‹ Cours élémentaire de chimie, Volume 1Chapitre 4 sur 91 · Osmium Os · texte numérisé non relu

Osmium Os

Nous avons marqué d'un astérisque (*) les noms des corps simples que nous étudierons d'une manière plus spéciale. Nous nous occuperons moins longuement des autres ; la plupart ne sont connus encore que d'une manière incomplète; ils sont d'ailleurs fort rares, et n'ont reçu aucune application.

Les chimistes s'accordent généralement à diviser les corps simples en deux grandes classes, les métalloïdes et les métaux. Notis indiquerons bientôt les caractères d'après lesquels on a établi celte division.

La classe des métalloïdes comprend les quinze premiers corps simples inscrits sur notre liste générale ; celle des métaux renferme tous les autres.

§ 43. Avant d'exposer les règles qui président à la nomenclature des corps composés, il est nécessaire de définir quelques termes généraux que Ton applique à ces corps.

On distingue dans les corps composés des acidesy des bases, et de^ sels, ^ . ...

Les sels résultent de la combinaison des acides avec les bases. Lorsque Ton soumet un sel à Faction d'une pile Toltaïque, la combinaison se défait. Si la pile est très-énergique, le composé est entièrement détruit et se résout en ses éléments simples. Si la pile -est plus faible, Tacide se sépare seulement de la base ; Tacide se rend au pôle positif de la pile» et la base au pôle négatif. Les électilcités de même nom se repoussent, celles de nom contraire s'attirent. On a supposé que les molécules des corps étaient qu électriques par ellesmêmes, ou entourées d'atmosphères électriques. Si Ton accepte cette hypothèse, il est clair que la molécule qui se rend au pèle positif doit posséder V électricité négative, et que la molécule qui gagne le pôle négatif doit avoir V électricité positive. On admet donc qu'au moment où un sel se décompose sous lïnfluence de la pile la molécule acide prend Télectricité négative, et la molécule basique Télec- Iricité positive ; et Ton dit que l'acide est Vêlement électronégatif, et la base Vêlement éleclropositif du sel.

La manière dont un sel se décompose sous l'influence de la pile suffît donc pour caractériser Vêlement acide et Vêlement basique. L'élément acide, ou électronégatif, est celui qui se rend au pôle positif de la pile ; l'élémenf basique, ou électropositif, est celui qui va au pôle négatif.

Lorsque l'acide et la base sont solubles dans Teau, ils se distinguent par d'autres propriétés qu'il f st très-facile de constater. Un grand nombre de matières colorantes organiques sont altérées, de manières très-différentes, par les acides et par les bases. La teinture de tournesol, telle qu'on la trouve dans le commerce, a une. couleur d'uft bleu 'violacé. Si l'on verse un acide dans cette teinture, la couleur bleue est immédiatement remplacée par une couleur rouge clair.. Les acides rougissent donc la teinture bleue du tournesol.

Si l'on verse la dissolution d'une base dans la même teinture, la couleur bleue n'est pas altérée ; mais, si l'on ajoute une quantité suffisante d'une dissolution basique dans la teinture du tournesol, préalablement rougie par un acide, la couleur rouge redevient bleue.

Les bases solubles ramènent donc au bleu la teinture du tournesol rougie par un acide.

La teinture jaune du curcuma n'est pas altérée par les dissolutions acides ; elle est rougie par les dissolutions basiques.

La teinture violette du sirop de violettes est rougie par les acides, et verdie par les bases. '

11 est clair que ces caractères ne peuvent servir que pour les acides et les bases solubles. Lorsque ces corps sont insolubles, on ne peut les caractériser que par la manière dont ils se comportent sous Tin-

fluence de la pile, ou d'après la manière dont ils se combinent avec les corps acides ou basiques sur la nature desquels il n'y a pas d^incertitude.

Beaucoup de corps solubles n'exercent aucune action sur les couleurs des réactifs colorés ; ils ne rougissent pas la teinture bleue du tournesol» et ils ne ramènent pas au bleu cette teinture préalablement rougie par une petite quantité d'acide. On les appelle indifférents ou neutres aux réactifs colorés. Un grand nombre de sels présentent cette propriété ;' dans ces sels les réactions que Tadde et la base qui lies constituent exercent sur les matières colorantes végétales se sont neutralisées d'une manière parfaite : on les appelle seb neutres aux réactifs colorés. Cet état de neutralité dépend des forces relatives des acides et des bases. Une base très-forte ne peut jamais être complètement neutralisée par un acide faible, sous le rapport de son action sur les réactifs colorés. De même, une base feible ne peut pas détruire complètement la réaction qu'un acide très-énergique exerce sur ces réactifs. On conçoit aussi qu un sel, qui se comporte comme neutre avec un certain réactif coloré, puisse présenter une réaction acide ou basique avec un réactif plus sensible.

