PUEMETAHIVISION DE CE.LIVRE
ARTICLE PREMIER
Des études qu’il embrasse et de leur ordre naturel.
16. Une culture raisonnée à pour base l'étude des influences auxquelles elle est soumise. Ces influences tiennent aux propriétés des objets mêmes auxquels s'applique cette culture et aux propriétés des objets extérieurs. L'étude qui doit servir de base à la culture des Bois ne se borne donc pas aux Bois mêmes, c’est-à-dire aux essences dont ils se composent ; elle doit embrasser encore les climats sous lesquels celles-ci végètent, et les sols qui les supportent. Toutefois, les essences forment l’objet principal de cette étude, et ce sont elles, par conséquent, qui devraient nous occuper d’abord. Mais 1l est à remarquer que les essences dépendent plus des sols et des climats, que ceux-ci ne dépendent des essences. Ce sera dès lors nous conformer à l’ordre naturel que d’étudier premièrement les climats et les sols, et de passer ensuite aux essences,
ARTICLE II
De l'étude des Sols et des Climats.
17. L'étude des climats et des sols, ainsi que nous venons de le faire remarquer, ne nous importe qu’en raison de l’action immédiate qu'ils exercent sur lu végétation ; nous nous bornerons donc à ce qui est indispensable pour faire connaître cette action.
18. Nous étudierons d’abord les climats en cherchant quelles sont les influences générales dont ils dépendent, et quelle action ils exercent à leur tour sur la végétation; puis, les divisant en climats de plaines et en climats de montagnes, nous apprendrons à connaître les phénomènes atmosphériques particuliers aux plaines, aux vallées, aux versants et aux plateaux, et l'influence de ces phénomènes sur la végétation. Nous serons conduits de là à prendre en considération l'exposition et les caractères propres aux quatre principaux aspects du soleil.
19. Pour les sols, nous étudierons d’abord les qualités qu’ils doivent présenter pour être favorables à la végétation, et la part qu’ils ont dans le phénomène de la nutrition. Nous examinerons ensuite leur composition, et les propriétés particulières à leurs principaux composants. Du sol lui-même, nous descendrons au gisement, qui en est la base minéralogique ; puis, nous nous occuperons de l’inelinaison.
DES SOLS, DES ESSENCES. 13 Enfin, nous terminerons par l’énumération des principales catégories de terrains, fondées sur la composition, ou sur le degré d'humidité , el nous ferons connaître leurs propriétés relatives à la végétation des bois.
ARTICLE III
De l’étude des Essences.
20. L'étude des essences étant notre objet principal, nous examinerons, pour chacune en particulier. toutes les propriétés qui doivent avoir quelque influence sur la culture.
Ainsi, nous décrirons chaque essenée en commençant par faire connaitre ses exigences sous le rapport des climats et du sol; puis, pour embrasser le végétal dans toutes les phases de son développement, nous nous occuperons d’abord de la floraison et de la fructification, puis du jeune plant, enfin de l'arbre dont nous considérerons successivement le feuillage, la tige et les racines, la croissance et la durée ; enfin, nous compléterons chacune de ces études par l'appréciation des qualités du bois sous le rapport des ressources qu'il présente à l’industrie.
21. On ne doit pas s'attendre à trouver dans nos descriptions d'arbres l’énuméralion de tous les caractères botaniques qui distinguent chaque espèce 1.
! Cesconnaissances, qui, d'ailleurs, ne sont pas indispensables pour l'intelligence des règles de la Culture des bois, sont ensei-
14 DES CLIMAIS, Nous indiquerons principalement les propriétés des arbres qui ont une influence réelle sur la culture.
22. Nous passerons sous silence les bois qui sont sans importance sous le rapport de leurs produits matériels, tels que les arbrisseaux et les arbustes, ét nous ne parlerons pas davantage de ceux qui ne se rencontrent que très rarement dans les forêts. Parmi les essences exotiques acclimatées, quelques-unes seulement nous ont paru mériter d’être mentionnées, lant à cause de leur belle végétation que par rapport aux qualités de leurs bois.
