‹ Cours élémentaire de droit civil (volume 3)Chapitre 20 sur 289 · RÈGLES D'INTERPRÉTATION · texte numérisé non relu

RÈGLES D'INTERPRÉTATION

qu'ils proposent sont souvent une affaire de vanité. Il y en a qui semblent avoir pour but, en écrivant, de dire le contraire de ce que tout le monde pense. C'est l'affectation de l'originalité, le pire des défauts dans une science qui repose sur la tradition et sur des textes. J'ai souvent combattu cette mauvaise ambition, qui éclate à chaque page chez Marcadé,et qui anime plus d'un auteur moderne. L'amour des nouvautésest surtout funeste dans les livres destinés à la jeunesse. Les jeunes gens sont présomptueux parce qu'ils sont ignorants; ils sont novateurs parce qu'ils sont jeunes, et qu'ils ne connaissent point le passé. Ce sont les défauts de leurs qualités ; développons les qualités et combattons les défauts ; l'humanité se rajeunit sans cesse, c'est une loi de sa vie, et vivre c'est progresser. Mais il y a un autre élément tout aussi nécessaire, c'est la stabilité; or, notre science est conservatrice par excellence, puisqu'elle est traditionnelle ; et la conciliation entre le progrès et la conservation est facile. En interprétant la loi, nous n'avons pas le droit d'innover, mais nous avons le devoir de signaler les lacunes et les défauts. Que ceux qui ne sont pas satisfaits du code proposent leurs théories, mais que ce soit dans un esprit de progrès, et non par une misérable vanité. Quand on parle à la jeunesse, il faut s'abstenir de critiques, et se borner à exposer la raison des choses : la tradition a aussi sa raison d'être, et avant de la critiquer et de la changer, il faut se donner la peine de l'étudier.

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