11 existe des corps qui jouent le rôle d'acides par rapport aux bases très-fortes, et le r6le de bases par rapport aux acides énergiques. On conçoit, d'après cela, que la définition des acides et des bases n\i rien d'absolu, puisque le même corps peut se comporter, suivant les circonstances, à la manière des acides ou des bases.

§ 44. L'oxygène est, de tous les corps simples, celui qui est le plus répandu dans la nature, et qui forme le plus grand nombr^ de combinaisons importantes. Les composés dans lesquels il entre ont été les premiers étudiés avec soin par les chimistes. 11 en est résulté que les savants qui ont fondé notre système de nomenclature ont fixé sur ce corps une attention toute particulière. On peut même dire que 1 importance exclusive qu'ils lui ont donnée a beaucoup contribué à rendre leur système défectueux.

Les combinaisons que l'oxygène forme avec les autres corps simples sont acides, basiques, ou indifférentes. On a donné le nom d'oxydes aux combinaisons basiques et indifférentes, et le nom d'oxacides, ou simplement d'acidîes, aux combinaisons acides.

Le fer, le cuivre, le plomb, forment, avec l'oxygène, des .combinaisons basiques; on leur donne le nom d'oxyde de fer, d'oxyde de cuivre et d'oxyde de plomb.

Le carboAe forme avec l'oxygène une combinaison indifférente que l'on appelle oxyde de carbone.

§,45. A répoque où Ton a fixé les règles de notre nomenclature, on croyait qu'un .même corps, en se combinant avec Toxygène, ne pouvait former plus de deux combinaisons acides. Pour les nommer, on faisait suivre le mot a>cide du nom de la seconde substance que l'on terminait en eux, pour la combinaison la moins oxygénée, et en ique pour celle qui contenait le plus d'oxygène. Ainsi on connaissait deux acides résultant de la combinaison du soufre avec loxygène; on donnait à la combinaison la moins oxygénée le nom d'acide sulfureuxj et à la plus oxygénée celui d'acide sulfurique.

Plus tard on découvrit deux nouveaux acides résultant de la combinaison du soufre avec Toxygène ; Tune de ces combinaisons renfermait moins d'oxygène que Tacide sulfureux ; la seconde se plaçait entre l'acide sulfureux et l'acide sulfurique. 11 fallut modifier ia règle générale, et l'on convint de former le nom de facide moins oxygéné que facide sulfureux, en faisant précéder le nom de ce dernier acide du mot hypo (uiro, au-dessous) et on l'appela acide hyposulfureux. Quant à l'acide qui se plaçait entre l'acide sulfureux et facide sulfurique, on convint, en suivant la même règle, de lui donner le nom de facile sulfurique en faisant précéder le mot sulfurique de hypo; on le nomma donc acide hyposulfuj'ique.

On se tira ainsi d'affaire momentanément ; mais la difficulté n'était qu'éludée. Car, dans ces dernières années, on a découvert trois nouvelles combinaisons acides du soufre avec f oxygène; elles sont comprises toutes trois entre facide hyposulfureux et l'acide sulfureux. Pour dénommer ces nouveaux composés, il faudrait encore établir une nouvelle règle de nomenclature, et les chimistes ne se sont pas jusqu'ici entendus sur ce point. En supposant même qu'ils y parvinssent au moyen d'une règle additionnelle, en conservant intacts les premiers principes de la nomenclature, il est évident que la difficulté ne serait qu'ajournée, car il n'est pas douteux que f on découvrira bientôt encore de nouvelles combinaisons acides du soufre avec f oxygène.

Nous connaissons cinq combinaisons du chlore avec l'oxygène; quatre d'-entre elles pnt reçu les noms suivants, d après les règles de nomenclature que nous venons de développer : acide hypochloreux, acide chloreux, acide hypochlorique, adde chlorique.

