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CHAPITRE TROISIÈME

EXPLOITATION Des FUTAIBS IHHEGULlEaiSS» QUI ONT KTE $OUMISK$ AU MODE OU JARDINAGE*

ABTICLH PRBUIBR.

Des forêts jardinées eo général.

492. Nous n'avons traité jusqu'à présent que des futaies dont l'état régulier permet l'application de la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies ; mais en France, il en existe un grand nombre, qui ne sont nullement dans ce cas. Telles sont entre autres les forêts jardinées.

Le jardinage consiste à enlever, çà et là, les arbres les plus vieux, les bois dépérissants^ viciés, ou secs, et d'autres en bon état de croissance, mais qui sont réclamés par le commerce ou la consommation locale. Dans ce mode d'exploitation, qui a été plus particulièrement appliqué aux bois résineux, notamment au sapin et à l'épicéa, on a pour principe de ne jamais prendre que très-peu d'arbres à la fois sur le

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même point, trois à cinq an plus par hectare (1), et d'étendre autant que possible le jardinage sur toute la forêt (2). Il résulte de cette manière d'opérer, que la forêt présente, sur tous les points, des bois de tout âge confusément mêlés, depuis le jeune brin jusqu'à la vieille écorce, et que les arbres qui ont le plus de grosseur et d^élévation gênent ceux qui se trouvent immédiatement sous leur couvert, et en ralentissent la végétation. De plus, les arbres n'étant pas serrés entre eux, s'étendent en branches, deviennent presque toujours noueux, et n'atteignent pas la hauteur que la nature leur a assignée. Il en résulte encore que, s'élevant pour ainsi dire par échelons, ils ne peuvent se soutenir réciproquement et ne présentent pas assez de résistance aux coups de vent 'et à la pression de la neige et du givre. Les bois les plus faibles, arrêtés dans leur végétation par ceux qui les surmontent, contractent des germes de maladie lorsque cet état de gêne se prolonge ; presque toujours ils languissent, rarement ils arrivent à un beau développement, et souvent ils meurent.

Tel est, en général, l'état des forêts jardinées. Cependant on rencontre fréquemment, dans certaines de ces forêts, de belles parties dont la prospérité est due aux soins du forestier qui a su déroger à la rou-

(i) Dralety Traité des Bois résineux, page 151. * (2) Id,f Traité de rAménagement^ page 106.

DES fUTAISS. 265

fine, en enlevant de préférence les arbres étendus en branches, qui surmontaient le jeune sous-bois. Celui-ci, dès lors, débarrassé du couvert qui Pétouffait, a pu participer aux influences atmosphériques, s'est élancé et a pris une belle croissance. Des ^ets analogues et sur une plus grande étendue ont souvent été opérés par des coups de vent qui ont enlevé les vieilles écorces et d'autres arbres qui dominaient de jeunes fourrés. Ainsi, Ton voit quelquefois, dans les forêts jardinées, des résultats semblables à ceux que Ton obtient dans les futaies régulières, mais sur quelques points seulement.

493. Le jardinage, en disséminant les exploitations sur de très-grandes surfaces, rend la surveillance fort difficile, et augmente considérablement les dégâts de Pabatage et des vidanges. Mais le reproche le plus grave auquel donne lieu ce mode, c'est de ne faire rendre aux forêts, dans un temps donné, que des produits matériels très-inférieurs, en quantité et en qualité, à ceux que Ton obtient par la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies. Il suffît de comparer Pinfluence de ces deux modes sur la végétation, pour être convaincu de cette vérité.

En effet, dans les forêts jardinées, nous voyons les bois de toute catégorie entravés dans leur développement^ pendant un temps plus ou moins long, et souvent jusqu'à la fin de leur existence ; dans la futaie régulière au contraire, la croissance est favorisée

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dès la première jeunesse, et activée, jusqu^aii terme de maturité, par des exploitations périodiques entreprises dans ce but. Or, il est évident que de deux forêts, celle qui fournira le plus de matière dans un temps donné, est celle où la généralité des arbres aura Taccroissement le plus fort et le plus soutenu, toutes autres circonstances égales d'ailleurs. Ajoutons que dans la futaie jardinée, il n'est pas question d'enlever, comme dans la futaie régulière, les jeunes bois dominés qui, par conséquent, sont perdus pour la consommation.

Quant à la qualité des bois, la facilité qu'ils ont, dans la forêt jardinée, de s'étendre en branches, les rend inférieurs, pour les constructions et la fente, à ceux qui ont crû en massif ; et il est à remarquer en outre, que les dégâts considérables causés par l'abatage et la vidange dans une telle forêt, y multiplient les arbres viciés, tandis que l'on n'en rencontre que peu dans les futaies régulières.

ARTICLB 11.

