TROIS PRINCIPALES MÉTHODES D^EXPLOITÀTION
ARTiCLB frUmilR.
Enoncé de la question et données employées pour sa solulîon.
592. La question que nous venons d^dlquer dans le précédent chapitre peut se formuler ainsi :
Quelle est la méthode d'exploitation qui mérite là préférence, eu égard aux besoins de la consommation, aux intérêts du propriétaire et à la nature des lieux? \
Pour la résoudre^ lious examinerons successivement les trois méthodes d'exploitation sous les rapports suivants :
:. 1^ Quantité de produits en matièrp que chacune procure dans un temps donné ;
2® Quah'té de ces produits ;
398 DB8 BWLOtfATIONS
3^ Revena qui en résulte pour le propriétaire ; 4^ Enfin, influence de chaque méthode sur la fertilité du sol.
AaTIGLB II.
De la quantité des produits en matière.
593. Dans le second livre de ce cours, nous avons démontré que, pour obtenir dans un temps donné les produits matériels les plus considérables, il faut couper le bois lorsqu^il a atteint son plus grand accroissement moj^en [370]. Or, nous savons que les futaies sont généralement exploitées à des révolutions qui répondent à peu près à ce terme, ou du moins le dépassent peu, tandis que les taillis se coupent presque toujours (1) en deçà, à cause de la reproduction des souches [531] ; il est donc évident que ceux-ci doivent produire moins de matière que les autres.
Cette vérité,, d'ailleurs, est corroborée par les expériences de fous les forestiers qui se sont occupes de recherches de ce genre, et les auteurs français,
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(I) Il n'y a que les taillis situés en très-mauvais fonds ou composés d'essences médiocres qui atteignent leur maximum dTaccroissement moyîen à un âge {^eu avancé. On côènprend qu'il ne peut en être question pour les m'effrè en pâraAIèlià avec les futaies.
DJS CONVIASIÛIC. 399
comme Ies:;all^xiaiids* oot fourni de nombreuses preuves à Fappui (1).
Hart^, par. exemple, ayaht comparé eotre eux (toutes xirconsfauices égales d^aîHeurs) un taillis simple exploité à 50 ail& et une futaie soumise à une révolution de ii20f à trouvé que les produits eti.ma^ tière de ces deux forêts étaient dans le rapport de 4à<7.: On conçoit^ au surplus, que ce rapport sq modifie^ ^Tabdfd en raison des rétolulîons attribuées à chaque mode d^explôttajlion et qui peuvent élreplus ou moins favorables à la production bn màlièré; e^ sèttondlieu, selon les essences, dont les unes croissent rapidement dans leur jenneése; tnais se ralentissent de/ bonne Heure, tandis que les autres font peu de progrès d^abord, mais put un accroissement plus fort etj4us soiitenadan^un j^eiavanoè. >
Sans prétendre donc exprimer^ par lin chîJÏre constant^ le rapport entre les produits .matériels des futaids et ceux des tailljs, on peul cependant poser d^une manière générale : que le volume fourni par les futaies dans un temps donné, est toujours plus grand que celui des tailHV simples fourni dans le même temps^^ quelque révolution que Fou adopte, pour Pune ou Pautre de ces forêts, dans le cercle tracé par. les règles dé la cttîiuredes bois et les in^êtsdwpropriéimr^.
(i) Vojez YarenniQ de Fenille, de pcjribii^igy Cat^,.Hariig et autres*
400 DBS BXPiQltATtOlXS
S94* La supériorité de la fataie sur le taillis simple étant établie quant à la production en ro^ lume, il sera £sœile de. fixer la position da tsallis composé sons ce rapport. En effet, dans œ genre de forêt) une partie du terrain est occupée pair des arbrea qui atteignent un déretoppement analogue i celai de la futaie, Pautre partk est couverte par le taillis proprement dit; le produit matériel d'une telle combinakon doit donc éridemment être infârienr à celui de la futaie, et supérieur au contraire au produit du taillis simple.
