Racines. — Les racines sont nombreuses
plus traçantes, cKî-on, que pivotantes , et disposées à drageonner.
m. Croissance et dukée. — Ainsi qu'on vient de le dire [109], cet arbrisseau ne prend que de faibles dimensions ; il se ramifie dès la base , et n'atteint guère plus de 1 à 3 mètres de haut. Sa durée est probablement beaucoup moindre que celle de ses congénères ; on n'a pas toutefois de notions bien certaines à ce sujet, parce qu'on l'exploite généralement très-jeune.
dl2. Qualités ET usages. — Le chêne kermès, attendu ses dimensions , ne produit que du bois de bourrées et de fagots, employé en général à chauffer les tuileries, briqueries et les fours à chaux sur place. Dans le Midi de la France , les bois de cette essence sont à peu près tous livrés au pacage. C'est sur cet arbrisseau ^ que Ton trouve l'insecte appelé kermès (coccus ilicis), qui se fixe et se nourrit sur les jeunes rameaux. On le récolte pour l'employer en médecine , et pour en tirer une couleur rouge , estimée pour la teinture des étoffes.
L'écorce du chêne kermès est, comme celle de tous les autres chênes, propre au tannage des cuirs.
ABTICLB II.
Le Hêtre.
115. Cet arbre est l'un des plus utiles et des plus répandus de nos forêts dont il forme fréquemment
52 DBS CLIMATS,
Pessence dominante. Il n^en existe qu^une seule espèce indigène : le hêtre commun (fagus sylyatica^ Linné)» On le connaît aussi sous le nom de fayardy foyardon fau.
114. Climat, situation, exposition. — Le climat tempéré est celui que cet arbre préfère; il s'élève cependant à la même hauteur de nos montagnes que le sapin commun ou pectine, et quelquefois même il lui est supérieur. On le trouve dans les Âlpes à 1,500 mèfres au-dessus du niveau de la mer, et dans les Pyrénées il monte jusqu'à 1,800 mètres. Le climat froid des différentes contrées de la France ne lui est donc pas essentiellement contraire*
Dans le centre , le nord. Test et l'ouest de la France, ont le voit prospérer aussi bien dans les plaines que dans les situations montueuses, mais il
réussit moins dans les vallons étroits et humides,
exposés aux gelées tardives, que sur les plateaux et dans les pentes abritées. Il est exclu des plaines et des coteaux brûlants, des départements du Midi.
Les expositions méridionales lui sont contraires , il préfère celles du Nord , du Nord-Ouest et de l'Est,
115. Terrain. — A l'exception d'un sable sec, de l'argile compacte et d'un fonds marécageux, le hêtre se contente de toute espèce de terrain , pourvu qu'il soit divisé. Un sol légèrement argileux, fortement mélangé de pierrailles semble lui convenir particulièrement. Il n'exige qu'une profondeur
médiocre, à la condition , toutefois , que Tépaisse couche de feuilles mortes qu'il produit chaque année se maintienne à la surface.
116. Floraison et fructification. — La floraison esl monoïque et en chatons globuleux pour les mâles; les fleurs paraissent avec les feuilles dans le courant d^avril ou au commencement de mai , suivant la température et , comme celles du chêne , elles sont souvent victimes des gelées printaniëres. Ce n'est ordinairement qu^à des intervalles de plusieurs années que Parbre porte semence. Le fruit appelé faîne mûrit et tombe en octobre de Tannée même de la floraison ;;,quoique moins lourd que le gland , il ne s'éloigne cependant que peu de Tarbre qui le produit.
Le hêtre ne devient fertile que vers la SO* année. Dans les années où il y a faînée complète, on voit des pieds beaucoup plus jeunes chargés de graines. Mais, outre qu'elles sont vaines en grande partie , cette circonstance ne peut être considérée que comme tout à fait exceptionnelle.
117. Jeunes plants. — Les hêtres, dans leur naissance , sont très-délicats et demandent un abri prolongé pendant plusieurs années; ils sont cependant moins sensibles au froid qu'à l'action du soleil , à laquelle ils ne peuvent résister.
118. Feuillage. — Les feuilles sont d'un tissu serré et très-abondantes ; elles forment un abri très-épais.