d'eau, quand, au contraire, l'autre sul-

e métallique est en plus grande quantité. Dans les deux cas, ces nilfates sont isomorphes, toutes les fois qu'ils renferment la même quantité d'eau.

Azotate de cuivre.

% lOiS. On pr'épare ce sel en dissolvant le cuivre dans l'acide «lOtique étendu. La liqueur, évaporée, donne de beaux cristaux ibteus qui renferment 3 ou <i éq. d'eau, suivant la température à la- ' lelle la cristallisation a eu lieu. L'aiotate de cuivre est employé dans la teinture.

Soumis à l'action de la chaleur, l'azotate de cuivre se change jl'abord en sous-azolate vert 4CuO.AiO'i il se décompose ensuite êomplélement à une température plus élevée, et il rt'Sle du prutoxyde de cuivre. On obtient le même sous-azotate en précipitant Tazotaie neutre par l'ammoniaque.

Carbonales de cuivre.

(0i9. Si l'on verse une dissolution de carbonate alcajin dans Une dissolution de sulfate de cuivre, ou obtient un précipité géJati- Deux bleu clair, qui se change, au bout de quelque temps en une poudre verte. La composition du précipité vert est représentée par la formule 2CuO.C0''+HO, Le précipité gélatineux bieu ne parait

GD différer qu'en ce qu'il renferme plus d'eau. En faisan! bouillir J la liqueur avec le précipité, celui-ci se change en une poudre brune J, qui est du protoxyde de cuivre anhydre. Le carbonate de cuivre j vert est employé dans la peinture à l'huile, sous le nom de iwï j minÉTal. I

On trouve dans la nature un hydrocarhonale de cuivre, sois I forme de masses concrétion nées vertes. Ces masses sont souvcol très- compactes , et d'un volume considérable; on en forme aloraite ,' objets d'ornement, lels que vases, fûts de colonnes, dessus de liblés et de cheminées : ces objets ont une grande valeur dans le coomerce. Le poli met en évidence des veines de nuances différeaUs. Ces veines sont produites par la structuré mamelonnée de la matière, et donnent un trèa-bel aspect aux surfaces polies. Cet bydrocarbonate est appelé malachite; sa formule est CuO.CO'-f CuO.HO. Ij malachite est assez abondante en Sibérie pour qu'on l'exploite comn rainerai de cuivre.

On rencontre dans la nature un autre hy d rocs rbon aie de ciiivffl qui a pour formule 2CuO.CO*-|-CuO.HO, et qui forme de beaux cristaux bleus. Cette substance se trouvait en grande aboadaoce dans les mines de Chessy près de Lyon, où on l'a fondue pendanl longtemps comme minerai de cuivre. Réduite en poudre fine, elle prend une couleur d'un bleu clair ; on l'emploie â cet état coi matière colorante dans les fabriques de papiers peints, où oi donne ie nom de bleu de moutagm, on de cendres Mettes noiurtH». On fabrique en Angleterre, par un procédé tenu secret, deseen4m bleues artificielles d'une plus belle nuance que le produit naturel.

Arséttile de cuivre.

§ 1 050. L'arsénilede cuivre est employé dans la peintureàrhuile. sous le nomde wrt deScftwie. Pour le préparer, on dit^ouiaini. de carbonate de potasse et * kil. d'acide arsénieux dans (i litres d'eau, et l'on versa cel>« liqueur, par petites quantités, dans une dissolution bouillante de 3 kil. de sulfate de cuivre dans iO liltH d'eau. On agite continuellement les liqueurs ])endant la précipilntion. On modifie la nuance de cette couleur en faisant varier lis proportions d'acide arsénieux.

Silicates de cuivre.

g 1051. L'oxyde de cuivre se combine par voie de fusion en Wdl«s proportions avec l'acide silicique, il forme des masses vitreux»

îtATES DE CUIVRE.

Terles. On rencontre dans la nature un silicate de cuivre crislallisé ïuquel les minéralogislea ont donné le nom de dioplase. La formule ' ce minéral est 3Cu0.2SiO'-|-3HO.

Acétates de cuivre,

§ 4052. En dissolvant lo protoxyde de cuivre dans de l'acide acéfique, on obtient une liqueur verte qui, convenablement évaporée à t^ud, laisse déposer de beaux cristaux verts ayant pour formule GuO.C'H'O'-f HO. Ce sel est soluble dans 5 parties d'eau bouillante. On lui donne dans le commerce le nom de verdet. On le prépare dans les fabriquas en dissolvant dans du vinaigre le sous-acélale de CDivre dont nous inijiquerons (out à l'beure la préparation. Lorsque sel cristallise à une basse température, les cristaux sont bleus et p^ntent la formule CuO.C'H'O'+'IlO.