Des coupes de transformation.

494. L'infériorité des futaies jardinées, comparativement aux futaies régulières, étant démontrée, on est nécessairement amené à conclure que la méthode du jardinage doit être supprimée et remplacée par un mode de coupes de transformation qui établisse, dans ces forêts, plus d'uniformité sous le

rapport de Page et de la croissance des bois, et qui rende possible» par la suite, Tapplicalion de Ta métbode do réensemencement naturel et des éelaircies. Maisy pour que^ dans Pexéention de ces coupes de transformation, && atteigne entièrement le but que Ton se propose, il est essentiel d^examiner altenlivement les divers étals de peuplement qui existent dans les forêts jardinées.. On en l'encoalre ordinairement trois principaux dont ehacun demande un traitement particulier.

1^ Quand les vieux arbres ne sont pas très-nombreux, et que le terrmn est suffisamment ffomi de jeunes bois en bon état de croissance, on doit se hâler de faire abaltre tous ces vieux arbres, et même d'autres moins âgés, si, par une tôte trop rameuse, ils gênent évidemment l'ensemble du sous-bois.

Lors même que oe sons^bois serait déjà élevé, eût^il %^ à 50 ans, il ne faudrait pas craindre de faire l'extraction dont nous venons de parler ; sauf, toutefois, à prendre soigneusement toutes les précautions d'abatage et de vidange, prescrites plus haut pour les futaies régulières [442 et 445]. Le dommage qu'une pareille exploitation peut occasionner, sera, dans tous les cas, bien inférieur à celui que causeraient par la suite des arbres branehus, s'étalant de plus en plus au-dessus de la jeune forêt.

2^ Quand la quantité des arbres est considérable, et qifils dominent un sous^bois jeune qui offre tous les signes d'une bonne végétation, sans cependant

366 Dfi l'exploitation

être assez vigoureux pour pouvoir être exposé tout de suite à l'air et au soleil, il convient d'effectaer d^abord une exploitation semblable à la coupe secondaire> puis de la faire suivre plus tard de la coupe définitive^ lorsque les jeunes plants seront suffisamment acclimatés. ^

3^ Enfin^ si^ sous de nombreux arbres, il existe un bois entièrement rabougri par suite du couvert épais qui Ta étouffé trop longtemps, il faut se garder de vouloir élever une futaie avec de pareils sujets, qui ne parviendraient jamais à un beau développement ; il est préférable de sacrifier ce mauvais repeuplement et de disposer le terrain à la reprise d^un nouveau semis naturel. Dans les bois résineux, les arbres existants suffiront en général pour Pensemencement ; néanmoins il pourrait arriver que, sur quelques points, ils ne fussent pas assez nombreux pour procurer Pabri nécessaire à des plants délicats, tels que ceux du sapin, par exemple ; dans ce cas, il conviendra de suppléer à ce manque d'abri au moyen du sous-bois rabougri lui-même, qu'on ne coupera point, ou qu'on ne coupera qu'en partie, selon le tempérament de l'essence, afin de laisser aux nouveaux brins le temps de se fortifier assez pour résister aux influences atmosphériques. Plus tard on extraira le sous-bois rabougri par forme de nettoiement (1).

(i) Lorsque le sapin est l'essence dominante^ bon nonibre

DBS FUTAIES. 267

Dans les bois feuillus)* le moyen de régénération sera plus prompt et plus/acile, toutes les fois que les brins mal-venants garniront entièrement le terrain ; en effet, il suffira d'avoir recours à un recépage (i)

de ces sous- bois rabougris, une fois débarrassés d'un couvert trop épais, se ravivent trës>souvent et s'élancent avec une vigueur qui semble d'autant plus grande que leur végétation a été plus longtemps comprimée. Aussi, est-ce le cas de les conserver toutes les fois qu'ils forment des bouquets ou petits massifs pouvant se relier avec les parties nouvellement réensemencées [466] à moins qu'ils ne soient entièrement dépérissants. Les épicéas résistent moins longtemps sous le couvert que les sapins, et une fois rabougris, se récupèrent plus difficilement ; toutefois, en bon fonds, ils se rétablissent entièrement, pourvu qu'on ait soin de ne pas les faire passer trop brusquement de l'état couvert à l'extrême opposé. Quant au pin que Ton voit rarement, au surplus, à l'état de forêt jardinée, on sait qu'il ne supporte pas d'être surmonté^ et une fois rabougri sous cette influence, il ne se rétablit plus. C'est ainsi que l'on trouve dans certaines pineraies irrégulières (forêt de Haguenau) des gaulis et des perchis incomplets et chétifs qu^, découverts trop tard quoique depuis assez longtemps, demeurent languissants et stalionnaires. Evidemment c'est le pire des états, et mieux vaudrait la perle entière, carde tels peuplements resteront toujours misérables et tiennent la place d'autres qui eussent été infiniment plus productifs.

