‹ Cours élémentaire de culture des boisChapitre 62 sur 108 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

DBS SBMIS«

ARTICLE PREHIBR.

Das connaiissances qu'il fam posséder.

6^2* Outre h connsmwce des clîaiats et fies aolf^ cpayeinajbilçs aux différentes essences, lejle qj(i^d}^ ^ ^té exi^jf 9^ dans le pi:emier livr^ de ce cours, i) fmt ev^QTfi, ffQVLT ofév^r des semis aveic suQcèSf |^99^er pliisiçtprs auJ^s notiops, savoir :

i^ l^ pnaoière d^ i;éçoIfer et de ^^aos^wpf Us

2^ h^ ^Pjep^ « ejwplpyer pour s'^qrer da leur

5^ JLa pi?é^j5iratîpm ^ doane^r au lerraifl î ^® JLa s^Qi^ J^ p]^ «çQvenaUe pour ^pm^ ; S« ï>a (piai;t4it^ d/e ^raipe à jemployer ; fi*" Elnfin^ la mauièi-e de répandre jet de recouvrir les semences.

4iiviFicisi#. 471

' AR^IGLB II.

I>e la récolte et ifi la conservation des semences.

6&3« Vêige et Pétat de v^tatioB des arbres rar issqods on réoolie les graines ne sont poicl îndi£^ pBotB. Lesmjets qui fournissent . les m^pSleares se^ menées sent ceux d'âge mpyen qui croissent isolés eu A peu près et présentent une cime papiailem^it saille et bien développée; tandis que le^ bois |trop irîepx on d^érîssants^ de même que les tiges Ir^ jeuqes, donnent en générai des graines mal condir tionnées ou vaines qu^il faut^ par c<»iséqnenl, se gardi^r d'^employer . On doit éviter également de se servir èè semences jfkrovenanl d^aii)res rabougris et idont le Vêeipérament s'est plus on moins abâtardi enrabon 4m ^ropustataces locales défavorables dans lesqu^les fis ODt crû* |)e tels bois Jbmnont^ pour ainsi dire^ des variétés ou races dégénérées du type prinnitif et qui n'y retouri^Qtf h {)}upai't du temps» qu'i^Nfès avoir été€i)llîv4^9 éws de nieiljieures conditions, pendant plusi«ws générfttioiiâ.

L^ x^colte 4^ semfifices doit» autant que pMsible^ a^ .fiure par uii t^mps ^ee ou i|ui.du mpkis ae aoit point pluviçui: ; les graines trop faiumdes étant plus e^pûséei à (»Vvahier« Pçur reeueillir les semences lourdes^ si Yim n^aiwe mieux attendre leur diute «naturellf > on faîtg^uler les arbres et tendce des tcnka ppur les recevoir ; quant aux semences légères des (essences feuillues, il faut, en général, les faire cueillir, et il en est de même des cônes de bois résineux.

472 DES REPEUPLEMBNTS

654. Aassitôt récoltées^ les graines des essences feuillues^ quelle que soit leur nature^ doivent être étendues, en couches minces, dans un lieu sec et aéré, et remuées souvent afin de les laisser Tessuyer et d'empêcher ainsi qu'elles ne s'altèrent. Les cônes d'arbres résineux peuvent, sans trop d'inconvénient, être entassés davantage, quand les quantités récoltées ne sont pas très-considérables; néanmoins il est toujours préférables dé les étendre. C'est surtout après que la semence a été extraite des cônes, qu'il devient nécessaire de prendre des précautions pour la conserver en bon état.

Selon leur nature particulière, les semences sont plus ou moins sujettes à germer, à pourrir, à s'échauffer ou à se dessécher ; il faut donc, lorsqu'il s'agit de les conserver pendant un certain temps avant de les mettre en terre, savoir les garantir contre ces différents dangers.

Les moyens à employer pour empêcher, soit une germination prématurée, soit la pourriture^ con^ sistent d'abord à placer les graines dans un lieu frais sans être humide, tel qu'une cave, par exemjile, où elles soient, autant que possible, à l'abri des variations de l'atmosphère, et ensuite à les mêler avec un corps qui puisse se charger de l'humidité qu'elles laissent échapper, comme du sable sec, de la paillé, des feuilles sèches, etc. Le dessèchement peut être prévenu par des procédés analogues, c'est-à-dire, en préservant b semence le plus possible du contact

AKTIFrCIËLS. 473

de Pair et en la mettant dans un endroit frais. Quant aux graines en danger de s'échauffer, il faut les placer dans des lieux secs et aérés, éviter de les entasser et les faire remuer souvent à la pelle.