Cette conclusion théorique est toujours confirmée par les faits, quand le balivage est réglé dans une proportion convenable. Mais, lorsque lès réserves sont tellement nombreuses qu'elles étouffent presque entièrement le taillis et se gênent même entre elles [5fi6]y il est bien certain que la production se trouve considérablement diminuée, et qu'elle peut même devenir de beaucoup inférieure à celle du taillis aimple.
ARTKLB III.
De la qualité des prddolts matériels.
S95« La qualité des produits en matière est re» lative à l'emploi auquel on les destine. On distingue deux principaux genres d'emploi, savoir :
1^ Le bois de feu (chau&ge, charbon);
2*^ Le bois d'œuvre (construction, travail).
DE CONYSBSIOJX. 404
Chacun de ces emplois exige des qualités particulières qui, la plupart du temps^ ne. se trouvent pas réunies dans le même individu ; ainsi le meil-^ leur bois de construetion n^est pas^ ordinairement le meilleur bois de chauffage et vice verset*
596. Bois db fbu. — Les qualités du bois de feu doivent être de brûler facilement/ d'une manière égale, sans trop de promptitude ni trop de lenteur, et de fournir, pour un volume donné, la plus grande somme de chaleur.
Or, les expériences faites à ce sujet, et vérifiées d^ailleurs par la pratique, tendent à établir que les bois possèdent ces différentes qualités au plus haut degré vers Pépoque de leur plus grand accroissement qui, comme on le sait (v. page 150, note), correspond à peu près i l'âge de 60, ÔO, 90 ou 1 00 ans pour les bois durs, et à celui de 30, 40 ou 50 ans pour les bois blancs. En deçà de cette époque, lel)ois a moins de valeur calorifique ; au*defè> il ne paraît plus gagner sous ce rapport, et il devient d'une combustion plus difficile et plus lente à mesure que ses vaisseaux se durcissent et s'oblitèrent. Il est à observer, toutefois, que les bois crûs sur souches atteignent, plus tôt que les brins de semence, le maximum de leur valeur calorifique, et qu'ils y parviennent d'autant plus promptement que les souches sont plus âgées ; en général, c'est de 25 à 50 jusqu'à 40 ans que ce maximum se présente dans les laillis.
hOU DES BXPLOITATIOïfS
qui le rendraient plus ou raoins impropres à sa destination^ et diminueraient beaucoup^ par conséquent, sa valeur.
Nos naturalistes les plus distingués^ les Buffon^ les Duhamel^ les Réaumtir ont successivement en* trepris des recherches étendues dans la vue de déterminer le mérite, comme bois d^œuvre, des
Quelquefois ees eaux fioissent par suniier à travers l'écerce du tronc» al6r8 la gouttière est apparente.
Le chancre est une espèce d'ulcère d'où s'écoule, en toute saison, une humeur roussàtrc, acre et corrompue. Cette maladie est souvent causée par une contusion ou par un coup de soleil.
Un bois esi roulé lorsque, dans son intérieur, il y a solution de continuité entre deux couches concentriques contiguês, de manière qu'elles ne soient point adhérentes. Quelquefois i» rwlure ne s'étend que sur une longueur de quelques poucest. mais souvent elle embrasse toute la circonférence et présente alors un cylindre creux de bois vif qui en renferme un plein' de bois mort que Ton peut en faire sortir.
Les abreuvoirs sont des espèces de gouttières qui se forment aux aisselles des branches, lorsque celles-ci, par les grands vents ou par le poids du givre ou de la neige, se détachent partiellement du tronc. La blessure, tout en se cicatrisant préselfle alors on creux dans lequel les eaux s'amassent, ei d'où elles finissent par s'infiltrer dans l'intérieur de Marbre.
