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que le malade s’en aperçût, il ressentit, comme la première fois , de vives douleurs dans l’articulation. Elles cessèrent par le même moyen pour 11e plus reparaître ; mais il se manifesta bientôt de nouvelles douleurs à la région des lombes. On reconnut une pierre dans la vessie, et le malade ayant été taillé, recouvra la plus parfaite santé.
L’aimant peut être appliqué de deux manières , suivant qu’on se propose un effet momentané ou une action durable. Dans le premier cas, on se contente de présenter l’extrémité d’un barreau aimanté à la partie souffrante, ou de la toucher avec ce barreau, si elle est à découvert. On peut encore , suivant la méthode de Harses , se servir de deux aimaus semi-elliptiques qui se touchent par leurs pôles opposés , en formant un ovale entier. On pose cet aimant sur la partie douloureuse , et on l’y maintient un certain temps. D’autres enfia emploient de la même manière tout aimant artificiel, ou l’aimant naturel muni de son armure. On a cru remarquer que plus l’aimant était fort, plus il était efficace.
Quand on veut soumettre plus long-temps le malade à l’action magnétique, on lui fait porter des plaques d’acier aimantées qu’on assujettit sur la peau avec des rubans, ou bien, on forme, avec de petits barreaux aimantés enveloppés de toile ou de velours , des braee« lets, des jarretières , et des colliers que le malade porte autant qu’on le juge convenable. Mais il faut avoir soin de renouveler de temps en temps ces différentes pièces , parce que la rouille s’en empare et leur fait perdre leur
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vertu. Peut-être pourrait-on trouver un verni qui, sans affaiblir les propriétés de l’aimant , empêchât l’effet de l’h u midi té. C’est un objet de recherches proposé par le professeur Thouret , parmi plusieurs vues utiles qu’il a publiées sur les moyens de perfectionner encore l’emploi du magnétisme.
Nous ne devons pas omettre une autre considération qui est du professeur Halle. Jusqu’ici on n’a pas encore essayé quel serait l’effet d’un courant magnétique qui traverserait la partie affectée. Il serait très- aisé de la déterminer, en plaçant d’un coté sur cette partie le pôle nord d’un aimant , et de l’autre, le pôle sud d’un second. Il est possible que cette méthode offre de nouveaux avantages.
En général, il paraît qu’on doit regarder l’aimant comme palliatif; c’est encore beaucoup dans un grand nombre de cas , et principalement dans ceux d’affections nerveuses ou névralgiques , de diminuer des douleurs qui sont quelquefois excessives.
L’aimant minéral a donné naissance à l’aimant animal , dont l’action est appelée magné isme animal . L’auteur de cette découverte lui a d’abord donné son nom , et on l’a appelé le mesmérisme , Mesmer , né dans un pays rempli du zèle des nouvelles découvertes, surtout en médecine , a commencé par mépriser une science qu’il ne connaisait pas, et rejetant l’ancienne théorie de la médecine, a voulu en bâtir une nouvelle. C’est ce que l’on
peut très-bien conclure des thèses qu’il soutint à Vienne pour y être reçu médecin, et qui roulent sur des points d’astrologie. Il soutient qu’il y a une chaîne nécessaire et non interrompue, entre les astres et les corps sublunaires ; que les émanations des corps célestes sont suffisantes , nécessaires , et seules utiles pour combattre toutes les affections morbifiques. Il a commencé sa pratique médicale avec l’aimant minéral; mais voyant qu’il ne réussissait pas toujours, à beaucoup près, que toute l’Europe d’ailleurs connaissait les expériences qui en avaient été faites, il résolut de se servir du magnétisme animal , qui , d après sa propre définition , n’a aucun rapport avec le magnétisme minéral. Il prétend que celui-ci n’a point d’action par lui-même, mais que ses effets dépendent du magnétisme animal; que le fluide magnétique animal est nécessaire à la nature ; qu’il préside à la naissance et au dévelopement des corps, et que cet agent doit opérer une révolution nouvelle en physique et en médecine. Selon Jui , il n’y a plus d électricité , plus de lumière, plus d attraction, phénomènes qui ne sont que des modifications du fluide magnétique; que tous les corps animés et inanimés devaient à ce fluide leur existence et leur conservation. E est par lui qu’il veut expliquer les fonctions animales, l’élasticité, l’irritabilité et la sensibilité. Il dit qu’il préside à la combinaison de nos humeurs, à leurs excrétions et à leurs sécrétions ; que les différences de tempérament , de goûts, d’habitudes, ne sont que des modifications du fluide magnétique qui se trouve
