‹ Cours élémentaire de culture des boisChapitre 42 sur 108 · SOUS FUTAIE · texte numérisé non relu

SOUS FUTAIE

ARTICLE PREMIER

Généralités.

542. La méthode 4u taillis s^us futaie, a pour objet particulier d'élever, sur les tai}lis,,des bois de service ; les rejets ne sont plus alors considérés comme le produit le plus important. On veut ici obtenir, à la fois, les avantages du taillis et une partie de ceux de la futaie, c'est-à-dire, régénération prompte et facile, et production de bois de fortes dimensions. Dans cette vue, on conserve, à chaque coupe du taillis, un cerlaia nombre d'arbres auxquels on laisse parcourir plusieurs révolutions.

543. Toutes les essences propres aux taillis simple (les arbrisseaux exceptés), peuvent aussi être

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traitées en taillis sous fataie ; et les mêmes principes d'exploitation s'appliquent à Tun et à Faufre mode. Mais, dans celui du taillis sous futaie, il faut consi* dérer en outre le choix, le nombre et la distribution des baliveaux, trois objets qui sont' de la plus haute importance. Car, s'il est incontestable que des réserves modérées et réparties avec intelligence sur le taillis, sont le plas souvent un moyen d'augmenter la quantité et l'utilité des produits en matière, il n'est pas moias vrai aus^i qu'un balivage surabondant, fait sans égard aux conditions d'une bonne végétation, amène des résultats diamétralement opposés^ En effet, il ne faut point perdre de vue que le taillis sous futaie réunit deux éléments, qui, par leur nature, s'entravent et se contrarient réciproquement» DWe part, les arbres réservés qui deviennent branchus, noueux, et s'élèvent peu, parce que chaque exploitation du taillis les isole et provoque leur végétation latérale aux dépens de leur croissance en hauteur ; de l'autre, le sous-bois qui est gêné dans son développement par le couvert des réserves qui le surmontent»

Accorder ces deux éléments qui sonten opposition, en réglant le nombre et la distribution des réserves, de manière que la croissance du taillis n^^Jbit entra-, vée que le moins possible, tel doit donc être le problème à résoudre dans Fexploitation du taillis sotts futaie.

Hkh* %iCB considénitîoiis,. ipe nous avons eiposées

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plus haut (540) sur les climate qui conviennent aux taillis simples» s'appliquent également aux taillis sous futaie. Seulement il faut remarquer que ce dernier genre de fbrét est encore moins à sa place que le premier dans les régions éferées, attendu que. Pin^ fluence nuisil^lede la réserve sur la reproduction des souches et sur la croisdaiteé dit sous-hbfe s^ ^it ^^ntir beaucoup plus défàvofâbleniêiit'que dans les climats tempérés. On Mit» th èffist/ (]^e l^ctidn du soleil contribue surtout au d^èloppdinentdeé botîr* . geons adventi£s d'où ^ naissent le^ rejets ei qu^elle est non moins nécessaire à la bonne végétation et à la lignification deeeçsderniers. Or, dans les régions froides» le ciel est ^ton|ours moins pur 'et la luniîèrë solaire» par conséquent». moÎM intéa6e^i|ue dans les climats doux ; donc^ ta^icéqtài&idÛ^triTd^t l'action du soleil sur Iii vëgéflitf09^y^€M''d^atftanf plus

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nuisible. ' ' '^''

S45. Quant ati sol» il ^t évident -qii^il dolfî pour convenir au taillis sousf^futaie» être mii^n plus fertile» du moins plus profond tfat éëltiî quf ^ffît^ali àtUlis simple» puisqu'il s'agît d'y élever des^boisr d*i^ âge aFvancé» et dont les dimensions et les qjùalités puissent satisfaire aux besoinôs de' la consommation» en ce qui concerne les cottstrudtions et Pouvràge. '

DBS TAIIUS. 33i

ARTKXB If.

Choit des balWeanx.

B&6. Le& balivmax doivent être choisis parmi les pieds les plus vifs et de la plus belle venue. En don- Bant la préférence aux brins de semence, qui sont généralement œienx»venants et plus durables qne les rejets, il faut éviter de réserver des baliveaux de Tâge trop grêles, eu ^égaird i leur élévation, parce quUIs sont facilement ployésonrompus par les vents, lânrigeetle givre.

547« La réserve doit se composer, en majeure partie, de chênes, comme étant Tessenoe la plus précieuse povrles a>iistntcâons.

Après le^chêne on doit préférer le châtaignier, TormOi le frêne, les ^ands érables ; puis le hêtre et le charme» Il est avantageux aussi de réserver quelques pieds d'alisier, de sorbier, de merisier et de bouleau* Le tremble même pourrait, dans certains taillis, faire partie de la réserve, attendu la rapidité de sa croissance et sic» bdles dimensions qui le font rechercher pour divers usages (247), On l'en exclut cependant, et généralement avec raison, parce que l'extrême abondance de ses graines le multiplie dans les taillis au point de compromettre la végétation des essences d'élite (243).

