Exécution iju semis. — Le labour par bandes
alternes ou par trous carrés est le plus avantageux pour le semis de l'orme . Comme il est convenable de semer la graine aussitôt après sa maturité qui a lieu au commencement de juin, on fera bien de chercher à donner un premier abri aux jeunes plants, afin qu'ils résistent mieux aux chaleurs de Tété. A cet effet, si le sol est en plaine ou en pente douce, on pourra, dès le printemps, tracer les bandes destinées à la graine d'orme et ensemencer le reste du terrain en orge ou en avoine. De cette manière, l'abri sera assuré aux jeunes plants aussitôt qu'ils lèveront, et l'on obtiendra en même temps un produit en céréales, ce qui n'aurait pu avoir lieu si on ne les avait semées qu'avec la graine d'orme. Lorsque le terrain sera fortement incliné, on pourra, ou subdiviser la bande cultivée [719], ou se contenter de mélanger la graine d'orme aux céréales, sauf à faire le sacrifice de celles-ci.
La semence d'orme doit êtr^ très légèrement recouverte; elle n'a même besoin de l'être que pour empêcher le vent de la disperser. Semée aussitôt après sa maturité, elle lève au bout de quinze jours ou de trois semaines i, et, dès l'automne, les jeunes plants atteignent une hauteur de 16 à 22 centimètres.
« Quand les étés sont très chauds et secs, il arrive assez souvent que le semis ne lève que partiellement. Mais d'ordinaire, le succès n'est que retardé et se produit au printemps suivant.
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Pour effectuer un semis d'orme en plein, il faut employer, par hectare, de 28 à 30 kilogrammes de semence; pour le semis partiel, 18 à 22 kilo- . grammes peuvent suffire.
ARTICLE V
Semis du frêne.
727. Récolte et conservation. — Le meilleur moyen pour récolter la semence du frêne est de la cueillir à la main ; si Ton voulait employer la gaule, il faudrait choisir, pour cette opération, un temps parfaitement calme.
Cette graine est sujette à se dessécher, et se conserve, en général, assez difficilement; il est bon de la mélanger avec du sable et de la placer dans un endroit frais. Ce qui vaut mieux, c'est d'ouvrir, dans quelque terrain, des rigoles ou fosses de 33 à 50 centimètres de profondeur, sur une longueur et une largeur proportionnées à la quantité de graines recueillies, d'y jeter cette graine en amas, puis de la couvrir de 12 à 16 centimètres de terre. Comme la semence de frêne ne germe que la seconde année, après avoir été mise en terre, on pourra, si l'on veut semer en automne, la laisser dans les rigoles pendant un an, et même jusqu'au printemps suivant, si c'est dans cette dernière saison seulement que doit s'effectuer le semis. Ce procédé a l'avantage de con-
server la semence en très bon état et, de plus on sait, dès la première année, à quoi s'en tenir sur la réussite du semis.
728, Examen de la graine. — Pour juger des semences de frêne, on en coupe plusieurs transversalement. Si l'intérieur présente une substance d'un blanc bleuâtre et de la consistance de la cire, la graine est bonne ; elle est mauvaise si cette substance est entièrement desséchée.
Le litre de cette semence doit peser à peu près de 170 à 180 grammes.
729. Exécution du semis. — Le labour par bandes alternes ou par trous carrés est, en général, le meilleur pour les semis de frêne. Il faut faire en sorte que les jeunes plants soient un peu abrités, au moins la première année, et, dans ce but, leur adjoindre des céréales, lorsque la nature du terrain le permet. On devra éviter de laisser prendre le dessus à la mauvaise herbe qui fait beaucoup de tort aux jeunes frênes.
Sous ce dernier rapport, il est très avantageux que la semence ait été préparée dans des fosses, parce qu'alors elle lève tout de suite, sans laisser aux plantes nuisibles le temps d'envahir le terrain.
Les semences de frêne ne doivent être enterrées que de 15 à 20 millimètres. Préparées comme nous venons de l'indiquer plus haut, et semées en automne, elles lèvent au commencement du printemps suivant; quand elles sont semées au printemps, les
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plants paraissent au bout de quatre à six semaines.
Les quantités de semences de frêne à employer par hectare, sont :
Pour le semis en plein, de 40 à 45 kilogrammes ; et, pour le semis partiel, de 27 à 38 id.
ARTICLE VI
SemiB de l'érable.
730. Récolte et conservation. — La récolte des semences d'érable a lieu comme celle des semences de frêne. Quant à la conservation, il suffit, après le avoir laissées ressuyer dans un lieu aéré, de les mettre en tas dans un local clos et* de les retourner de temps en temps ; on peut aussi les mélanger avec du sable. Traitées de la sorte, leur faculté germinative peut se conserver jusqu'au second printemps, mais il est toujours bien préférable de les semer dès le premier.
