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Pour favoriser la reproduction des taillis, il

! Une précaution très utile aussi, en pareil cas, consiste à laisser subsister sur la souche, comme firants de séve, quelques-uns des rejets dont la conservation a déjà été recommandée à d’autres titres [571].

300 DE L'EXPLOITATION convient, en général, que les bois soient faconnés et entièrement vidés avant que les rejets ne paraissent.

Très souvent on voit l’aire d’une coupe couverte de stères et de fagots, au milieu desquels les rejets s'élèvent et dépassent quelquefois les piles de bois. C'est ce qui arrive dans les taillis situés en sol très fertile ou humide, et dans ceux peuplés d’essences à végétation rapide. On conçoit que, dans de pareilles coupes, le séjour de bois faconnés et surtout le retard de la vidange ne peuvént manquer d’occasionner du dommage.

Il y en a moins à craindre pour les taillis situés en fonds maigre et aride et dans ceux que peuplent des essences d’une végétation lente, parce que les rejets de la première année sont ordmairement peu élevés.

980. La vidange avant le temps de la séve pourra presque toujours avoir lieu dans les coupes dont on commencera l’exploitation en automne. Elle sera possible encore dans les coupes de peu d’étendue, lors même qu'on attendrait la fin de l'hiver pour y meltre la cognée. Il n’est pas nécessaire, au surplus, que les bois soient transportés hors de l’enceinte de la forêt; l'essentiel est que la coupe en soit débarrassée, et il est rare qu’on ne trouve pas de places où le produit de l'exploitation puisse être momentanément déposé. Par le moyen de ces places de dépôt1, on pourra hâter la vidange des coupes,

‘ Quand les coupes, ainsi que cela doit être, aboutissent

DES FUTAIES. 391 quand même on n'aurait commencé à les exploiter qu'après les fortes gelées.

Ce qui favorise le plus la célérité des vidanges, c'est le bon état des chemins. Il est telle forêt où la sortie des bois n’est possible que lors des grands froids ou des chaleurs de l'été, et où la difficulté des transports diminue considérablement la valeur des coupes. Dans ce cas, on est forcé de consentir à des prorogations de délai de vidange, quel que soit l’inconvénient qui en résulte. De bonnes routes foreslières doivent être mises au rang des améliorations les plus utiles, de celles, surtout, qui augmentent le revenu des forêts et qui permettent d'apporter, dans les exploitations, la promptitude et l’ordre désirables.

ARTICLE VELT

Examen des dispositions que renferme le cahier des charges

des adjudications de coupes.

581. Le cahier des charges régissant les adjudications des coupes qui se font annuellement dans les forêts de l'Etat, des communes et des établisse-

toutes sur une ou plusieurs laies sommières ou routes, les accotements de celles-ci deviennent les places de dépôt les plus naturelles et les plus avantageuses.

ments publics, contient les dispositions suivantes 1 :

À. « L’abatage des bois sera entièrement terminé le 15 avril qui suit la date de l’adjudication.

» Les bois à écorcer, en vertu de l’acte d’adjudication, seront coupés avant le 15 mai.

B. » À moins de clauses contraires, les bois seront exploités à tre et aire et à la cognée, le plus près de terre que faire se pourra, de manière que l’eau ne puisse séjourner sur les souches. Les racines devront rester entières.

G. » Les coupes seront nettoyées, savoir: en ce qui concerne le ravalement des anciens étocs el l'enlèvement des épines, ronces et autres arbustes nuisibles, avant le terme fixé pour l’abatage ; en ce qui concerne le façonnage des ramiers, avant le 1° juin.

» A l'égard des ramiers provenant des bois qui auront été écorcés en vertu du procès-verbal d'adjudication, ce dernier délai est prorogé jusqu'au 1‘ juillet suivant.

D. » La vidange sera entièrement terminée le 15 avril qui suit l'expiration du délai d’abatage. E. » Si des circonstances locales nécessitent d’autres termes que ceux fixés par l’abatage, le net-

‘ Pour plus de facilité dans l’enseignement, nous avons classé

ici les dispositions du cahier des charges, dans l’ordre où les différentes parties de l'exploitation des taillis ont été traitées dans le présent chapitre.

DES TAILLIS. 999 » toiement et la vidange des coupes, il en sera fait » une clause spéciale de l’adjudication. »

582. Par le dernier paragraphe que nous venons de rapporter, le cahier des charges à prévu que des modifications pourraient être nécessaires, et 1l permet de les arrêter par des clauses spéciales, qui doivent être proposées par les agents forestiers locaux et soumises à l'approbation de l’'administration.

Nous allons examiner les conditions générales et en signaler les parties susceptibles d’être modifiées, lorsque d’ailleurs les circonstances rendront ces changembnts possibles.

a. L'abatage doit être terminé au A5 avril.

Ce terme est trop reculé pour un grand nombre de localités, eu égard aux inconvénients de la coupe en temps de séve.

D'après ce qui a été expliqué plus haut [577}, 1l faudrait, selon les différents climats, fixer, non seulement la fin, mais aussi le commencement de l'abatage, et faire en sorte d'éviter les exploitations d’automne et d'hiver qui, hors des contrées méridionales et d'une partie de celles de l'Ouest situées dans le voisinage de la mer, ne sont pas toujours sans danger !.

