COMBINAISONS DU MKBCURE AVEC LE BROME
§ 4 403. Le mercure forme avec le brome deux combinaisons qui correspondent aux deux chlorures. On obtient le bromure Hg*Br, en versant une dissolution de bromure de potassium dans de l'azotate d'oxydule de mercure; le précipité qui se forme est à peu près insoluble dans l'eau; il se volatilise sans altération. Le bromure de mercure HgBr s'obtient en versant du brome en excès sur du mercure recouvert d'une couche d'eau ; le mercure se dissout promptement à l'état de prolobrômure que l'on peut obtenir ciistalliséeu évaporant la liqueur. Le protobrômure de mercure peut être sublimé sans altération ; il forme avec les bromures alcalins des composés cristal lisables.
COMBINAISONS DU MERCURE AVEC l'iODE.
§ 1104. Si l'on verse de l'iodure de potassium dans une dissolution de sublimé corrosif, on obtient un précipité rouge de protoiodure de mercure Hglo. On produit le même composé en triturant des quantités équivalentes d'iode et de mercure, avec un peu d'alcool pour favoriser la réaction. Le pi^otoiodure de mercure se dissout en grande quantité dans une dissolution chaude d'iodurede ootassium; la liqueur, en refroidissant, laisse déposer une partie de ce protoiodure en beaux cristaux rouges. Si l'on chauffe l'iodure rouge de mercure, il change brusquement de couleur et devient d'un jaune clair; si on le chauffe davantage, il fond en un liquide jaune, et se sublime sous forme de cristaux jaunes. L'iodure jaune
CYANLRE DE MERCURE. 333
fondu, et les gros cristaux jaunes conservent souvent leur couleur, même après le refroidissement; mais, si Ton brise la matière, elle devient rouge, d'abord à l'endroit de la rupture, puis la transformation se propage successivement dans toute la masse. Ce changement de couleur est très-rapide lorsqu'on réduit la matière en poudre. Le protoiodure de mercure se présente donc sous deux modifications qui se distinguent par leur couleur ; mais elles affectent aussi deux formes cristallines différentes ; car la forme primitive des cristaux rouges est un octaèdre à base carrée du 2* système cristallin, tandis que les cristaux jaunes appartiennent au A* système. Le protoiodure de mercure se volatilise sans altération ; la densité de sa vapeur a été trouvée de 15,68 ; c'est la densité la plus forte qui ait encore été trouvée pour un corps gazeux. Le protoiodure de mercure est très-peu soluble dans l'eau ; il faut environ 150 parties d'eau pour en dissoudre 1 partie.
On obtient un iodure de mercure Hg'Io, en versant de l'iodure de potassium dans une dissolution d'azotate d'oxydule de mercure. C'est un précipité vert sale, qui se volatilise sans altération quand on le cbauflfe rapidement , et qui se décompose , au contraire , en protoiodure de mercure Hgio et en mercure métallique quand on le chauffe lentement.
COMBINAISON DU MERCURB AVEC LE CYANOGENE.
§ 1105. On ne connaît qu'une seule combinaison du mercure avec le cyanogène , elle correspond au protoxyde HgO. On opère cette combinaison en dissolvant du protoxyde de mercure dans de l'acide cyanhydrique. On emploie pour cela l'acide cyanhydrique dilué que l'on obtient par la distillation du cyanoferrure de potassium avec de l'acide sulfurique étendu. On prépare ordinairement le cyanure de mercure dans les laboratoires , en faisant bouillir 2 parties de bleu de Prusse , 1 partie de protoxyde de mercure et 8 parties d'eau. On filtre la dissolution bouillante, et elle abandonne par le refroidissement, des cristaux prismatiques blancs de cyanure de mercure anhydre, HgCy ou HgC*Az. Il arrive souvent que la liqueur contient un peu de fer en dissolution , on la fait bouillir alors avec un peu de protoxyde de mercure qui précipite l'oxyde de fer. On obtient également du cyanure de mercure en faisant bouillir 2 parties de cyanoferrure de potassium avec 3 parties de sulfate de protoxyde de mercure, dissoutes dans 15 à 20 parties d'eau. La liqueur abandonne, par le refroidissement , des cristaux de cyanure de mercure.