en plus ou moins grande quantité, et a uoe direction plus ou moins variée ; que la vie de 1 homme n’a lieu que par ce fluide; que la santé en dépend , et que celle-ci n’existe que quand tous les organes en sont convenablement pourvus, toutes les humeurs assez imprégnées , et son cours absolument libre. Il dit que la maladie n’a lieu que quand la quantité de ce fluide dans nos corps n’est point suffisante , ou quand son cours est empêché ; que par conséquent les seules indications à remplir dans toutes les circonstances , sont de donner une nouvelle quantité de ce fluide, et de rétablir son cours. Ainsi il n’admet (et c’est une de ses propositions) qu’une seule santé , qu’une seule maladie et qu’un seul remède. Il n’est pas difficile de concevoir que cette doctrine a jeté d’abord beaucoup de ridicule sur son auteur et ses partisans. Les différens corps académiques et les différentes facultés la reçurent, sinon avec indifférence , au moins avec mépris; et c’est toute la réponse qu’il a reçue à toutes les portes académiques où il a frappé; d’abord à celle de Vienne , ensuite à toutes celles d’Allemagne. Enfin il vint dans notre pays, où n’étant pas mieux accueilli par les sociétés savantes , il se contenta de l’enthousiasme de la nation, qui en effet l’a très-bien servi. Au reste, Mesmer n est point l’auteur d’une découverte depuis long temps restée dans l’oubli. Les qualités occultes des anciens , qui se sont tant opposés aux progrès de la médecine et delà physique , n’étaient autre chose que ce qu’il appelle aujourd’hui fluide magnétique. Qif’on lise les ouvrages des alchimistes et des astrologues,
1) ü MAGNÉTISME AN I IM AL. y 5”
on retrouve toujours le même principe, à la vérité sous différentes formes. On a démontré que l’enchaînement des connaissances magnétiques remonte à Paracelse et à VanHelmont, tous deux hommes de génie , mais séduits par l’alchimie , et égarés dans les subtilités d’une théorie physique que l’expérience n’a jamais vérifiée. Le magnétisme animal a été connu aussi en Italie, mais surtout en Allemagne. Borel , Werdik , Makwel ont parlé de ce magnétisme avec les mêmes détails que Mesmer : ce sont absolument les mêmes idées, les mêmes propositions, les mêmes mots et les mêmes conséquences. 11 prétendent que tout se fait par le magnétisme animal ; que ce fiuide universel , cette âme du monde , circule dans tous les corps; que c’est dans lui qu’il faut chercher l’étiologie de toutes les maladies, et leur remède ; que ce fluide a des propriétés particulières, inintelligibles pour tout le monde, et appréciables seulement par ceux qui sont initiés dans cette doctrine ; que c’est un secours prompt et efficace qui éloigne la mort, certaine sans cela; que cette espèce de traitement inspire aux malades un enthousiasme, une confiance, et un attachement incroyables; que par un penchant irrésistible occasionné par leur agent, les malades désirent de plus en plus ceux qui remploient; qu’une fois magnétisés, ils ont la plus grande affection pour celui qui les traite. Makwel et Mesmer conviennent de l’abus que l’on pourrait faire de leur doctrine vis-à-vis des femmes. Mais ce qu’il y a d intéressant à examiner, c’est si Mesmer avait un agent né avec lui, et si les propriétés
He cet agent étaient appuyées sur quelque fondement. II a commencé par dire , et je l’ai entendu , qu’il était seul propriétaire du fluide magnétique ; ensuite , il s’est relâché de ses prétentions , disant qu’il existait dans tous les corps en assez grande quantité , pour être communiqué par eux; et enfin, son secret consistait dans certains procédés par lesquels il dirigeait convenablement le fluide magnétique pour forcer les obstacles , et chasser les matières morbifiques quelles qu’elles fussent. Il convint alors , que non-seulement les corps animés sont imprégnés de ce fluide d’une manière propre à le propager , mais encore que les corps inanimés , comme des barres de fer , l’eau , et surtout les végétaux , étaient susceptibles de s’en charger avantageusement pour l’espèce humaine.