En traitant plus bas du semis des principales essences, nous donnerons, pour chaque espèce de graine, les procédés de conservation que Pexpérience a démontré être les meilleurs.

ÀBttCLfi III.

Des moyens de reconnaître la qualité des semences.

655. Avant d^effectuer un semis, il est de régie de s^assurer de la qualité des graines dont on dispose, surtout lorsque c'est par la voie du commerce qu^on se les est procurées. Cet examen ne doit jamais être négligé ; il est indispensable pour déterminer exactement la quantité de semence à employer, et Ton conçoit aisément Pimportauce d'une telle détermination. En effet, si la quantité de semence est trop considérable, il en résulte non-seulement un surcroît inutile de frais, mais encore une surabon-» dance de jeunes plants qui se nuisent et s'affament réciproquement. Si, au contraire, la graine est trop épargnée, le semis se trouve nécessairement incom* plet ; on est forcé d'y revenir pour le compléter, et Pon augmente ainsi la dépense pécuniaire, tout en perdant du temps et en établissant une certaine inégalité dans Page des jeunes bois.

474 DES fiftPEUPLBHKNTS

Le moyen le plus sûr pour vérifier la qualité des graines^ est d'en prendre^ au hasard, dans la provision que Ton doit éprouver, un certain nombre (plus ou moins, selon Pimporfance de la provision), de les semer dans une caisse^ ou dans tout autre vase quelconque, rempli d'une terre substantielle et légère; puis, de placer cette caisse dans un lieu tempéré, et d'arroser souvent avec de l'eau tiède afin d'accélérer la germination. En comparant ensuite le nombre de plants levés avec le nombre de graines qui avaient été semées, on pourra apprécier la qualité de la provision entière. Si, dans cette épreuve, on reconnaît que les deux tiers ou les trois quarts des graines ont levé, la semence peut être considérée comme étant de bonne qualité.

Le oioyen que nous venons d'indiquer est surtout à conseiller lorsqu'il s'agit de semis considérables ; autrement on peut se contenter de prendre quelques graines, de les ouvrir, soit avec un canif, soit avec tout autre instrument, et d'examiner si l'amande et le germe sont frais et en bon état. Cette opération peut, en général , se faire sur les petites graines comme sur les grosses, mais c'est surtout sur celles-ci qu'elle se pratique aisément.

Selon l'essence, les graines doivent présenter, dans leur aspect et dans leur consistance, des caractères particuliers qui en font reconnaître la bonté ; nous indiquerons ces caractères dans le chapitre suivant^ çn traitant séparément du semis de chaque essence.

' 65(S. C'est ici le cas de signalfîr quelques manœuvres frauduleuse des marchands de graines forestières, contre lesquelles il est utile de se préeautionner.

Les s^meacés légères, surtout les semences résiiieuses^ étant celles qu'on achète le plus ordinairement au poids, les marchands les humectent quelquefois au moment de la vente. On fera bien de ne consentir à la pesée des graines qu- après qu'elles auront été sorties des sacs à leur arrivée, et étendues, pendant une quinzaine de jours, dans un greniei? on dans une diambre aérée. Cette précaution est d'ai|taat plus utile que, quelquefois aussi, les fournis* seurs, pour en augmenter le pojds, mêlent à la semence un sable très-fin. Au surplus^ quand même on ne peqt stipuler cette condition avec les iiiarthands, il ne faut pas moins s'empresser, à ^arrivée de 4a semence, de 1^ répandre, de la^ remuer et d'operei* son dessèchement; mr, toute fraude à part, ^We peut îjvioir étp, p,ei^dpnt ]p tr^nsppjPtjj fnouillée par la pluie qu^ imprégnée de l'humidité de l'atmosphère.