Une cinquième combinaison, trouvée depuis la découverte de facide chlorjque, renferme plus d'oxygène que ce dernier. Si l'on adoptait rigoureusement les règles primitives de notre nomenclature, il faudrait donner à cette combinaison le nom d'acide chlorique et f ôler à celle qui fa porté jusqu'à présent. Or on conçoit combien ces changements de noms auraient d'inconvénients graves ; ils amène-

raient nécessairement beaucoup de confusion dans la science, et ils occasionneraient des erreurs nombreuses. On a évité la difficulté, en donnant au nouvel acide le nom d'adde hyperchlorique (de ûirep, au-dessus) ou simplement d'acide perchlorique. Ainsi les cinq combinaisons du chlore avec Toxygène, rangées' d'après les proportions croissantes d'oxygène, portent les noms suivants :

Acide hypochloreux ;

Acide chioreux;

Acide hypochlorique ;

Acide chlorique;

Acide perchlorique.

Telles sont les règles auxquelles les chimistes se sont arrêtés jusqu'ici, pour former la nomenclature des oxacides. Les exemples que nous venons de citer, et la discussion qui les accompagne, suffisent pour montrer combien ces règles sont insuffisantes et défectueuses, et combien il est à désirer qu'on les mette bientôt ^n harmonie avec rétat actuel de nos connaissances.

§ 45 bis. Un même corps, en se combinant ayec l'oxygène^ forme souvent plusieurs composés basiques ou indifférents; ce sont les oxydes. L'expérience a montré que, dans ces différents oxydes, les proportions d'oxygène, combinées avec une même quantité du second corps, sont entre elles dans des rapports très-simples, par exemple comme |:1 :|:2:3:4. Des considérations que nous développerons par la suite déterminent le choix de la substance que Ton regarde comme renfermant la proportion i d'oxygène ; on lui donne le nom de protoxyde, La combinaison qui renferme la proportion d'oxygène f prend le nom de sesquioxyde; celle qui renferme la'proportion 2 d'oxygène reçoit le nom de deutoxyde ou de bioxyde. On donne les noms de tritoxyde, quadroxyde, aux combinaisons qui renferment les proportions 3 ou 4 d'oxygène. Enfui, les oxydes qui renferment moins d'oxygène que le protoxyde sont appelés sons^ oxydes ou oxydules.

Ainsi le manganèse forme avec l'oxygène trois combinaisons non acides, ou oxydes, àsns lesquelles les proportions d'oxygène, combinées avec une même quantité de manganèse, sont entre elles comme 1 : ^ : 2. Ces combinaisons. s'appelleront donc protoxyde de manganèse, sesquioxyde de manganèse, bioxyde de manganèse,.

L'oxyde lo plus oxygéné prend souvent le nom de peroxyde; ainsi le bioxyde de manganèse est souvent appelé peroxyde de manganèse.

Des trois oxydes de manganèse, denx sont des bases; ce sont le

protoxyde elle sesquioxyde ; le troisième, le byoxyde ou peroxyde, est un corps indifférent. Quelques auteurs désignent les deux combinaisons basiques autrement que nous ne lavons fait; ils appellent le protoxyde de manganèse oxyde manganeux, et le sesquioxyde oxyde manganique. Ce mode de nomenclature est semblable à celui qui a été adopté pour les acides ; il présente les mêmes inconvénients, car il se pue difficilement à la formation^de nouveaux noms pour les nouvelles combinaisons basiques qui peuvent être découvertes par la suite.

§ 46. La règle qui préside à la nomenclature des sels est extrêmement simple. On forme les noms des sels en combinant ceux de Tacide et de la base de telle Sorte, que le nom de Tacide détermine le genre, et le nom de la base détermine Tespèce. Lorsque le nom de Tacide se termine* en ique, le nom générique du sel se termine en ate; ainsi Tacide sulfurique forme des sulfates, et Facide phosphorique des phosphates. Lorsque le nom de Tacide se termine en eux, la terminaison du nom générique du sel est ite. Ainsi Tacide sulfureux forme des sulfites f Tacide hyposulfureux des hyposulfltes.

Le nom générique de Tacide est suivi du nom de la base. Ainsi on dit : sulfate de protoxyde de manganèse, sulfate de sesquioxyde de manganèse; ou sulfate d'oxyde manganeux, sulfate d'oxyde manganique, ou même simplement sulfate manganeux, sulfate manganique.

On dit de même sulfite de protoxyde de manganèse ou sulfite manganeux.

