‹ Cours élémentaire de culture des boisChapitre 10 sur 108 · Racines.^ ■*- Il est probable que dans un sol · texte numérisé non relu

Racines.^ ■*- Il est probable que dans un sol

fertile et profond l'yeuse pivoterait comme les autres

chênes ; mais dans les mauvais terrains où il végète

en France, on ne lui voit que des racines traçantes,

fortes, nombreuses, qui pénètrent très-avant dans

les fissures des rochers et drageonnent abondamment.

93. Croissance et durée. — La croissance de cet arbre est très^Jente, et en France il atteint bien

DES SOLS, DBS BSSBNCBS. 45

rarement plos de 10 mètres de haut; mais en Italie et en Algérie où il se trouve parfois dans d'assez bons sols^ il parstit qa^il parvient i de belles dimensions. Il vit plusieurs siècles.

94. Qualités bt usages* «-^ Le bois de Tyeuse est remarquable par l'homogénéité et la finesse de son grain , sa densité et son poids. , Ces qualités le rendraient éminemment propre à être employé y soit comme bois de constructioni soit comme bots d'oa**

vrage, partout où les pièces sont exposées à un frottement continu ; aussi > Duhamel conseille-t-il déjà de le préférer^ pour ces sortes d^usages/à toutes les autres espèces de chênes. On assure, de plus , que y rois en œuvre, il a une très^grande durée, et résiste longtemps k la pourriture. Malheureusement on le coupe généralement trop jeune , ee qui fait quMl ne produit guère que du chauffage* Mais , pour cet usage, il est très-estimé et, dans le Midi , on le préfère même au hêtre. •'

Son écorce sert au tannage des cuirs, et on la met fort au-dessus de celle des chênes à feuilles caduques*

5* Chêne liège.

95 1 Le chêne liège, très-commun eii Espagne, où il se fait un grand commerce de son écorce , et en Algérie, est cultivé avec succès dans les parties méridionales de la France. On le trouve dans les départements de la Gironde , des Landes , de Loi*

et- Garonne^ des Pyrénées-Orientales et de la Corse. Il en existe deux variétés, Pune à glands doux j Tautre à glands amers. La première est la plus esti* mée pour la qualité de son liège.

96. Climat, situation, BXPosmoN. — Cet arbre ne prospère que dans les pays à température élevée. Il réussit dans les régions moyennes des montagnes (jusqu^à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer), aussi bien que dans les plaines. C'est dans les pentes méridionales et abritées , et partout où le soleil a beaucoup d'action, que son bois et son écorce acquièrent le plus de valeur.

97. Tbrrain. — Le chêne liège se plaît particulièrement dans les sols granitiques. Cependant, il est probable que d'autres terres légères et divisées ne lui seraient pas contraires. Des essais de Félever dans les terrains calcaires ont réussi , mais non sans beaucoup de soins, dans le département du Yar, et il paraît aussi qu'en Catalogne il croit dans des terrains de même nature. La racine pivotante exige un sol profond ; mais, indépendamment du pivot , cet arbre a aussi des racines traçantes qui lui permettent de croître dans des terrains de moindre profondeur. On voit, sur les montagnes des Pyrénées-Orientales et du Yar , des chênes lièges qui se contentent de très-peu de fonds , et dont les racines s'implantent même dans lès fissures des rochers , et lui donnent une assiette très-solide. Leur écorce, dans ces situations, devient plus légère, plus fine et plus épaisse.

DES SOLSy DES ESSENCES.

Les sols compacts ou humides sont ceux qui convieonent le moins à cet arbre.

98. Floraison et fructification. — La floraison est monoïque et amentacée pour les mâles. Les fleurs paraissent à la fin de mai ou dans le courant de juin, suivant que Parbre est plus ou moins exposé à la chaleur et abrité des vents du Nord. Les mêmes circonstances influent sur la maturité des fruits , et établissent à cet égard une différence de 1 à 2 mois. Dans tous les cas , les glands mettent au moins 1 6 mois à mûrir, et restent sur Parbre jusque vers l'automne de Tannée qui suit celle de la floraison. Sur certains points on les récolte à la fin de septembre , sur d'autres y en octobre , novembre ^ et même en décembre. Il est probable que les glands doux du chêne li^e sont dus, comme ceux de Pyeuse^ à une exposition et à un sol très-chauds où la maturation s'opère d'une manièrS plus complète.

Cet arb^e porte fruit presque tous les ans^ la florabon tardive est peu exposée aux gelées prîntanières.