331 HOCUKK.
L'affinité du mercure pour le cyaDogène esl considérable , «r l'oxyde de mercure décompose le cyanure depotassium ; il se Ibnm de la potasse el du cyanure de mercure. Le protoxyde de mercure se dissouldanj lecyanure de mercure par nne ébullitioa prolongée; la liqueur dépose ensuite des crisUui: d'oxyc^anure de mercure. Le cyanure de mercure se combine avec ud grand nombre de cyanures métalliques, et donne des cyanures doubles crislaltisables. Le cyanure double de mercure et de potassium cristallise en octaèdïei reliera ; il a pour formule KCy-f HgCy. Le cyanure de mercure se combine aussi avec les chlorures, bromures et iodures alcalins; plusieurs de ces combinaisons cristallisent irës-bien.
COHBIKAISOH DU HERCURE AVEC L' AZOTE.
g H 06. Si l'on Tait passer du gaz ammoniac sec sur du proloxyde de mercure préparé par voie humide , jusqu'à ce que celui-ci ne puisse plus en absorber, et qu'on chauffe ensuite lenlement leproduit jusqu'à ^ 50° dans un bain d'huile , en mainteoiml le counni d'ammoniaque, on obtient une poudre brune qui esl une combinaison du mercure avec l'azote, et a pour formule Hg*Az. La matièie est ordinairement mêlée avec un peu d'oxydule de mercure qu« l'on enlève avec de l'acide azotique ^ble. L'azoture de mercure délone par la chaleur ; il détone égalemenl par la percussion , et au contact de l'acide aulfuriquc concentré, quand il a été convenablement préparé. Les acides le dissolvent en produisant des mélanges de seis mercuriels et ammoniacaux.
IMaage dn mercure; sn BcrBrBtlon den mclaui préccdeaMcal
% 1 107. On dose généralement le mercure à l'état métallique, mais, quelquefois aussi, à l'état de chlorure Hg'CI. Pour séparerh mercure de ses r<»nposés, dans des conditions oii l'on puisse pntr le métal liès-exaclement, on prend un tube ab de verre peu fiisiblci semblable à ceux qne l'aB emploie pour l'analysed»
substances oi^aniques; ta l'étiré aune de ses extrémités pour lui donner la fornieque représente la ligure 578 ; c'est-à-dire qu'on ]iral.ique à unede ses extrémités une ampoule de verre A entra deuxparties effilées, C'esLdans celte ampouloquedoit se condeoserle mercure. On lasse un peu d'amiante en a àl'extrémité lai^ du tube; on verse par-dessus une rolnnne de chaux vive, puis on introduit
en c la substance mercurielle exactement pesée ; enOn , on achève de J*mplir le tube avec de la chaux. Cela fait, on dispose le tube sur Bn fourneau long en lÛle, el l'on fait arriver par l'estrémité b un icourant de gaz hydrogène sec. On chauffe d'abord la poclion antèheure du tube ca, qui renferme la chaux , et l'on avance siiccessivement les charbons vers l'extrémité b. Le produit mercuriel se décompose , le mercure est entraîné à l'état de vapeur par le gaz Kydrogène et se condense dans la petite ampoule A , souvent il s'y Jépose en mâme temps une petite quantité d'eau , mais elle ne tarde pas à être enlevée par le gaz hydrogène sec. A la Du de l'expo tience , on détache l'ampoule A , et on la pèse avec le mercure ^'elle contient; puis on fait sortir le mercure, et, pour plus de Mlrelé, on lave intérieufement l'ampoule avec un peu d'acide izotique , puis avec de l'eau distillée. Laropouie étant vide et bien Kcbe , on la pèse et l'on connaît le poids de mercure qui s'y est Eondensé. Pour, que cette expérience donne des résultats exacts il but éviter que la températurede l'ampoule nes'élève, par suite de la condeosatioti d'une grande quantité d'eau , car il y aurait perte d'un peu de vapeur de mercure qui serait entraînée.