(1 ) Il est essentiel que ce recépage se fasse tout à fait à fleur de terre, afin de donner aux rejets une assiette solide, et d'éviter qu'il ne s'en présente un trop grand nombre sur la même souche.

268 DE l'exploitation

en faisant abattre en aiéme temps tous les vieux arbres. Ce recépage effectué sur des brins d^un faible diamètre, fera naître de beaux rejets, cpiy dans peu d'années, auront pris une assiette et une végétation presque entièrement semblables à ^lles de brins de semence. Mais si les sujets rabougris étaient moins nombreux él déjà forts, il vaudrait mieux prendre te parti de les déraciner, afin d'obtenir un repeuplement nouveau et complet, et d'empêcher que les rejets qui résulteraient du recépage ne vinssent à gêner ou à étouffer les jeunes brins de semence.

Lorsque l'essence sera le hêtre, on fera mieux, en général, de viser à une régéotération par la graine, cet arbre étant peu disposé à se reproduire de souche. Lés différents sols, ainsi que le climat, exercent à cet égard tme grande influence. C'est au forestier à juger ces causes locales et à s^assurer, par des expériences faîtes en petit, de la faculté reproductive des souches. S'il existe le moindre doute sous ce rapport, il ne tentera pas le recépage, et cherchera^ au contrake à amener un nouvel ensemencement. Il pourra aussi, si le sous-bois n'est pas rabougri au dernier degré, se contenter de le débarrasser des arbres qui le dominent, et le laisser croître tel qu'il est. Cet expédient se fonde sur un fait bien constant : c'est que le hêtre possède, comme le sapin et plus que lui peut-être [466], la propriété de regagner de la vigueur^ lors même qu'il a langui pendant fort longtemps sous le couvert ; et il n'est pas rare de

lai voir prendre ane belle croissanee dès que les arbres gai Toffusquaient ont disparu (1)^

495» Tels sont les principaux états de peuplement qu^qn rencontre dans les forêts jardinées ; elles en présentent sans doute encore un grand nombre d^autrès, mais qui ne sont (soit sous le rapport de Tàge^ soie sous le rapport de la consi$lance)> que des nuances plus ou moins tranchées de ceux que nous venons de décrire , et dont le traitement doi| , par conséquent^ se rapprocher plus ou moins des règles que nous avons données.

Ce qui rend surtout difficiles les coupes dé traps-

(i) Noos pouvons citer un exemple à l-appui de cette assertion.

Un jeune bois de bétre, dans nne situation ëlevëe des YosgeSy en très-mauvais état de croissance par suite d'abroutissement, et surmonté d*un assez grand nombre de vieux arbres, paraissait réclamer le recépage. Incertain sur le succès de cette opération, et craignant le déboisement de cette partie de forêt, si les hêtres ne repoussaient pas, nous nous eonteniàmes 4e les meure en défends et de les abandonner à eux«-mèmeS| après les avoir débarrassés des arbres qui les dominaient, lis n'ont pas tardé à végéter avec assez de force et à gagner en hauteur; il y a trente ans maintenant que les bestiaux ont été éloignés de cette jeune forêt, et qu'on a fait disparaître les vieux arbres, et sa végétation continue à être des plus satisfaisantes. Le bas des tiges seulement a une forme défectueuse, mais qui ne peut être d'aucun inconvénient pour le hôtre, puisqu'il n'est employé qu'au diauffage et au travail.

270 DE l'exploitation

formation^ c^est que toutes ces différentes nuances de peuplement se rencontrent péle-méle sur une étendue souvent très -peu considérable, et qu'il faut alors changer de mode de traitement presque à chaque pas. Pour réussir dans ces opérations , Tessentîel est d'avoir toujours bien présent le but que l'on veut atteindre. Ce but est d'égaliser, autant que possible, la croissance des bois, de manière quils puissent y bien que différents d* âge par place s y s* élever ensemble sans trop s* entraver ^ et parvenir en même temps à une exploitabilité moyenne.

Cette règle, qui est fondamentale du traitement des forêts jardinées, exige qu'on se défende constamment, dans l'application, contre la tendance bien naturelle à tout forestier de chercher à élever des peuplements parfaitement réguliers. Souvent, par exemple, on serait tenté de faire disparaître certains bouquets de perchis assez âgé déjà, parce qu'ils sont envîronilés de fourrés et qu'il serait possible de provoquer un nouveau repeuplement qui se raccorderait mieux avec ceux-ci. Une telle suppression serait cependant une faute, car, souvent répétée, elle entraînerait des pertes considérables d'accroissement, et dans les situations où les semis naturels ou artificiels réussissent difficilement, elle peut même offrir des dangers. Il est donc très-important de se bien consulter avant que d'abattre, dans les coupes de transformation, d'autres bois que ceux qui, par leur âge, leurs dimensions ou leur position isolée, ne

WSS FUTAIES. 371

peuvent éTidemment faire partie da massif quastrégulier qu'il s'agit de constituer. C'est ce massif qui procurera un jour le peuplement normal que Ton a en vue ; mais il faut savoir attendre ce résultat et ne pas lui faire plus de sacrifices que de raison»

ARTICLB III.

