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CHAPITRE TROISIÈME

EXPLOITATION DES FUTAIES IRRÉGULIÈRES, QUI ONT ÉTÉ SOUMISES AU MODE DU JARDINAGE.

ARTICLE PREMIER

Des forêts jardinées en général.

535 Nous n'avons traité jusqu’à présent que des futaies dont l’état régulier permet l'application de la méthode du réensemencement naturel et des éclaircles ; mais, en France, il en existe un grand nombre qui ne sont nul'ement dans cet état. Telles sont entre autres les forêts jardinées.

Le jardinage consiste à enlever, çà et là, les arbres les plus vieux, les arbres dépérissants, viciés ou secs, et d’autres en bon état de croissance, mais qui sont réclamés par le commerce ou la consommation

locale. Dans ce mode d’exploitation, qui a été plus particulièrement appliqué aux essences résineuses, notamment au sapin et à l’épicéa, on a pour principe de ne jamais prendre que très peu d’arbres à la fois sur le même point, trois à cinq au plus par hectare, et d'étendre autant que possible le jardinage sur toute la forêt ?. Il résulte de cette manière d'opérer que la forêt présente, sur certains points, des sujets de tout âge confusément mèêlés, depuis le jeune brin jusqu’à la vieille écorce, et que les arbres qui ont le plus de grosseur et d'élévation gènent ceux qui se trouvent sous leur couvert, et en ralentissent la végétation. De plus, les arbres n'étant pas serrés entre eux, s'étendent en branches, deviennent presque toujours noueux, et n’atteignent pas la hauteur dont ils seraient susceptibles. Il en résulte encore que, s’élevant pour ainsi dire par échelons, ils ne peuvent se soutenir réciproquement et n'offrent pas assez de résistance aux coups de vent et au poids de la neige et du givre : les bois les plus faibles, arrêtés dans leur végétation par ceux qui les surmontent, contractent des germes de maladie lorsque cet état de gène se prolonge ; presque toujours ils languissent, rarement ils arrivent à un beau développement, et souvent ils meurent prématurément.

Tel est, en général, l’état des forêts jardinées. Ce-

! Dralet. Traité des bois résineux, page 151. ? Id., Traité de l'aménagement, page 106.

pendant on rencontre fréquemment, dans certaines de ces forêts, de belles parties dont la prospérité est due aux soins du forestier qui a su déroger à la routine, en enlevant de préférence les arbres branchus qui surmontaient le jeune sous-bois, Celui-ci, dès-lors, débarrassé du couvert qui l’étouffait, a pu participer aux influences atmosphériques, s’est élancé et a pris une belle croissance. Des effets analogues, et sur un plus grand espace, ont souvent été opérés par des coups de vent qui ont enlevé les vieilles écorces et d’autres arbres qui dominaient de jeunes fourrés. Ainsi, l’on voit quelquefois, dans les forèts Jardinées, des peuplements semblables à ceux que l’on obtient dans les futaies régulières.

936. Le jardinage, en disséminant les exploitations sur de très grandes surfaces, rend la surveillance fort difficile, et augmente considérablement les dégâts provenant de l’abatage et de la vidange. Mais le reproche le plus grave auquel donne lieu ce mode, c’est de ne faire rendre aux forêts, dans un temps donné, que des produits matériels très inférieurs, en quantité et en qualité, à ceux que l’on obtient par la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies. Il suffit de comparer l’influence de ces deux modes sur la végétation, pour être convaincu de cette vérité.

En effet, dans les forêts jardinées, nous voyons les sujets de toute catégorie entravés dans leur développement, pendant un temps plus ou moins long, et

souvent jusqu'à la fin de leur existence ; dans la futaie régulière, au contraire, la croissance est favorisée dès la première Jeunesse, et activée, jusqu’au terme de la maturité, par des exploitations périodiques. Ajoutons que, dans la futaie jardinée, 1l n’est pas question d'enlever, comme dans la futaie régulière, les jeunes sujets dominés qui, par conséquent, sont perdus pour la consommation.