La gelivure est produite par l'effet de la gelée sur le tronc des arbres. Elle consiste ordinairement en une crevasse longi«tudinale dont la cicatrice forme extérieurement un bourrelet qui reste toujours vilfble, et àFintérieur une fente qui rend le bois plus ou moins impropre à l'emploi auquel il est destiné*
0£ COKYEESION. 405
wbres élevés sur les (aillis. Tous trois 4>nl déclaré que les baliveaux ne répondaient sous aiteun rapport à ce besoin, et ils ont conclu que les IttlaieSt éclaircies périodiquement, pouvaient seules ^ satisfaire. Cependant, des praticiens justement appréeiés , tels que de Perthuis et autres , ont combattu ces opinions, en ce qu^elles ayaient de Irpp exclusif, et nous pensons que ce n'est pas sans raison.
On ne saurait, en effet, refuser aux baliveaux (surtout à ceux qui ont été élevés sur des taillis soumis à de longues révolutions) un degré réel d^uttlité pour les constructions et Pindustrie ; il est même incontestable , qu^en raison de l'état libre dans lequel ils se trouvent placés à chaque coupe du taillis, leur bois acquiert plus de densité que celui des arbres qui auraient crû dans un massif trop serré. Mais il faut reconnaître aussi que, par leur isolement et par leur extension considérable en branches, ces réserves sont exposées à une foule d\accidents météoriques qui leur causent trop souvent des défauts majeurs. D'un autre côté, elles deviennent toujours plus ou moins noueuses et perdent, par conséquent, de leur force , de leur élasticité et de leur qualité pour la fente; enfin, elles n'acquièrent jamais un fût ni aussi élevé, ni aussi parfaitement rond et droit que l'arbre venu en massif..
Si l'on compare ces bois à ceux qui ont crû
406 DCS EXPLOITATIONS
dans- ies fataies h*ailées par éclairclesy il ne peut rester aucun donte si)r la supériorité des dernieris« Ceux-ci, par Pétat de massif dans lequel ils sçnt maintenus, prennent une hauteur sous bruches plus que double de celle des baliveaux, et Psppui mutuel qu'ils Se prêtent contre les intempéries les exempte, presque toujours, des vices si comarans aux arbres isolés. Leur accroissement marchan^^ à Paide des éclaircies périodiques, d'un pas unifor^ mément progressif, il en résulte un bois d'une texture plus homogène dans toutes ses parties et qui' finit par atteindre une densité parfaite^ par respacèmetit de plus en plus considérable des arbres et l'accès plus complet des influences atmosphériques qui en est la conséquence.
ARTICLE IV
Du Fevenu. ; r i
598. Dans les deux précédents articles , nous avons démontré : . :
1' Que les futaies fournissent, dans un temps donné, des produits matériels plus élevés que les taillis simples et lés taiHfe composés, et que ces derniers, sous ce rapport, sont intermédiaires entré les premières et les iseconds ; . . .
2^ Que le bois des futaies est généralement d'une qualité supérieure , sauf celui qui est em-
DE GOIf VBaSIONv 407
plofyé au chauffage; pour cet usage, le bois des taillis peut être préférable, mais dans quelques cas seulement.
Or, la valeur des produits étant nécessairement en raison de leur quantité et de leur qualité, il est évident que le revenu des futaies doit être plus grand que celui des taillis simples et des taillis composés, toutes choses étant égales d'ailleurs; et, par la même raison, le revenu des taillis sous futaie doit, à son tour, être plus élevé que celui des taillis simples.
599. Posée ainsi, la question, comme on le voit, est facilement résolue. Cependant, cette solution ne saurait convenir qu^à un propriétaire tel que TEtat, par exemple, qui ne périt point et ^quî, ^1 raison de sa perpétuité même et de la stabilité de possession qui en est la conséquence, doit considérer les forêts comme un puissant élément de prospérité publique et comme une source constante de revenus qu'il importe de rendre aussi féconde que possible.
Poui: le propriétaire particulier, au contraire, une forêt est un capital qu'il conservera sous sa forme actuelle, s'il lui paraît convenablement placé, ou dont il changera l'emploi, en tout oii en partie, si cette opération doit lai procurer' des bénéfices. Or, la mesure de ces bénéfices se trouve, en général^ dans la proportion qui existe entre le revenu d'une forêt et la valeur des bois sur pied ou le capital
408 DJSS £3^tOITÀT10KS
engagé (I), ainsf. qu^on le verra dans ce qui va suivre^
De ce point de vue la question devient donc oelle-ci :
Quel est le mode d'exploitation qui, j^ro/ior/ibn* nettement au capital engagé^ prqduit les r^veniis les plus élevés ?