En général, il est utile de composer la réserve de plusieurs essences, tout en maintenant ta propof tion

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la plas fbne aux plus importantes. Non seulement on assurë^ de cette manière, les différents besoins de la consolnmation, mais on a Tavantage d'élever, dans chaque canton de la forêt, sur chaque place pour ainsi dire, lés bois qui y pros[iërent le mieux. On augmente donc la production générale en quan* tité et en qualité. À ce '^ point de vue, on né ^eul qu'approuver ce qui se pratique dans certaines par-* ties de TAllemagne, où Ton a Phabitude dç mêler à la réserve feuillue, un certain nombre de bois résineux, mélèzes ou pins sylvestres, qui réussissent parfaitement dans de telles conditions, fournissent d'excellents bois de travail et de construction et n'entravent cependant que très*peu la croissance du sous-bois, attendu la légèreté de leur feuillage. Cette pratique, du reste, n'est point inconnue en France : dans différents boià particuliers de la Sologne, par exemple, on voit croître, au-dessus de taillis mélangés de chêne, de châtaignier et de bouleau, une réserve de pins sylvestres qui présente à tous égards des résultats satisfaisante (1).

548. On a l'habitude de ne marquer que des tiges très*droites, et l'on néglige celles qui présentent quelque courbure ou qui forment la fourche à la

(I) V. lé rapport de H. Ad. Brongniart, de Tlnstituty à M. le Ministre de TAgneolture et da Commerce, snr les plantatton» forestières dans la Sologne.

0ES TAItLIS. 8SS

îiaissance des branches, parce que, dit- on, ces dernières sont exposées i être déchirées par les vents.

Les tiges droites doivent, sans doute, être Pobjet principal du balivage; mais, dans les forêts de rÉtatda moins, et pour Pessence chêne, il ne faut point perdre de vue les besoins de la marine qui sont du plus haut intérêt. Dans toutes les forêts, et surtout dans celles qui sont traitées en futaie, on n'est jamais embarrassé de trouver des pièces droites, tandis qu'on n'y rencontre pas aussi facilement les courbes et les courbants qui sont indispensables à la construction des vaisseaux» Il faut donc chercher à y pourvoir par les balivages.

ARTICM Ur

Nombre des baliveaux.

S49. Le nombre de baliveaux à réserver, doit être réglé de manière que le couvert qui en résulte ne puisse compromettre la croissance et Fa reproduction du taillis. C'est dire qu'il doit varier selon les e^ences, les sols et les eyy^ositions, et qu'il n^est pas possible de prescrire, à cet égard, des régies générales et absolues.

En effets il est des essences, telles que le chêne, le frêne» le bouleau, etc., qui ne donnent qu'un couvert léger et n'empêchent point entièrement la croissance du taillis, tandis que les hêtres, les

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eharmesy et d'autres eocore, étoD^Tent tout ce qui végète soQS leur épais feuillage.

Certaines essexices aussi supportent mieux que d'autres d'être dominées. Ainsi les taillis de ehène^ quel que soit le sol ou l'exposition, sou&ent beau-» coup de la présence des arbres» tandis que Kod Toit souvent les rejets de diàrme croître aâsez bien sous le couvert et même tout près du tronc de ebênes anciens.

Quand le sol sera fertile, il y aura moîils d'in» convénients> pour le taillis, que les réserves soient multipliées et qu'elles acquièrent un âge avancé; d'une part, parce que la végétation du taillis est d'autant plus assurée que le terrain présente plus de ressources ; de Fautre, parce que, dans un bon fonds, les arbres prennent plus de hauteur de tige^ et que, plus cette tige est élevée» moins le couvert de sa tête nuit au taillis.

, Mais, dans les terrains médiocres, peu profonds et placés à une exposition chaude, il faut éviter de conserver de vieux arbres, et chercher seulement i ombrager le taiUis par des réserves moîÉs ^ées, qui pourront être en assez grand nombre, mais dont il importe que les tètes soient peu volumineuses. Il ne peut y avoir d^ailleurs que perte à ré* server des arbres jusqu'à un âge avancé, dans des sols impropres à leur fournir une nourriture suffisante,' et où, par conséquent, on ne peut espérer obtenir des bois de fortes dimensions.

En .créaot dans de pareilles localités* uj^ ofnbrage abondant^ tout en ne donnant qvûimjé^ggg^pwert^ e^e^iràif^ en se rapprochait dayaQtag§«)4u^inodé dn taillis simple» on mettra obstacle à Févaporation trop coasi^éprftble dn ipVjÇt^des b<^is eux-mêmes, et r«n ée$^rter% cependant, Cia. qui. ppiirrait entraver la. croissance du t^iUîs^^j4^j&, tjpop pe^i favorisée par la nature du çpl. : . . » . .

Ces considérations, et d^autres encore, telles que les besoins de Ja^ consomn^^ibo, la valeur des bois de service de certaine^ diuj^ensions, etc., exigent que, le balivage se modUle^lon les localités.