L'acide et la base se combinent souvent en plusieurs proportions. Ainsi le protoxyde de potassium, communément appelé potasse, l'orme avec Tacide sulfurique deux combinaisons, deux sulfates. Le premier est neutre aux réactifs colorés, on lui donne le nom de sulfate neutre de potasse ou simplement de sulfate de potasse. Le second exerce, au contraire, une réaction fortement acide sur ces réactifs : il renferme, pour la même quantité de potasse, une proportion double d'acide sulfurique. On lui donne le nom de sulfate acide de potasse, ou mieux de bisulfate de potasse; ce dernier nom rappelle inmiédiatement les rapports de composition qui existent entre ce sulfate et le sulfate neutre.

Quelquefois Tacide et la base forment deux combinaisons dans lesquelles les quantités d'acide, combinées avec la même quantité de base, sont entre elles comme 2 : 3 ; c'est ce qui arrive pour Tacide carbonique et la soude. La première combinaison prend le nom de carbonate neutre de soude ou simplement de carbonate de soude; la seconde prend le nom de sesquicarbonate de soude.

11 existe aussi des sels dans lesquels la quantité d'acide est moindre que celle qui existe dans le sel neutre ; on les appelle soussels. Ainsi le protoxyde de fer et le sesquioxyde de fer forment avec Tacide sulfurique des sulfates neutres et des sulfates basiques ou soussels. que Ton appelle des soussulfates de protoxyde ou de sesquioxyde de fer.

Enfin, deux sels se combinent souvent entre eux et forment des composés plus complexes ; on donne à ces composés le nom de sels doubles. Le sulfate d'alumine et le sulfate de potasse forment ainsi un sulfate double que Ton appelle sulfate double d'alumine et de potasse.

§ i7. L'eau est une substanci' composée qui joue le rôle d'acide par rapport aux bases fortes, et le rôle de base par .rapport aux acides énergiques : dans les deux cas elle forme de véritables sels. On donne le nom générique d'hydrates aux sels dans lesquels Feau joue le rôle d'acide : ainsi on dit hydrate de potasse, hydrate de protoxyde de fer, ou hydrate ferreux. Quant aux sels dans lesquels l'eau joue le rôle de base, ledrs noms devraient se former en ajoutant le nom de la base à celui de l'acide modifié comme nous l'avons dit (§ 46): ainsi on devrait dire sulfate d'eau, phosphate d'eau... Malheureusement on enfreint encore ici les régies, et l'on appelle ces combinaisons acide sulfurique hydraté, acide phosphorique hydraté. La même quantité d'acide se combine souvent avec plusieurs proportions d'eau qui sont toujours entre elles dans des rapports simple^; ainsi l'acide sulfurique se combine avec des quantités d'eau qui sont entre elles comme 1 : 2 : 3. Ces combinaisons prennent les noms d'acide sulfurique protohydraté ou monohydraié, d'acide sulfurique bihydraté, d'acide sulfîirique trihydraté.

§ 48. Les combinaisons des métaux entre eux ont reçu le nom d'alliages, qu'elles portaient déjà dans les arts. On dit : alliage de cuivre et de zinc, alliage de plomb et d'étain. Lorsque le mercure est un des métaux constituants de l'alliage on donne au composé le nom d'amalgame : un alliage d'argent et de mercure s'appelle amalgawe d'argent,

§ 49. Les combinaisons des corps métalloïdes avec les métaux se désignent en terminant le nom du corps métalloïde en ure pour indiquer le genre el en le faisant suivre du nom du métal. Ainsi la combinaison du chlore avec le manganèse s'appelle chlorw^e de manganèse; celle du soufre avec le fer s'appelle sulfure de fer.

Lorsque le corps métalloïde forme avec le corps métallique plusieurs combinaisons, l'expérience montre que les quantités de métalloïdes combinées avec le même poids de métal sont entre elles

«OMËNCLAÏUHE CUiMlQUE. 73

daiis des rapports simples. On forme la nomenclature de ces composés d'aiprès la régie adoptée pour les oxydes, et Ton dit protochlorure de manganèse, sesqt^khlorure de manganèse; protosulfure, sesquisulfure et bisidfure de fer. Lorsque ces combinaisons binaires sont soumises à Faction décomposante de la pile, le corps métalloïde se rend toujours au pôlç positif, en se comportant conune élément électronégatif; tandis que le corps métallique va au pôle négatif et se comporte comme élément électropositif. Ainsi, dans ces composés, de même que dans les sels, le corps élecironégatif détermine le genre, et le corps électropositif définit l'espèce,

§ 50. Les corps métalloïdes forment entre eux un grand nombre de combinaisons, dont la nomenclature suit les m.'^mes régies que celle des combinaisons des métalloïdes avec les métaux. Ainsi on dit : chlorure- d'hydrogène, sulfure d'hydrogène, protochlorure de soufre, perchlorure de soufre. Le nom qui détermine le genre est toujours celui qui se rapporte à Télément électronégatif de la combinaison. Quelquefois on déroge à cette règle de nomenclature, afin de mieux préciser, par le nom lui-même, la relation de composition qui existe entre le cx)mposé dénommé et le composé oxygéné correspondant. Ainsi le phosphore forme avec le chlore deux combinaisons qui correspondent, par leur composition, aux acides phosphoreux et phosphorique ; on les nomme chlorure phosphoreux et chlorure phospiiorique.

