Des empêchements résultant de l'adoption
145. La parenté est un lien qui unit deux personnes par des rapports dérivant de la nature ou de la loi. On la divise en parenté naturelle, civile et mixte.
La parenté iiatiirelle unit les enfants naturels et leurs descendants à leurs père et mère. Pour que ce lien soit légal, et produise des empêchements au mariage, il faut que l'enfant naturel soit reconnu; s'il n'est pas reconnu, il n'a pas de filiation, partant pas de famille, pas de parenté. Il y a des enfants naturels qui ne peuvent pas être reconnus, ce sont les enfants adultérins nés du commerce de deux personnes dont l'une au moins est mariée, et les enfants incestueux, nés du commerce de deux personnes, qui ne pourraient se marier parce qu'elles sont parentes ou alliées au degré prohibé par la loi (n° 350). En règle générale, la parenté naturelle ne s'étend pas aux parents des père et mère ; la loi fait exception h ce principe en matière de mariage, pour des motifs d'honnêteté et de moralité publiques.
La parenté civile résulte de l'adoption ; elle est l'ouvrage de la loi seule II n'y a de parenté qu'entre l'adoptant, l'adopté et les descen-
(Tome II.) DU MARIAGE. 229
dants de celui-ci ; elle ne s'étend pas aux parents de l'adoptant.
On appelle parenté 7ni.rte ou légitime celle qui naît du mariage, et qui est tout ensemble naturelle et civile; elle existe entre les enfants, leurs père et mère et tous les parents de ces derniers (n" 347).
La parenté n'est un empêchement au mariage que jusqu'à un certain degré, quand il s'agit de parents collatéraux, tandis qu'elle est un empêchement pour tous les parents en ligne directe. De là la nécessité de distinguer entre les degrés et les lignes. Le code définit les degrés et les lignes, et il explique comment on compte les degrés en ligne directe et en ligne collatérale (art. 735-738); nous y reviendrons au titre des Successions (n» 348).
146. L'alliance est le lien qui unit l'un des époux aux parents de son conjoint. Il n'y a pas, à proprement parler, de degrés ni de lignes dans lalliance, puisque les degrés résultent de la génération, ainsi que les lignes, et entre alliés il n'y a pas de génération. On applique cependant la distinction des degrés et des lignes à l'alliance, puisque le mariage est prohibé entre certains alliés. Gomme l'alliance dérive de la parenté et en est pour ainsi dire l'image, on a étendu aux alliés les principes qui régissent les parents. Il y a une alliance naturelle et une alliance légitime ; celle-ci découle du mariage et de la parenté légitime, la première résulte de la parenté naturelle. Si mon père naturel se marie, sa femme sera mon alliée naturelle et il y aura empêchement au mariage (n» 349).
147. c( En ligne directe, le mariage est prohibé entre tous les ascendants et descendants légitimes ou naturels, et les alliés dans la même ligne )> (art. 161). « Dans tous les temps, dit Portails, le mariage a été prohibé entre les enfants et les auteurs de leurs jours ; il bouleverserait entre eux tous les droits et tous les devoirs : il ferait horreur. »
La prohibition s'applique à la parenté naturelle, à tous les degrés. En principe, les enfants naturels ne sont pas dans la famille de leurs père et mère; il n'y a de lien l'égal qu'entre eux et ceux quiles ont reconnus. En matière de mariage, la loi étend la parenté naturelle à tous les degrés, parce qu'elle considère les liens que crée le sang et non les liens que crée le mariage; les motifs de morale et d'honnêteté publique sont les mêmes pour prohiber le mariage (n° 354).