Exploitabilité. — L'époque la plus con
venable pour lexploitation d’une futaie de hêtre tombe entre 80 et 140 ans. Le plus ordinairement,
on choisit l’âge de 120 ans, à moins que la forêt ne soit située dans un terrain très riche et dans un climat très doux. Dans ce cas, les bois acquièrent plus tôt les dimensions utiles, et comme, d’un autre côté, ils sont aussi plus exposés à se carier intérieurement, il est prudent de réduire la révolution à 100 et même 90 ans.
485. Coupes de régénération. — La coupe d’ensemencement doit présenter une réserve nombreuse, composée des arbres les plus forts et les plus sains. L'état sombre de cette coupe est doublement nécessaire dans une futaie de hêtre : d’abord à cause de la semence qui, comme le gland, est lourde, et en second lieu, parce que le jeune plant est très délicat et a besoin d’être protégé par un couvert épais.
I ne faudrait pas, toutefois, conclure de là que, sous un massif complet, le repeuplement réussirait. La faine à la vérité y germerait et les jeunes plants lèveraient, mais pour disparaître dès la 2° ou la 3° année au plus lard, faute de lumière
456|. Aussi lorsque, après la coupe sombre, la faïnée se fait trop longtemps attendre et que le massif s’est reformé par suite du développement des cimes des réserves, il devient nécessaire de remédier à cet état de choses par quelques nouvelles extractions d'arbres, aux-
! Les essences les plus exposées à la carie intérieure, dans les sols substantiels, paraissent être celles dont le couvert très épais maintient une grande fraicheur et fournit un terreau abondant.
quelles 1l est bon, néanmoins, de ne procéder que peu avant l’époque présumée de la prochaine fainée.
La coupe d’ensemencement doit rester intacte jusqu’à ce que le sol soit complètement ensemencé et même jusqu'à ce que les plants aient acquis une cerlune force. Il faut, à cet effet. leur laisser atteindre de 22 à 353 centimètres de hauteur, à peu près ; c’est alors seulement qu'il est temps de procéder à la coupe secondaire. Cette opération doit être faite avec beaucoup de précaution. Dans les sols et aux expositions favorables, elle pourra supprimer à peu près la moitié du couvert; mais si le terrain était sec et l'exposition chaude, il faudrait n’enlever que très peu d’arbres dans une même année, et revenir ainsi à plusieurs reprises, afin d'habituer insensiblement le jeune hêtre aux influences atmosphériques 1464).
Lorsque, à l’aide d’une ou de plusieurs coupes secondaires, le sous-bois est parvenu à une hauteur moyenne de 50 à 66 centimètres, et même jusqu'à un mètre, le moment est arrivé de faire la coupe définitive. En général, il n’est d'aucune utilité, lors de cette coupe, de réserver quelques arbres pour parcourir une seconde révolution, le hêtre n'étant point employé à la charpente, et pouvant, dès l’âge de 90 à 120 ans, convenir à tous les usages auxquels il est propre.
Les nettoiements de bois blancs, ainsi que les éclaircies périodiques,