§ 51. Ciertaines combinaisons des métalloïdes entre eux sont des acides énergiques qui le cèdent à peine aux oxacides les plus puissants, tels sont : le chlorure d'hydrogène, le fluorure d hydrogène, etc., etc. On a malheureusement jugé convenable d'établir, pour ces composés, une règle particulière de nomenclature. On a pensé que Thydrogène jouait, dans ces nouveaux acides, un rôle analogue à celui de Toxygène dans les oxacides, et on leur a donné le nom à' hydr acides. Mais il y a là une erreur grave : dans les oxacides, V oxygène est Vêlement électronégatif; tandis que, dans les hydracides, l'hydrogène est constamment l'élément électropositif.

Quoi qu'il en soit, la nomenclature des hydracides est si généralement employée, que nous sommes obligé de Fadopter nous-mêrac. Le chlorure d'hydrogène prend le nom à'acide chlor hydrique, le sulfure d'hydrogène prend celui d'acide sulfhydnque. On donne souvent à ces mêmes acides les noms d'acide hydrochlotique, d'acide hydrosulfurique; mais ces noms sont plus défectueux que les premiers, car ils font infraction à ce principe général d'après T. i. 5

"4 INTUODICÏÎON.

lecjuel on doit toujours commencer le nom du corps composé par le nom de Télément électronégatif.

§ 52. Lorsque les combinaisons des métalloïdes avec l'hydrogène sont gazeuses, et que leurs réactions sur les réactifs colorés sont nulles ou peu marquées, on leur donne souvent des noms qui sont encore déduits d'une régie exceptionnelle. Ainsi les combinaisons gazeuses du carbone avec l'hydrogène, les carbures d'hydrogène gazeux, sont appelées hydrogènes carbonés. Les combinaisons gazeuses du phosphore avec l'hydrogène, ou phosphures d'hydrogène gazeux, sont appelées hydrogènes phosphores. La combinaison gazeuse du soufre avec l'hydrogène, dont l'action acide sur les teintures est bien manifeste quoique faible, Tacide sulfhydrique, est souvent appelée aussi hydrogène sulfuré. Cette nomenclature exceptionnelle est très-fàcheuse ; car, l'état gazeux des corps dépendant de la température et de la pression, il faudra, pour être conséquent, donner deux noms différents au même corps, suivant les circonstances dans lesquelles on le considère.

§ 53. Certaines combinaisons du soufre avec les métalloïdes et avec les métaux présentent une analogie complète avec les combinaisons correspondantes de J'oxygène. Cette analogie n'avait pas été reconnue à l'époque où l'on s'occupa des règles de la nomenclature chimique, et on n'y eut pas égard. On distingue des sulfures acides, que l'on est convenu d'appeler sulfacides; des sulfures basiques que l'on appelle sulfobases. Les sulfures acides ou sulfacides se combinent avec les sulfures basiques ou sulfobases, et forment de vérilables sels qui portent le nom de sulfosels. Ainsi le soufre et le carbone forment une combinaison, le sulfure de carbone, qui correspond par ses propriétés à l'aeide carbonique; on lui donne, pour cette raison, le nom d'acide sulfocarboniqite. De même que l'acide carbonique se combine avec les oxydes basiques pour former des carbonates de même, Tacide sulfocarbonique se combine avec certains sulfures basiques ou sulfobases pour former des sels que l'on appelle des sulfocarbonates. Ainsi l'acide sulfocarbonique se combine avec le monosulfure de potassium, et forme un sulfocarbonate de protosulfure ou de monosulftire de potassium que l'on appelle souvent, mais improprement, sulfocarbonate de potasse.

Quelques combinaisons du chlore avec les métalloïdes paraissent également pouvoir jouer le rôle d'acides par rapport à certains chlorures métalliques. On donne le nom de chloracides à ces chlorures acides, et celui de chlorobases aux chlorures métalliques basiques. Enfm, on donne le nom de chlorosels aux combinaisons que les chloracides forment avec les chlorobases.