Marche des coupes de transformalioD.

496. Lorsqu'une forêt jardinée doil^ par des coupes de transformation, être ramenée à l'état régulier, la marche de ces coupes peut être réglée d'une manière analogue à celle que nous avons appris à connaître pour les futaies régulières [437]. 11 est à observer toutefois, que le jardinage ne saurait être supprimé dans une telle forêt, en raison de l'état assez uniforme qu'elle présente dans son irrégularité. En effet, le plus souvent, il existe sur tous les points des arbres exploitables entremêlés avec d'autres de l'âge moyen et du premier âge ; or, si l'on se contentait d'établir une suite de coupes de transformation qui se succéderaient de proche en proche, il est évident qu'un grand nombre des arbres qui dès à présent sont mûrs ou sur le retour, périraient avant que les coupes vinssent les atteindre. Il faut donc, de toute nécessité, que dans le nouveau mode d'exploitation, ces arbres soient enlevés à temps, et c'est dans ce but que le jardinage doit être continué.

Ainsi, pour ramener une forêt jardinée à l'état

273 DE L^EXiPJLOlTATiOrr

régulier, oa doil éteblir deux exploitations distincteB : d'une part, les coupes de transformatton, de l'autre, les jardinages d'arbres mûrs et dépérissants. Nous verrons dans ce qui ya suivre, comment ces deux exploilatious sç combioent el eoflvergent vers le but proposé.

497. La révolulioû à employer pour opérer la transition de Télat jardiné à l'état régulier, révolution que nous nommerons transitoircy doit être abrégée autant que possible ; toutefois, il faut qu'elle soit assez longue pour qu'à son expiration, la forêt présente des parties de bois parvenues à leur exploitabilité, ou du moins qui en app)*ochent. Le terme de la révolution transitoire dépendra donc principalement de l'âge des jeunes massifs, créés par les coupes de transformation qui auront été faites les premières. Cette révolution, de même que celle d'une futaie régulière, devra être divisée en périodes, dont chacune aura son affectation sur le terrain.

Mais en déterminant ces affectations, on cherchera principalement à favoriser l'amélioration future de la forêt et à observer les règles d'assiette, afin d'établir pour l'avenir une succession aussi régulière que possible dans les coupes. De tels résultats, au cas particulier surtout, sont bien plus importants à obtenir qu'une grande égalité entre la production des périodes. Cette égalité est d'ailleurs d'autant plus difficile à atteindre en général, que l'irrégularité du peuplement est plus grande, que les arbres présen-

DKS FUTAIES. 273

teat moins de similitude sous le rapport de leurs formes et de leurs dimensions, et enfin que les in* flueni^es sous lesquelles ils végètent ^ont plus diver^ ses ; toutes circonstances que la forêt jardinée réunit au plus haut degré. Pour parvenir à assurer le rapport soutenu dans une forêt jardinée qu^on veut transformer, nous peasons que le meilleur moyen peut-être, et en même temps le plus simple, est d'y multiplier les séries d'exploitation, de maniérée bien trier les principales nuances de fertilité et de peuplement, puis, de régler les affectations des périodes, dans chacune de ces séries, par contenances éga*les (i).

(I) En effet, dans la forêt jardinëe, il n'eidste pas, comme dans la fataie régulière, des peuplements d*âges gradués ; tous les âges au contraire s'y trouvent confusément mêlés. Sous ce rapport donc, les mêmes diflicultés comme les mêmes facilités se rencontreront dans une même série, qu'elle soit grande ou petite. !1 suit de là que, pour constituer chacune d'elles, il serah supei^u de se préoccuper de la gradation des âges ; la qualité et la çonâguratioa du sol devront seules être coDsidéréesi,cequi,le plus soavent,donnera la facilite de ne comrprendre dans une même série que des parties ayant à peu près le même coefficient de fertilité. Quant à la formation des affectations périodiques, comme le coefficient de peuplements aussi complètement irréguliers que ceux de la forêt jardinée ne saurait évidemment se déterminer avec la pri^cision nécessaire pour y avoir confiance, le mieux, dans la plupart des cas, sera de n'en pas temr compte. Dès lors, il ne restera comme élémeni

274 !)E l'exploitation

Supposons que Pon adopte les principes qui viennent d'être posés, et que, par suite , la révolution transitoire d'une série d'exploitation ait été fixée à 75 ans, au lieu de 100 qui serait la durée ordinaire, puis partagée en périodes de 25 ans chacune ; et examinons quelle sera la marche des exploitations , pendant foute cette révolution, de période en période.