Quant à la qualité des arbres, la facilité qu'ils ont, dans la forêt jardinée, d'étendre leurs branches, les rend inférieurs, pour les constructions et la fente, à ceux qui ont crû en massif; et il est à remarquer, en outre, que les dégâts considérables causés par l'abatage et la vidange, dans une telle forêt, y multiplient les arbres viciés, tandis que l’on n’en rencontre que peu dans les fufaies régulières.

ARTICLE II

Des coupes de transformation.

537. L'infériorité des futaies jardinées, comparativement aux futaies régulières, étant démontrée, on est nécessairement amené à conclure que la méthode du jardinage doit être supprimée et remplacée par un mode de coupes de transformation qui établisse, dans les premières de ces forêts, plus d’uniformité sous le rapport de l’âge et de la croissance des bois, et qui rende possible, par la suite, l'application de la méthode du réensemencement naturel et des

éclaircies. Mais, pour que, dans l’exécution de ces coupes de transformation, on atteigne entièrement le but que l’on se propose, 1l est essentiel de les modifier d’après les divers états de peuplement qui existent dans les forêts jardinées, états qu’on peut rattacher à trois types dont chacun demande un traitement particulier.

1° Quand les vieux arbres ne sont pas très nombreux, et que le terrain est suffisamment qarni de jeunes peuplements en bon état de croissance, on doit se hâter de faire abattre tous ces vieux arbres, et même d’autres moins âgés, si, par une tête trop rameuse, ils gênent évidemment l’ensemble du sous-bois.

Lors même que ce sous-bois serait déjà élevé, eût-il 25 ou 30 ans, il ne faudrait pas craindre de faire l'extraction dont nous venons de parler ; sauf, toutefois, à prendre toutes les précautions quant à l’abatage et à la vidange, prescrites plus haut pour les futaies régulières [478 et 479]. Le dommage qu'une pareille exploitation pourra occasionner, sera, dans tous les cas, bien inférieur à celui que causeraient, par la suite, des arbres branchus s’étalant de plus en plus au-dessus de la jeune forêt.

2° Quand la quantité des arbres est considérable, et qu'ils dominent un sous-bois jeune qui offre tous les signes d'une bonne végétation, sans cependant être assex vijoureux pour pouvoir Être exposé tout de suite à l'air et au soleil, 11 convient d’effectuer d’abord une exploitation semblable à la coupe secondaire, puis

de faire exécuter plus tard la coupe définitive, lorsque les jeunes plants paraîtront suffisamment robustes.

3° Enfin, si, sous de nombreux arbres, il existe un sous-bois entièrement rabougri par suite du couvert épais qu'il a subi trop longtemps, il faut se garder de vouloir élever une futaie avec un pareil sous-bois qui ne parviendrait jamais à un beau développement ; il est préférable de le sacrifier et de préparer le terrain pour un nouveau semis naturel. Dans les forèts résineuses, les arbres existants suffiront en général pour l’ensemencement; néanmoins, il pourrait arriver que, sur quelques points, ils ne fussent pas assez nombreux pour procurer l’abri nécessaire à des plants délicats, tels que ceux du sapin, par exemple; dans ce cas, 1l conviendra de suppléer à ce manque d’abri au moyen du sous-bois rabougri lui-même, qu'on ne coupera point, ou qu’on ne coupera qu’en partie, selon le tempérament de l'essence, afin de laisser aux nouveaux brins le temps de se fortifier assez pour résister aux influences atmosphériques. Plus tard, on extraira le sous-bois rabougri par forme de nettoiement t.

‘ Lorsque le sapin est l'essence dominante, bon nombre de ces sous-bois rabougris, une fois débarrassés d’un couvert trop épais, se ravivent très souvent et s’élancent avec une vigueur qui semble d'autant plus grande que leur végétation a été plus longtemps comprimée. Aussi, est-ce le cas de les conserver, toutes les fois qu'ils forment des bouquets ou petits massifs pouvant se relier avec les parties nouvellement réensemen-