Nous examinerons preinièrement les futaies sous ce rapport^ en recherchant si Pintérét particulier permet de les conserver , ou si^ au contraire, il ne conseille pas de les dénaturer et d'en placer 1^ valeur d'une autre manière (2). Les faits que constatera
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(1) On nomme capital engagé \^% valeurs qui résident jdans les 6bje(s matériels employés à l'exploitation d*une entreprise, et qui ne sauraient en être distraits sans entraver ou arrêter sa marche.
Dans une entreprise agricole, ce S4)nt les bÀtiments, les eI6turesy et Içs améliorations de tout genre» qui forment le ca^^ pital engagé; dans une entreprise forestière, ce capital, par analogie, se compose évidemment de Tensemble des bois sur pied, et, en outre, des améliorations nécessaires pour favoriser leur croissance et assurer leur conservation.
(3) Dans le deuxième livre [374], il a été établi que ce sont les courtes révolutions qui profitent le plus à l'intérêt privé ; il nous suffirait donc de nous appuyer de ce qui a été dit à cet égard, pour conclure que les taillis seuls peuvent être possédés avec avantage par les particuliers. Mais comme, dans le paragraphe précité, on a dâ se borner à traiter cet objet d^une manière tout à fait générale et succincte, sans entrer dans les développements qu'il comporte, nous croyons qu'il ne sera pas inutile de l'examiner de nouveau ici, vu son importance.
DE GONYEaSION. 409
ceUe recherche nous serviront ensuite pour consi^é^ rer^ sous le même rapport, les taillis simples et les taillis composés.
600. Afin de rendre notre argumentation: plus simple, servons-nous d^un exemple et choisis$ons4e tel, qu^il présente les cîrconstanjces les plus favor^^r blés à la production d^un revenu soutenu, et, par conséquent, à Pintérêt du propriétaire.
Soit une futaie de chêne, d^une contenan^ce de 440 hectares, située sous un climat et dans un sol d« fertilité moyenne ; soit son peuplement entijèrem^nt normal [379], et la révolution de 140 ans; soit enfin, le commencement des éclaircies périodiques fixé à 20 ans, et leur marche réglée. de 20 en 20 annéç^.'
Dans cette forêt, que nous pouvons nous représenter partagée en quatorze affectations décennales de 10 hectares chacune, le produit annuel se composera :
1® De la coupe d^un hectare de chênes parveni}s à Tâge d'exploitabilité (1) ;
2<* De 6 hectares d^éclaircies périodiques à farr« dans les bois âgés de 120, 100, 80, 60, 40 et 20 ans.
Diaprés les calculs et les expériences de la plu* part des auteurs allemands, le produit des éclaircies
(1) Pour plus de facilité dans les calculs» nous exprimons ici la possibilité des coupes de rëgënéraiion par contewinee,
périodiques^ dans une futaie normale, est au produit principal, comme i est à & ou à 5; au contraire, les auteurs français ont établi ce rapport comme 1 est à 2. Bien que, selon nous, les données des forestiers allemands se rapprochent davantage de la vérité, nous admettrons néanmoins celle de nos auteurs nationaux, afin de nous placer sur le terrain le plus favorable à Fintérét privé (i). Dans cette hypothèse, le produit matériel de la forêt proposée équivaudra donc annuellement à celui de 1 hectare 50 ares de futaie exploitable.
Or^ pour apprécier ce produit annuel, par rapport au capital engagé, il est nécessaire de se rendre compte de la composition de celui-ci.
601. Le tableau ci-aprês fait connaître le volume des bois existant sur Phectare moyen de chaque affectation décennale, et par suite le volume total de la forêt. Les données contenues dans la quatrième et la cinquième colonne, et qui ont servi à former la sixième et la septième, ont été puisées dans des tables, que Ton doit à Cottà sur Taccroissement des bois dans les futaies régulières (2). Nous pensons
(i) Il est évident, en effet, que faire le revenu annuel plss grand, quand le capital reste le même, c'est améliorer les conditions de placement.