Une autre fraude, à laquelle les marchands ont souvept rei^ours ppur augmenter leurs profits, eonr siste dans le mélange des graines d'épicéa avec celles de pin sylvestre ; le prix de la dernière étant ordinairepient double du prix de Tautre. Coi^me |a seffi^cp (|/e pifi est géuéRle/pent noire, tap|}i^ qije celle de l'épicéa est brun-rougeâtre, ils teignent

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celle-ci en noir, par un procédé qui n^altère point sa faculté germinalive. On peut y être ti'ompé^ parce que ces deux graines ne diffèrent essentiellement que par la couleur. Sans doule, en y regardant de près, on finirait par distinguer le pin sylvestre d'avec Pépicéa : la première est plus arrondie, la seconde plus allongée et plus anguleuse ; mais il serait extrêmement difficile de reconnaître dans quelle proportion ces deux graines sont mélangées, surtout lorsque les quantités de semences reçues sont considérables. La seule épreuve exacte est donc de prendre au hasard quelques pincées et de les semer dans une caisse, comme nous Pavons expliqué plus haut. La levée des jeunes plants donnera la mesure de la fraude (1).

On conçoit qu'indépendamment du trop payé, ce mélange puisse entraîner de graves inconvénients» Ce sont ordinairement les pentes méridionales, entièrement dégarnies, que Pon destine à être repeuplées en pin sylvestre [276] ; or, si les semences mélangées sont employées, sans examen préalable, dans de pareils terrains, on peut être assuré que tous les jeunes plants d'épicéa périront, aussitôt levés, par Pardeur trop vive du .soleil. Mais quand

(i) Les pins sylvestres lèvent avec une tigelle rougeâtre portant de cinq à six feuilles séminales ; les épicéas naissants» au contraire» ont la tigelle jaunâtre et presque toujours neuf fenîlfes séminales.

ARTIFICIELS. Ull

bien même, par suite d'une exposition moins défavorable à Tépicéa^ les jeunes plants de cette essence résisteraient pendant les 2 ou 3 premières années^ ils ne finiraient pas moins par être étouffés par le pin sylvestre qui a, dès sa naissance, nne végétation beaucoup plus rapide que Fépicéa et le surmonterait complètement dès avant la dixième année. — Dans tous les cas donc le m élange des deux graines ne saurait produire qu'un semis manqué ou du moins très-incomplet.

ARTlCtS IV.

De la préparation da terraîo*

6S7. La préparation du terrain a pour but de le nettoyer, en tant que cela est nécessaire, des herbes et arbustes qui y croissent, et de le rendre assez meuble pour que la semence puisse y germer, les plants naissants y étendre leurs racTnes et s Y nourrir [419].

« A cet égard, il est d'expérience, que les labours profonds et répétés, ainsi que le nettoiement trop soigné du sol, ne sont pas, en général, favorables à la réussite des semis d'essences forestières. L'analogie que Ton a prétendu exister, sous ce rapport, entre la culture des bois et la culture des céréales est une erreur^

Les céréales, en effet, germent promptement, et, aussitôt levées^ elles ne demandent que quelques

k7$ ^ DES REPEUPLEMENTS

. semaines pour s'enraciner à une profondeur assez , eonsidérable ; puis, continuante croître rapidement,

elles ne tardent pas à devenir assez hautes et assez fourrées, pour couvrir entièrement le sol et empêcher son dessèchement. Enfin, ces plantes^ qui sont annuelles^ atteignent leur maturité à l'époque des fortes chaleurs et ne courent plus alors aucun risque de périr. ^

Il en est tout autrement de nos essences forestières. La plupart d'entre elles, d'abord, ont des graines qui ne supportent que très-peu d^être recouvertes, et néanmoin^y demeurent quelquefois longtemps en terre avant de germer; en second lieu, les jeunes plants, pendant la preimtére année (et souvent même jusqu'à la deuxième et la troisième) restent petits et délicats de racine comme de lige, et ne couvrent point le terrain. Il peut donc arriver que, par un défoncement complet et soigné, la terre trèsameublie, se dessèche à une profondeur plus grande . que celle à laquelle la semence est placée, et qu'ainsi la germination se trouve entravée ; il peut arriver encore, que la jeune plantule, bien que formée, soit entièrement saisie par la chaleur, et privée ainsi de la fraîcheur indispensable à sa nutrition. Certains sols même (principalement les sols calcaires), lorsqu'ils sont trop ameublis, présentent un danger de plus, celui de donner prise aux gelées de l'arrièresaison et du printemps. Ces gelées, dans ce cas, boursoufflent la terre à sa sufface et soulèvent ainsi les

ARTinCIELS. 479

jeunes platits naissants; puis lorsque, vers le milieu du jour, le soleil opère rapidement le dégel, les radicelles se déchaussent, et, privés de leur assiette, les plants tombent et périssent.