Sans doute les assertions et les prétentions outrées de Mesmer, l’enthousiasme, les jongleries et le charlatanisme de ceux qui se disaient ses élèves , cet appareil des baquets que l’on offrait aux yeux du public, et surtout cet empressement inconcevable avec lequel on s’acharna à appliquer au traitement des maladies un principe dont il fallait d’abord constater l’existence et les effets , dûrent jeter un ridicule profond sur les premiers observateurs du magnétisme animal , et frapper d’une juste prévention les hommes prudens et instruits. Mais ces hommes ont étudié , ont observé dans le silence , et ont dévoilé , dans l’histoire du magnétisme , tout ce qui appartenait à la jonglerie et à la cupidité. Dans leurs recherches, ils ont procédé avec ordre. Constater le fait
magnétique a été leur premier but ; et ils ont examiné ensuite quelles lumières la physiologie pourrait tirer des phénomènes magnétiques , et quelles applications on pourrait faire de ce principe magnétique au traitement des maladies. Dans létat actuel de nos connaissances , il reste évident que le magnétisme animal est un principe essentiellement inconnu dans ses élémens , mais très-évident dans ses étonnans effets ; que ce principe impalpable , impondérable , dont la nature nous est inconnue , quoiqu’il paraisse avoir quelques rapports avec l’électricité , est tellement subtil , qu’il peut être mis en mouvement ou en action, et transmis d’un individu à un autre par le seul acte de la volonté , et que, lorsqu’il agit , soit par l’influence de quelque cause interne ou externe, soit par l’effet d’une volonté propie ou d'une volonté étrangère, il développe sur beaucoup d'individus des phénomènes trèsvariables , dont les principaux sont de la dyspnée , de la toux, des bâillemens, une sorte de suffocation , un état de stupeur ou d abasourdissement , un sommeil plus ou moins profond , un état demi-cataleptique , des convulsions , et enfin un véritable état de somnambulisme , souvent accompagné d’une sorte de transport de sens vers l’epigastre, et d’une incroyable extension de la sensibilité (i).
(1) y. Journal de médecine, chirurgie et pharmacie, vol. ib , pag. 321 , l’extrait fait par M. Lulliér-Winslow, de 1 ouvrage ayant pour titre : Electricité animale , prouvee Par ia découverte des phénomènes physiques et mo tau r de la catalepsie hystérique , par M. Petelin père.
C est ce somnambulisme , effet extrême du magnétisme animal , qui a promis et qui permet quelques applications utiles au diagnostic et au traitement des maladies. C’est au moyen de ce développement incompréhensible , inexprimable de la sensibilité générale que les sdmnambules magnétiques, non - seulement parviennent sans le concours des sens à la connaissance des objets qui les environnent, et sur lesquels leur attention est dirigée ou se dirige naturellement, mais encore acquièrent la faculté de connaître des objets placés à certaines distances, ou placés ( relativement au somnambule) au-delà des corps bien reconnus opaques , et , par suite , de connaître le jeu et le mouvement de leur propre organisation ou de celle des individus qui leur sont présentés. Les faits les plus positifs , les plus avérés, les plus irrécusables , justifient , assurent , garantissent tous ces phénomènes du somnambulisme magnétique , et ont prouvé que dans certaines circonstances , la clairvoyance ( ce mot a été adopté parles auteurs qui ont écrit sur le magnétisme ) des somnambules pouvait être d’un grand secours pour déterminer le siège et la nature des maladies, surtout celles qui se rangent dans la classe des organiques.
Quelques observations bien faites prouvent aussi que le magnétisme peut aussi recevoir quelques applications utiles au traitement des maladies ; les engorgemens glanduleux , les affections nerveuses , et principalement la la chorée ou danse de St. Guy , les adynamies sont , jusqu’ici , les maladies sur lesquelles
l’action de ce principe ait eu les effets les plus marqués (1).