Lorsque le produit mercuriel renferme de l'acide azotique, il faut lemplacerlachauxpardu cuivre métallique, atin de décomposer les vapeurs nitreuses qui attaqueraient le mercure dansl'arapoule A.
§ * 1 08. On profite ordinairement de la volatilité du mercure pour le séparer des autres métaux avec lesquels il est mélangé. Lorsqu'il est en dissolution dans les acides, on le précipite toujours par thydrogêne sulfuré ; mais on ramène ensuite le précipité à l'état
t métallique , en chauffant le produit, mélangé d'un peu de chaux vive, dans un courant de gaz hydrogène. Lorsque te sulfure de mercure est mêlé à d'autres sulfures métalliques , ceux-ci s'en séparent, car le mercure passe seul à la distillation.
On précipite quelquefois de ses dissolutions le mercure à l'élat métallique par une lame de fer, ou par du prolochlonire d'étain | mais il est encore nécessaire , pour être sur de l'avoir à l'état de . pureté, de le distiller dans le petit appareil que nous venons de décrire.
ALLIAGES DU HEHCDRE, DU AHALGAHES.
§ 1 109. Le mercure se combine avec un très-grand nombre de métaux, et constitue des alliages, apjielés ama'aames, qui sont liquides quand le mercure domine beaucoup , et solides quand le métal avec lequel il est combiné se trouve eu proportion considérable, il sulfil rie la pn-sence d'une très-petiH' quantité d'un métal
étranger, pour altérer profondément la fluidité du mercure et ses autres propriétés physiques.
Le mercure se combine avec le potassium et le sodium en dégageant de la chaleur ; il forme des amalgames pâteux qui décomposent l'eau. Avec le plomb et l'étain il'produit des amalgames dont la consistance varie selon la proportion du métal combiné. Si l'on chauffe ces amalgames de manière à les rendre parfaitement liquides, et qu'on les abandonne à un refroidissement lent, il s'en sépare des cristaux d'amalgames solides qui présentent des combinaisons à proportions définies. On rencontre dans la nature un amalgame d'argent, cristallisé en dodécaèdres réguliers; sa composition la plus habituelle est exprimée par la formule Hg*Ag. Les amalgames se décomposent facilement par la chaleur et abandonnent complètement le mercure , qui distille.
§4440. Le tain des glaces est formé d'un amalgame d'étdin. L'étamage des glaces se fait de la manière suivante. La lame de glace a été rendue plane et polie par les procédés que nous avons indiqués (§ 683). On prend une feuille d'étain de la même dimension que la glace, pour éviter les lignes de raccordement qui produiraient, sur la glace étamée, des raies très-difficiles à faire disparaître. On applique cette feuille sur une table de marbre bien dressée, encadrée de bois, et entourée de rigoles. Cette table est mobile et peut recevoir diverses inclinaisons. On Ta rend d'abord parfaitement horizontale, et l'on étend dessus la feuille d'étain en l'aplanissant avec une patte de lièvre ; puis on l'imbibe complètement de mercure au moyen d'une petite quantité de ce métal que l'on promène avec la même patte sur toute la surface. On la recouvre ensuite d'une couche de mercure de 4 à 5 millimètres d'épaisseur. Cela fait, la lame de verre est apportée vers l'extrémité delà ^ table, et on la coule sur la feuille d'étain, de manière que le bord de la lame pousse devant lui le mercure eh excès , et le chasse dans les rigoles creusées autour de la table. La table , en se transportant ainsi parallèlement à elle-même, a refoulé une grande partie du mercure , sans qu'il i-este de bulles d'air entre elle et la lame d'étain, et toutes les impuretés qui se trouvaient à la surface du mercure sont expulsées. On charge alors la glace de blocs de plâtre , distribués uniformément sur sa surface, et on incline la table pour faciliter l'écoulement du mercure exprimé par la pression. On abandonne ensuite la glace à elle-même pendant 45 à 20 jours, puis on
l'enlève. Le tain qui resie adhérent à la glace est composé d'environ 4 parties d'étain et 1 partie de mercure.