Dans les bois feuillus, le moyen de régénération sera plus prompt et plus facile, toutes les fois que les brins mal venants garniront entièrement le terrain, et auront de faibles dimensions: en effet, il suffira d’avoir recours à une recépage ! en faisant abattre en même temps tous les vieux arbres. Ce recépage, effectué sur des brins d’un faible diamètre, fera naître de beaux rejets qui, dans peu d'années, auront pris une assiette et une végétation presque entièrement semblables à celles de brins de semence. Mais, si les sujets rabougris étaient peu nombreux et déjà forts, il vaudrait mieux prendre le parti de les déraciner,

cées [502], à moins qu'ils ne soient entièrement dépérissants. Les épicéas résistent moins longtemps sous le couvert que les sapins ef, une fois rabougris, se récupèrent plus difficilement; toutefois, en bon fonds, ils se rétablissent entièrement, pourvu qu'on ait soin de ne pas les faire passer trop brusquement de l'état couvert à l'extrême opposé. Quant au pin, que l’on voit rarement, au surplus, à l’état de forêt jardinée, on saït qu’il ne supporte pas d'être surmonté, et que, une fois rabougri sous cette influence, il ne se rétablit plus. C'est ainsi que l’on trouve, dans certaines pineraies irrégulières (forêt de Haguenau), des gaulis et des perchis incomplets et chétifs qui, découverts trop tard, quoique depuis assez longtemps, demeurent languissants et stationnaires. Évidemment c’est le pire des états, et mieux vaudrait la perte entière, car de tels peuplements resteront toujours misérables et tiennent la place d’autres qui eussent été infiniment plus productifs.

’ Ilest essentiel que ce recépage se fasse tout à fait à fleur de terre, afin de donner aux rejets une assiette solide, et d'éviter qu'il ne s’en présente un trop grand nombre sur la même souche.

afin d'obtenir un repeuplement nouveau et complet, et d'empêcher que les rejets qui résulteraient du recépage ne vinssent à gèner ou à étoufler les Jeunes brins de semence.

Lorsque l’essence sera le hêtre, on fera mieux, en général, de viser à une régénération par la graine, cet arbre étant peu disposé à se reproduire de souche. La nature du sol, ainsi que le climat, exercent à cet égard une grande influence. C’est au forestier à apprécier ces causes locales et à s'assurer, par des expériences faites en petit, de la faculté reproductive des souches. S'il existe le moindre doute sous ce rapport, il ne tentera pas le recépage, et cherchera, au contraire, à amener un nouvel ensemencement. Il pourra aussi, si le sous-bois n’est pas rabougri au dernier degré, se contenter de le débarrasser des arbres qui le dominent, et le laisser croître tel qu'il est. Cet expédient se fonde sur un fait bien constant : c'est que le hêtre possède, comme le sapin et plus que lui peut-être [502]|, la propriété de regagner de la vigueur, lors même qu'il a langui pendant fort longtemps sous le couvert; et il n’est pas rare de le voir prendre une belle croissance dès que les arbres qui l’offusquaient ont disparu 1.

! Nous pouvons citer un exemple à l'appui de cette assertion. Un jeune bois de hêtre, dans une situation élevée des Vosges, en très mauvais état de croissance par suite d’abroutissement, et surmonté d'un assez grand nombre de vieux arbres, paraissait réclamer le recépage. Incertain sur le succès de cette opé-

538. Telestletraitement à appliquer aux principaux états de peuplement qu'on rencontre dans les forêts Jjardinées ; on y en rencontre sans doute encore beaucoup d’autres, mais qui ne diffèrent (soit sous le rapport de l’âge, soit sous le rapport de la consislance) que par des nuances plus ou moins tranchées, de ceux que nous venons de décrire, et dont le traitement doit, par conséquent, se rapprocher plus ou moins des règles que nous avons données.

Ce qui rend surtout difficiles les coupes de transformation, c'est que ces différents peuplements se trouvent pêle-mêle sur une étendue souvent très peu considérable, et qu’il faut alors changer de mode de traitement presque à chaque pas. Pour réussir dans ces opérations, l'essentiel est d’avoir toujours bien en vue le but que l’on veut atteindre. Ce but est d'obtenir des massifs qui,bien que différents d'âge par place, puissent être régénérés à la même époque sans qu'il en résulte unetrop grande perte d’accroissement.

ration, et craignant le déboisement de cette partie de forêt, si les hêtres ne repoussaient pas, nous nous contentâmes de les mettre en défends et de les abandonner à eux-mêmes, après les avoir débarrassés des arbres qui les dominaient. Ils n’ont pas tardé à végéter avec assez de force et à gagner en hauteur; il y à trente-six ans maintenant que les bestiaux ont été éloignés de cette jeune forêt et qu’on a fait disparaître les vieux arbres, et sa végétation continue à être des plus satisfaisantes. Le bas des tiges seulement a une forme défectueuse, mais qui ne peut être d'aucun inconvénient pour le hètre, puisqu'il n’est employé qu’au chauffage et au travail.