498. Exploitation de la 1"* pbbiodb. — C'est dans l'affection de cette période que commenceront les coupes de transformation ; on les effectuera d'après les règles données dans l'article précédent, et l'on fera bien, en outre, afin d'aider autant que possible la végétation du sous-bois sur toute détendue de l'affectation, de les accompagner d'ébranchements de gros arbres, dans les parties qui ne viendront en tour d'exploitation que dans la dernière moitié de la période.

Parallèlement à ces coupes de transformation, marcheront, dans les affectations des périodes 2 et 3 , les exploitations jardinatoires dont nous avons parlé plus haut. Ces exploitations, comme nous l'avons dit, sont plus particulièrement destinées à faire disparaître les bois que l'on ne pourrait laisser sur

de ceue opération que la fertilité qui, sensiblement la mémo partout, permettra d'attribuer aux affectations des contenances égales.

pied jusqu'à ce que les coupes de transformation vinssent les atteindre. On peut joindre encore à ce but celui de préparer insensiblement la forêt à Pétat plus régulier auquel elle doit, plus tard, être amenée définitivement, et, dans cet(e vue, faire porter le jardinage, autant que possible, sur les arbres dont ]a présence nuit à de nombreux sous-bois ainsi que sur les tiges dominées dans les perchis. Dans Taffectation de la seconde périodç, ces jardina-» ges devront se borner aux arbres entièrement dépérissants; mais dans celle de la troisième, ils devront porter aussi sur les arbres en retour. ,

Par ce moyen, les produits, pendant la première période , pourront atteindre le taux où ils étaient avant que la transformation commençât, et dans certains cas même le dépasser.

499. DÉTERHINATION DE LA POSSIBILITE. La possibilité des coupes de transformation doit être basée sur le volume et se déterminer à Pentrée de chaque période [390 et 391], comme celle des coupes de régénération dans une futaie régulière. Ges exploitations n^sont, en effet, que des coupes de régénération modifiées en raison d^un état particulier de peuplement, et nous avons vu ailleurs [439] les motifs qui empêchent que celles-ci ne soient établies par contenances égales. L'irrégularité du peuplement seule, au surplus, serait un motif suffisant pour renoncer à la possibilité par contenance.

On doit s'attendre à ce que la possibilité dans la

forêt jardiaée soit affectée d^une erreur bien plus ecHisidérable qae dans la futaie régulière; nous en avons donné plus haul les motifs. Aussi est-il tout à fait indispensable de vérifier le travail d^estimation plusieurs fois dans le cours de la période. Il est inutile de faire observer que, dans celte estimation, on ne devra comprendre que ceux des arbres que Von jugera devoir tomber dans les coupes de transformation.

SOO. Le point le plus difficile à régler dans Pexploitalion qui nous occupe, c'est la quotité des produits que doivent fournir annuellement les jardinages.

Dans Paffectation de la deuxième période, avonsnous dit^ ces coupes devront se borner aux arbres dépérissants, et dans Paffectation de la troisième période> elles devront atteindre encore, en outre, des bois en retour. Si donc on voulait procéder rationnellement, pour déterminer le volume à explpiter par an dans Tune et Tautre affectations, il faudrait avoir une évaluation des arbres dépérissants et de ceux qui pourront le devenir avant que les coupes de transformation parviennent dans les parties où ils se trouvent, et pour ce ^ui concerne Taffectaticm dç la troisième période en particulier, il faudrait connaître encore la quantité d'arbres en retour qui devront tomber par les jardinages.

Mais, outre qu'un pareil inventaire exigerait de fort longs comptages d^arbres, il présenterait encore

dans Inexécution une multitude de cas frèsHsmbarrassanfs , en ce qv^il serait sourent fort difficile de décider d'avance si tel arbre devra être compris ou non dans les jardinages. Ensuite, il est évident que si, pour fixer la possibilité des coupes de transformation, on est sujet à commettre de graves erreurs, on l'est à plus forte raison pour déterminer celle des jardinages. Et cependant ici toute vérification dans le cours de la période est à peu près impossible, h moins d'imprimer aux arbres destinés aux jardinages un signe qui les distinguât de leurs voisins, ce qui, en vérité, n'est guère proposable, et dans beaucoup de cas, ne serait pas même efficace.

