‹ Cours élémentaire de cosmographie [microforme]Chapitre 81 sur 117 · LIBRATIONS · texte numérisé non relu

LIBRATIONS

rotation et de la révolution lunaires n'est vraie que pour la rotation et la révolution entières. La plus petite différence entre ces durées s'ajouterait à elle-même d’année en année et de siècle en siècle, et l'on finirait, contrairement à l'observation, par voir la surface totale de la Lune,

Il n’en est pas ainsi pour des intervalles de temps plus ou moins longs d’une même rotation et d'une même révolution, parce que, conformément à la loi des aires, le mouvement de la Lune sur son orbite est varié, avec une vitesse maximum au périgée et minimum À l'apogée, tandis que le mouvement de rotation est uniforme, La vitesse de ce dernier sera donc tantôt plus grande, tantôt plus petite que la vitesse de l’autre,

155. Librations,—On appelle libration un certain balancement quest de la Lune en vertu duquel certaines parties de sa surface semblent appartenir successivement à l'hémisphère visible et à l'hémisphère invisible à la Terre. La Lune ne nous présente donc pas toujours exactement la même face, et l’on peut voir un peu plus que la moitié de sa surface totale,

Ce phénomène de la libration est dû à trois causes distinctes. Il y a, par ce fait, trois librations :

1° La libration en longitude, qui résulte de l'inégalité, dans les phases successives d’une révolution sidérale, entre la vitesse de la rotation et la vitesse de l’astre sur son orbite, Cette libration nous permet de découvrir, au delà de chaque bord oriental et occidental de la Lune, un fuseau lunaire de 8°,

2 La libration en latitude, causée par le fait que l'axe de rotation de la Lune n’est pas perpendiculaire sur le plan de son orbite, mais fait avec ce plan un angle d'environ 83°, Sa valeur peut atteindre 6° 60’,

3° La libration diurne, due à cette circonstance que l'observateur, à cause de la rotation terrestre, se déplace Per rapport à la Lune, Elle vaut à peu près 1° 2’,

On calcule que, par suite de ces trois librations, on peut voir 59 pour 100 de la surface totale de la Lune.

166. Constitution physique de la Lune,—La Lune est un corps opaque qui réfléchit la lumière du Soleil, La composition de sa surface paraît être la même que celle des roches les plus communes de la surface terrestre. On croit, en effet, que les roches qui constituent l'écorce terrestre, placées dans les mêmes conditions que les matériaux qui forment la surface lunaire, produiraient sensiblement le même éclat que les parties éclairées de la Lune.

La surface lunaire comprend deux parties d'aspects bien différents et qui se partagent à peu près également, en étendue, la surface du disque lunaire.

On remarque, en premier lieu, des surfaces grisâtres, peu profondes et ordinairement planes, que l’on a appelées les mers de la Lune, bien qu'on n’y ait jamais observé aucune trace d’eau. :

Entre les mers, on voit des montagnes sous forme de massifs étendus, hauts de 2,000 mètres environ, avec quelques sommets plus élevés. Il y a, de plus, outre quelques montagnes isolées, des chaînes d'où se détachent des pics très élevés.

Les parties montagneuses de la Lune sont les plus brillantes.

Au milieu des plaines lunaires et surtout dans les montagnes, on aperçoit d'immenses bassins, de forme ordinairement circulaire, limités par une muraille à pente très prononcée, quelquefois verticale. On a désigné sous le nom de cirques, les dépressions de grandes et moyennes dimensions; les plus petites sont les cratères,

Les cirques ont des dimensions qui peuvent atteindre jusqu’à 200 kilomètres ou plus en diamètre.

Le diamètre des cratères ne dépasse pas 30 kilomètres; leur ouverture est circulaire et ils brillent d'un grand éclat.

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