{%) Ces tables, qui sont généralement estimées en Allemagne, ont été converties en mesure française par feu M. de Salomon,
BK COMVBllSIOIf. 411
que, pour le climat de la plus grande partie de là France^ ces données sont loin d'être assez éleirées ; cependant nous n'hésitons pas h nous en serrifji parce que nous les considérons prîncipalei^enl comme un moyen de rendre plus clairement nos idées, et que, d'ailleurs, les concluliops que nous nous proposons de tirer des faits qu'elles constatent ne seraient que plus frappantes encore, dans la supposition d'une végétation plus productive.
directeur de TEeole forestiilre» el publiées par lui à h suite de son Traité de raménageuienl des forêts.
DBS EXPLOITATIONS
▼OLUMBABSOUJ
OLVMB VOUTMl
•bsola
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l'affcelatiaii
décannal*.
"^ I abfola Hl'hccur»
■eu cnb
Volume total de la forêt. • • .
mél* cnb.
(4) On entend par volume absolu ou réel, le volume plein» sans aucun interstice.
(2) On pourrait objecter qu'un hectare peuplé de bois d'un an n'a pas zéro volume. Cela est vrai, mais ce volume est tellement faible que nous avons cru pouvoir le négliger sans commettre une erreur appréciable.
602. On Toît, par ce tableau, que le produit d'un hectare parvenu à l'âge d'exploitabilité (140 ans) est de 376 mètres cubes (1); le produit annuel de notre forêt sera donc, coupes de régénération e< éclaircies périodiques réunies :
On voit, de plus, que le volume en bois nécessaire pour assurer ce produit annuel d'une manière soutenuey est de 24 410 métrés cubes, c'est-à-dire, que le capital engagé est environ quarante-trois fois plus grand que le revenu.
Substituant, à ces valeurs en nature, des valeurs en argent, soit, par exemple, 1 S francs pour le
(i) Si Ton demâDdaii pourquoi nous portons le produit d'un hectare de 140 ans à 376 mètres cubes, au lieu de 589 *l» mètres cubes que Ton trouve dans la cinquième colonne, nous rappellerions qu'en faisant des coupes de régénération dans une fuuie, il faut nécessairement, pour couper réquivalentd'ua hectare, s'étendre sur une surface, beaucoup, plus grande, et que d'autres circonstances^ d'ailleurs, telles que le retard d'une année de semence, par exemple, foreent souvent à porter, en peu d'années, les coupes d'ensemencement sur toute l'étendue de l'affectation décennale. D'où il soit que l'évaluation du volume d'une futaie doit se faire pour le milieu.de la décennie à laquelle elle est affectée [590], ou, ce qui est la même chose au cas particulier, en prenant pour base l'hectare moyen de l'affectation*
414 Di$ m>i.omTiojfs
mètre cobe sur pied, quel qae soit Page des bois ; Qoos aurons pour revenu :
et pour capital engagé :
Le placement sera donc au faux d^environ deux et un tiers pour ceut^ en ne tenant toutefois aucun <»nipte de la valeur du fonds ou du cc^tal foncier^
Ce calcul prouve que^ quand un propriétaire aura Poccasion de placer ses capitaux à 5 ou à 4 pour cent, ce qui est très-admissible dans les affaires, la destruction de sa futaie lui présentera une des plus belles spéculations possibles*
En effet, supposons qu^ayant l'emploi de ses fonds à 4 pour cent, il se décide à abattre sa forêt moins les bois de 1 à 20 ans, trop jeunes pour être livrés au commerce avec avantage; voici le capital qu^il réalisera :
24 120'^*'* X IS'^-^Sôl 800S
lequel, placé & 4 p. % , lui rappellera une rente
de, d 14472*'-
Mais le revenu de la futaie n^était que de • 8460
En la détruisant, il aura donc gagné de rentes 601 2^-
Et outre ce bénéfice, il lui restera uo^bois de 20 hectares âgé de 1 à 20 ans, plus 1 20 beclareç d'un
0£ €ONVERSION* 415
sol susceptible de fructifier de nouveaui sait en bois, soit par d^autres cultures, si la Caculté de défricher existe.
