DE LA POSSIBILITE
ARTICLE PBBHIBR.
De h Possibilité es géaôra).
579. Dans une forêt telle que la théorie peut la concevoir, où les essences seraient parfaitement appropriées au sol, le peuplement complet dans toutes ses parties , et i*âge des bois convenablement gradué (1), dans une forêt normale enfin , la possibilité doit être égale à Faccroîssement moyen. Il est évident, en effet, que si Pôn exploité chaque année un volume exactement égal à celui dont la forêt s^accroît moyennement par an , celle-ci pourra fournir
{() Ce que l'on pourrait concevoir de plus parfait sous le rapport de la gradation des âges, ce serait une forêt qui, sur des étendues égales on proportionnelles à la fertilité du sol , présenterait des bois de tons les âges, depuis Tarbre exploilablo jusqu'au brin naissant.
te même predtiit annuel à perpétuité ; tout comme un capital contmuera à rapporter^les mêmes intérêts^ aussi longtemps «que sa quotité et les conditions du placement ne varieront point.
580. Mais, comme dans la réalité les forêts sont toujours plus ou moins éloignées de l'état normal, et que d'ailleurs une foule de circonstances fortuites rendent inGniment difficile et incertaine Pexacte détermination de cet accroissement moyen, on se con-lente ordinairement de régler la quotité à exploiter par année, de manière qu'elle ne varie que le moins possible. Cest le ce que Pon nomme exploiter sous la condition d'un rapport soutenu.
La plupart du temps, il n'importe point> au surplus, d'atteindre une minutieuse parité entre les produits annuels et successifs, il s'agit seulement d'éviter sous ce rapport de brusques inégalités , de nature à léser à la fois et le propriétaire et le consommateur.
381. Pour déterminer la possibilité , on peut se fonder sur deux bases différentes , Vétendue et le volume.
ARTICLE II
De la Possibilité par étendue.
382* La possibilité fondée sur l'étendue s'obtient en divisant la surface totale de la forêt par le nombre d'années de la révolution , ce qui fait connaître la contenance de la coupe annuelle. Pour procéder
|60 PRINCIPES P0in)A1Éi2ltjlVX
aimi^ on pose en prmeipe^ que les pirodidls matériel» sont ^tre eux comme les sur&ûes ; d'où il sait tp3?ér galiser les unes^ c'est ëgalisel* les aotnes. Ce pcinc^ toutefois n'est jamais rigoureùsemaxt vmi^ et il'iie^ dèrient admiss%leqse quand les esseno^> la qin^ë du sol et la croissance du bois ne présentent gnénéra»lement que peu de dissemblance , parce qo^alcnrs il peut assurer le rapport efèutenu . Mais il ne ^saurait en être aînsîdànis* une Ibrét de quelque étendae^oà* la^ situation > l^espositiitin et la nàtare du terrain atp** pùftënt souvent des- d^renees^'trèa^tranchées dans Pétàt du béi^v^kyfi» ^f\6^mêqntiâ y sm d^égalés^ cbntènan^sv 'Iefil^pk>âaiC^' inafeécreki'jpeavent^iirti? d^unë^iilége^tiié è^t^t^M. iDâfn9be^easfy/il esAÉriûent:: qtfé' l^^{iiëS|^6^q«c^«]fous:venonstide[«poaerHcesèe d? ti^^a^dÉËitsifilid^ el^<)uë,'Wtfr jnîiie de «aoEicer som^ i^p^ott^Miiënd;^il^i}éi9l«s|t i^êessaino de leiaiédifisl^ dansséter^f^frtîfca^Élï-^-'^ '*'^.^ :".'^. . •^:.»î .>.r.>f:J>
^5^. 'PMéè qtit^e^v^êsiâifte'dyjôrd poar Mienb-r âiè'^à Ktif^èfei^f de rendrez 1er coiitenancesd^tcoD^' pe^îpropoilfoniiélles^à la tertiËté^dn 'terrain» IVMit^^ fois, ce moyen n'est pa8 celai -^ que Pon emploie Communément, parce qti^il >en enisie un autre, qui, plus simple en pratique, saitisfeit en oqtre à plusieurs conditions importantes.
- Voici comment on procède.