Le calorique, principe igné, feu élémentaire , matière de la chaleur, principe ou cause de la chaleur, est considéré comme un fluide impondérable, extrêmement subtil, invisible, élastique, qui, tendant toujours à se mettre en équilibre, pénètre et traverse tous les corps, en écarte les molécules , en augmente leur volume , les décompose , les fait passer de l’état solide à 1 état liquide, et de l’état liquide à l’état gazeux. Il émane du soleil et se dégage des corps, soit par la compression ou le frottement, soit par la combinaison.
L’augmentation des corps par l’absorption ou leur combinaison avec le calorique se nomme raréfaction : leur retrait par suite du réfroidissement ou de l’abandon du calorique se nomme condensation. Tous les corps ne s’échauffent pas avec la même facilité : il en est en qui la chaleur se propage rapidement de l’une de leurs extrémités jusqu’à l’autre; tels sont les métaux, les terres, etc. D’autres
(i) La lettre de M. Galart de Montjoye , le rapport de Ant. Laur. de Jussieu , l’un des commissaires nommés par e oi pour 1 examen du magnétisme animal, les divers mémoires et traités de M. de Puységur, l’histoire critique «u magnétisme animal par M. Deleuze , sont les principaux ouvrages à consulter pour les faits et les rapproche— mens, sans s attacher aux théories trop prématurées qu*on peut y rencontrer.
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peuvent devenir très-chauds dans quelques points de leur étendue, et ne pas s’échauffer ou s’échauffer très-peu dans les autres parties : comme le charbon, le soufre, la cire, etc. En considérant toujours le calorique comme un fluide, il en résulte que les premiers de ces corps lui donnent un passage plus facile ou le transmettent plus aisément que les seconds ; de là la distinction de bons et mauvais conduC’ tears du calorique.
Il arrive souvent , lorsqu'on mêle deux fluides différens, mais à la même température, que le mélange présente une température inférieure ou supérieure à celle qu’avait chacun d’eux avant l’expérience. Cette expérience nous apprend que la quantité de calorique nécessaire pour maintenir différens corps à la même température, est souvent differente, soit que leurs molécules intégrantes laissent entre elles plus ou moins d’intervalle , soit que l’attraction des unes pour le calorique soit plus forte que celle des autres. On est convenu de donner à cette disposition plus ou moins grande à s’emparer du principe de la chaleur, le nom de capacité des corps pour le calorique, et l’on nomme calorique spécifique la quantité de calorique qui est nécessaire pour élever un poids donné d’une matière quelconque à une température aussi donnée. Mais il faut bien remarquer que cette quantité n’est que relative et non pas absolue. Ainsi , dire qu’un corps a plus de capacité qu’un autre pour le calorique, ou qu’il a plus de calorique spécifique , c’est dire qu’à poids égal et à la même température, il lui faut plus de calorique pour passer à une
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température plus élevée et qui soit également la meme pour tous les deux.
Le calorique souffre de fréquentes applications au traitement des maladies. Sans parler des médicamens mous et solides qui s’administrent à la température de l’atmosphère à laquelle ils participent nécessairement, les médicamens sous forme liquide s’administrent selon les cas et les circonstances , à des températures (i) différentes. Il semble même, dans quelques cas, que le médicament liquide ne soit que le véhicule de la température , qui alors (s’il est permis de s’exprimer ainsi) est médicament principal. Par exemple , dans les indispositions qui ont pour cause évidente et occasionnelleunesuppression subitede la transpiration , dans certains rhumatismes accidentels , on présente au malade des boissons à une température très-élevée, sans s’inquiéter trop de quelle nature peut être «cette boisson. Dans les hémorrhagies , il est essentiel de donner des tisanes froides , et même frappées de glace.
Quelques considérations sur les vêtemens des malades , sous le rapport du calorique , suivent celles relatives à l’application des médicamens, selon les indications que le médecin doit remplir. Ainsi , lorsqu on administre des boissons chaudes ou des médicamens , soit diaphorétiques, soit sudorifiques, on recom— ^ mande des vetemens dont la matière soit peu
(i ) Est - il nécessaire de dire que la température de*
corps exprime la mesure du calorique absorbée par ces corps ? r