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La réserve doit se composer, en majeure

partie, de chênes, comme étant l'essence la plus précieuse pour les constructions.

. Après le chêne, on doit préférer l'orme, le frêne, les grands érables; puis le hêtre et le charme. Il est avantageux aussi de réserver quelques pieds d’aisier, de sorbier, de merisier ct de bouleau. Le tremble mème pourrait, dans certains taillis, faire partie de la réserve, attendu la rapidité de sa croissance et ses belles dimensions qui le font rechercher pour divers usages [256]. On l'en exclut cependant, et généralement avec raison, parce que l'extrème abondance de ses graines le multiplie dans les taillis, au point de compromettre la végétation des essences d'élite [252].

En général, 1l est utile de composer la réserve de plusieurs essences, tout en maintenant la proportion la plus forte aux plus importantes. Non seulement on assure, de cette manière, la satisfaction des différents besoins de la consommation, mais on se procure l’avantage d'élever, dans chaque canton de la forêt, sur chaque place pour ainsi dire, les arbres qui y prospèrent le mieux. On augmente donc la produclion générale en quantité et en qualité. A ce point de vue, on ne peut qu'approuver ce qui se pratique dans

DES TAILLIS. 365 certaines parties de l’Allemagne, où l’on a l'habitude de mêler à la réserve feuillue, un certain nombre d’arbres résineux, mélèzes ou pins sylvestres, qui réussissentparfaitement dans detelles conditions, fournissent d'excellents bois de travail et de construction et n’entravent cependant que très peu la croissance du sous-bois. Cette pratique, du reste, n'est point inconnue en France : dans différents bois particuliers de la Sologne, par exemple, on voit croître, audessus de taillis mélangés de chêne, de châätaignier et de bouleau, une réserve de pins sylvestres 1.

590. On a l'habitude de ne marquer que des tiges très droites , et l’on néglige celles qui présentent quelque courbure ou dont les branches forment la fourche ?, parce que, alors. ces branches sont exposées à être déchirées par les vents.

‘ V. le rapport de M. Ad. Brongniart, de l'Institut, à M. le Ministre de l'Agriculture et du.Commerce, sur les plantations forestières dans la Sologne.

2 La dénomination d'arbres fourchus s'applique spécialement à ceux dont la tige se divise, à une certaine distance de la base, en deux branches qui s'élèvent verticalement et restent toujours assez rapprochées l'une de l'autre. C’est avec raison que l'on évite de comprendre des arbres ainsi conformés dans les balivages, parce qu'ils ne sont d'aucune utilité spéciale. Mais il n’en est pas de mème de ceux qui, à la naissance du houppier, portent une forte branche, laquelle attire à elle une grande partie de la séve destinée à l'alimentation de la cime, et pourra former plus tard une des courbes si précieuses pour les besoins de la marine. Toutefois, avant de comprendre ces arbres dans les balivages, il importe de s'assurer, par une inspection

Les tiges droites doivent, sans doute, être l’objet principal du balivage; mais, dans les forêts de l'État du moins, et pour l'essence chêne, 1l ne faut point perdre de vue les besoins de la marine qui sont du plus haut intérêt. Dans toutes les forêts, et surtout dans celles qui sont traitées en futaies, on n’est jamais embarrassé de trouver des pièces droites, tandis qu'on n'y rencontre pas aussi facilement les courbes et les courbants qui servent à la construction des vaisseaux. [l faut donc chercher à y pourvoir par les balivages.

ARTICLE IV

Nombre des baliveaux.

591. Le nombre des baliveaux à réserver doit être réglé de manière que le couvert qui en résulte ne puisse compromettre la croissance et la reproduction du taillis. C’est dire qu’il doit varier selon les essences, les sols et les expositions, et qu'il n’est pas possible de prescrire, à cet égard, des règles générales et absolues.

En effet, il est des essences, telles que le chêne, le frêne, le bouleau, etc., qui ne donnent qu'un couvert léger et n’empêchent guère la croissance du taillis, alors que le hêtre, le charme, et d’autres

attentive, que l’axe du tronc ét celui de la branche sont sensi: blement dans un même plan, condition essentielle pour que là courbe formée par leur réunion puisse être utilisée.

| DES TAILLIS. 367 encore, peuvent étouffer ce qui végète sous leur épais feuillage.

Certaines essences aussi supportent mieux que d’autres d’être dominées. Ainsi les taillis de chêne, quels que soient le sol et l’exposition, souffrent beaucoup de la présence des arbres, tandis que l’on voit souvent les rejets de charme croître assez bien sous Le couvert et même tout près du tronc de chênes anciens.

Quand le sol sera substanüel, 1l y aura moins d’inconvénients, pour le taillis, à ce que les réserves soient multiphées, et qu'on les laisse parvenir à un âge avancé; d’une part, parce que la végétation du taills est d'autant plus assurée que le terrain est meilleur ; de l’autre, parce que, dans un bon fonds, les arbres prennent plus de hauteur, et que, plus ils sont hauts, moins par leur couvert ils nuisent au taillis.

Dans les terrains médiocres, peu profonds et placés à une exposition chaude, il faut chercher surtout à ombrager le taillis par de nombreuses réserves. Il .n’y aurait d’ailleurs que perte pécuniaire à réserver des arbres jusqu’à un âge avancé, dans les sols où 1ls ne sauraient acquérir de fortes dimensions:

En créant dans de pareils terrains un ombragé abondant, on mettra obstacle à l’évaporation trop considérable du sol et des bois eux-mêmes, sans être obligé de recourir pour cela à de vieilles réserves presque dépourvues d'utilité industrielle.

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