731. Examen de la graine. — Pour vérifier les graines d'érable, on en ouvre plusieurs. Elles sont bonnes lorsque, sous les capsules qui les enveloppent, on les trouve fraîches, flexibles, et d'une couleur verte. Ce dernier caractère seul, cependant, ne suffit pas pour décider de la qualité ; il existe souvent quand déjà il y a dessèchement. Il faut donc qu'indépendamment de la couleur, la graine présente du moelleux et de la fraîcheur.
Un litre de semence d'érable de bonne qualité doit peser de 120 à 130 grammes.
732. Exécution du semis. — Ce que nous avons dit, à cet égard, du semis de frêne, s'applique aussi à celui de l'érable.
Le printemps est la saison la plus propice pour semer, les jeunes plants étant assez délicats et craignant les gelées printanières.
Pour ensemencer un hectare en plein, il est nécessaire d'employer de 60 à 65 kilogrammes de semence d'érable; et, pour un semis partiel, il en faut de 40 à 45 kilogrammes.
article VII.
SemiB du bouleau.
733. Récolte et conservation. — Comme la semence du bouleau se dissémine très promptement, il faut saisir à point l'époque de sa maturité pour la récolter. On cueille les chatons à la main. Un procédé plus facile, mais qui ne peut s'exécuter que sur des bouleaux destinés à être abattus prochainement, c'est de couper les rameaux qui portent la graine. Dans ce cas, il n'est pas nécessaire d'attendre l'entière maturité ; en suspendant les rameaux coupés dans un endroit sec et aéré, la graine y achèvera de mûrir.
La semence de bouleau est très difficile à conser-
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ver, et il est à conseiller d'en faire le semis Tannée même de la récolte. Néanmoins, si Ton était forcé de la garder jusqu'au printemps suivant, il faudrait l'étendre, en couches minces, dans un grenier, la garantir des froids de l'hiver et la remuer très souvent.
734. Examen de la graine. — L'examen des graines de bouleau se fait comme celui des semence? d'orme. Si l'on en ouvre quelques-unes, avec la pointe d'un canif, par exemple, la graine doit être farineuse; écrasée sur l'ongle, elle doit laisser quelques traces d'un suc laiteux.
Un litre de cette graine doit peser de 90 à 100 grammes.
735. Exécution du semis. — Le labour partiel convient plus particulièrement pour les semis de bouleau. Ce qu'il faut éviter surtout, c'est de trop enterrer la graine. On se contentera donc, pour étabUr les bandes ou les pots, de lever le gazon et d'extraire les arbustes ; il suffira même, si le terrain n'est pas très gazonné, de racler la surface avec les dents d'un râteau en fer (voy. fîg. 2).
En semant , il faut tenir la main le plus près possible de terre », afin d'empêcher que le vent
* Une bonne précaution pour faciliter Topération du semis de la graine de bouleau, comme de toute graine très légère en général, consiste à ne la répandre que mêlée à, une certaine proportion de terre très fine.
n'emporte la graine. Le temps le plus favorable, pour cette opération, est un temps pluvieux, parce qu'alors on peut se dispenser d'enterrer la semence; mais si l'on sème par un temps sec, on devra faire en sorte de mêler seulement la graine à la terre, en promenant légèrement un râteau en bois dans les parties semées ou bien en les triplant [712] avec les pieds.
Semée en automne qui, comme nous l'avons dit, est la saison la plus convenable, la semence de bouleau lève dès le commencement du printemps.
Si l'on voulait faire un semis en plein, il faudrait employer, par hectare, de 36 à 40 kilogrammes de semence; pour les semis partiels, il suffira de 24 à 30 kilogrammes. En général, la graine de bouleau ne doit pas être épargnée, parce qu'elle est rarement de très bonne qualité.
ARTICLE VIII
Semia du robinier fanx aoaoia.
736. Récolte et conservation. — Les gousses du robinier se cueillent à la main. Étendues sur un grenier, elles s'ouvrent d'elles-mêmes pendant l'hiver ; il suffit ensuite de les remuer légèrement avec un râteau pour détacher les semences [179]. On sépare les graines des gousses, à l'aide du crible.
Cette semence peut se garder deux et même trois
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ans; on la conserve en tas, dans des greniers, en ayant soin d'aérer de temps à autre.
737. Examen de la graine. — La graine du robinier doit être brun foncé ; l'intérieur doit être blanc, farineux et frais.
738. Exécution du semis. — Le semis partiel mérite la préférence. Un sol bien nettoyé favorise la végétation des jeunes plants.