584. On scinde la forêt en un certain nombre de grandes WmWo»^, suivant les nuances les plus générales du terrain et du peuplement, mais sans s'iarrê-
ter aux différences qui se feraient remarquer sur de faibles étendues. Dans ces divisions , on cherche à lèwir». autant que possible^ des bois dont l'âge soit cmvenablêmeitt^adiié ^ puis on considère chacune £ilfeei<^omme un 4outiaioléj qui» en: présentant Fho* iwgéHN^té d^sirablcy rentre ainri dans les conditions TtoidiM8 inwr permettra de baser k possibilité sur la cnotenanoe. Ces diviaîonsf ont reçu lenom de ^rùts i^èocpbnimtiofh parce que chacune d^:eUes est effectiyemcoildestinéé i£QAiniic> durant toute.la rér^Julion» mB^^^nede.eeii^pes sueeessireiel axisuelles. Outre, la&s^té qo-'elIesdciniHWt p0«rJai,Q^tio)i.de)a pQS* s&iBténpairtiquUèro'àehaieiine d'elles, dles créent eliQÂrcir'dte éh^nces .de; Yi>{r Jent^/p^ondt^ts j^qniipls ra^ttfsnse^eoQppèDsecicmtre wi^çcei^ Ifv^d: 4^ liis ib»siaser iSantènf lateux. la (pG«»ibi}^tl$, g^oéfale àbàabiméii tSnfii) ^ dles iper«e^f$9t -dfftl^ifivier.à; chaque localité , sans faire naitr^ 4e CO^fusigin f la réibltilion^^ Iq titiifemAiit 09^ vi<9ij|bifes 9 ^t d'établir deB[>nei|fl(Htatiom permanerites sut les diyeof pointe dedafi!brât>> oâ» la tconsommafiaii et Tiotérét du propaiâbire peuvent les pé^^uier-
<58S. La possilnlité par étendue mérite la préférence danà un grand nombre de cas» à cause de sa simplicité et de la régularité qu^elle imprime à la marche des exploitations ; cependant» dans les forêts sammses au mode d'exploitation de la futaie (3™® livre), il devient impossible de Padopter » en raison des obstacles nombreux auxquels dile donne lieu» et
162 PRINeiPES FORDAMKNTAUX
qui doivent lui faire préférer la possibîlilé fondée sur le volume.
ARZKXB IW
De la Possibililé par volume.
386. Pour déterminer la possibilité par volume , on conçoit qu'on pourrait procéder d^une manîèFe analogue à celle qu'on suit pour la fixation de la possibilité par étendue; il n'y aurait qu'^à substituer à la contenance de la forét^ la masse totale de bois à y abattre dans le cours de la révolution donnée» et à diviser oe volume par le nombre d'années de cette révolution ; le quotient ferait <!minaitre la quotité de la Goupe annuelle.
387. Mais pour suivre une* telle mardie dans la pratique, il se présente plusieurs difficultés majeures', dont la principale git dans Pappréciation exacte da volume à employer comme dividende. Pour le trou-* ver y il ne suffît pas en effiet d'estimer le matériel actuel en bois, il faut «icore évaluer celui qui résultera de tous les accroissements successifs pendant la révolution. Or , il est facile d'^utrevoir tout ce qu'une pareille opération doit présenter d'éventuel et même de problématique, surtout lorsque la réyo* lution est longue.
De toutes les différentes méthodes plus ou moins k^énieuses, plus ou moins compliquées, qui ont éié imaginées jusqu'ici pour déterminer la possibilité en
I DE L'BXnOIl?ATIOI« DIS BOIS. 163
I foOQUoii des.prodails matériels de toute la révolu^ I tion^ aucune n'a encore conduit entièrement au but, parce que la nature des choses ne permet pas d'y atteindre. Mai$> on peut parvenir à concilier le rap* port soutenu de la forêt avec Pordre et la régularité des exploitations y sans se baser sur une possibilité aij^i i%our:easement déduite, et en procédant d'une manju^Q simple > expéditive et cependant suffisant ment sûr^ ^
.588« Après av(Hr> s'il y a lieu, partagé la forêt en sëne^ [384], et avoir fUé le terme de la révolution pour chacune, on divise de même la durée de cette réyolutiou en plusieurs époques oupérwdesy afin i'fsinbrasser plus aisément; la marche des exploitations , et de pouvoir la vérifier et la rectifier avec plusse; faciliterai, dans un moment quelconque , on le jugeait nécessaire. Il convient que ees périodes SjPiieQt toujours des parties aliquotes (1) de la révo- IqIîqp et 4e plus égales entre elles ; le plus ordinai- YQP^eiM on les fait de 20 ou de 10 années, et, dans ce dernier cas, on. leur dcmoe le nom de décennies.