On prépare dans le midi de la France un sous-scétate de cuivre, 1 laissant oxyder à l'air des plaques de cuivre mouillées avec du viiiaigre, ou mises en contact avec du marc de raisin qui éprouve la Jènnentation acide. A cet effet, on dispose dans des pots de terre, ies plaques carrées en cuivre, couches par couches, avec du marc de raisin en fermentation. Au bout de deux ou trois semaines, on Retire les plaques, et on les expose à l'action oxydante de l'air, en ouillant de temps en temps. Les plaquesde cuivre se recouvrent tlnsi d'une couche bbu verdâtre,queronenlëve en les raclant. On renouvelle celte opéra tion.jui'qu'à ce que les plaques soient entièrement .LamatièreverteapourfomiuleCuO.C'H'O'+CuO.HO+SHO. I la tr.iite par l'eau, il se sépare des paillettes cristallines insolubles qui ont pour formule 3CuO.C*H'0', et il se dissout mélange d'acétate neutre GuO.C'H^O' etd'un acétate basique

aCuO.ac'H'O'.

On prëpareàGrenoble un sous-acélatevertde cuivre en eiposanl, dans des étuves chauffées, des feuilles de cuivre mouillées avec du vinaigre. Cette matière parait être un mélange des deux sous-acétates 3CuO.2C'H'0' et 3CuO.C'H'0'.

On emploie également dans la peinture esrt de SchweinfuTt, une couleur qui est u et d'arsénile de cuivre, CuO.C'H'0'-t-3(2CuO.AsO''). On prépare cettematiëreenmâlantcnsemblelesdissolutions bouillantes de poids ^aux d'acide arsénieux et d'acétate de cuivre, et maintenant pendant quelque temps k l'ëbullition les liqueurs mélangées.

le combiimison d'acétate

COHBtNAISONS DU CDIVBB AVEC [.e SOUFRE.

§ 1 0B3. Le cuivre brûle avec nne vive incandescence dans la ï» i peur de soufre (S30G]; il se formoun sulfure de cuivreCu'Squiur- 'respond â l'oxyde CuKI. Co sulfure fond plus facilemenl que [g l cuivre métallique; il prend une texture cristalline en rerroidisasnl, On rencontre quelquefois ce sulfure, cristallisé eu octaèdres ib^ liers, dans les fouraeaux à cuivre. On le prépare dans les labofitoires en chauffant un mélange de 3 parties desoufre et de H pariies de tournure de cuivre. 11 est nécessaire de broyer la matière «t ili la chauffer de nouveau avec du soufre. Ce sulfure de cuivre exiiti dans la nature ut forme quelquefois de beaux cristaux ; il est as tendre pour qu'on puisse le couper au couteau.

Le sulfure de cuivre CuS, correspondant au protoxyde CuO, v peut se préparer que par voie humide, en décomposant ' tjon d'un sel de protoxyde de cuivre par l'hydrogène sulfuré, (M par un sulfhydrate. La poudre noire que l'on obtient ainsi s'allèri promplemeot à l'air. Dans les analyses, on est obligé de le lenr avec (le l'eau à laquelle on ajoute un peu d'acide Eulfbydrique. U sulfure de cuivre CuS abandonne facilement par la chaleur la m ' tiè de son soufre, et se change en sulfure Cu'S.

On trouve dans la nature des combinaisons, en proportions tthvariées, de sulfure de cuivre Cu*S et de sulfure de fer Fe^. 0b donne à ces minéraux les noms de pyrite cuivreuse, de cuivrtffriUux et de cuivre f>anaehé, suivant leurs caractères minérali:^îC|iiM extérieurs, caractères qui sont en rapport avec leur compoulm chimique. Ces minéraux sont très-importants, en ce qu'ils sont In minerais de cuivre les plus communs, et fournissent la plus grudl partie de ce métal.

COHBINAIÏION DU CUIVRB AVEC L'ABSEHIC.

g 105i. Le cuivre, chauffé dans la vapeur d'arsenic, i facilement avec une petite quantité de ce corps; il devient biaocel très-cassant; mais on o'a pas réussi, jusqu'à présent, a obleniriiU combinaison i proportions définies.

COMBInAISON DU CUITBB AVEC LE PHOSPHORE.

g <0S6. Il se forme un phosphure de Cuivre renfermant enTÎm 20 pour 100 de phosphore, quand on chauffe dans de la vapenrfe

phosphoreducuivretrés-divisé.Cephosphureestgrisettrès-ôisiuil-

Page 1