S 1 1 H . Le principal minerai de mercure est le sulfure ou cinabre; ce minéral se trouve dans deux gisements géologiques différents. Tantôt il forme des filons dans les terrains de transition les plus anciens ; tarïtôt il est disséminé dans des couches de grès, je schiste ou de calcaire compacte, qui paraissent appartenir à Tépoque jurassique. Les fameuses mines d'Almaden, situées dans [a province de la Manche, en Espagne, consistent en filons qui ont souvent plus de \ 5 mètres de puissance et qui traversent des schistes micacés de transition. Les mines dTdria, en lllyrie, présentent un exemple du second mode de gisement. On rencontre souvent, en outre, le mercure à l'état natif, en petits globules disséminés dans les couches bitumineuses. Ce mercure natif se trouve toujours dans le voisinage des gisements de cinabre, et il est probable qu'il provient de certaines réactions chimiques qui se sont passées dans le sein de la terre.
La préparation du mercure, avec le cinabre, consiste, à Idria et à Almaden, à griller le minerai dans un appareil distillatoire; le soufre se brûle à l'état de gaz sulfureux, et le mercure, devenu libre , distille et se condense dans des chambres.
§ 14 42. Les figures 579, 580 et 581 représentent l'appareil employé à Idria. A est un grand fourneau de grillage (fig. 579 et 584 ) , muni des deux côtés d'une série de chambres de condensation G , C. . .D . Le minerai, en gros morceaux, est entassé sous une voûte wn', percée d'un grand nombre d'ouvertures ; on en remplit complètement l'espace V. Sur la seconde voûte ppf, on place le minerai en morceaux plus petits ; enfin , sur la troisième rr^ on charge le minerai en poussière et les résidus mercuriels des opérations précédentes. Ce minerai pulvérulent est placé dans des capsules en terre dont on remplit entièrement l'espace U. Lorsque le four est chargé, on allume le feu sur la grille F, et on élève successivement la température. Le sulfure de mercure se grille au milieu du courant d'air très-oxydant qui pénètre dans les fours par des petits canaux débouchant dans les espaces G , H ; les vapeurs de mercure sont entraînées dans les chambres de condensation C, C, C, C. La plus grande partie du mercure se condense dans les trois premières chambres, d'où il coule dans des rigoles abcd, a'b'c'df qui l'amènent dans un réservoir. Dans les dernières chambres il se condense beaucoup
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ns
d'eau et peu Jr meri'ure. Comme celui-ci est mêlé de beaucoap (W poussière, on le recueille dans des rigoles séparées, puisonlepun- Qeparfiltration.et les résidus sont repasses dans le fourneau. Pour ! condenser dans les dernières chambres E , D, les dernières Tapenn
!i fer forgi!. !
f) 'M kilogrammes.
1 lis* compose de plusieurs espèces, suivant U
ijalui 1 I tr s jv c ksquellesie cmabreeslinlimemenlPlfr-
lange Lis minerais les plus riches se trouvent dans le calcaire, ili
lionnenl de 50 d 60 pour 100 de mercure on les nomme ttahlm.
HÊTALLURGIE DU HEACURE.
Le lebtrers , cinabre disBémîné dans un schiste très-bitumineux , donne de 40 à 50 pour lOO de mercure. Les liegeltrze n'en contiennent que de 10 à 20 pour 100; le sulfure y est disséminé dans des schistes et des grès quarUeux.
§ 1113. Les filous d'Almaden présentent, dans certaines iiarties, ducinabre'pur; mais la grande masse se compose du cinabre disséminé dans des gangues quartzeuses et argileuses , et ne donne que 40 pour 100 environ de mercure Les mines espagnoles fournissent annuellement plus de 23 000 quintaux de mercure.
