AIMANT
lieu d'un de ces barreaux les deux pôles séparés des premiers qu’on tient dans une situation verticale, et les laissant en contact par leurs extrémités supérieures, on écarte les inférieures jusqu’à ce qu elles aient atteint celles du barreau qu’on veut aimanter. On répète cette opération cinq à six fois sur une de ses faces et autant sur l’autre. On s’y prend de la même manière pour aimanter le second barreau , si ce n’est qu’on place le pôle en sens inverse. Ces deux derniers ont souvent une vertu magnétique supérieure à celle des barreaux dont on s’est servi pour les aimanter. Alors on soumet ceux-ci à la même opération en les frottant à leur tour avec les autres. On aimante ainsi deux par deux de nouveaux barreaux. Lorsqu’enfin on en a un nombre suffisant (de 8 à 12 et même 20) , on en forme deux faisceaux , dans chacun desquels les pôles de même nom se correspondent, et l’on rapproche ces faisceaux en interposant seulement entre eux une lame de bois , de manière à ce que les pôles nords dans l’un soient du même côté que les pôles suds dans l’autre.
L’aimant artificiel construit par ce procédé est double. Chacune de ses extrémités offre deux pôles , et il est très-propre à communiquer la vertu magnétique ; mais les airnans ceintrés ou en fer à cheval ont plus de force pour soutenir une charge considérable. C’est ainsi qu’étaient faits ceux de Lenoble , dont l’un portait plus de quinze fois son poids. Chacune des pièces qui les composent est elle-même un aimant qui présente la même forme et qui a reçu la vertu magnétique par le frottement. On réunit ensuite toutes ces