Baser la pos^bilité des jardinages sur le volume nous semble donc tout à f^it impraticable, parce que l'opération, longue et difficile à exécuter, ne peut aboutir qu'à des résultats extrêmement vagues, et susceptibles de donner naisscinee à des erreurs pires peut-être que celles qu'engendrerait un entier arbitraire.

Toutefois, il faut le reconnaître, une base quelconque est nécessaire pour ces exploitations. Peutêtre la trouverait-on en se reportant à l'ancien jardinage, dont là possibilité, comme on lésait, se fixait en déterminant le nombre d'arbres à cmiper annuellement par hectare (492). Supposons, par exemple, que ce nombre ait été 5 : on le réduirait à 1 ou à 2 dans l'affectation de la seconde période, où il ne s'agit d'atteindre que des bois dépérissants, et dans

278 DE L*EXP10ITATI0N

Paffeclalion de la 3^ période où U faut faire tomber ea outre des bois en retour, on porterait ce nombre à 3 ou à 4* Puis, si Ton croyait utile d^exprimer approximativement ce nombre d'arbres en mesure de solidité, il suffirait de déterminer, dans chaque affectation, par quelques expériences^ le volume d'un arbre moyen de la catégorie que le jardinage doit atteindre; multipliant ensuite, par ce chiffre, le nombre des arbres à couper annuellement, on aurait la possibilité cherchée.

Cette manière de procéder est sans doute peu satisfaisante, en ce que, bien évidemment, elle ne conduit pas au degré d'approximation qu'il est permis de désirer. Mais, du moins, elle a le mérite d'être expéditive et de n'occasionner ni frais ni perte de temps dans des recherches auxquelles l'état des choses interdit le succès. On peut d'ailleurs, chaque fois que l'on vérifiera la possibilité des coupes de transformation, soumettre aussi à un nouvel examen la base des jardinages et leurs résultats. Sans entrer dans des opérations de détail, le forestier entendu saura bien juger, autant qu'il en sera besoin, si la catégorie d'arbres qu'il veut atteindre par les coupes jardinatoires, augmente ou diminue plus qu'elle ne le doit, et s'il convient, par conséquent, d'abaisser ou d'élever le taux des produits que doivent fournir ces coupes.

501 . En terminant cette discussion nous rappellerons ce que nous avons dit plus haut :

Dans Texploitatton d'une forêt jardinée, la chose principale est la transformation, parce que d'elle doit résulter un état infiniment supérieur à ce qui existe, et dont la conséquence sera l'augmentation de la production. La possibilité n'est que secondaire, c^est en vain que l'on tenterait de la régler avec la même approximation que dans une futaie régulière ; l'état du peuplement y met des obstacles insurmontables. Aussi les moyens les plus simples, les plus larges et les plus expéditifs^ pour la déterminer nous paraissent-ils les meilleurs.

502. Exploitation des périodes 2 et 3. — Dans l'affectation de la deuxième période, les coupes de transformation trouveront une plus grande quantité de bois à abattre que dans celle de la première, les jardinages y ayant été réduits, depuis trente ans, aux arbres tout à fait dépérissants; la possibilité de ces coupes se trouvera donc augmentée. Quant aux produits que les jardinages fournissaient pendant la première période, ils seront compensés d'une part par les opérations semblables qui continueront dans l'affectation de la troisième période, et de l'autre par des éclaircies périodiques qu'il y aura lieu d'entreprendre dans Taffectation de la première.

Enfin, à la troisième période, les coupes de transformation trouveront la forêt peuplée, en très-grande partie, de bois mûrs et d'une exploitabilité moyenne, qui tous devront être coupés, et dont les produits seront renforcés encore par ceux des éclaircies

280 DE l'exploitatioîî

périodiques à hire dans les affeelations des deux périodes précédentes.

B03. Le& inconvénientsi du jardinage ayant été reconnus en Fra^nce depuis 25 ou 30 ans, ce mode d^exploitation a presque généralement (en moins dans les forêts soumises au régime forestier), fait p}ace â des coupes da»s lesquelles on s'est appliqué à débarrasser d*un couvert nuisible les peuplements jeunes ou d'âge çaoyen, el à supprimer partout les boift morts ou dépérissants que beaucoup de forêts présentaient en abondance ; en même temps on a pratiqué des édaîrcies périodiques dans les jeunes massifs suffisamment réguliers qui se rencontraient ça et là. C'était, on le voit, une yérifable transfor* mation que Ton opérait ainsi • Seulement on s'est borné, le phis souvent, à améliorer le traitement sans régler en même temp^ la marche des exploitations d'après le& principes quie nous venons» de donner* On trouve done aujourd'hui bon nombre de forêts qui, régularisées en partie, ne présentent plus- Fétat jardiné que dans quelques cantons, le surplus se composant de massifs* plus ou moins réguliers, ficNxrrési, perchis ou futaie exploitable ou à peu près.