C'est surtout, on le conçoit, dans les sols légers et pour les semis d'essences traçantes ou dont les jeunes plants sont très-gréles, que les divers inconvénients que nous signalons sont à redouter. Mais, dans les sols gras aussi, de même que dans les terres fortes, un labour trop complet peut quelquefois avoir des suites fâcheuses, quoique, en généra], ce soît dans ces sortes de terrains qu'il convienne le mieux, surtout s'il s'agît d'y cultiver des essences pivotantes. De pareils sols, bien que défoncés et parfaitement nettoyés pour le moment, ne tardent pas, la plupart du temps, à se regarnir d'herbes et d^autres plantes nuisibles qui, par suite du labour, n'y végètent que mieux. Il arrive ainsi que ces plantes gênent et affament le jeune semis, et souvent même, lorsqu'à la fin de l'automne elles périssent et s'abatténtsur le sol, elles étouffent entièrement les plants. Sans doute, ces so ries de dégâts peuvent être évités h l'aide de sarclages ou de binages exécutés une ou deux fois l'an ; mais de tels travaux, lorsqu'il s'agit de les appliquer en grand, deviennent extrêmement dispendieux, et, par cela même, impossibles dans la plupart des cas.

658. D'après ce que nous venons de dire, on voit qu'il est de la plus haute importance de bien examiner le terrain qu'on se propose d'ensemencer,

480 BKS RfiPBUFLBMKINTS

afin de lai donner la préparalion convenable^ tant en raison de sa nature même, que par rapport h l'essence que Ton veut y cultiver. Les modes de labour conseillés par les différents auteurs forestiers sont en grand nombre; toutefois nous n'en décrirons que trois, parce que jusqu'alors ils sont les seuls réellement consacrés par la pratique, et que d'ailleurs, selon nous^ ils peuvent satisfaire à toutes les 'Conditions. Ces trois modes sont :

d*^ Le labour entier ou labour en plein;

2*^ Le labour par bandes alternées ;

3*^ Le labour par places, trous ou pots.

Selon la nature du sol, selon l'essence que l'on veut cultiver, il devient souvent utile de faire précéder le labour, soit de l'écobuage, soit de quelques travaux d'assainissement; nous donnerons donc, sur ces deux objets aussi, les explications nécessaires (!)•

6S9. Labour EiN plbin. — Le labour en plein consiste à retourner la totalité du terrain à ensemencer ; il s'exécute à la charrue ou à la houe.

(I) Si nous ne parlons pas de répîerreroent du sol, c'est qu'il est reconnu que des pierres de moyenne grosseur, lorsqu'elles ne sont pas trop nombreuses, favorisent bien plutôt qu'elles n'entravent la réussite des semis forestiers. D'une part elles forment un abri pour les plants qui naissent dans leur voisinage, de l'autre elles raffermissent les sols trop légers, et y maintiennent plus longtemps la fraîcheur.

ABTÎFICIEL5. 481

Le labour à la charrue est moins coûteux que le labour à la houe, et donne en outre la facilité de joindre la culture des céréales à celle du bois. Cet avanlagB est considérable, car souvent le produit des céréales peut couvrir entièrement les frais de culture. Toutefois, la charrue ne peut être employée que dans les terrains plats ou légèrement inclinés, dans lesquels, d'ailleurs, son action n'est pas empêchée par des pierres ou des racines trop fortes; dans les sols très-légers, il faut éviter de s'en servir, afin de ne pas exposer les semis aux inconvénients auxquels donne lieu un terrain trop ameubli. C'est surtout dans les terres fortes et profondes, et lorsqu'il s'agit de cultiver des essences dont le pivot s'enfonce très-avant, que la charrue doit être préférée.

La houe (voy. fig. i^^) remplacera utilement la charrue, pour opérer des labours en plein, dans les terrain légers ou d'un accès difficile, et particulièrement dans les coupes d'ensemencement, ainsi que dans d'autres parties clair-plan tées dont la régénération naturelle est entravée par suite du gazonnement du sol.