Il convient de recouvrir la semence de 5 à 10 millimètres ; et comme le plant, au moment de sa naissance, redoute les froids, on fera bien, quand ce sera possible, de garnir le sol d'une couche de mousse ou de feuilles mortes.
Cette susceptibilité du jeune plant doit faire préférer le printemps pour le semis du robinier. Mise en terre dans cette saison, la graine lève après trois ou quatre semaines; semée en automne, au contraire, le plant ne paraît qu'au bout de cinq ou six mois.
Quatorze à seize kilogrammes de semence de robinier sont nécessaires, par hectare, pour un semis par bandes ou par pots ; si Ton voulait semer en plein, il faudrait employer, de 20 à 25 kilogrammes.
ARTICLE IX
Semis du oharme.
739. Récolte et conservation. — Les semences de charmé se cueillent à la main ; on peut aussi, mais seulement par un temps très calme, faire gauler les arbres en tendant des toiles pour recevoir la graine. Les moyens de conservation sont absolument les mêmes que ceux que nous avons indiqués pour la semence de frêne [727] ; comme celle-ci la graine de charme se conserve difficilement, et, mise en terre, elle ne germe que la sQponde année.
740. Examen de la graine. — En ouvrant la graine de charme, on doit la trouver blanche et fraîche ; Tamande doit remplir complètement le noyau qui lui sert d'enveloppe. Un Htre de semence ailée doit peser de 50 à 60 grammes ; si la semence est désailée^ la même capacité pèsera de 410 à 420 grammes*
741* Exécution du semis. — Ce qui a été dit pour l'exécution du semis de frêne [729] s'applique entièrement au semis de charme; seulement^ la graine de cette dernière essence pourra, dans les sols légers, être enterrée jusqu'à 3 centimètres de profondeur.
l'automne, il faudrait exposer les cônes à une chaleur tempérée, afin de les faire ouvrir plus vite. Pour séparer la graine des cônes , on se sert du crible. La semence d'aune ne se conserve que de l'automne au printemps. On la met ordinairement en tas sur un grenier; on peut aussi la plonger dans l'eau.
744. Examen de la graine. — La semence d'aune doit présenter à peu près les mêmes caractères que celle d'orme ou de bouleau. Ouverte et écrasée sur l'ongle, l'amande doit être farineuse, légèrement humide, et dégager une odeur fraîche et agréable. La couleur de la graine est brun-marron.
Un litre de cette semence, lorsqu'elle est de bonne quahté, pèse de 320 à 340 grammes.
745. Exécution du semis. — Les sols humides, aquatiques, ou même marécageux, dans lesquels l'aune prospère plus particulièrement, offrent des difficultés pour le semis. La grande quantité d'herbes dans les premiers, une crue d'eau dans les autres, s'opposent souvent , soit à la germination de la graine, soit au développement du jeune plant. Aussi a-t-on plus généralement recours à la plantation pour établir une aunaie [691]. Cependant, comme les inconvénients que nous venons de signaler ne se présentent pas toujours, on pourra aussi, dans certains cas, employer la voie du semis.
Le labour en plein pourra être pratiqué, lorsque le sol le permettra et qu'on n'aura pas besoin
d'épargner la graine ; toutefois , le labour partiel est généralement préférable. La principale précaution à prendre, pour préparer le terrain, consiste à le remuer le moins possible, tout en le débarrassant de la mauvaise herbe. Souvent il sera très avantageux d'écobuer, et, dès lors, il suffira de gratter la terre, soit à la herse, si l'on veut semer en plein, soit avec le râteau en fer, s'il s'agit de cultiver par bandes ou par pots. Dans certains terrains , on pourra même se contenter d'introduire des bêtes à cornes ou des moutons. Il n'est pas rare en effet de voir, dans les prairies, des semis naturels d'aune très bien réussis dans les pas des bestiaux ou dans les rigoles d'irrigation.
La semence ne doit, pour ainsi dire, pas être enterrée. Dans les semis en plein, on pourra se contenter de passer le rouleau pour la raffermir contre la terre , à moins qu'on ne redoute les dégâts des oiseaux, auquel cas il faudrait employer le fagot d'épines. Dans les semis partiels, on se servira, le plus légèrement possible, du râteau de bois. Semée en automne, qui est la saison la plus favorable, la graine lève au mois d'avril suivant ; semée au printemps, elle produit des plants au bout de cinq ou six semaines.
Pour un semis en plein, il faut, par hectare, de 10 à 12 kilogrammes de semences d'aune; pour le semis partiel, 6 à 8 kilogrammes suffisent.