‹ Cours élémentaire de culture des boisChapitre 8 sur 108 · DES SOLS · texte numérisé non relu

DES SOLS

ARTICLE PREMIER

Du sol en géttéval et de son âclioD nutriiive.

41 . W terre yégétale se compose principalement de terre proprement dite, fournie en général par la dégradation des roches sur lesquelles elle repose , et en outre de Phumus qui en est la partie la plus nutritive. Dans les forêts, rhuraus se produit abondamment par les feuilles qui tombent annuellement des arbres, et par les diverses autres parties de plantes qui y pourrissent. ,

42. L'action du sol, sur la végétation des bois, peut être envisagée sous deux points de vue différents : 1*^ Sous le point de vue physique; 2** Sous le point de vue chimique.

45. Physiquement y le sol agit par sa profondeur, par sa compacité et sa cohésion , par son hygroscopicité et les autres propriétés qui s'y rattachent , aptitude à se dessécher, à se retirer, etc., enfin, par

sa coloration. En vertu de sa profondeur, de sa compacité , de sa ténacité on de sa mobilité , le sol doit assurer aux arbres une assiette solide, favoriser l'extension des racines et permettre Taccès de Taîr jusqu'à ces dlgaile^ î tes de^:i def nières propriétés déterminent aussi la facilité ou la difficulté de la cullare. Par rhygroscopicité qui est proportionnelle à la compacité , le sol joue un rôle très-important à l'égard de la végétation , il retient plus ou moins d'eau^ la cède plus ou moins facilement. Exagérée ou peu prononcée, cette propriété le rend trop humide ou trop sec. Dans le premier cas , il est sujet au retrait par les chaleurs, et les racines sont alors exposées à être déchirées pu desséchées ; dans le second, il s'émîelte , devient poudreux et s^'échauffe d'autant plÛB que sa coloration est plus foncée.

%t. Chimiquement y le sol concourt directement à ïa nutrition' dès végétaux en leur cédant dés substances minérales, séis et oxydes'quî proviennent de sa décomposition lente , maïs incessante ; sous lés différentes influencés de ratmosplière et qui, d'insolubles qu'elles étaient, se transforment en éléments solubles, et par conséquent, âssiniîlablès. Il concourt indirectement au nléme But, en transmettant aux plantes certaines substances utiles qu'il reçoit de Pair, des eaux de pluie et des engràîis ou de l'humus. La nutrition végétale , ainsi alimentée eti grande partie dans le sol par l'action absorbante des racines, est complétée dans l'aîr par l'action analogue de toutes les pai*lies vertes, ^ 3

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II n'est pas possible, au surplus-, d'indiquer dans quelles mesures un sol doit présenter toutes les propriétés physiques et chimiques que nous venons d'énumérer pour qu'il offre le plus haiit degré de fertilité. Ces mesures n'ont en effet rien d'ahsolu et se modifient avecles essences que l'on veut cullirer et dont les exigences varient; et, pour une même essence, avec le climat et l'exposition.

Des principaui; compossDls du sol.

45. Bien que les terrains présentent une variété infinie, ils ne sont cependant composés en général que de trois terres : Vargife, le calcaire et le sable , auxquelles viennent s'ajouter accidentellement Vhumus et plusieurs sels et alcalis dontles plus répandus sont le gypse (pierre à plâtre), l'alun, la potasse, la soude, etc. Quant aux métaux que l'on y trouve, le fer seul mérite d'être mentionné. C'est à l'oxyde de fer, en effet, qus sont dues la couleur rouge et la couleur jaune d'un grand nombre de terrains , et l'on sait que la couleur influe sur l'absorption du calorique.

46. Vai-gile est une combinaison de silice et d'alumine; elle est très-compacte, montre une trèsgrande avidité pour l'eau, qu'elle absorbe cependant lentement, mais qu'elle cède de même, et dont elle

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ne se laisse plus pénétrer une fois qu^elle en est saturée. Exposée à une chaleur forte et prolongée, ou à un air yif et sec , elle prend beaucoup de retrait , acquiert une grande dureté et se crevasse profondé* ment.

47. Le calcaire ou carbonate de chaux (pierre à chaux , craie , marbre , etc. , ) réduit en terre , constitue un sol meuble qui absorbe promptement et retient une grande quantité d^eau avec laquelle elle se délaie et forme de )a boue ^ et qui ^ par les temps secs^ perd rapidement toute cette eau et tombe en poussière.

48. Le sable proprement dit est de la silice sous forme de grains plus ou moins fins. II constitue un soï meuble, sans aucune consistance, dépourvu de h propriété de rëtènît* Feau qu'il laisse infiltrer jus- ^ffauk couches les plus profondes.

'49.' Comme on le voit, aucune de ces terres n'est propre à' former à elle seule un terrain fertile. L'ar*gilé, â cause de sa compacité et de son imperméabilité à l'air comme à Peau, ne permet pas aux racines de pénétrer et dé s'étendre ; mais divisée par la silice ou la chaux, en proportion convenable, elle devient un des meilleurs sols.