Les règles qu’on vient d'exposer et qui sont fondamentales du traitement des forêts jardinées, exigent qu'on se défende constamment, dans l'application, contre la tendance bien naturelle à tout forestier de chercher à élever des peuplements parfaitement réguliers. Souvent, par exemple, on serait tenté de faire disparaître certains bouquets de perchis assez âgés déjà, parce qu'ils sont environnés de fourrés et qu'il serait possible de provoquer un nouveau repeuplement qui se raccorderait mieux avec ceux-ci. Une telle opération serait cependant une faute, car, souvent répétée, elle entraïnerait immédiatement des pertes considérables d’accroissement, et, dans les situations où les semis naturels ou artificiels réussissent difficilement, elle peut même offrir des dangers. Il est donc très important de se bien consulter avant que d’abattre, dans les coupes de transformation, d’autres bois que ceux qui, par leur âge, leurs dimensions ou leur position isolée, ne peuvent évidemment faire partie du massif quasi-régulier qu'il s’agit de constituer. C’est ce massif qui procurera un jour le peuplement normal que l’on a en vue; mais 1l faut savoir attendre ce résultat et ne pas lui faire plus de sacrifices que de raison.

ARTICLE III

Marche des coupes de transformation.

539. Lorsqu'une forèt jardinée doit, par des coupes de transformation, être ramenée à l’état réguher, la marche de ces coupes peut être réglée d’une manière analogue à celle que nous avons fait connaître pour les futaies régulières [473]. Il est à observer, toutefois, que le jardinage ne saurait être supprimé immédiatement dans une telle forêt, en raison de l’état assez uniforme qu'elle présente dans son irrégularité. En effet, le plus souvent, 1l existe, sur tous les points, des arbres exploitables entremèêlés avec d’autres de l’âge moyen et du premier âge; or, si l'on se contentait d'établir une suite de coupes de transformation qui se succéderaient de proche en proche, 1l est évident qu’un grand nombre des arbres, qui dès à présent sont mürs ou sur le retour, périraient avant que les coupes vinssent les atteindre. Il faut donc, de toute nécessité, que, dans le nouveau mode d'exploitation, ces arbres soient enlevés à temps, et c’est dans ce but que le jardinage doit être continué.

Ainsi, pour ramener une forèt jardinée à l’état régulier, on doit établir deux exploitations distinctes : d'une part les coupes de tranformation, de l’autre, les

coupes de jardinage portant sur les arbres mûrs et dépérissants. Nous verrons, dans ce qui va suivre, comment ces deux exploitations se combinent pour conduire au but proposé.

940. La révolution à adopter pour opérer la transition de l’état jardiné à l’état régulier, révolution que nous nommerons transitoire, doit être abrégée autant que possible ; toutefois, il faut qu'elle soit assez longue pour qu’à son expiration, la forèt présente des peuplements parvenus à leur exploitabihté, ou du moins qui en approchent. La durée de la révolution transitoire dépendra donc principalement de l’âge qu’auront les jeunes massifs créés par les coupes de transformation qui auront été faites les premières. Cette révolution, de même que celle d’une futaie régulière, devra être divisée en périodes, dont chacune aura son affectation sur le terrain.

Mais, en déterminant ces affectations, on cherchera principalement à favoriser l’amélioration future de la forêt et, par conséquent, à observer les règles d’assielte, afin d'assurer pour l'avenir une succession aussi régulière que possible dans les coupes. De tels résultats, au cas particulier surtout, sont bien plus importants à obtenir que l'égalité des produits périodiques. Cette égalité est d’ailleurs d'autant plus difficile à atteindre en général, que l'irrégularité de la forèt est plus grande, que les arbres ‘présentent moins de similitude sous le rapport de

leurs formes et de leurs dimensions, et enfin que

les influences sous lesquelles ils végètent sont plus diverses. Pour parvenir à réaliser le rapport soutenu dans une forêt jardinée qu’on veut transformer, nous pensons que le meilleur moyen, peut-être, et en même temps le plus simple, est d'y multiplier les séries d'exploitation, d'après les principales différences de fertilité et de peuplement, puis, de donner aux affectations des périodes, dans chacune de ces séries, des contenances égales !.