‘ Malheureusement, il existe souvent des obstacles presque insurmontables à une telle amélioration, par suite de l'extrême difficulté que l’on rencontre, dans-les mois de février et de mars, à se procurer des ouvriers. A cette époque de l’année, en

Mais, s'il est désirable que le délai d’abatage puisse être raccourci pour les taillis en général, il est certain que celui que le cahier des charges assigne aux bois à écorcer, pourrait être prolongé avec avantage, et sans qu'il en résultât aucun inconvénient pour la reproduction.

En effet, sauf dans les régions particulièrement favorisées sous le rapport du climat, la séve n’est entièrement en mouvement que dans la seconde quinzaine d'avril, et souvent même plus tard encore. L'écorcement ne peut donc guère commencer que dans les derniers jours de ce mois ou dans les premiers jours de mai. Or, cette opération, assez longue par elle-même, pour peu que la coupe soit étendue, est sujette en outre à de fréquentes interruptions, amenées tantôt par un refroidissement subit de la température, tantôt par un vent sec, qui suffisent pour augmenter l’adhérence de l'écorce au bois et arrêter le travail.

En augmentant le délai dont il s’agit de 45 jours, on faciliterait singulièrement la récolte d’un produit de première importance pour l’une de nos principales industries, et très profitable au propriétaire,

effet, les habitants des campagnes, tous à peu près, sont occupés aux travaux agricoles, auxquels, en général, ils né renoncent à aucun prix. En automne et en hiver, au contraire; leur temps, dans une grande partie de la France, appartient tout naturellement à l’abatage et au façonnage des bois qui deviennent ainsi une ressource précieuse pour ces papulations.

sans compromettre, plus qu’on ne le fait actuellement [576|, la reproduction des souches qui, en tout état de cause; ne saurait avoir lieu que sous l’action de la séve d’août.

b. Les bois seront exploités à la cognée le plus près de terre que faire se pourra.

Ce mode d’abatage, bien que généralement applicable, souffre cependant quelques exceptions, comme nous l’avons fait voir [578]. Par exemple, si, malgré le peu de disposition du hêtre à repousser de souche,on est forcé par les circonstances de le traiter en taills, il sera prudent de le faire couper au-dessus du nœud de la précédente exploitation, car ce n’est que du jeune bois que l’on peut espérer des rejets.

C’est par ce mode que, dans l’ancienne Lorraine, on à soutenu, pendant assez longtemps, l’existence de quelques taillis de hêtre; et lorsque les agents forestiers, pour obéir aux règlements, se sont décidés à faire couper ces taillis rez-terre, les vieux bûcherons ont prédit la mort des souches et ne se sont pas trompés.

Une mesure très utile pour assurer la reproduction des taillis, et dont nous avons déjà parlé plus haut [b71 et 578, note], consiste à conserver les rejets traînants, soit que l’on comptesurle mouvement des voitures et des hommes dans la coupe, pour les enterrer, soit, ce qui est mieux, qu’on les fasse coucher en terre, plus soigneusement, par des ouvriers. Quoi qu'il en soit, dans l’un et l’autre cas, on peut obtenir

par ce moyen une multitude de jeunes üges. Il serait donc à propos, en pareille circonstance, de ne pas exiger que l'exploitation se fit trop près de terre, et de recommander au contraire aux bûcherons, tout en coupant en talus, de respecter les trainants dont il s'agit.

c. Les coupes seront nettoyées, savoir: en ce qui concerne le ravalement des anciens étocs et l'enlèvement des arbustes nuisibles, avant le terme fixé pour l’abatage; en ce qui concerne le façonnage des ramiers, avant le 1° juin.

Les ramiers devraient expressément être façonnés dans le plus bref délai possible. Si le terme de cette opération n'est fixé qu'au 1° juin, les adjudicataires peuvent les laisser éparpillés dans les coupes pendant tout le mois de mai et, par conséquent, dans le moment où la séve produit déjà des rejets. D'une part, il en résultera du dommage pour le recru des souches; de l’autre, les agents et les gardes seront empèchés de visiter toutes les parties en exploilation, ce qui pourra favoriser la fraude. Les bûcherons devraient être partagés en deux brigades : l'une chargée d’abattre et de faconner le bois de corde, l’autre de relever et de fagotter les ramiers. Cette dernière travaillerait au fur et à mesure de la chute des arbres et de l’abatage des cépées. Dans tous les temps, une coupe doit être accessible et ne présenter aucun obstacle à la surveillance journalière. Quant aux anciens étocs, c'est-à-dire, aux sou-

DES TAILLIS. SE Vi

ches qui sont mortes en tout ou en partie, il vaudrait mieux les extraire et leur substituer de jeunes plants bien venants, que de se contenter de Îles ravaler.

d. La vidange sera entièrement terminée le 15 avril.

Cet article des conditions générales donne aux adjudicataires une année entiere, à partr de l’abatage, pour le débit et l'enlèvement des bois de leurs ventes, et doit, par conséquent, contribuer au succès des adjudications. Il est à regretter, toutefois, que cette manière d'augmenter les revenus actuels des forêts nuise à leur conservation, et l’on ne peut qu'émettre le vœu bien formel de voir adopter des délais de vidange plus favorables à la reproduction des taillis, dans toutes les locahtés où le bon état des chemins et une concurrence suffisante entre les marchands de bois permettront de le faire sans un trop grand sacrifice pécuniaire.

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