Lorsque ces différents^ état& de peuplement se trouveront convenablement groupés, on conçoit qu'il sera assez facile d'en composer une ou plusieurs séries d'exploitation, dans lesquelles les parties jar* dinées deviendraient l'affectation de la première

période^ I^ oiassil» exploilables, celle de la seconde, et ainsi de shUc. La révoluliôii de 100 ou 120 ans pourra, dans ce cas, être îmmédiatefiieat admise, afin d'établir, pour les révolutions suirantes, une gradation, d'âge aussi normale que possible; et, quant au rapport soutenu, si Ton ne réussit pas ton* jours à Passurw pour «ne même série, on y parviendra du moins dans les masses importantes, en considérant comme liées entre elles un certain nombre de séries dont les produits pourront se compenser à travers les différentes périodes de la révolution [584.]

Mais le cas que nous venons de considérer est à la fois le plus simple et le plus rare. Le plus souvent, les peuplements qu'il s^agit de réunir en série présentent sous ce rapport de sérieuses difficultés : tantôt les parties jardinées ont trop détendue pour ne composer qu'une seule affectation, ou trop peu pour en fournir deux, et les massifs exploitables que Ton pourrait y rattacher à titre de complément font défaut; tantôt ce sont les bois d'âge moyen on les jeunes bois qui ne sont pas représentés ou qui ne le sont pas Suffisamment.

Soumettre de telles forêts immédiatement à une révolution normale n'est, évidemment pas possible. Ce que l'on do^t chercher ici, c'est d'achever de régulariser les différents peuplements, surtout les parties jardinées, dans le cours d'une révolution transitoire dont la durée dépendra de deux circon-

282 DE L^JUCPJLOITATIOrf

staaces : le plus ou le moins d'urgence qu'il y aura à extraire les bois destinés à disparaître^ et Page actuel des massifs qui devront venir en tour d^exploitatiou après la transformation terminée^ c'est-à-dire» de*venir la première affection de la révolution qui succédera à la révolution transitoire. Il va sans dire d'ailleurs que» comme dans le premier cas, et bien plus encore, il sera souvent opportun et même nécessaire pour assurer le rapport soutenu, d'admettre la compensation de série à série pour une ou plusieurs périodes (1).

504. Malgré les longs développements dans les*quels nous sommes entré au sujet des forêts jardinées, on trouvera toujours encore, dans la pratique, des cas nombreux qui n'auront point été prévus* Dans toutes les forêts irrégulières, et surtout dans les forêts jardinées, il est impossil^le de prévoir tous les états qui peuvent se présenter ; la théoi:ie doit donc se borner aux cas les plus généraux, et laisser le coup-d'œil et l'expérience du forestier faire le reste.

C'est dans des bois de , cette nature que l'instruction forestière est de la plus grande nécessite, non

(i) Souvent aussi on parviendra à résoudre les diffieuilës que présente la formation des affectations, en faisant les périodes d'inégale durée, de manière à proportionner chacune d'elles à l'étendue des massifs qu'il conviendrait, sous le rapport cultural, de réunir dans une même affectation.

Finstruction qui prétend tout régler d^avance^ mais celle qui, aidée de la réflexion et du jagement, établit des bases qu^elle sait appliquer et étendre à propos.

ARTICLB IV.

Des cas où le jardinage doîi être consenré.

SOS. Quelque incontestable que soit Pinfériorité du mode jardinatoire comparé à la méthode du réensemencement naturel et des éclaircies, il est néanmoins quelques cas où il convient de faire usage de ce mode.

Ainsi, dans certaines situations très-élevées, où le climat extrêmement rude est souvent un obstacle à la réussite des repeuplements, le jardinage peut être avantageux, d'abord parce qu'il donne la facilité de n'enlever les vieux arbres que lorsque déjà il en existe de jeunes autour d'eux pour les remplacer; en second lieu, parce qu'il n'éclaircit jamais la forêt que par petites places, dans lesquelles les repeu* plements résistent plutôt aux rigueurs du climat que sur des surfaces plus grandes.

Le jardinage trouve aussi son application dans les parties de bois que l'on conserve plus particulièrement pour abriter une localité, soit contre des vents dangereux, soit contre des avalanches ou des éboulements [368], et il en est de même dans certains versants abruptes, couverts de rochers entre lesquels les bois ne peuvent croître que, ça et là, par

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bouqq^d, et où le peu de terre végétale qui a réussi à s^y former a d^ailieurs le plus grand besoin de couvert pour se maintenir. En pareils cas> Fobjet principal de la culture n'est plus la production du bois^ mais bien de conserver Pabri reconnu nécessaire; il faut donc» dans les exploitations^ tendre à maintenir la forêt dans un état de boisement qui varie le moins possible, et s'appliquer, par conséquent, à n'amener que des repeuplements partiels, à mesure de la coupe des arbres tout à fait dépérissantSé

Enfin, ce mode peut encore convenir à quelques propriétaires, communes, établissements publics ou particuliers, qui, ne possédant que des bois d'une faible étendue, veulent cependant trouver à y exploiter chaque année àfis pièces de dimensions diverses.