FOUMULES CHIMIQIES. 75

Ou voit, d'après cela» que plusieurs métalloïdes sont susceptibles de jouer un rôle tout à fait semblable à celui de l'oxygène ; il est donc à regretter que» dans notre système de nomenclature, on ait suivi des règles exceptionnelles à Tégard de ce corps.

Telles sont les principales règles de la nomenclature chimique encore adoptées par le plus grand nombre des chimistes modernes, et que nous suivrons dans tout le cours de cet ouvrage. Nous signalerons, par la suite, quelques exceptions consacrées par Tusage; mais ces exceptions sont heureusement très-rares, et il nous suffira de les indiquer lorsqu'elles se présenteront.

NOTATIOÎSS ET FOUMULES CHlMigiES.

§ 54. Nous avons donné (§ 42) la liste des corps simples actuellement connus, et nous avons inscrit, en regard de chacun d eux, le signe ou symbole par lequel on est convenu de le représenter Nous attacherons à ces ^symboles une idée plus précise ; ils nous serviront, non-seulement à rappeler la nature d'un corps, mais ils en indiqueront, déplus, une quantité pondérable déterminée, ù laquelle nous donnerons le nom d^équivalenl chimique du corps. 11 nous serait impossible de donner dès à présent une définition nette et compréhensible des équivalents chimiques ; nous aurons soin d'établir ces notions successivement, à mesure que nous étudierons les divers corps composés. .

Nous nous bornerons, pour le moment,. à montrer comment on peut, à Faide des signes que nous avons adoptés pour les corps simples, composer des espèces de formules représentant la composition des corps composés. Ces formules, auxquelles on donne le nom de formules chimiques, sont très-utiles pour présenter les réactions chimiques sous forme de tableaux ; nous les emploierons dès le commencement de nos études. Nous aurons soin, à mesure que nous avancerons, d'en préciser la signification, mieux que nous ne pouvons le faire maintenant.

Les formules chimiques des combinaisons binaires se forment en plaçant, à la suite Fun de Fautre, les signes de chacun des corps simples qui entrent dans le composé. On est convenu de placer toujours le signe de Félément électropositif le premier. Lorsqu'un corps électropositif. H forme plusieurs combinaisons avec un même corps électronégatif 0, l'expérience a montré que, si Von calcule la cornposition de ces diverses combinaisons pour un même poids du cojys électropositif y les quantités pondérales du corps électronégatif sont entre elles dans des rapports rationnels extrêmement simples, par

exemple, comme les nombres 1 , f , 2, |, 5, |, etc., etc. Ou donne à la première combinaison, au protoxyde, la formule 110, et aux autres

combinaisons les formules RO*, R0«, RO*, RO', RO*, etc., etc.

Ainsi le manganèse forme avec loxygène cinq combinaisons, dont les deux premières sont des oxydes basiques, la troisième est un oxyde indifférent, et les deux dernières, les plus oxygénées, sont des acides. On donne à ces combinaisons les formules suivantes :

Protoxyde de manganèse MnO

Sesquioxyde de manganèse , MnO*

Bioxyde de manganèse. MnO*

Acide manganique MnO^

Acide permanganique .... MnO*.

Dans ces formules, les symboles Mn et ne définissent pas seulement la nature des deux corps; ils en indiquent de plus des rapports de poids déterminés et constants. Nous verrons par la suite que, pour des raisons qu'il nous est impossible de développer maintenant, les chimistes écrivent les formules du sesquioxyde de manganèse et de Tacide permanganique, Mn*0*, et Mn*0^ qui présentent les mêmes rapports, entre les quantités pondérales du manganèse

et de Toxyde, que les forrnules MnO* et MnO*.

Le soufre forme avec l'oxygène sept combinaisons. Si Ton rapporte la composition de chacune d'elles à un même poids S de soufre, les quantités pondérales d'oxygène, qui entrent dans ces composés, seront entre elles comme les nombres 1, i,|,|,2, |,3. Nous formulerons donc ces combinaisons de la manière suivante :

Acide liyposulfureux SO

Acide hyposulfurique trisulfuré SO

Acide hyposulfurique bisulfure SO*

Acide hyposulfurique nionosulfuré SO'*

Acide sulfureux SO*

Acide hyposulfurique SO*

Acide sulfurique SO"».

Ces formules ne sont cependant pas celles que nous conserverons pour ces corps. Nous les désignerons, dans la suite, par les formules

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