A Almaden comme à Idria, le traitement consiste dans un grillage que l'on fait subir au minerai. Les Ggurcs 582 et 583 représen-
Fig saî
tent un des fourneaux , on leur donne dans le pays le nom de 6uy> irona. Ce Toumeau consiste dans un espace prismatique AB , sépar« en 2 compartiments par une voûte en briques , percée d'ouvertures. Le minerai est entassé dans l'espace B au-dessus de la voûte ; on place à la partie inférieure le minerai en gros fragments , on chatte par-dessus des minerais en fragments plus petits , et l'on recouvre le tout de briquettes formées par un mélange d'argile , de minerai pulvérulent , et des poussières mercuridles que l'on obtient dans le
trailemeiit. A la partie supérieure du four B , des ouverliire » p «m-
déliée qui sont placées i rigole Ù)»,t]ui l'amène ai
Lbasa
niquentavec des files d'allonges en U'rre, engagées lesui les autres el disposées sur une terrasse. La figure !)81 repréamle FiK ssi. (|uelquea-unesdeceBallonï(!S,(ia
aluMies. Le mercure coudensé suinte par les jointures des ïltiiulérieur, et s'écoule dans une s de réceplioti m , n , n. Les gUi s vapeurs mcrcuriellea qui n'ont pas été coodenaécs . se rendent dans une chambre E, où il sa dépose des ]iousalëresmcTCUridles quel'on reliro de temps en temps, t. es poussières donnenlpM filtration une certaine quantité de mercure coulant; les résidus sont [létris uvecde l'argile et donnent les briquettes queVoncbguSe de nouveau dans le four, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Ud brûle dans l'espace A situé au dessous de la vuùle, des ' sadlts qui {)i oduisent la limpt rature con\ enable dans le fourB, Ls b f, 5B cLauffanedure 1S ou 13 heu-
res OnlaisaeensuileleEourneau refroidir pendant 3 ou ijDurs on sortlesmatiimi et 1 on dispose le Tourpinr une nouvelle opération.
S fUi. On oxploil«au desraineraisdemerc uredaos k duchedeDeui-Ponts. Ch minerais sont formas par dei meiao es du cinabre et dï cakaire On se contente de 1 s chauffer dans des es- •nups en terre i [i JS5 , muoiesd'allongwB L i] n nt ni II I I il li II iiiil a cote dos autres dans tu fourni au rtf^alirL M On placi dan les reiipients une cerlfflM quantité d eau le sulfure de mercure tst décomposé dans ce cm par la chaus et il stt forme du sulfure de calcium et du sulfate dt cbaux. Le mercure devenu libre SB condense dans les récipienta-
£quivalint= 1350,0-
§ H 15. L'argent de nos monnaies et de nos objets d'orfévrerie n'est pas pur, il renferme une certaine proportion de cuivre. Pour préparer l'argent pur, on dissout le métal allié dans l'acide azotique, et on verse dans la dissolution du sel marin, qui précipite l'argent à l'état de chlorure insoluble, tandis que les autres métaux restent en dissolution. On mêle 4 00 parties de ce chlorure d'argent desséché avec 70 parties de craie et 4 ou 5 de charbon, et l'on introduit ce mélange dans un creuset d'argile que l'on porte à une forte chaleur blanche. De l'oxyde de carbone se dégage , il se forme du chlorure de calcium et de l'argent métallique. Après le refroidissement, l'argent forme, au fond du creuset, un culot qui est recouvert d'une scorie de chlorure de calcium.
