‹ Cours élémentaire de culture des boisChapitre 41 sur 108 · METHODE DIT TAILLIS SIMPLE · texte numérisé non relu

METHODE DIT TAILLIS SIMPLE

AttTICLB PttBMIBH.

Géaéralitâs.

527. Dans la méthode du faillis simple, les rejets et les drageons sont considérés comme le produit principal. On évite avec soin tout ce qui peut nuire à leur accroissement et, à cet effet, on n'établit que peu et souvent même point de réserves dans les coupes. Lorsqu'on choisit quelques baliveaux, ce n'est que dans le but de procurer un peu d'ombrage aux expositions chaudes et d'obtenir les semences nécessaires pour régénérer le taillis. Ces baliveaux ne doivent jamais devenir des arbres anciens, et leur nombre doit être réglé de manière qu'en aucun cas ils recouvrent au-delà du vingtième ou du seizième au plus, de la surface totale.

Toutefois, dans les forêts de l'Etat, il sera sou-

310 D£ l'exploitation

vent convenable de faire une exception à cette règle, afin de procurer des courbes à la marine. Lorsque le sol et Pessence le permettront, on pourra, sur les lisières des bois et sur les bords des routes, élever des arbres bordiers destinés à atteindre un âge avancé.

528. Les taillis ne peuvent avoir de durée constante que si les souches que Fâge ou une maladie fait périr, sont remplacées par de nouveaux pieds. Or, il est certain que ces souches ne vivent point aussi longtemps que Farbre dont on n^aurait pas dérangé la croissance naturelle; car les exploitations répétées fatiguent et altèrent les racines (1).

Pour que l'existence des taillis soit assurée, il

(i) Voici Texplication physiologique de ce fait :

La relation intime ou l'équilibre qui existe entre les organes aériens (branches) et les organes souterrains (racines) détermine^ comme ou le sait, la vie végétale.

Les racines^ en pompant la sève ascendante, produisent le développement des feuilles, et celles-ci, à leur tour, par le travail qu'elles accomplissent dans l'atmosphère, fournissent la sève descendante qui assure l'extension des racines, et particulièrement la formation des spongioles, sans lesquelles l'absorption des sucs de la terre ne saurait avoir lieu.

Or, quand on coupe la cépée d'une souche, on détruit évidemment cet équilibre. A la vérité, de nouveaux rejets apparaissent, mais ils sont minimes, comparés aux tiges qu'ils remplacent, et ne peuvent envoyer par conséquent, qu'une nourriture tout-à*fait insuffisante aux racines dont une partie

faut donc qu'il s'y opère une régénération graduelle^ soit par les graines provenant des arbres réservés^ soit par des drageons, ou par des rejets qui, nés très-près de terre (traînants)^ s'enracinent et forment des pieds indépendants alors que le centre de la souche se pourrit, soit enfin par des semis artificiels ou par des plantations. En général, on doit admettre que plus une essence a de propension à drageonner, mieux elle convient, eu égard à sa perpétuité, au régime du taillis.

ARTICLE II

Essences propres aux taillis.

£^29. Tous les arbres feuillus peuvent être traités en taillis. Le hêtre est le seul auquel ce régime

cesse ainsi de former du chevela, par suite oe fonctionne pi us > et ne tarde pas à pourrir.

Cependant, les racines étant diminuées^ et les rejets s'accroissant chaque année, rëquîlibre se rétablit au bout d'un certain temps. Mais bientôt une nauvelle exploitation survient, les mêmes phénomènes se reproduisent, et la souche, troublée périodiquement ainsi dans ses fonctions, finit par contracter des tares, la pourriture se loge dans celles de ses parties où la sève cesse de pénétrer, sa vitalité s'altère de plus en plus et s'éteint en définitive bien plus tôt que cela ne fût arrivé si Tarbre eût obéi dans son développement aux lois naturelles de la végétation.

312 DE i'bxploitation

semble ne point convenir, on a observé que si, dans quelques terrains, les souches produisent des rejets, cette faculté leur est enlevée dès la seconde, ou au plus tard à la troisième révolution, à moins qu^on ne coupe au-dessus du nœud de Texploitation précédente ; et, dans d'autres terrains, on a reconnu que les souches meurent plus jeunes et souvent ne repoussent pas même dans Page le plus tendre.