Il est entendu que le labour en plein, à la houe comme à la charrue, ne doit jamais être pratiqué dans les pentes rapides, où Ton pourrait craindre l'éboulement des terres,

660. Labour pau bandes alternées. — De tous les modes en usage pour préparer le terrain au semis, le mode par bandes alternées semble réunir

482 DES AEPECPLEMENTS

le plus d^avantages et être le plus généralement applicable. Il consiste à ouvrir des rayons dans lesquels on sème, et à les alterner avec des bandes qu^on laisse incultes; celles-ci ayant au moins le double de largeur des autres*

En plaine» ces rayons peuvent être tracés à la charrue^ en prenant soin toutefois» dans les sols légers, de ne pas trop enfoncer le soc; on leur donne une largeur de 30 à 40 ou même 50 centimètres, et on les dirige de PEst à l'Ouest, de manière à entasser, sur le bord méridional, le gazon et la superficie du terrain.

En montagne, ce labour se fait à la houe; on donne aux rayons une direction horizontale, et leur Largeur varie de 20 à 40 centimètres* Plus le penchant est rapide, plus le rayon doit être étroit ; il faut éviter de laisser à celui-ci de la pente, dans le sens de sa largeur, et relever son bord inférieur en y entassant le gazon et les différentes plantes qu'on en extrait. Cette précaution est très-essentielle afin d'empêcher que les graines ne soient entraînées par les eaux pluviales dans la bande inculte.

L'avantage d'un tel mode de labour est incontestable. En montagne, ces rayons, parallèles à l'horizon, soutenus par des bandes incultes empêchent les terres de s'ébouler; en toute situation, les semences et les jeunes plants sont abrités par les bords un peu élevés des rayons et par les herbes et les arbustes qui peuvent se trouver dans les bandes voisines.

EnGn^ lès Tégéfaux décomposés, les feuilles. sèches s'arrêtent au fond des rayons et les eaux pluviales y sont retenues* Ainsi, Pengrais iftturel, Pabri et la fraîcheur assurent bien des chances de succès à un semis fait d'après ce mode. II est inutile d'ajouter que les dépenses qu'il nécessite, tant pour le labour même que pour l'achat des graines, sont Jbien moindres que celles d'un semis fait en plein.

Le seul inconvénient auquel ce mode puisse donner lieu, est que, au moyen des bandes incultes, les herbes et autres plantes nuisibles peuvent se reproduire promptement dans lesrayons cultivés et é touffer ainsi les jeunes plants ou au moins les gêner dans leur croissance. C'est au forestier à juger, selon la nature du terrain et des essences, si cet inconvénient peut réellement se présenter au point d'avoir un fâcheux résultat, et à se décider, par suite, pour le mode de préparation qu'il jugera convenable.

661. Labour par places, tuoiis ou pots. — Ce mode de labour s'^opére en formant des places ou trous carrés de SO à 66 centimètres environ de côté, séparés les uns des autres par des intervalles de 66 centimètres à 1 mètre qu'on laisse en friche.

Comme dans le labour par bandes, on entasse les déblais de ces trous sur le bord méridional, lorsqu'ils sont faits en plaine ; et, si le sol est incliné, on a soin de les creuser parallèlement à l'horizon et d'en amasser la superficie sur le bord inférieur.

48^1 DB8 BBPBUPtSMBRTS

Sur un terrain presqae na, on peut aligner ces trous carrés, de manière à donner au tout, à peu près, Taspect d'un damier ; an contraire, on les fait sans ordre déterminé lorsque le sol présente des obstacles tels que des arbres que Ton ne voudrait point couper encore, de vieilles souches, des blocs de rochers, etc. C'est alors, surtout, que le labour par trous est avantageux, parce qu'il serait souvent impossible d'établir des rayons continus.

Les différents modes de labour qui viennent d'être indiqués peuvent se pratiquer en toute saison, sauf, bien entendu, celle des fortes gelées. Pour les semis du printemps, il convient de faire préparer le terrain dans l'été ou dans l'automne précédent, que sa nature soit d'ailleurs compacte ou légère. Si le sol est léger et que, en raison des plantes parasites qui le recouvrent, il a fallu le remuer assez profondément, il aura le temps de se raffermir suffisamment avant de recevoir la graine [657]; s'il est compacte, les gelées d'hiver en l'attaquant et le soulevant en tous sens, le rendront plus meuble et plus propice par conséquent à la végétation. — Cette distribution des travaux présentera en outre l'avantage de pouvoir se procurer plus aisément et à moins de frais les ouvriers dont on a besoin, ce qui, dans la saison du printemps où les ouvrages de la campagne réclament ordinairement tous les bras, est souvent très-difficile.

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