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NOTIONS PRÉLIMINAIRES : CAPITAL ET TRAVAIL

vrier n'a que ses bras sans les instruments susceptibles de rendre son travail productif , tandis ^que le capitaliste détient des richesses qu'il De peut lui-même employer et faire fructifier. Dès Torigine, cette inégalité s*est formée , sous l'influence des distinctions qui séparent les hommes au triple point de vue physique, intellectuel et moral. Et à mesure que l'humanité progresse, que le capital s'accroît par Tapplication des lois de la propriété libre et individuelle, Tinégalité sociale s'accuse encore davantage.

La société est incapable de rétablir une égalité impossible et contraire à la nature des choses. 11 faudrait recommencer chaque matin une répartition dont l'égalité serait détruite le soir même par l'inégal emploi des facultés de chacun.

Mais, au lieu de songer à réunir dans une même main ou dans une collectivité irréalisable , les deux éléments distincts qui coopèrent à la production , il vaut mieux les adapter l'un à l'autre et leur permettre de contribuer à l'œuvre commune en se tenant mutuellement dans un parfait équilibre. Malgré les différences qui les séparent, les hommes ont des points de contact communs leur communiquant à tous des droits semblables à la vie, à la prospérité et à la justice, et qui excluent une inégalité faite d'abîmes entraînant un conflit perpétuel et des luttes sauvages.

Lorsqu'on admire les progrès merveilleux et les entreprises hardies dus à l'activité humaine, on est bien forcé d'en rapporter le mérite au capital et au travail, à ces deux énergies mutuelles, à ces deux puissances indivisibles qu'on ne peut désunir sans arrêter l'humanité dans sa marche , à ces deux forces solidaires qu'on ne peut rendre indépendantes l'une de l'autre sans contribuer à l'impuissance de chacune.

Les socialistes, en s'appuyant sur cette idée vraie que le capital n'est que du travail accumulé, veulent subordonner le capital au travail. Mais on oublie, par l'habitude que l'on a de mettre toujours ces deux mots en présence , l'homme , sans lequel le capital ne serait rien. Ce n'est pas le capital, considéré dans son caractère matériel, qui domine le monde industriel, c'est l'homme dont la capacité directrice sait employer utilement le capital et le mettre au service des travailleurs. Ce même capital , mis dans des mains inhabiles , perdrait son efficacité et sa puissance. L'instruction première et' la science élémentaire font louvrier habile : « pour rester au niveau de sa tâche, pour rester maître de son œuvre, il se fait plus fort, plus rapide et plus puissant que la machine dont il s'aide. » Or, la science supérieure de l'ingénieur perfectionne les instruments de travail , l'esprit de direction et d'initiative de l'entrepreneur saisit tous les éléments du progrès et met en mouvement les rouages industriels.

Il ne faut donc pas dire que le travail manuel soit tout et que le don

de gérer les grandes ealreprises n'ait aucune importance sociale. Le travail et le capital doivent s'unir, Tenlrepreneur et l'ouvrier doivent s'entendre pour sauvegarder leurs intérêts communs; il n'y a pas en présence des adversaires, mais des collaborateurs ayant des droits c( différemment semblables.

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