DE L'ASSIETTE DES COUPES
ARTICLE PRMIER.
De l’assiette des coupes en général.
429. Lorsqu'il s’agit d'établir une marche rationnelle dans les exploitations d’une forêt, l'assiette des coupes est aussi importante et souvent aussi difficile que la fixation de la possibilité. Elle exerce l’influence la plus directe sur la prospérité et sur la conservation des bois, et mérite, par conséquent, l'attention toute spéciale du forestier.
Les règles sur lesquelles elle s'appuie sont au nombre de cinq; mais 1l n’est pas toujours possible de se conformer à toutes à la fois, parce que souvent l'application de lune contrarie l'application de l’autre. Quand une pareille opposition se présente, c’est au forestier à savoir, d’après les circonstances locales, à laquelle de ces règles 1l doit donner la préférence.
ARTICLE II
Première règle.
430. Dans une même série d'exploitation, les coupes doivent être assises de manière qu’elles se succèdent de proche en proche, et qu'elles aient la forme la plus régulière possible.
Quand l'assiette des coupes se fait sans suite, le jeune bois qui se trouve sur les limites de ces coupes, souffre toujours plus ou moins du couvert des arbres voisins, et, lorsque ceux-ci viennent à être exploités, ils lui causent encore un dommage notable par l’abatage, le façonnage et surtout par la vidange. Si les limites sont irrégulières et forment des sinuosités profondes, ce dommage est d'autant plus grand. Enfin, lorsque les exploitations ne se suivent point, il devient plus difficile d'exercer sur les jeunes coupes toute la surveillance qu’elles réclament, en raison des nombreux dégâts que peuvent y commettre les hommes et les animaux.
En observant la règle que nous venons d’énoncer, on évite tous ces inconvénients, et l’on se procure de plus l'avantage de juxtaposer des bois peu différents d'âge, qui se prêtent un mutuel appui contre les vents, laneige, le givre, etc., etse poussent réciproquement dans leur croissance en hauteur.
Mais dans l’état irrégulier où se trouvent nos forèts
actuelles, on peut rarement établir, dès à présent, une suite non interrompue de coupes; il faudrait pour cela eonsentir à exploiter certaines parties bien avant, et d’autres bien après l’âge d’exploitabilité, ce qui entrainerait nécessairement une perte plus ou moins considérable de produits. On doit donc (du moins pour la première révolution) se contenter d'approcher de l’ordre désirable, en disséminant les coupes le moins possible, et, dans ce but, ne pas hésiter à faire quelques sacrifices, si la trop grande imégalité d’âge des bois les rendait nécessaires.
ARPICHENTET.
Deuxième règle.
431. Les coupes doivent être disposées de manière que les bois d'une coupe en exploitation ne soient pas dans le cas d'être transportés à travers d'autres coupes précédemment exploitées.
Cette règle a pour but de faciliter les transports, et particulièrement d'éviter les dommages des vidanges qui, ne pouvant s’exécuter la plupart du temps qu’à l’aide de nombreux charrois, sont surtout ruineuses dans les jeunes coupes. Pour s'y conformer, il suffit que chaque coupe soit indépendante des autres, et qu'elle aboutisse directement, soit sur une route ou un chemin, soit sur un ruisseau où le bois puisse se flotter, soit enfin sur les terres riveraines.