99. Jeunes plants. — Les jeunes plants ne se montrent sensibles qu au froid et particulièrement aux gelées tardives ; ils supportent bien Faction de Taîr et du soleil. Cependant, aux expositions chaudes, il convient de ne pas les laisser sans abri dans les premières années. Ce qui doit faire penser qu'à cet âge Pombre leur est favorable , c'est qu'on en voit beaucoup s'élever au milieu et sous le couvert des pins maritimes.

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100. FiuiiXAGi. — Les feuilles petifes, entières y plus oa moins dentées , sont nombreuses , pressées et persistent plusieurs années. La fête de Farbre , très-rameuse, fournit un couvert épais.

iOl. Racuhs. — La racine principale piyote et s'enfonce profondément Les racines latérales tracent au loin et sont disposées à fournir de nombreux drageons. C'est par les drageons que le chêne liège s'est considérablement multiplié dans les forêts incendiées du Yar.

102. CfioissAfiCE ET nuBOi. — La croissance du chêne liège est assez active, et sa durée de plusieurs siècles. Il atteint de (ortes dimensicms. On ea cite un exemplaire qui mesurait 3 mètres 15 centimètres de tour , d'une élévation moyenne, parce qu'il était isolé, mais ayant un feuillage bien nourri, des branches abondantes , fortes , et qui , par leur position verticale annonçaient encore une végétation vigoureuse. Un autre chêne portait 6 mètres de circonfé* rence, et a fourni 55 stères de bois façonné , ce qui prouve que l'enlèvement de l'écorce ne lui est pas nuisible. Il peut donner du liège pendant 150 et 200 ans, suivant la fertilité plus (^ moins grande du terrain.

103. Qualités st usages. — Le bois du chêne liège a beaucoup de poids et de densité. Il pourrait servir à la construction et à divers ouvrages , si on ne l'écorçait jusqu'à son entier dépérissement. Nul doute aussi que comme chauffage, il ne fût de trèsbonne qualité.

Son écorce épaisse et spongieuse se crevasse et se détache natarellement tous les 7 ou 8 ans^ lorsqu^on n^a pas soin de Penlever ; elle est remplacée par une écorce nouvelle qui se forme en dessous. L'époque à laquelle il convient de comDiencer Pécorcement se détermine , non diaprés Page y mais d'après les dimensions de Parbre, qui doit, à cet effets mesurer de 30 à 50 centimètres de tour.

L'enlèvement du premier liège ou liège mâle qui ne donne qu'un produit grossier et presque de nulle valeur, se nomme démasclage. Le liège femelle est celui que l'on récolte par la suite ; il est éminemment propre à tous les usages du commerce. Le démasclage ne doit guère dépasser la moitié de la hauteur da tronc de Parbre ; ce n'est que dans les écorcements subséquents que Pon monte jusqu'à la naissance des branches qui , en général , doivent être respectées , à moins qu'elles ne soient de forte dimension. L'opération de Pécorcement se fait à la fin de jain, dans le mois de juillet et quelquefois même en août.

6^ Chêne kermès.

104. Le chêne kermès est un arbrisseau très-abondant dans les départements du Midi de la France, et notamment dans ceux des Bouches- du-Rhône et du Var, où il couvre près des trois quarts du sol forestier.

105. Climat, situation, exposition. — Une température élevée lui est nécessaire ; il croît du reste en montagne aussi bien qa^en pimneet à tous les aspects du soleil.

106. Terrain. — C'est dans les sols sablonneux et pierreux qu'on le trouve le plus ordinairement, et il paraît très-peu exigeant sous ce rapport. Sa*quali(é d'arbrisseau sans importance exclut sa culture dans les terrains de quelque fertilité.

107. Floraison et fructification. — La floraison est monoïque et amentacée pour les mâles. Les fleurs paraissent en mai, les glands qui leur succèdent restent très-petits la première année , et ne sont mûrs que vers la fin de la seconde* Les buissons de chêne kermès portent fruit très-jeunes et presque tous les ans.

108. Jeunes plants. — Cette essence étant sans importance forestière , les exigences de son jeune plant n'ont point été étudiées ; mais, à en juger par la grande facilité avec laquelle elle se propage, son tempérament doit être très-robuste dès sa naissance^ au moins pour résister aux chaleurs et h la sécheresse.

109. Feuillage. — Les feuilles sont persistantes et épineuses, à peu près comme celles du houx; elles donnent un couvert d^autant plus épais que les buissons de chêne kermès sont très-rameux et s'élèvent peu.

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