XXVIII PRÉFACE
a lieu de penser, au contraire, que, cédant aux réclamations qui s'élèvent de toutes parts depuis quelque temps, le Gouvernement jugera bientôt le moment venu de faire dans cet établissement ce qu'il a fait dans d’autres écoles de service public, et d'admettre les particuliers à venir y puiser, en qualité d'élèves libres, les connaissances spéciales reconnues nécessaires pour gérer avec intelligence les importantes propriétés placées entre leurs mains f.
Dès lors, et à tous les points de vue, notre enseignement ne se trouvera-t-il pas justifié ?
Un livre élémentaire, qu'on nous permette de le rappeler en terminant, n’est point un ouvrage destiné à faire triompher telle ou telle doctrine à l'exclusion des autres. Le devoir de l’auteur est de les examiner toutes avec impartialité, de faire ressortir le côté faible aussi bien que les avantages de chacune, enfin de montrer, dans un avis motivé, à laquelle appartiennent ses préférences.
Nous nous sommes efforcé de suivre cette marche dans la rédaction du Cours de culture des bois, et nous croyons n'avoir failli, en l’adoptant, ni à notre mission, ni à nos convictions.
PARADE
Nancy, avril 1860.
‘ Le sol forestier de la France a une étendue de 9,185,310 hectares, qui se décompose ainsi qu’il suit :
RATE ÉAY LU 315,41 SU BSAUE Ga 2 OURS 967,120 hect.
Aux communes et aux établissements pu-
Dies. 4 Lise INR ANRT, SONORE Aûxiparticuherss 1. ,4140:0.00. russe. 6,159,461 —
DE
CÜLTÜRE DES BOIS
INTRODUCTION
L'Economie forestière comprend l’ensemble des connaissances nécessaires à l'administration la mieux entendue des forèts, eu égard aux intérêts du propriétaire en particulier et à ceux du pays en général.
Cette science est complexe. Elle emprunte aux mathématiques, à la physique et à la chimie, à l'histoire naturelle, au droit et à l’économie politique, les
parties dont elle a besoin pour se constituer, ainsi
2 INTRODUCTION
que pour éclairer les combinaisons et les faits pratiques qui font la base du traitement des forêts.
Or, ce sont ces combinaisons, ces faits pratiques, ainsi que les différentes méthodes d'exploitation consacrées par une expérience raisonnée, qui, réunis et coordonnés en corps de doctrine, ont reçu la dénomination de Culture des Bois ou Sylviculture, terme qui correspond à celui d'Agriculture, lorsque par ce dernier on n'entend que ce qui est relatif à la culture des champs.
Toutefois, il existe, entre la culture des boïs et celle des champs, des différences profondément tranchées, qui, sous le rapport économique du moins, détruisent en quelque sorte toute analogie entre ces deux sciences.
En effet, dans la première, la récolte annuelle ne peut pas s'étendre, comme dans la seconde, sur la totalité du terrain mis en production ; on ne peut, au contraire, exploiter chaque année qu'une certaine partie de la superficie de ce terrain, si l’on veut retirer de la propriété (ce qui est le cas le plus général) un revenu annuel et soutenu. De plus, Pexploitation des forêts n’entraine pas, comme celle des champs, la nécessité de semer ou de planter pour s'assurer
une récolte; cette récolte doit, dans la plupart des
INTRODUCTION. D cas, se faire de manière que la reproduction des bois en devienne une conséquence naturelle.
Toute méthode d'exploitation des forèts doit done, en général, satisfaire aux deux conditions fondamentales suivantes :
1° Régler la quotité des coupes annuelles de manière à procurer un rapport soutenu,
2° Assurer, par ces coupes mêmes, la régénération naturelle.
À ces deux conditions s’en joint une troisième, celle de tendre constamment à améliorer et à augmenter la production, et par suite les revenus du propriétaire.
Production soutenue, régénération naturelle, amélioration progressive, tel est donc en résumé le but
de la CuLTURE DES Bois.
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