3&9. Cela fait, on opère sur chaque série séparé- HiiBnt, et l'on s'occupe d'y as^gner à chaque période ou décennie les parties destinées à être exploitées pendant sa durée. On colloque dans la première les
(i) Quantiié eoBieime exactement un nombre entier de fois dans un tout.
i6k PRINCinS FONDAHraïAUX
bois les plus vieux, et successivemeal dans les antres les bois moins âgés, jusqu'à la dernière, où doivent setroarer les plus jeunes (1). Dans ce trarail^ on examine allentiTemenl les nuances qui se présentent dans Féfat du bobj seI<Hi le sol , le climat et le peuplement plus ou mMns comi^et , drconslances d'où dépend la production. Si, sods ces divers rapports, il n'existe que de légères différences, on affecte aux périodes des contenances égales, parce que Ton peut considérer qu'en raison de Téfendue toujours assez grande de ces affectations périodiques, tes différences dont il est question se compensait suffîsamnïent pour pouvoir être négligées.
Les affectations d'égale contenance doivent être préférées autant que possible ; mais, si les nuances dans l'état du bois sont Irès-pronoocées et se présen-
(1) CerUineB circoDstantes peuvent quelquefois faire classer une partie de bois dans une période à laqQelle elle n'apparliendrailpas parsoD ftge. Telles sont, par exemple, renclave iD mîliea d'aalres parues dont il conviendrait qu'elle svbll le iraitement pour satisfaire aux règles sur l'assietle des coupes, tu à d'autres principes de culture ; le dépérissement prémt- Luré ; etc.
La saine application des principes dont nous venons de par- 1er et qui seront Tobjet de nos études^ de méioe que l'inspection atteolive et réfléchie des localités, fait toujours facilement lécoQvrir et apprécier ces diverses circonstances excepUooaelles.
liï^^^^'ÔITiTlOK DES BOIS. îêS
^é\W sôr fP^di* ^andes surfaces pour influer d'une
•'ift^tftiii*èfaotâBW^ûf tés produite matériels, il devient
'''iiloi*Pf]^esSàtfè#attrifcuer au* périodes des conte-
'Wi^^'- pr^'àfiibnniMes. té proportion s'établira
fsltii Rfeàfèiif/^rfyrèfppbtlaOt hs différents états de pro-
aétfiWi^Mtté'WUn -sëtilptfi pdur unité ou terme de
'«ôaù^rtifâàW,'btt tes" éiprime pat des nombres. Le
•i*pf{tei'ï'déà surf»4ë* sera jflo^ étidiemrtièntf interte
' 4ëlc)âUit 'dtfs pt-tfdbdTioM, de'^offe qti'à une ptodue-
<ftefc '^tàhi'Q^ ott'tWplé, pat- exehipîe, répondra îa
ëdfttt^^tféé dtt '^tlëtè <6à' éè' te ttioi^ donttéepai'Ia
'f»dptit>ti<nM/ Pttt coiisiéqueiftjîés^Àfféetatiobs fiéfiodi-
ques seront inégales en' doktexiaiace, pour se trouver
^^lèS^jÙ^ âi^'f i^>d«4t$'tebférid^ qt^elléstlé^
«^^.cfe'iffgètaiWliè' ili«^ittmeiït"^gaieâ ert '^àduits, on assure pour toute la révolution le rapport soutenu, sans néanmoins employer d'aafres moyens 7p9i >l^^9if^« i9pp|Sé«î«i^U4ip<^^^ plus : on
iB9Îa8« e«»aipletHe0 debiaiférlilil&a^Iartf^ ^du sètet'da Wbm. D^âg£ ^és 1^^ ^ti^oin de Parénfr, on h\ phfe'^ s*oèci!t]per tfdé des- besôiûs actuels, et ce tfest que dans Vaffectation de ta première période que Ton cherche les éléments de la possibilité qu'il s'agît de déterminer. ,
390. Dans ce but, on /évalue d'abord le volume actuel des bois de Paffeelalîoa ; en secondlieu, leur accroîssem^nt probable peadanl la période^ Si Poti ne veut consacrer à celte double évaluation que le
166 PaiNGIPBS FONDAMENTAUX
^010103 d^ tepnps et le moins d'argent possible^ elle pçut se faire à Paide de procédés purement empiriques^ c'e$t-à'-dire, par de simples comptages d'arbre^» dont on estime le volume au jugé, en y ajoutant quel* que chose pour tenir compte de l'accroissement probable jusqu'au moment de l'abatage (1). Et comme on ne peut savoir positivement dans qudie année de la période les différentes parties de son affec* talion viendront en tour d'exploitation, on calcule l'accroissement de tous les bois comme s'ils devaient être abattus pour le milieu de la période (2). Faisant
(i) Quand les bois approchent de ('époque de lenr exploitabilité absolue, ou lorsqu'ils Taueignent, ils ont ordinairement un accroissement annuel de 2 ^, â, I ^, ou même 1 pour cent
de leur Tolume, selon les circonstances sous lesquelles ils végètent.