603. En présence de tels £ait$,ii semble difficile dç soutenir que Pexploitation conservatrice des futaies soit de nature à satisfaire les exigences de Pintérét particulier; cependant, cette opinion, qui a été défendue par des agronomes du plus éminent mérite, trouve encore aujourd'hui des partisans. Voici le raisonnement sur lequel ils se fondent :
« Tant qu'une futaie debout aura plus de valeur » pour celui qui voudra la conserver pour en at« » tendre les produits, qu'elle n'en aurait actuelle^- » ment pour celui tenté d'y mettre la. cognée, on » peut être assuré qu'il y a dix chances contre une » pour qu'elle ne soit pas abattue ; car, s'il se ren^ 9 contre un propriétaire pressé d'en réaliser la va- 9 leur, il se trouvera aussi des acheteurs disposés » à spéculer sur sa conservation • Mats il est é\ndent » qu'il faut pour cela que les bais de. fort équar- » rissage acquièrent une valeur qui se trouvo dans )• un certain rapport açec ceux de moindre dimetP^ 9 sion ; c'est cette proportion que Ton , dpit cousin » dérer comme le nivellement entre les bois de » service de divers genres; la concurrence seule » suffira pour l'établir, et c^est de ce nivellement » que l'on doit attendre toute sécurité pour les ap- » provisionnements en bois des âges à venir. » (De l'Industrie forestière en France, par M, de Dpq[ibasle> Annales deRovilIe, 8* livraison, 1832.)
416 DES KXPLOlTATrONS
604. D'après le passage qu'on vient de lire, c'est une juste proportion entre les prix des hois, selon leur âge et leurs dimensions, qui assurera la conservation des futaies de la part des particuliers.
Pour vérifier l'exactitude de cette assertion, supposons un propriétaire pressé de réaliser la valeur de sa futaiej et examinons si, au moyen de prix proportionnés comme nous venons de le dire, les acheteurs lés plus offrants seront plutôt disposés à spéculer sur la conserçûtion de cette futaie que sur sa destruction. A cet effet, conservons l'exemple de la futaie normale dont nous nous sommes servis plus haut, et ajoutons au tahleau des bois qui la composent, des prix gradués de la manière suivante :
Pendant les 40 premières années, le prix du mètre cube augmentera tous les dix ans de 5 francs. .
Depuis l'âge de 40 ans jusqu^à celui de 100, cette augmentation sera, chaque dix ans, de 10 fr.; et enfin :
À partir de 100 ans jusqu'à 140, chaque décennie augmentera la valeur du mètre cube de 20 francs, de sorte que, dans les bois parvenus à Page d'exploitabilité, cette valeur seta portée au taux excessif et, pour ainsi dire, imaginaire de 160 francs (1).
(i) Go a fait observer que ce prix de 160 fr. par mètre cube était souvent payé, pour des pièces de choix, par les arsenaux de la marine, de la guerre et par d'autres consommateurs
Yoici^ avec ces données, le tableau du capital engagé, exprimé dans la 4* colonne en mètres cubes> et dans la 6® en argent.
encore, et que, en l'adoptant comme maxîmuoiy ce n'était pas faire une hypothèse tellement exagérée qu'elle autorisât, dans tous les cas, la concRsion a fortiori que nous en tirons. On se serait dispensé de l'objection, si l'on avait réfléchi qu'il s'agit, dans notre exemple, non de bois de choix équarris à vive arrête ou tout au moins au 5® déduit comme ceux que les arsenaux recherchent et paient fort cher» mais delà totalité du matériel sur pied dans une futaie exploitable* ce qui constitue une différence tout au moins du simple au double ou au triple*
DBS BXFLonrATioas
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