L'argent se distingue parmi tous les métaux par sa belle couleur blanche et par un grand éclat qui ne se ternit pas à l'air à moins que celui-ci ne renferme des vapeurs sulfurées. Lorsqu'il est parfaitement poli, l'argent réfléchit plus de lumière et de chaleur qu'aucun autre métal ; par suite , son pouvoir rayonnant pour la chaleur est très-faible. Un vase d'argent fermé conserve donc" plus longtemps la chaleur du liquide qu'il contient, qu'un vase semblable de tout autre métal. La densité de l'argent est de 4 0,5. L'argent est plus dur que l'or , mais plus mou que le cuivre ; l'addition d'une petite quantité de cuivre augmente sa dureté. 11 est, après l'or, le ^métal le plus malléable; on peut le réduire par le battage en feuilles extrêmement minces, et l'étirer à la filière en fils très-fins. Il jouit aussi d'une assez grande ténacité , car un fil de 2 millimètres de diamètre ne se rompt que sous une charge de 85 kilogrammes. L'argent fond à la chaleur blanche ; on estime la température de sa fusion à environ 4000° du thermomètre à air. Il donne des vapeurs très-sensibles à la température du feu de forge , et se vaporise promptement quand on le porte à la haute température qu'on obtient entre les deux charbons qui terminent les deux conducteurs d'une forte pile.
On peut faire cristalliser Tarifent par voie de fusion , en opérant comme nous l'avons déjà dit plusieurs fois (§ 991) pour obtenir les métaux cristallisés par fusion. Il cristallise alors en cubes. L'argent natif, que l'on rencontre souvent sous forme de beaux cristaux , affecte la forme de cubes , modifiés par les faces de l'octaèdre, ou par
d'autres formes simples du système régulier. Les petits cristaux qoe l'on obtient en précipitant l'argent sous Tinfluence d'actions galvaniques faibles sont également des cubes.
L'argent n'absorbe pas l'oxygène à la température ordinaire; il ne se combine pas non plus , d'une manière stable , avec l'oxygène à une température élevée. Mais, si on maintient pendant longtemps de l'argent très-pur, fondu au contact de l'air, il absorbe une proportion considérable d'oxygène, qu'il abandonne, pendant le refroidissement, avant sa solidification. Le gaz, en se dégageant, projette souvent une portion du métal hors du creuset. On démontre cette absorption de l'oxygène par l'expérience suivante : on fond dans un creuset de terre 3 ou 4 kilogrammes d'argent très-pur; lorsque le métal fondu se trouve à une forte chaleur blanche, on découvre le creuset , et l'on projette , par petites pincées , une certaine quantité de salpêtre qui se décompose et maintient une atmosphère d'oxygène dans le creuset. Après l'addition de la dernière portion de salpêtre, on laisse le creuset couvert pendant | heure, en maintenant la haute température ; puis on le saisit avec une tenaille, et on le plonge dans la cuve à eau , en amenant au-dessus une cloche pleine d'eau ; le gaz oxygène absorbé se dégage aussitôt , et se rassemble dans la cloche. Au moment où l'on plonge le creuset incandescent dans l'eau , il se fait quelquefois une forte détonation; il est donc indispensable de faire cette expérience avec prudence.
On a reconnu que l'argent pouvait absorber jusqu'à 22 fois son volume d'oxygène. La présence d'une très-petite quantité de métaux étrangers suffit pour lui enlever cette propriété.
L'argent ne s'oxyde pas , à la chaleur rouge , au contact des alcalis caustiques et des azotates alcalins. C'est à cause de cette propriété que l'on se sert de creusets d'argent lorsqu'on a besoin, dans les analyses chimiques, d'attaquer les matières par la potasse caustique ou par le salpêtre, qui attaqueraient, au contraire, fortement les creusets de platine. Mais l'argent s'altère au contact des silicates alcalins fondus ; il se forme de l'oxyde d'argent, qui se dissout dans le silicate et le colore en jaune.
L'argent ne décompose que très-faiblement l'acide chlorhydrique en dissolution ; il n'y a de réaction qu'avec le métal très-divisé et à la température de J'ébullition. L'acide sulfunque étendu n'attaque pas l'argent; mais celui-ci décompose facilement à chaud l'acide sulfurique concentré ; du gaz sulfureux se dégage et il se fofme du sulfate d'argent. L'acide azotique attaque l'argent, même à la tem» pératurc ordinaire ; il se dégage du deuxotyde d'azote et l'argent se transforme en azotate. L'acide sulfhydrique est décomposé par l'ar^