Lors donc que l'on connaîtra le volume d'une affectation pëi^iodique, on pourra, par ce moyen, déterminer approximativement de combien il s'accroîtra jusqu'à l'abatage. Soit, par exemple, ce volume, iO^OOQ.stèceSj et que l'on estime l'acerojssem^nt annuel à 2 pour ,çent , l'augmentation par an ^ra de 200 stores.
On peut encore se contenter de ^^accroissement moyen, pour en conclure l'accroissement futur* Dans ce cas, il ôuffit, comme on lésait, de diviser le volume actuel par l'âge du bois. Ce moyen, extrêmement simple et prompt, a l'avantage de donner généralement des résultats un peu au-dessous de la vérité, et d'en-* pécber, par^onséqnent, que la possibilité ne soit dépassée.
(3) On coniQoit que ceue manière de procéder puisse donner
■ DE l'exploitation DES BOIS. 167
I ensuite la somme et du volume existant et de Tac^ I croissement probable , et la divisant par le nombre d^années de la période y on obtient la possibilité cherchée.
Les procédés plus rigoureux que nous enseigne la dendrométrie (1), savoir, le cubage sur pied des arbres ^ et l'évaluation de leur accroissement futur basée sur leur accroissement actuel , présentent en général un résultat plus exact, et doivent être préférés quand l'exécution en est possible. Mais, à quelque mode d'estimation que l'on ait recours , il sera toujours facile de rectifier les résultats obtenus, qui^ naturellement , ne sont pas exempts d'une certaine erreur. II suffira, pour cela, de s'assurer, après quelques années d'exploitation, si les bois restés debout dans l'affectation de la période, pdlirront continuer à fournir le même produit annuel jusqu'à la fin, et,
onrésohl, sinon exact, du moins suffisamment approche. Il est évident, en effeT,qu'une moitié des bois composant l'affeclatioQ sera coupée dans la première moitié de la période , et que Fautre moitié de ces bois ne sera coupée que dans la seconde moitié de la période. Donc, en calculant l'accroissement de tous les bois pour Tannée moyenne de la période, on compense Taccroissemenl des arbres qui ne seront coupés qu'après cette époque par l'accroissement des arbres qui seront coupés avant.
(1) Dendron arbre, metron mesure ; dendrométrie art de mesurer les arbres.
dans le cas contraire y de faire les corrections nécessaires. En répétant cette opération plusieurs fofs^ si on le jugeait utile^ dans le courant de la période, on finirait par approcher beaucoup de la vérité ; la vérification devenant de' plhs eh j^mb'fetcUe et de plus en plus exacte , au fur et à mesure qu'il reste moins de bois sur pied.
591. La première période expirée, on procédera de même pour fixer la possibilité de la' seconde, et Pon examinera, en même temps, sMl n'y a pas lieu d'apporter quelques changements aux affectations périodiques , par suite de circonstances survenues dans le cours de la période écoulée , et qui influeraient notablement sur la production. Et ainsi de suite , de période en période y jusqu'à la fin de la
Cbà^tte AobwRe' ipçisSrtlilé^diffikvn i saut ddlMe^ dàHÀ^lafdupdtttleB'isaiy da in pf éoédente y ma^ ja^ mais aa pmnt' de compiiomettrel le - rapport sosltcnifi. Or, <<^éstli le dègr^d^appro»aiatibà qu'i} s^a|p[t:d?dlteindl^. ' > ■ { - • ' 'i'- ; . • •. j j-i . ^ » : ', '. •,...; *• 'i-'.-
592. Le mode dé fixâioh'dei •laipofisifailttéiim rohime, UA xpM. vient ' d'étrë d4ve]oppé> 4^tr ftdlon VétAt des fonéts q<iie l'on, renoohtrs , éprouver des n^odiieatioiss. Noos 1^ disciiteron» en parlaol ^ ^ chacun dé ces étais en particàKer . ,
BIr. i!mÊ»mWÂtîO^ ÂËS BOIS. td9
■ ■ ' I I II. ,1 , ■ ■ I , ■ lH II
CB^^Ïjf^ TROÏSÏÈME.