‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 35 sur 94 · AIMANT · texte numérisé non relu

AIMANT

L’aimant proprement dit , l’aimant naturel, ne forme pas, comme on l a cru long-temps, une espèce distincte parmi les mines de fer. C’est plutôt à leur situation qu’à leur composition, comme le remarque le professeur Haüy, que ces mines doivent leur vertu magnétique , puisque le fer forgé qui reste pendant longtemps dans une direction convenable , devient un véritable aimant. Cependant les mines dans lesquelles le fer est fort oxide, uni au soufre ou à d’autres substances en grandes proportions , ne fournissent point d’aimant.

Les aimans artificiels sont nécessairement de fer ou d acier poli. On leur donne diverses formes. La plus simple est celle d'un barreau aplati. Plusieurs de ces barreaux sont quelquefois réunis en faisceaux pour composer uri aimant plus puissant. D’autres fois on leur donne la figure d un arc de cercle ou d’un fer à cheval; et ceux ci sont encore simples ou composés.

Il y a plusieurs manières de donner au fer ou à l acier les propriétés magnétiques. D’abord on a déjà vu qu’il suffisait qu’une barre de fer restât pendant un certain temps dans une situation verticale pour devenir un bon aimant ; et on sait que la percussion exercée

pendue (ce que prouvent toutes les expériences faites sur le magnétisme), il en résulte que le fluide nord du globe n’aura d’action attractive que sur le fluidesud de l’aiguille ; dès-lors c’est le pôle sud de celte aiguille qui se dirigera vers le nord. C’est donc réellement le pôle sud ou austral qui se dirige vers le nord , et, par une conséquence nécessaire , le pôle nord qui se dirige vers le sud.

en frappant cette barre perpendiculairement contre un autre morceau de fer, y accéléré le développement de la force magnétique. Dans ces deux cas, l’extrémité dirigée vers la terre représente le pôle nord de l’aimant.

Lorsqu’on suspend par son milieu un barreau d’acier de manière à ce qu’il puisse tourner librement dans tous les sens , il finit par prendre la direction du méridien magnétique ; l’une de ses extrémités regarde le nord , l’autre le sud , et toutes deux ne tardent pas à devenir les pôles d’un véritable aimant. Enfin si on applique une lame d’acier sur une enclume et qu’on la frotte avec un morceau de fer non aimanté , pourvu que ce frottement soit toujours exercé suivant sa longueur et dans le même sens, elle acquiert une vertu magnétique sensible.

Quoi qu’il en soit , on réussit beaucoup mieux à aimanter l’acier en se* servant d’un autre aimant, soit naturel , soit artificiel. La méthode la plus avantageuse est celle du double contact, inventée par Micheli , perfectionnée ensuite par OEpinus et par Coulomb. Voici en quoi elle consiste. Après avoir aimante par quelqu’un des moyens précédens deux barreaux parfaitement semblables, on les accole 1 un à 1 autre de manière à ce qu’ils se touchent par deux de leurs pôles opposés, et* qu’ils soient seulement séparés de quelques millimètres par les deux autres. On dispose horizontalement deux autres barreaux peu écartés 1 un de l autre , et appuyant par leurs extrémités sur deux morceaux de fer doux qu’on nomme contacts. Alors on applique sur le rni- Tome I. E

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