Supposons que lon adopte les principes qui viennent d'être posés, et que la révolution transitoire d’une série d'exploitation ait été fixée à 75 ans, au lieu de 100 qui serait la durée ordinaire, puis parlagée en périodes de 25 ans chacune ; et examinons

‘ En effet, dans la forêt jardinée, il n'existe pas, comme dans la futaie régulière , des peuplements d’âges gradués; tous les âges au contraire s’y trouvent confusément mêlés. Sous ce rapport donc, les mêmes difficultés comme les mêmes facilités se rencontreront dans une même série, qu'elle soit grande ou petite. Il suit de là que, pour constituer chacune d'elles, il serait superflu de se préoccuper de la gradation des âges; la qualité et la configuration du sol devront seules être considérées, ce qui, le plus souvent, donnera la facilité de ne comprendre dans une même série que des parlies ayant à peu près la même fertilité. Quant à la formation des affectations, comme les différences de consistance entre des peuplements aussi complétement irréguliers que ceux de la forêt jardinée ne sauraient évidemment se déterminer avec la précision nécessaire, le mieux, dans la plupart des cas, sera de n’en pas tenir compte.

quelle sera la marche des exploitations, pendant toute cette révolution, de période en période.

541. Exploitation de la 1" période. — C’est dans l’affectation de cette période que commenceront les coupes de transformation: on les effectuera d’après les règles données dans l’article précédent, et l’on fera bien, en outre, afin d'aider autant que possible à la végétation du sous-bois sur toute l'étendue de l’affectation, de les accompagner d’ébranchements de gros arbres, dans les parties qui ne viendront en tour d'exploitation que dans la dernière moitié de la période.

Parallèlement à ces coupes de transformation, marcheront dans les affectations des périodes 2 et 3, les coupes jardinatoires dont nous avons parlé plus haut. Ces dernières coupes, comme nous l'avons dit, sont particulièrement destinées à faire disparaitre les bois que l’on ne pourrait laisser sur pied jusqu'à ce que les coupes de transformation vinssent les atteindre. On peut joindre encore à ce but, celui de préparer insensiblement la forêt à l’état plus régulier auquel elle doit, plus tard, être amenée définitivement, et, dans cette vue, faire porter le Jardinage, autant que possible, sur les arbres dont la présence nuit à de nombreux sous-bois, en même temps qu’on enlèvera, par forme d’éclaircie, les tiges dominées dans les perchis. Dans l'affectation de la seconde période, le jardinage devra se borner aux arbres entièrement dépérissants ; mais, dans celle de

908 DE L'EXPLOITATION la troisième, il devra porter aussi sur les arbres en retour.

Par ce moyen, les produits, pendant là première période, pourront attemdre le chiffre où 1ls étaient avant que la transformation ne commencät, et dans certains cas même le dépasser.

542. Détermination de la possibilité. — La possibilité des coupes de transformation doit ètre basée sur le volume et se déterminer à l'entrée de chaque période [426 et 427], comme celle des coupes de résénération dans une futaie régulière. Ces exploilations ne sont, en effet, que des coupes de régénération, modifiées en raison d’un état particulier de peuplement, et nous avons vu ailleurs [475] les motifs qui empèchent que celles-ci ne soient établies par contenances égales. L'irrégularité du peuplement seule, au surplus, serait un motif suffisant pour renoncer à la possibilité par contenance.

On doit s'attendre à ce que la détermination de la possibilité, dans la forèt jardinée, soit affectée d’une erreur bien plus considérable que dans la fulaie régulière. Aussi est-il indispensable de vérifier le travail d'estimation plusieurs fois dans le cours de la période. Il est inutile de faire observer que, dans celle estimation, on ne devra comprendre que les arbres que l’on jugera devoir tomber dans les coupes de transformation.

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