Parmi les arbrisseaux, il en est quelques-uns qui méritent Pattention du forestier quoique à un moindre degré que les arbres, ce sont :

Le coudrier, les petits saules, le merisier à grap-' pes, le cornouiller mâle, les viornes, etc.

Les taillis,* ordinairement, se composent d'un mélange de diverses essences. L'art du forestier consiste à favoriser les plus importantes, à assurer leur durée , leur bonne croissance et à en obtenir les produits les plu^ utiles.

ARTICLE III

Fixation de rexploitabilité dans les taillis.

530. L'expérience a prouvé que, pour foarnir d'abondants rejets, il ne faut pas que les bois soient coupés à un âge trop avancé. Toutes les essences, en général, sont moins disposées à ce genre de reproduction, lorsqu'elles ont dépassé la période où elles croissent surtout en hauteur, pour entrer plus particulièrement dans celle du grossissement, et il en

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«st même qui alors s'y refusent (1). D'un autre cdté^ il est incontestable qu^en coupant à des époques trop rapprochées^ on affaiblit les souches (2) et Ton diminue considérablement les produits en matière (370).

D'après les observations des meilleurs forestiers» il est convenable de ne pas prolonger les révolutions de nos principales essences au-delà de 40 ans, et de ne les porter qu'exceptionnellement au-dessous de i5 ans. C'est entre ces deux limites qu'il convient généralement de renfermer la fixation de Fexploitabilité des taillis simples^ afin d'assurer le mieux possible leur reproduction.

Pour les forêts de l'Etat et des communes» Vexploitabilité absolue^ renfermée dans les limites que nous venons de poser, devra^ la plupart du temps» être préférée. Elle dépend» comme on lésait» des circonstances plus ou moins favorables à la végétation» c'est-à^-dire» du climat» de la situation» de l'exposition et du sol. Ainsi» le chêne qui» dans une terre profonde et substantielle» pourrait n'être coupé qu'à 40 ans» devra s'exploiter à 20 ans» et même au-dessous» dans un sol maigre qui a peu de fonds et qui est exposé aux ardeurs du soleil.

(1) Ce refus tient à la fois à la dureté de Técorce et aux causes qui viennent d'être indiquées plus haut (noté de la page 5i0).

(S) Voir la même note*

516 DE l'exploitation

tout dans les bois exploités en taillis qu^on peut la réaliser, pafce que, en raison des courtes révolutions auxquelles ces forêts sont soumises, il devient plus facile d'y établir une gradation convenable dans Tâge des bois et d'asseoir les coupes de proche en proche. Différents auteurs ont prescrit de rendre les contenances des coupes, dans les taillis, proportionnelles au peuplement et à la fertilité du sol. II est incontes* table que cette mesure, bien exécutée, rendrait les produits annnels moins variables ; mais, comme on réussit ordinairement à créer un rapport soutenu par les moyens plus simples que nous connaissons (584), on a généralement accordé peu d'attention à. cette idée, et, en France particulièrement, tous les taillis sont partagés en coujpes d'égale contenance.

ARTICLE V

Saison la p)os canv^nable pour la coupe des taillis.

555. il est généralement à désirer que les taillis ne soient coupés ni en automne ni en hiver, parce que l'intensité du froid, dans celte dernière saison, peut altérer les souches. L'écorce quelquefois même s'en détache, lorsque, gonflée par les pluies, elle éprouve l'effet d'une forte gelée. Dans ce cas, toute ptroduétion de rejels devient impossible, et, à moins que les racines ne fournissent des drageons, le pied est perdu.

DBS TAILUS, 317

II est peu convenable aussi de couper les taillis en temps de sève; les souches s'affaiblissent, diton, par Fécoulement trop abondant du suc séveux. Un inconvénient plus réel, c'est la perte de la première et plus forte repousse du taillis qui est due à la sève du printemps, tandis que, par la sève d'été, on n'obtient que des rejets qui sont toujours moins vigoureux et ont plus de peine à se défendre contre les froids de l'hiver.

La coupe en temps de sève ne peut être tolérée que pour les taillis dont l'écorce est indispensable aux tanneries.

S54. Les mois de février, mars, et quelquefois le commencement d'avril, sont, dans les cas ordinaires, et dans le climat d'une, grande partie de la France, les époques les plus favorables à la coupe des taillis. Ces époques pourront être sans doute mieux choisies pour les départements méridionaux où la végétation est très-précoce. La température doit décider. En règle générale, on évitera découper avant et pendant les grands froids et au moment de la sève.