S06«Mais forsque le jardinage devra être maintenu, au lieu de le pratiquer tel qu'il l'était autrefois et que nous l'avons décrit plus haut [492], on s'appliquera à en atténuer les inconvénients et à le concilier avec un certain ordre dans la marche des exploitations. Il est difficile de tracer des règles pour un traitement aussi essentiellement irrégulier que le jardinage ; toutefois, on peut poser quelques principes généraux qui devront se modifier suivant les exigences du propriétaire et d'après les circonstances particulières que présente chaque forêt.

Pour établir un jardinage rationnel, il convient

d'abord de diviser la (ovêi en parceUes, circonscrilesir autant que possible^ dans des limites naturelles^ crêtes de montagnes^ fonds de vallée, ruisseaux, et surtout par des chemins par lesquels, lors des ex^ ploitaCions, les bois puissent se vider sans endommager les parties voisines. Ces parcelles devront être assez nombreuses pour que les jardinages annuels puissent se renfermer dans Pun^ d'elles ou tout au plus dans deux.

Le parcellaire établi, on déterminera Tordre dans lequel les parcelles devront être parcourues par les jardinages, en ayant égard à leur peuplement tant en jeunes qu'en vieux bois et en tenant compte des règles d'assiette ; puis enfin, on fixera la périodicité des jardinages, c'est-à-dire, le nombre d'années & employer pour parcourir toutes les parcelles d'une série.

Pour régler ce dernier point, il sera nécessaire de déterminer : 1^ Quel âge et quelle grosseur les bois devront avoir atteints pour être ri^ptiféf^ exploitables; 2^ Quel sera le nombre d'années qui devra s'écouler pour que les bois de la catégorie immédiatement inférieure soient parvenus à la qualité de bois exploitables. Ce laps de temps, toutefois, ne pourra être qu'une moyenne qu'il sera prudent d'allonger plutôt que de trop raccourcir, afin de tenir compte de l'imprévu dans la végétation ; sa durée fera évidemment connaître la périodicité cherchée.

Quanta la possibilité, on conçoit qu'elle ne pourra

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être basée que sur le volume ; soit qu^on calcule celui-ci comme pour les coupes de transformation [499], en estimant le volume actuel et le volume futur de tous les bois réputés exploitables; soit qu^on se contente de fixer le nombre de pieds d'arbre à exploiter annuellement, ce qui suppose toujours qu'on se sera rendu compte, avec plus ou moins de précision, de leur nombre total *et du volume de Farbre moyen.

Le jardinage lui-même se fera d'après les règles suivantes :

1^ L'exploitation portera en première ligne sur les arbres branchus de forte dimension qui surmontent, soit des perchis, soit des fourrés ou des gaulis. Si, sur ces derniers, il se trouve, ça et là, des perches isolées qui ne pourront jamais faire massif avec Tensemble, et entravent par conséquent sa croissance, elles devront également être extraites quel que soit leur âge ;

2^ Au lieu de n'enlever, à la fois, qu'un seul arbre exploitable sur une même place, ainsi que le voulait l'ancien jardinage, il faudra, au contraire, y en abattre plusieurs, de manière à favoriser l'accès de la lumière sur le sol autant qu'il sera nécessaire pour assurer la levée du jeune plant et son développement pendant un certain nombre d'années. On trouvera la juste mesure à cet égard, en se péné^ trant bien de ce principe : que si l'ombrage des arbres est presque toujours avantageux au sous-

bois^ leur couvert produit généralement Teffet contraire (!) ;

3^ Outre les bois exploitables proprement dits qui formeront le produit principal de l'exploitation annuelle^ les jardinages devront faire disparaître encore^ dans la parcelle où ils seront assis^ tous les bois rabougris et dominés sur lesquels porteraient les éclaircies périodiques dans les futaies régulières ;

4^ Les chablis et bois morts seront exploités chaque année dans toute la série et leur produit sera précompté sur la possibilité. I>ans les parcelles qui ne seront pas prochainement atteintes par les coupes jardinatoires^ les vieux bois qui causent un notable dommage par leur couvert devront être élagués à une hauteur convenable ;

5^ Enfin, toutes les précautions recommandées pour Tabatage et la vidange des bois dans les futaies régulières [443], devront être observées avec le plus grand soin dans les forêts jardinées.

(t) Voyez, dans le 4* livre, hs définitions d*om&ragre et de €ouverL

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