La terre calcaire , par l'égale facilité qu'elle possède d'absorber et de perdre beaucoup d'eau , offre nn sol alternativement et brusquement trop humide et froid, puis trop sec et chaud ; les plantes y végètent péniblement , quand Targile ou une quantité

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considérable d^kumus ne lui donne pas la consistance nécessaire.

Les sables purement siliceux enfin sont stériles , parce qu^en raison da manque total de cohésion entre les grains dont ils se composent , Phumidité s^infîitre ou s'évapore presque aussitôt qu'elle y pénètre, et les prive ainsi d'un des éléments essentiels de la végétation. Toutefois , lorsque le sable est à Pélat pulvérulent il se modifie favorablement en ce que, bien qu'entièrement desséché à la surface, il retient, à peu de profondeur, assez de fraîcheur pour permettre à certains végétaux ligneux d'y prospérer. Les dunes que l'on parvient à fixer à l'aide de semis de bois résineux sont un exemple de ce fait. Mais il n'est pas moins vrai, en général, que les sols siliceux ont besoin, pour devenir fertiles, d'une grande quantité d'humus.

50. Vhumus forme une terre dont la ténacité est supérieure à celle des terres calcaires ou siliceuses, quoique bien inférieure à celle des terres argileuses; il a, en outre, la propriété d'absorber plus d'humidité qu'aucune autre terre et de la céder avec facilité à la végétation. L!humus corrigé donc les propriétés physiques exagérées des sols siliceux et calcaires, en leur donnant plus de consistance , et en les rendant propres à retenir l'humidité , et celles des argiles , en diminuant leur trop grande compacité et leur avidité pour garder l'eau absorbée. Enfin, c'est l'humus qui fournît à tous les sols des sucs nourriciers propres à la végélalion.

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Le rôle de cette terre explique comment , dans beaucoup de nos anciennes forêts où Phumus s'est accumulé, nous voyons une végétation riche et des arbres de la plus grande beauté sur des sols qui, dé* couverts, et réduits à leurs éléments miniéralogiques, seraient presque stériles.

ARTICLE III

hc la base roioéralogique et de rincIlnaisoD.

51. Après avoir considéré le sol par rapport à ses principaux composants, il nous reste à examiner les modifications que peuvent lui faire subir sa baa^ minéralogique et son inclinaison.

52. C'est aux gisements de roche ou d'argile pure formant la limite inférieure des terrains , que Ton a donné le nom de base minéralogique. Leur action sur la végétation se manifeste de plusieurs manières. Compacte et dure, la base minérale empéchç évidemment les racines des arbres de s'enfoncer audelà de la couche de terre végétale ; tendre et divisée par de nombreuses fissures, elle leur donne un plus facile accès. Stratifiée, c'est-à-dire, composée de couches ou de feuillets parallèles , la pénétration des racines est facilitée ou arrêtée suivant que les joints sont obliques ou perpendiculaires à la surface du sol, ou qu'ils lui sont parallèles.

La base minéralogique influe encore sur le degré

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d^humidité des terrains, selon qu'elle est imperméa* ble à Pean^ ou qu'elle la laisse s'infiltrer. Celte propriété dépend^ soit de la nature et des proportions des éléments constituants^ et nous ayons tu plus haut comment Pargile, le calcaire et le sable se comportent sous ce rapport ; soit de la nature schisteuse ou coau pacte du gisement^de la direction horizontale, oblique ou verticale des couches.

53» L'inclinaison, lorsqu'elle est faible, est sans influence sur le terrain ; toutefois , les sols entièrement plats sont plus expo^ aux inondations que ceux qui sont légèrement accidentés. Mais, dans les pentes fortement prononcées , on observe généralement phis de sécheresse. dans la partie supérieure et plus de fraîcheur dans Pinférienre, qu'à mi*côte ; et les mfolécules meubles (mobiles) ou solnbles étant entraînées vers le bas par Faction des eaux, la fertilité du sol au pied des montagnes s'augmente constamment aux tlépens des parties plus élevées. Gea inconvénients , cependant , sont moins à redouter lorsque les pentes sont boisées, attendu que les arbres retiennent les terres par leurs racines^ et conservent la fraîcheur par leur couvert* U est à remarquer d'ailleurs, que l'inclinaison est favorable à la végétation des bois, parce que, ne cessant pas de croître verticalement^ leurs cimes , étagées les unes au-dessus des autres,par(icipent plus largement à l'influence bienfaisante de la lumière, se couvrent d'un feuillage plus abondant, et l'on sait que la production ligneuse

DES SOLS, DES ESSENCES. 3i

est proportionnelle au développement des parties foliacées ; parce que enfin les racines ont plus d'es- 'psice pour s'étendre (1).

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ARTICLE IV

Des dWerses eatégories de terrains.

