Le régime du laillis est celui qui convient
le mieux à laune, Ses souches fournissent, pendant
plus d'un siècle, des rejels abondants el d’une
croissance rapide, et l’aune blanc drageonne mème beaucoup.
En général, les baliveaux qu'on réserve dans les aunaies, pour fournir de la semence, ne remplissent pas le but qu'on se propose.
Les aunes se trouvent d'ordinaire ou dans les marais, ou dans les sols aquatiques, ou enfin dans des lieux très humides. Dans les deux premiers cas, la germination est entravée ; dans le dernier, le terrain est tellement gazonné ou rempli de joncs et d’autres plantes nuisibles, que la graine souvent ne peut y arriver. [l ne faut donc pas compter sur le semis naturel pour l'entretien du tallis ; le seul moyen de repeuplement, lorsque les drageons ne réussissent pas, consiste dans la plantation, et, pour l’aune blanc, dans les boutures !,
On doit cependant réserver quelques baliveaux, mais dans le seul but d'élever quelques arbres utiles aux constructions hydrauliques et à d’autres usages.
Lorsque les aunaies se trouvent placées dans des marais d’une certaine profondeur, 1l devient impossible de les exploiter autrement qu'en hiver, pendant les fortes gelées, quels que soient d’ailleurs les inconvénients qui peuvent en résulter pour la reproduction.
1 Voir le VIe livre de ce cours.
AR TICLEMM:
Exploitation du robinier faux acacia en taillis.
616. Le robinier est une des essences les plus propres au laillis, lorsque le sol et le climat lui conviennent. En effet, non-seulement il croit avec une rapidité prodigieuse !, mais il drageonne abondamment et son bois acquiert dès les premières années un grain très serré.
Un inconvénient assez grave des taillis de robinier, c’est le grand nombre des épines qui garnissent les tiges ; la blessure de ces épines est fort douloureuse et présente même souyent, dit-on, quelque danger. Cette circonstance rend l'exploitation de ces taillis difficile, et beaucoup plus coûteuse, par conséquent, que celles des autres.
Quant aux baliveaux, il n’est pas à conseiller d'en réserver. La tête du robinier est rameuse et très sujette à être déchirée par les vents ; 1l n’est donc pas prudent de l’isoler sur le taillis.
! Dans un sol substantiel et frais, les rejets s’élancent souvent dès la première année à 3 et même à 4 mètres de haut, et, à l’âge de 5 ou 6 ans, les perches mesurent jusqu'à 8 et 10 centimètres de diamètre à un mètre de terre.
{06 DE JL EXPLOITATION
A RTIGUEENT.
Exploitation des taillis mélanges
617. À quelques exceptions près, les essences dont nous venons d'examiner, dans les einq articles précédents, l'exploitation en taillis, se trouvent. comme tous les autres arbres feuillus, ordinairement mélangées dans les taillis et y dominent plus ou moins, suivant que le climat et le sol conviennent davantage aux unes ou aux autres. Le chène et le hêtre se rencontrent rarement sans mélange d’autres essences el, lorsque ce mélange est établi dans de justes proportions, 1l est loin d’être contraire à la bonne croissance de nos essences d'élite, surtout de celles dont 1l importe de composer la réserve. Il en est ainsi, par exemple, du chène pédonculé, la plus précieuse de toutes au point de vue des grands emplois. Cet arbre, propre aux plaines fertiles ou humides, ne peut se maintenir à l’état pur dans les laillis, à cause du couvert incomplet de sa cime [82/: il lui convient donc que son pied soit environné d’essences secondaires [591] qui, tout en protégeant le sol, ne souffrent d’ailleurs que très peu du couvert. Les plus belles et les meilleures pièces de chêne
que fournissent les taillis se rencontrent dans de telles conditions.
Les ormes, les frènes, les érables, les charmes et les tilleuls se reproduisent très abondamment de souche, pendant 100 à 150 ans ; les deux premiers ont une disposition marquée à drageonner, et les charmes et les Ulleuls, qui se garnissent de nombreux rejets au pied, se perpétuent facilement de cette manière, lorsque la souche-mère vient à mourir.
Les bouleaux. les alisiers, les sorbiers, les merisiers et les micocouliers fournissent des rejets jusqu'à 60 et 80 ans, et les saules et les trembles, dont le pied est de moindre durée, drageonnent considérablement.
En général, le mélange des deux derniers (parfois aussi celui du tilleul) avec les essences dures n'es! pas favorable, et, lorsqu'il existe, 1l importe de le surveiller (599/, alin d’empècher que ces essences ne soient surmontées, et finalement évincées par les bois blancs. Ce n’est que par des nettoiements fréquemment répétés que l’on peut maintenir un mélange convenable.
En ce qui concerne le balivage dans les taillis mélangés, simples où composés, toutes les indicaons nécessaires ont élé données plus haut [591
ARTICLE VII
Exploitation des taillis d'arbrisseaux.
618. Il faut éviter de mêler les arbrisseaux avec les arbres. Dans les premières années, leur croissance pourrait être égale, mais, plus tard, les arbrisseaux seraient immanquablement surmontés ; 1l ne peut être convenable d’ailleurs de soumettre les uns et les autres à la même révolution.
Ceux des arbrisseaux qui, par la qualité de leur bois et par les usages auxquels ils sont propres, méritent plus particulièrement l'attention du forestier, sont : les petits saules, le cornouiller mäle, le coudrier et le cerisier à grappes. Les deux derniers peuvent avec avantage croître en mélange. Quant au cornouiller mâle, 1l n'existe guère d’espèce feuillue d'une végétation aussi lente; on ne peut donc le culüver que seul. Ordinairement on l’exclut des forêts, parce que, mêlé à d’autres essences, il en est écrasé et, ne pouvant s'élever, il s'étale. Cependant, l'excellente qualité de son bois, sa souplesse, sa dureté devraient lui faire accorder, dans les forêts, une place petite mais exclusive, puisque sa culture ne peut s’allier à celle d'aucune autre essence.
Comme nous l'avons dit [574], c'est pour les taillis d’arbrisseaux qu'il convient d'adopter les révolu-
DES TAILLIS. 409 tions de » à 10 ans ; le cornouiller, toutefois, pourrait être coupé à un âge un peu plus avancé, vu la lenteur de sa croissance. Exploités ainsi, on les nomme menus-taillis. est inutile d'ajouter que ces essences ne sont traitées qu’en laillis simple et, la plupart du temps, sans aucune réserve.