‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 38 sur 94 · A 1MA.MT · texte numérisé non relu

A 1MA.MT

Les alchimistes ne dédaignèrent point de s occuper de Tannant. Ils lui firent, subir diverses préparations pour ajouter à ses vertus. Paracelse le préconisa comme un remède universel , en supposant qu’il attirait les humeurs et les portait ou l’on voulait. D’autres , reconnaissant qu’il n’avait d’action que sur le fer, croyaient du moins qu’il pouvait faciliter la sortie des portions de ce métal engagées dans les plaies; mais les emplâtres dont ils se servaient étaient loin d’avoir une force attractive suffisante pour produire l’effet qu’ils eu attendaient. Il n’en est pas ainsi de l'aimant entier, employé pour retirer quelques parcelles de fer qui peuvent s’engager dans des organes très-sensibles. Plusieurs praticiens en ont éprouvé l’efficacité, et ce moyen est encore conseillé de nos jours.

Parmi legrand nombre d’idées vagueset erronnées qu’on avait eues jusque-là sur les propriétés médicinales de l’aimant, il se trouvait quelques observations éparses qui semblaient, annoncer qu’il en avait de réelles. Vers le milieu du 17e siècle, l’attention des savans se réveilla sur cet objet. Les journaux firent connaître les résultats heureux de quelques expériences qui, la plupart, furent la matière de plusieurs ouvrages où l’on discutait l’avantage d’un tel remède. Dans le 18e siècle, l'invention des aimans artificiels , en rendant leur application plus facile , porta à multiplier les essais. Klarich en Angleterre, Weber en Allemagne, d’Aquier en France, furent les premiers qui se livrèrent à cé genre de recherches. Lenoble, qui dès 17^4 s’était occupé de la construc-

tion de ces aimans , et qui a eu le mérite d’avoir composé les plus forts qu’on ait jamais vus, chercha aussi les moyens de les rendre utiles au soulagement de l’humanité. Mesmer, avant d émettre ses idées sur le magnétisme animal, employait à Vienne les aimans naturels dans le traitementdes affections nerveuses, llell , célèbre astronome de la même ville,, perfectionna la méthode qui consiste dans l’application du fer aimanté. Il fit construire diverses pièces qui pouvaient s’appliquer au cou, aux bras, à la poitrine, etc. Il eut de cette manière des succès assez nombreux. Enfin la société de médecine de Paris, à la requête de Lenoble, qui avec ses aimans avait opéré lui-même plusieurs guérisons, nomma deux de ses membres pour constater l’efficacité de ce remède par de nouvelles expériences. Les docteurs Andry et Thouret, chargés de cette importante commission , s’en acquittèrent avec tout le zèle et la sagacité qu’on avait droit d’en attendre.

ades dont ils ont rendu

succès par la méthode des aimans artificiels , les uns étaient affectés de névralgie , les autres de rhumatisme, d’autres de spasmes , de palpitations, de tremblemens , de convulsions même ; un seul d épilepsie. Ce fut surtout contre les maux de dents , les douleurs rhumatismales , et les affections nerveuses que réussirent le mieux ces applications de l’aimant. Dans tous ces cas, il agit bien manifestement comme sédatif. Les médecins que nous avons cités se sont convaincus que ce

traités avec quelque

7° aimant

11 était point par 1 impression du froid , ni par le frottement ou la compression des pièces que la douleur était calmée. Encore moins pouvait-on attribuer cet effet à la petite quantité de rouille qui , déposée sur la peau , pouvait être absorbée. Cependant les plaques aimantées, portées pendant long-temps , ont souvent déterminé une éruption ou des excoriations qui paraissent indépendantes de l’action magnétique , et il est possible que cette espèce d’irritation locale ait été avantageuse dans plusieurs circonstances. Les autres effets de l’aimant n’ont pas été assez constans pour qu’on puisse en tirer encore des conclusions. C’est ainsi que quelques malades ont été purgés, d’autres ont éprouvé des syncopes, etc. Les observations rapportées dans ce mémoire, sont pour la plupart d’un grand intérêt : nous n’en citerons qu’une d’après laquelle on ne peut douter que l’action magnétique n’ait une certaine influence sur l’économie. Un individu , tourmenté par des douleurs rhumatismales qui occupaient le bras, une partie des muscles du cou, reçut deux plaques aimantée^ pour être appliquées, l’une à la nuque , l’autre sur la poitrine , et deux bracelets qui furent placés du côté affecté au-dessus et au-dessous du coude; les douleurs disparurent presque aussitôt, mais elles revinrent un instant après avec plus de vivacité, et se concentrèrent dans l’articulation. On transporta l’aimant de l’avant-bras au bras du même côté ; ajors les douleurs cessèrent totalement. Au bout de quelques jours, le bracelet qui était le plus près du coude s’étant relâché et étant descendu au-dessous sans

Page 1