23. Quant au classement des essences, nous n’entrerons encore, à cet égard, dans aucun détail de classification botanique. Nous nous contenterons de ranger les essences forestières en deux groupes : Bois feuillus et Bois résineux. Cette division nous convient principalement en ce qu’elle se fonde sur des caractères bien tranchés tirés des phénomènes de la végétation et de la nature mème des bois.
Les arbres qui composent le premier groupe por-
gnées aux élèves de l'École forestière dans un cours de botanique appliquée, et les forestiers praticiens les possèdent en général à un degré suffisant, soit qu'ils les aient acquises par une longue habitude, soit qu'ils les doivent à une étude approfondie. Ceux de nos lecteurs, au surplus, qui seraient entièrement étrangers à cel objet, pourront se l’approprier dans des traités spéciaux, tels que : Le nouveau Duhamel, publié par Mirbel ; L'Histoire des arbres ct arbrisseaux, par Desfontaines, et surtout la Flore forestière, publiée par M. A. Mathieu, professeur d'histoire naturelle à l'École forestière.
DES SOLS, DES ESSENCES. Fo tent des feuilles à limbe plus ou moins développé, qui meurent et tombent à chaque automne et sont renouvelées au printemps suivant, à l'exception cependant de quelques espèces, le chêne liège et le chêne yeuse entre autres, qui conservent leurs feuilles vertes pendant plus d’une année. Des bourgeons, dits axillaires , se trouvent à l’aisselle de chacune de ces feuilles, d’où résulte une ramification abondante plus ou moins diffuse. Les sucs qui circulent dans leurs tissus ne sont jamais résineux, et ces arbres ont ous, plus ou moins, la propriété de produire des rejets de souches et de racines, lorsque la tige est coupée par le pied. Leur bois se compose essentiellement de fibres, de vaisseaux et de rayons f.
Les bois résineux, aussi appelés arbres verts, ont des feuilles linéaires, acuminées, raides, qui persistent pendant plusieurs années ; le mélèxe seul fait exceplion quant à la nature de ses feuilles : quoique linéaires et acuminées , elles sont tendres et tombent
‘ Les fibres sont des organes élémentaires qui, dans leur réunion, forment la masse principale et la plus compacte du bois, et qui paraît pleine à l'œil nu. — Les vaisseaux sont des tubes qui se trouvent disséminés, soit solitaires, soit par faisceaux, au milieu du lissu fibreux. Leur diamètre, plus grand que celui des fibres, les fait reconnaître aisément sur une section transversale, où ils apparaissent sous forme de petits trous. — Les rayons sont des lames de tissu cellulaire qui varient, selon les essences, en épaisseur, en longueur et en hauteur, et dont la direction est toujours perpendiculaire aux couches qu'elles traversent. (Voir Mathieu, Flore forestière.)
à chaque automne comme celles des bois feuillus. Les arbres de ce groupe n’ont pas de bourgeons à l'aisselle de chaque feuille ; ils n'ont généralement que des bourgeons terminaux entourés d’un seul verticille de bourgeons axillaires, de sorte que leur ramificaion n'est pas diffuse comme celles des essences du groupe précédent; elle est, au contraire, plus où moins régulière, et la tige est susceptible d'attendre à une plus grande hauteur.
Les bois résineux ne possèdent point la faculté de se reproduire par rejets! de souches ou de racines; leurs sucs sont résineux, et leurs semences se trouvent renfermées dans un fruit ligneux composé d'écailles superposées les unes aux autres autour d'un axe commun. Ce fruit à reçu le nom de strobile ou cône. |
Le bois des conifères ne contient que des fibres et des rayons, jamais de vaisseaux.
‘ Nous n'ignorons pas que plusieurs pins d'Amérique, notamment le pinus tædu etle pinus rigida, se reproduisent par rejets, et que cette propriété a même été remarquée, en France comme en Allemagne, sur de très jeunes sujets de pin sylvestre qui venaient d’être détruits par un incendie. Mais, d'une part, la faculté dont il s’agit ne paraît que faiblement caractérisée dans les deux espèces exotiques que nous venons de nommer; de l'autre, le fait signalé pour le pin sylvestre est dû à une cause trop anormale pour qu'il puisse en être tenu compte autrement qu'au point de vue physiologique. La non-reproduction par rejets des bois résineux n'en demeure donc pas moins vraie pour nous, sous le rapport cultural.