PREFACE. XXIII
conditions favorables à leur émission, ces matériaux relatent trop généralement enfouis dans la mémoire ou dans les cartons de ceux qui ont consacré une partie notable de leur laborieuse carrière à les rassembler.
En vain dirait-on que c'est principalement aux hommes voués à l'enseignement d'une science qu'il appartient de la faire progresser. Ce serait là une idée tout à fait erronée, lorsqu'il s'agit d'une science d'application qui ne peut être assise solidement que sur le terrain de l'expérience. Les hommes d'enseignement sont évidemment moins bien placés que les praticiens proprement dits pour observer et recueillir les faits de toute nature que la culture et l'exploitation de nos forêts présentent en si grand nombre. Et d'ailleurs, ils ont une autre mission, non moins importante : celle de garder et de nourrir la théorie, ce fonds commun de tous, en faisant passer au creuset de leurs méditations les travaux de la pratique, afin de ne les admettre dans l'enseignement élémentaire qu'après les avoir soumis à l'épreuve d'un raisonnement rigoureux, et, s'il y a lieu, d'une expérimentation savante.
Nous le disons donc en toute sincérité : cette troisième édition de notre livre serait et plus complète et meilleure si, pendant la longue période qui s'est écoulée depuis la publication des deux premières, les forestiers (et par là nous entendons tous les hommes qui s'occupent de sylviculture, qu'ils appartiennent ou non à l'administration publique) avaient eu , autant qu'il l'eût fallu , la volonté ou la faculté de rendre compte de leurs travaux.
Espérons mieux de l'avenir. Sous un gouvernement qui veut sérieusement le développement de toutes les forces du pays et qui se glorifie, ajuste titre, de féconder toutes les sources de la prospérité nationale, sous un tel régime, on ne saurait manquer d'apprécier à leur valeur