Quelques parties du midi de la France et celles qui sont voisines de l'Océan, n'ont guère à craindre les fortes gelées d'hiver; dans ces pays, il sera préférable de commencer à couper aussitôt après la chute des feuilles, et, pour les chênes à feuilles persistantes, aussitôt que le mouvement de la deuxième sève sera arrêté.

318 DB L^EXPLOITATIOr«

ARTICLBTC.

' Mode d*abat>ge dds taillis.

535. Uabâtage des taillis doit se faire avec des instrameilts bien tranchants, afin de ne pas faire éclater la souche et Fécarce qui la recouvre. Les perches ayant O"*,! de diamètre et au-dessus doivent être coupées à la hache ; pour les brins plus faibles^ il est préférable d'emplojer la serpe, afin d'éviter Fébranlement et souvent la rupture des racines que le choc de la hache occasionne aisément. On peut même se servir, pour les tiges les plus minces^ de la scie, en prenant la précaution de faire la section oblique à Phorizon ; pratiquée sur des souches aussi petites, cette opération n'a aucun inconvénient.

En général, on coupera le plus près possible de terre, et Ton donnera à la souche une forme telle que les eaux pluviales ne puissent y séjourner. Cependant, lorsque le taillis provient de souches déjà très-vieilles, ou lorsque Pessence est peu disposée à se reproduire par rejets (comme le hêtre, par exemple, et dans certains terrains froids et hunydes, même le charme), on fera bien de couper dans le jeune bois, immédiatement au«dessus du nœud de la précédente exploitation» parce que les pousses nouvelles seront plus abondantes et se développeront avec plus de facilité que si elles avaient à

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traverser Pécorce épaisse et dure de la vieille souche (i).

Quand les essences ont la propriété de drageonner, le moyen à employer pour assurer la perpétuité du taillis est très*simple. Lorsqu'on s'aperçoit que la faculté reproductive des souches commence à diminuer, on les coupe entre deux terres^ c'est-àdire, au-dessous du collet de la racine. En détrui«sant ainsi le centre* vers lequel se portait la sève, celleci agit plus énergiquement sur les racines et donne naissance à une grande quantité de drageons qui remplacent abondamment les souches surannées*

ARTICLB TU.

Façonnage et vidange dans les taillis.

536. La reproduction des taillis, en général, exige que les bois soient façonnés et entièrement vidés avant que les rejets paraissent. On ne saurait méconnaître Futilité de ce principe, et II est a désirer qu'on puisse l'adopter.

Très-souvent on voit l'aire d'une coupe couverte de stères et de fagots, au milieu desquels les rejets s'élèvent et dépassent quelquefois les piles de bois.

(i)Uneprécaatîoû très-utile aassi, en pareil css, consiste à laisser subsister sur la souche» commeirliranrs de séve^ quelques-uns des rejets traînants dont Is conservation a dëji éié recommandée i d'autres titres (598).

32Q SB l'expiiOitation

Cest ce qui. arrive dans les taillis situés en sol trèsfertile ou humide^ et dans ceux que peuplent des bois d^une végétation rapide. On peut eoncevoir que^ dans de pareilles eoupes» le séjour de bois façonnés et surtout le retard de la vidange, ne peuvent manquer d^occasionner du dommage.

Il y en a moins à craindre pour les taillis situés en fonds maigre et aride et dans ceux que peuplent des essences d'une végétation lente, parce que les rejets de la première année sont ordinairement pea élevés^

637. La vidange avant le temps de la sève est la plus avantageuse, et peut presque toujours avoir lieu dans les coupes dont on commencera Tcxploitation en automne. Elle sera possible encore dans les coupes de peu d'étendue, lors même qu'on atten-* drait la fin de Phiver pour y mettre la cognée. Il n'est pas nécessaire au surplus, que les bois soient transportés hors de l'enceinte de la forêt ; l'essentiel est que la coupe en soit débarrassée, et il est rare qu'on ne trouve pas des places où le produit de l'exploitation puisse être momentanément déposé. Par le moyen de ces places de dépôt (IJ, on pourra presser la vidange des coupes, quand même

(i) Qaand lescoupes, ainsi que cela doit être, aboutissent toutes Bur une ou yliisieurs laies sommières ou routes, les accotements de celles-ci deirienneni les places de dépéi les^ plus naturelles et les plus avantageuses.

DSS TAIUIS. 321

on n'aurait commencé à les exploiter qu^après les fortes gelées.

