Cet arbre est très répandu dans les terrains
sablonneux de l'Ouest de la France, depuis les Pyrénées jusqu'à Nantes, el mème jusqu'au Mans.
37. Climat, situation, exposition. — D'après ce que nous venons de dire, cet arbre se plaît plus particulièrement dans les climats doux et mème chauds, pourvu qu'ils soient humides; toutefois, il résiste encore aux hivers des régions tempérées ; il paraît rechercher les plaines plutôt que les montagnes, et ne montre pas une préférence prononcée pour une exposition plutôt que pour une autre.
88. Terrain. — Les sols légers et frais sont ceux que le tauzin préfère; on le voit réussir dans les dunes et dans d’autres terrains d'une nature assez aride.
89. Floraison et fructification. — Là floraison est monoïque, et amentacée pour les mâles. Les fleurs paraissent au printemps, et les glands sont mûrs el tombent dans le courant de septembre de Fannée de la floraison.
90. Jeunes plants. — Les jeunes plants paraissent avoir.le même tempérament el les mèmes exigences que ceux du chône rouvre.
91. Feuillage. — Les feuilles du chène tauzin sont profondément découpées et disposées sur les rameaux, de manière à donner un couvert plus léger encore que celui du pédonculé.
92. Racines. — Ses racines tracent au loin el drageonnent abondamment dès la jeunesse. Cette disposiion le rend précieux pour la fixation des dunes.
93. Croissance et durée. — La croissance de cel arbre est assez rapide, mais il ne s'élève guère tu
delà de 20 à 24 mètres, el n’atteint qu'une grosseur ordinaire. I vit plusieurs siècles.
94. Qualités et usages. — Le chène tauzin est peu estimé comme bois de construction; on lui reproche d’avoir trop d’aubier, d’être noueux et tordu, de résister mal aux alternatives d'humidité et de sécheresse, et, enfin, de se tourmenter plus que les autres chênes.
Ces défauts le rendent peu propre aussi à la fente el aux autres ouvrages ; mais, jeune, il fournit des cercles de futailles très recherchés, car il a la fibre coriace et beaucoup de liant.
Comme bois de feu, il est bien préférable au rouvre et au pédonculé; son charbon est très estimé. L'écorce sert au tannage, et les glands sont particulièrement appréciés pour l’engraissement des pores.
4° Chêne veuse.
95. Le chêne veuse ou chêne vert ne se rencontre, en France, que dans les départements méridionaux. Dans la Provence et le Languedoc, ainsi qu’en Corse, il forme de nombreuses et vastes forêts.
96. Climat, situation, exposition. — Il a besoin d’une température chaude ; 1l se plaît sur les coteaux et sur les montagnes de moyenne hauteur, et réussit à toutes les expositions.
97. Terrain. — Cet arbre paraît préférer les sols calcaires; c’es{ là, du moins, qu'on le rencontre le plus
DES SOLS, DES ESSENCES, Do
habituellement, quoiqu'il eroisse aussi dans d'autres terrains, même les plus arides. A la vérité, 1l végète très faiblement dans ces derniers, mais avec persistance, et on peut le regarder, forestièrement, comme le sauveur des montagnes du Midi.
98. Floraison et fructification. — La floraison est monoïque, et amentacée pour les mâles; les fleurs paraissent au printemps, quelquefois seulement en mai. Le gland mürit en septembre, parfois même dès l'été de l’année, et tombe avant l'hiver. Quelques chènes yeuses donnent des glands assez doux etmangeables !, sans qu'il soit possible de reconnaître aucune différence entre les pieds qui produisent ces glands et ceux qui ne portent que des glands amers: on prétend même que les uns et les autres se trouvent parfois sur le même arbre. I paraît probable que c'est surtout dans les expositions très chaudes que le gland devient comestible.
99. Jeunes plants. — Quoique très robustes, el supportant bien les chaleurs, 1l'est à conseiller cependant de leur procurer, dans les deux premières années de leur naissance, un abri contre les ardeurs du soleil.