54. Les dénominations les plus usitées des terrains se fondent d'ude part sur les composants des terres; de Fautre, sur la quantité d'humidité qu'elles renferment. -

^5S. Ou nemme terre f^tte^ gUdst^ froide , celle où Targîle domiae vîablemeat sur les autres éléxne0t^ Les teiTes glaises st distinguent des terres fortes en ce qu'elles sont plus purement argileuses et par conséquent pins rebelles à la végétation ; leur couleur est ordinairement bleue ou verdâtre^ et leur structure schisteuse , tandis que les secondes sont

(f ) Ce dernier avantage, qui est réel dans îes pentes douces ei dans les moyennes, cesse d'exister dans les pentes rapides, surtout lorsque (comme c'est le cas le plus fréquent) le sol y manque de profondeur, les racines ayant une répugnance marquée à suivre une direction ascendante* On reconnaît facilement la vérité de ce fait par la forme qu'aifectenti dans ces localités, les cimes des arbres qui se développent surtout du côté de la pente et sont presque dépourvues de branches du côié opposé.

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mieux pétries et colorées en bkiie > en gris e( en jaune. Les unes et les autres se nomment fpôides y lorsqu^en raison de Phumidité qu^elies renferment, de leur couleur ou de toute autre circonstance, elles sont lentes à s^éehauffer, et que, pour ce motif, le développement de la végétation a lieu tardivement.

56. Dans la catégorie des terres légères^ on comprend les terres sablonneuses ou gra^ehuseSy composées de sable ou de gravier, soit siliceux, soit calcaire. On y compte aussi les autres genres de terres calcaires à Tétat pulvérulent.

57. Les terres marneuses sont rangées tantôt parmi les terres fortes, tantôt parmi les terres légè^ res. La marne , en effet , est un mélange intime de calcaire et d^argile qui se délite à Pair, etoù Pun ou Pautre élément domine alternativement. Quand c^est le calcaire qui domine (marne calcaire), le sol peut être léger ; au contraire , quand Pargile Pemporte (marne argiteuse)^ la terre devient forte.

58^. Le sable gras est un mélange d'environ deux tiers de sable avec un tiers d^argile, dans lequel tous les bois à peu près prospèrent.

59. Ce que Pon appelle terre franche n'est sou^ vent qu'un sable gras avec une portion assez considérable d'humus ; mais^, la plupart du temps , cette terre se compose , par parties à peu près égales , de silice , de calcaire et d'argile enrichis de beaucoup de terreau. De tous les sols c'est le meilleur , pour les bois comme pour presque toutes les plantes.

DES SOLSy DES ESSBMGES. 33

^0. On donne aux ferrains qui renferment beaucoup d'humus (quels que soient leurs éléments minéralogiques) le nom de terrains gra$ ou substantiels^ par opposition à ceux qui n^ea.contiennent que trèspeu ou poini y et qu'on nomme maigres , pauvres^ arides.

61. Sous le rapport du d^ré d'humidité» qui dépend non-seulement des éléments terreux, mais encore de la situation » de l'exposition, etc., on divise les sols en plusieurs cat^ories.

£2. Les sols marécageux sont ceux qu'abreuvent aboodàmment des eaux croupissantes et sans écoulement ; ih sont ocdiaairement' situés dans les basfonds. On les» distingue des termins aquatiques ou mouilleux qui sont aus$i enlièreoiient détrempés , mais où les eaux se renouvellent constamment par l'écoulement. Les premiers ne présentent en général que des bois d'une végétation lai^uissan te , tandis, que les seconds .peuvent convenir à plusieurs es* sences.

63. Dans les sols humides^ l'eau n'apparaît pas à la surface sous une légère pressaioo , comme cela a lieu dans les précédents ; toutefois , ces sols ne se sèchent jamais entièrement , ce qui les rend particulièrement propices à certains bois.

64. Les terrains fraiis se dessèchent bien pendant les grandes chaleurs , mais d'ordinaire à la surface seulement, et jamais au-delà de 16 centimètres environ de profondeur. Ce degré d'humidité, favorable

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à presque toutes les essences, n'est d'ailleurs propre qu'aux meilleurs sols.

65. Les terrains «ec^^que Ton nomme diussi chauds, sont ceux qui se desséchent promptement à une profondeur assez considérable pour priver les racines des arbres de Phumidité nécessaire; ils ne peuvent nourrir qu'un petit nombre d'essences.

66. Toutes les différentes nuances de terrains que nous venons de citer manifestent une influence plus ou moins marquée sur la qualité des bois qui y croissent. En général , les fonds humides ou très-substantiels produisent, avec une végétation riche, des bois d'un tissu lâche qui ne restent pas aussi longtemps sains que sur des terrains cPune fertilité moyenne , et qui , mis en œuvre , sont de peu de durée. Au contraire, les sols maigres et chauds, où l'accroissement est lent et faible, fournissent un bois dur et coriace. Il est à remarquer^ toutefois, que les propriétés d'un sol trop sec par lui-même peuvent se modifier sous une température humide, tout comme les effets produits sur la végétation par un fonds humide peuvent être atténués par un climat chaud.

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