Ce qui favorise le plus la célérité des vidangesj^ c^est le boa état des chemins* Il est telle forêt où la sortie des bois n'est possible que lors des grands froids ou des chaleurs de Pété, et où la difficulté des transports diminue considérablement la valeur des coupes. Dans ce cas, on est forcé de consentir à des prorogations de délai de vidange» quel que soit l'inconvénient qui en résulte. De bonnes routes forestières doivent être mises au rang des améliorations les plus utiles, de celles, surtout, qui augmentent le revenu des forêts et qui permettent de mettre, dans le régime des exploitations, la promptitude désirable et l'ordre qui doit y régner.

ARTICLB TIII.

Examen des dispositions qae renferme le cahier des charges des

adjudicalions de coupes.

538. Le cahier des charges régissant les adjudications des coupes qui se font annuellement dans les forêts de l'Etat, des communes et des établissement publics, contient les dispositions suivantes (1) :

(1) i^oar plus de facilité dans l'enseigoemeDl, nous avons ciassé ici les dispositions da cahier des charges, dans Tordre où les diiértntes parues de TexploiUiion des iaillisont éié uaitées dans ce chapitre.

322 DK l'kxploitatioit

Â. « L'abatage des bois sera entièremeot ter- » miné le 15 avril qui suit la date de Padjudicatiom

» Les bois à écorcer> en vertu de Pacte d'adjudi- » cation, seront coupés avant le IS mai.

B. « A moins de clauses contraires, Içs bois » seront exploités à tire et aire et à la cognée, le » plus près de terre que faire se pourra, de manière )» que Peau ne puisse séjourner sur les souches. » Les racines devront rester entières»

C. « Les coupes seront nettoyées, savoir : en ce » qui concerne le ravalement des anciens étocs et » Penlèvement des épines, ronces et autres arbustes » nuisibles, avant le terme fixé pour Pabatage ; en » ce qui concerne le façonnage des ramiers, avant » le l*' juin.

» A Pégard des ramiers provenant des bois qui » auront été écorcés en vertu du procès-verbal » d^adjudication, ce dernier délai est prorogé jus- )» qu'au l*** juillet suivant.

D. « La vidange sera entièrement terminée le » 1 5 avril qui suit Pexpiration du délai d^abatage.

E. « Si des circonstances locales nécessitent » d'autres termes que ceux fixés pour Pabatage, le » nétoiement et la vidange des coupes, il en sera » fait une clause spéciale de Padjudication. »

539. Par le dernier paragraphe que nous vouons de rapporter, le cahier des charges a prévu que des modifications pourraient être nécessaires, et il permet de les déterminer par des clauses spéciales,

DKS TAILtIS. 325

qai doivent être proposées par les agents forestiers locaux et soumises à Papprobafion de Padministralion.

Nous allons examiner les conditions générales et en signaler les parties susceptibles d^étre modifiées, lorsque d'ailleurs les circonstances rendront ces changements possibles.

a. Vabatage doit être terminé auio a^L

Ce terme est trop reculé pour un grand nombre de localités et fait naître à peu près tous les inconvénients de la coope en temps de sève.

D'après ce qui a été expliqué plus baut (334), il faudrait^ selon les différents climats, fixer, non seulement la fin, mais aussi le commencement de Fabafage, et faire en sorte d'éviter les exploita-* tions d'automne et d'hiver qui, hors des contrées méridionales et d'une partie de celles de l'Ouest situées dans le voisinage de la mer, ne sont pas toujours sans danger.

11. Les bois seront exploités à la cognée le plus près de terre que faire se pourra.

Ce mode d'abatage, bien que généralement applicable, admet cependant quelques exceptions, comme nous l'avons fait voir (535). Par exemple, si, malgré le peu de dispositions du hêtre à repousser sur souche, on est forcé par les circonstances de le traiter en taillis, il sera prudent de le faire couper au-dessus du nœud delà précédente exploitation, car ce n'est que du jeune bois que l'on peut espérer des rejets.

324 DE L^BXPI.OITATIOf(

C'est par ce mode que> dans l'ancienne Lorraine^ on a soutenu^ pendant assez longtemps^ Fexistence de quelques taillis de hélre ; et lorsque les agenla forestiers^ pour obéir aux règlements^ se sont décidés à faire couper ces taillis rez terre, les vieux bûcherons ont prédit la mort de» souches et ne se sont pas trompés.

