LIVRE PREMIER
DÉFINITIONS ‘
1. On entend par climat l’état de l'atmosphère d’un lieu donné du globe, eu égard à sa température, à son degré d'humidité et aux courants qui sy agitent.
-2. La distance d’un lieu à l'équateur, ou sa latitude, détermine son climat géographique, tandis que son climat physique ou local dépend plus particulièrement de sa situation et de son exposition.
3. Pour nous, la situation d’un lieu est caractérisée par l'élévation au-dessus du niveau de la mer et la configuration terrestre. |
' Les définitions placées en tête de chaque livre sont celles des termes techniques contenus dans son texte.
4. L'exposition est l'inclinaison d’un terrain vers un point donné de l'horizon.
5. On appelle terre végétale la couche supérieure du globe pénétrable aux racines des plantes, et terreau où humus la partie de cette couche formée par le détritus des matières végétales.
6. Les diverses modifications que subit, dans sa composition, la terre végétale, constituent les différents sols ou terrains.
7. On appelle arbre la plante dont la tige est ligneuse, et qui est susceptible d’atteindre au moins la hauteur de 8 à 10 mètres !: arbrisseau, la plante à tige ligneuse qui n'atteint pas la hauteur de 5 mètres etse ramifie près de sa base; arbuste, la plante ligneuse dont les bourgeons ne paraissent en général qu’au printemps, et qui ne s'élève guère au delà d’un mètre. F1
8. Essence est synonyme d'espèce, et s'applique aux forêts. Sous le terme d’essences forestières, on comprend toutes les espèces d'arbres qui se rencontrent dans les forêts.
9. On qualifie d'espèce une collection de végétaux semblables entre eux, et dont les caractères se retrouvent chez leurs ascendants et leurs descendants.
La variété est une légère altération de l'espèce, dont les caractères ne se perpéluent pas générale-
‘ Pour ces définitions, voyez la Théorie élémentaire de la Botanique, par de Candolle.
ment par la graine. Cependant, il est quelques variétés, appelées races, dont l’origine est due à des influences de sol et de climat, et dont les caractères différentiels paraissent devoir se maintenir aussi longtemps que les causes qui les ont produits.
La variation ou sous-variété est une modification de l’espèce, moins importante et encore moins durable que la variété.
10. La reproduction naturelle des arbres s’opère par les fruits. Les fruits sont produits par les fleurs.
Les fleurs sont essentiellement composées de deux sortes d'organes ; les premiers, appelés étamines, représentent le sexe mâle et ont pour mission de féconder les seconds, que l’on nomme pistils ou carpelles et qui constituent le sexe femelle.
La floraison des arbres se présente de plusieurs manières. Elle est : hermaphrodite, quand les deux sexes sont réunis sur la mème fleur; monoïque, quand les fleurs unisexuées sont réunies sur le même individu; dioïque, quand les fleurs, également unisexuées, sont séparées, suivant le sexe, sur des individus différents ; et enfin polyqame, lorsque les fleurs mâles, femelles ou hermaphrodites se trouvent sur le même individu ou sur des individus différents.
11. Sous le rapport de leur enracinement, on divise les essences forestières en pivotantes el traçantes, selon que leurs racines ont une tendance marquée à s’enfoncer dans la terre ou à s’étaler..
Il est à remarquer que le pivot proprement dit, c’est-à-dire la racine centrale formant dans le sol le prolongement direct de la tige, est un organe dont le développement n’est très prononcé que dans la première jeunesse de l’arbre. Plus tard, 1l s'arrête dans sa croissance, alors même qu'il ne rencontre pas d’obstacle à son allongement, pour se ramifier ou pour faire place à des racines nouvelles qui sont tantôt plongeantes (pivotantes), tantôt traçantes, selon la nature des essences et la profondeur des sols.
Les ramifications extrêmes, fines et nombreuses des racines se nomment chevelu ; ce sont les organes d'absorption.
12. On nomme brin de semence, ou seulement brin, l’arbre qui provient directement d’une semence ; rejet, celui qui prend naissance sur une souche dont la tige a été coupée; drageon, celui qui s’élève sur une racine, et qui, séparé naturellement ou artificiellement de la souche mère, est susceptible de former un nouvel individu.
13. Un assemblage considérable de jeunes brins, de rejets ou de drageons, se nomme recru ou repeuplement. Toutefois, ce dernier terme désigne plus particulièrement un assemblage de brins, tandis que l’autre s'applique de préférence aux rejets et aux drageons.
14. Les produits des forêts se rangent en diverses catégories, selon les emplois auxquels les bois sont propres,
À. Bois de feu ou de chauffage. On le faconne de quatre manières différentes, savoir :
1° En bois de quartier, ou bûches refendues ;
2 En bois de rondin, ou bûches non fendues, moins grosses que les précédentes ;
3° En fagots, ou faisceaux composés de ramilles, de branches et de quelques rondins ou quartiers ;
Et 4° enfin, en bourrées, ou faisceaux renfermant exclusivement des ramilles.
Dans le commerce, on appelle plus spécialement bois de corde les bois de quartier et de rondin.
B. Bois d'œuvre. Sous cette dénomination, on comprend les bois de toute autre destination que celle du chauffage. [ls se divisent en :
1° Bois de service, qui comprend les bois de constructions civiles et navales ;
2 Bois de travail ou d'ouvrage, comprenant les bois employés par différents métiers, tels que la menuiserie, l'ébénisterie, le charronnage, la tonnellerie, la fabrication des sabots, etc.
Parmi les bois de travail, on distingue les bois de fente; on nomme ainsi ceux dont l'emploi réclame le procédé de la fente. Tels sont les douves de ton: neaux, de cuvés, etc.; les échalas, les lattes, les cerches ou planchettes très minces (5 millimètres et moins d'épaisseur) dont on fait les bordures des tamis, les boisseaux et autres mesures, ete. C'est encore avec des bois de fente que l’on fait des panneaux de soufflet, des pelles à four et autres, des
attelles de collier, des bâts, des arçons de selle, des rames et des gournables ou chevilles employées pour fixer les bordages à la membrure des vaisseaux.
Pour qu'un bois soit propre à la fente, il faut qu'il soit sain, d'une texture égale, que ses fibres longitudinales soient parfaitement droites, apposées régulièrement les unes contre les autres, et qu'il soit exempt de nœuds.
On appelle bois merrain le bois de fente destiné plus particulièrement à la fabrication des douves.
Les bois de sciage sont ceux qu'on débite à la scie en planches de différentes dimensions.
15. On nomme panage le parcours des porcs dans les forêts pour s’y nourrir de glands ou de faines.
Certaines forêts sont grevées du droit de panage à titre onéreux ou gratuit.