SSO« Quoiqu'il ne soit pia&^poss^le d'étabUr une bas^ fix<3r à» |'|éga;rd ; 4^i)>al^age,c on n^en sent pas moins le besoii^ de cecla^n^ ^données qui puissent servir de ,poîitf .^ 4^^^ .^t de guide, lorsqu^il S'^agit, dans^.,^, |^atique> de i régler , cet objet aussi important que difficile. Dans, ce J^ni, on a cherché i •<LéteriaiQfr, par mpû^ifioi ^t par minimum, FétendiiQ . qiie . ffteiivent' reeouvrir l^es arbres de réserve, saos eo<nprO«i(rttre le taillis ; puis on a es-, sayé de trouver; Pesp^ ce moyen que recouvre un baliveau de chaque catégorie, et Ton est ainsi arrivé . à jGxer le nombre dWbres de diifférents âges, qu'il conviendrait de réserver à chaque exploitation.

On concevra facilement qne les expériences faites ont produit des résultats fort divers, et que, par suite deees différ^Dces, les opinions émises à ce sujet ont beaucoup varié. Nous ne rapporterons de ces ppi-

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mons, que celles qui se sont assez généralement yé* rifiées et qui sont le plus conformes à nos propres conviofipns.ToutefojSji^ iiçps uo^s blutons d'ajouter que lorsqu'i) ya^ra do réglei;* le jbaliyage d^iuie fbrét ayant <ra demandera

toujours à ,ét^e expérimCTté partîciUjièremeQt ; attendu qu^iTse modifie selon les essences et selon la disposition des arbres à s'étaler plus ou moins> disposition qui dépend à son tour du sol et du climat, Enfîn^ nous ferons remarquer quieL le couvert des Tteux arbres est );>îen plus nuisible au sous-bois (à surface cpurerte égale^ que celui de pieds jeunes ou d'âge mojèn, p^rce^ue 1^ |eu!|lage des premiers est plus épais et moins pénétrab}e> par conséquent^ aux rayons du soleil que celui des seconds.

Q51. On admet en pipncij^e que, immédiatement avant rexploîfation, les arbres ne doivent couvrir que le tiers, au pltis, du terrain^ quand les circonstances locales, que nous avons indiquées plusbaut, semblent permettre une ^éserre aboïidante. Lorsque ces circonstances n'existent que partiellement, le couvert peut être diminué, selon les cas, jusqu'au sixième de la surface.

Le balivage normal qui va suivre, et dont la pre* mière idée appartient à Cotta, nous parait applicable à un grand nombre de nos taillis sous futaie, lorsqu'ils sont placés en fonds convenable ; il établit un couvert et un ombrage modérés, et assure des ressources en bois de service et de travail, propres à

BIS Tittus. 337

fous les besoins de là consommation. On pourra fa<* dlemenl, au surplus^ y apporter les modification» que des circonstances particulières rendront arantageuses bu nécessaires^ soit en supprimant une et même deux' éatégorîes de réserves^ soit en diminuant le nombre des pieds composant chacune des catégories.

Il est pr^que indtile d^ajouter^ que ce balivage n^est applicable qu^aux essences dont la consommation réclame des pièces de fortes dimensions, et qui, d'ailleurs, sont susceptibles d'atteindre un âge avancé ; (elles sont, par exemple : le chêne, le châtaignier, Forme, le frêne, Pérable. Nous ne voyons pas l'opportunité de réserver^ comme on le fait souvent, des hêtres et des charmes jusqu'à 150 ans et plus. Ces arbres, dont le couvert est très-épais, s'étalent considérablement et écrasent le taillis, sans offrir, au propriétaire, lors de leur abatage, une compensation des pertes que leur présence a occasionnées. Il est vrai, toutefois, que le hêtre, par ses fruits, présente quelque dédommagement ; c'est un objet à calculer d'après la fréquence des années de semence dans la localité, la valeur de la faine, et les difficultés de la récolte.

552. Balivage normal.* — Admettant une révolution de 30 ans, on devrait trouver, à chaque exploitation, par hectare : *

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Lors de la coupe^ on abattrait par hectare :

Vieilles écorcés (150 ans) 10

Anciens âé V* class% (1 20 ans). . . . 10

Anaens de ?* classe (90 ans) 10

Modernes [60 ans) 10

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(4)0a iremarqâêra ^he roa prescrit one réserve dé ciàqnaate balmam dé l'^4ge, Undis qU^ofà ^e coupe <^{iieMa|àt que 40 pieds d'arbres ei qu'ira nié eonifieretrim?elry«itt:b«iit^de4a-jré« ▼olmioDy que^^ar^nie oMdentas (i^ir le tableaa)/^ue mesure a paru nécessaire pourteDir compte des nombreux acçidenis dont un certain nohibre do baliveaux de Tâge est toujours victime.

ms TMUâs. 339

Il resterait donc wr pied^ après la coupe :

RÉSEETES

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CLASflS A^A^B.

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