Une mesure très-utile pour assurer la reproduction des taillis et dont nous ayons déjà parlé plus haut (528 et 535, note) consiste à conserver les rejets traînants, soit que Ton compte sur le mouvement naturel des voitures et des hommes dans la coupe pour les enterrer, soit^ ce qui est mieux, qu'on les «fasse coucher en terre plus soigneusement par des ouvriers. Quoiqu'il en soit, dans Tun et l'autre cas, on peut obtenir par ce moyen une multitude de jeunes tiges» Il serait donc à propos de ne pas exiger que Taba^ tage se fît par trop près de terre, et de recommander au contraire aux bûcherons^ tout en coupant en talus, de respecter les trainan(s dont il s'agit«

c. Les coupes seront nettoyéeSy savoir : en ce qui concerne le ravalement des anciens étocs et l'enlèvement des arbustes nuisibles avant le terme fixé pour FabcUage ; en ce qui concerne le façonnage des ramier Sy avant le 1"^ juin.

Les ramiers devraient expressément être façonnés dans le plus bref délai possible. Si le terme de cette opération n'est fixé qu'au l^'' juin, les adjudicataires peuvent les laisser éparpillés dans les coupes pen-

dant tout le mois de mai et, par conséquent, dans le moment où la î^éve produit déjà des rejets. D'une part, il en résultera du dommage pour la repousse des souches, de Pautre, les agents et les gardes se-* ront empêchés de visiter toutes les parties des exploitations, ce qui peut favoriser la fraude. Les bûcherons devraient être partagés en, deux brigades : Pnne chargée d'abattre et de façonner le bois de corde, l'autre de relever et de fagotter les ramiers. Cette dernière travaillerait au fur et à mesure de la chute des arbres et de Pabatage des cépées. Dans tous les temps, une coupe doit être accessible et ne présenter aucun obstacle à la surveillance journalière. Quant aux anciens étocs, c'est-à-dire les souches ou parties de souches qui sont mortes, il vaudrait mieux les extraire et leur substituer des jeunes plants bien venants que de se contenter de les ravaler.

fl« La vidange sera entièrement terminée le i^ avril.

Cet article des conditions générales, donne aux adjudicataires une année entière , à partir de l'aba*tage, pour le débit et l'enlèvement des bois de leurs ventes, et doit, par conséquent, contribuer au succès des adjudications. II est à regretter, toutefois, que cette manière d'augmenter les revenus actuels des forêts soit contraire à leur bien-être, et l'on ne peut qu'émettre le vœu bien formel, de voir adopter des délais de vidange plus favorables à la reproduction

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des faillis» dans toutes les localités où le bon état des chemins et une concurrence suffisante entre les marchands de bois permettront' de le faire sans sacrifice*

Art. IX. Climats et sols qui contiennent aux taillis.

540. En général, les régions élevées et froides semblent peu propices au mode d^exploitation en taillis* Premièrement, les essences feuillues les plus répandues dans ces climats sont peu disposées à se reproduire de souche; en second lieu, les étés y sont courts, et par suite la lignification des rejets s^y opère assez incomplètement, d^autant plus que Fabatage ne peut avoir lieu qu^à une époque déjà assez avancée de Tannée, à cause des grandes neiges et de leur séjour prolongé. Enfin, les gelées tardives du printemps qui, quelquefois, sévissent encore en juin dans ces localités, causent de notables dommages aux bourgeons naissants. Aussi est-il à remarquer que le régime du taillis est beaucoup plus répandu dans les climats méridionaux que dans ceux du nord.

541. Les bois situés en sol aride ou peu profond languissent souvent à un âge peu avancé, et si Ton persiste à les maintenir sur pied malgré leur chétive végétation, ils ne tardent pas à dépérir entièrement. Mais quand, au contraire, on les exploite avant que cet état de langueur se manifeste, les souches se repro-

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duisent abondamment, et Ton obtient alors pendant un certain nombre d'années» un accroissement sensiblement plus productif qu'il ne Peut été sans cette opération. En pareil cas donc, le régime du taillis est tout 11 fait à sa place, pourvu que, d'ailleurs, la déclivité jointe au manque de compacité du terrain, ne mette pas obstacle à ce mode de traitement. Il en sera de même dans un sol fertile, mais dépourvu de profondeur, s'il s'agit d'y cultiver des essences qui ne sauraient atteindre un âge avancé qu'en enfonçant leurs racines assez avant dans le sol.

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