‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 43 sur 94 · DES BAINS · texte numérisé non relu

DES BAINS

On appelle hain l’immersion du corps ou d’une partie du corps dans un liquide, dans un fluide aériforme, ou dans une matière solide , mais dont les parties ont entre elles fort peu de cohésion.

Dans ce sens, le mot hain est pris pour l’action de se baigner ( lavatio ) , mais il a encore deux autres significations. Tantôt, en effet , il indique la matière dans laquelle on se baigne , comme quand on dit un bain de lait , un bain de vapeurs; d’autres fois, il se prend pour le lieu même où l’on a coutume de se baigner. L’un et l’autre se rendent en latin par balneum : le mot haptisterium n’a que la dernière acception , et est plus spécialement consacré aux lieux où l’on se baignait par principe de religion.

Division des Bains. — -En n’ayant égard qu’à la manière dont on prend les bains, on les divise, i°. en bains généraux, bains entiers ou bains proprement dits ( generalis lavatio), lorsque le corps en totalité, ou seulement à l’exception de la tête, est plongé dans un fluide; 2°. en bains de fauteuil, ou demi-

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bains (semicupium , insessio , insessus) , lorsque l’immersion n’a lieu que pour la moitié inférieure du corps, jusqu a l’ombilic; 3°. en bains partiels (cujusdam partis lavatio), lorsqu’une partie du corps seulement, telle que la tête , un bras , une jambe , etc. , est plongée dans ce qui fait la matière du bain; les bains de pieds se nomment pédiluves ( pediluvium ) : 4°. enfin en bains locaux ( topica lavatio ), qui consistent à exposer une très -petite partie du corps à l’action d’un liquide ; c’est ce qu’on nomme encore lotion ou fomentation. ISous ne traiterons ici que des bains entiers.

Relativement à la matière qui forme les bains, on les distingue en bains d'eau douce, bains d eau de mer, bains d'eaux minérales , bains de vapeurs , sèches ou humides , etc. Il y a aussi des bains médicamenteux^ formés par 1 infusion ou la décoction de diverses plantes. Chacune de ces espèces de bains doit être considérée à part j et suivant l’ordre qui vient d être exposé, et on doit toujours avoir égard à la température de la matière des bains, objet qui entre comme élément dans l’action, qu’ils exercent sur le corps humain.

11 reste encore à parler des bains considérés comme un lieu propre à se baigner. Sous ce rapport, on divise les bains en naturels et artificiels. Les nal urels sont ceux que nous présentent les ruisseaux , les rivières, les étangs, les lacs, la mer, les sources d’eaux minérales, les boues médicamenteuses. Il y a même des étuves naturelles, telles que les grottes des

en virons deNaples, dont les unes sont remplies seulement de vapeurs aqueuses , et les autres contiennent des émanations de soufre.

Les bains artificiels sont ceux dans lesquels l’eau est rassemblée par le secours de l’art. On se baigne alors dans de grands bassins , ou dans des baignoires. Ces bains sont publics ou particuliers. Les premiers sont des bâtimens ou des édifices plus ou moins ornés, situés sur les rivières ou dans le voisinage. Les bains domestiques étaient aussi autrefois des bâtimens assez spacieux. Aujourd’hui, les particuliers les plus riches se contentent d’avoir dans leur maison une salle de bains ; les autres font placer une baignoire dans quelqu’un de leurs appartemens.

Histoire des Bains. — L’origine des bains remonte à la plus haute antiquité. Moïse, le plus ancien des écrivains , parle des lotions fréquentes auxquelles les Juifs étaient assujettis. Homère fait également mention des bains , sous la figure de Médée , qui faisait bouillir les hommes vivans. La Fable nous montre que les bains chauds étaient employés par celte prétendue magicienne. Il y eut chez les Grecs des bains publics et particuliers; mais, d’après ce qu’a dit Hippocrate, on doit les regarder comme fort simples et fort éloignés du point de perfection auquel ils ont été portés par les Komains.

Ceux-ci avaient de grands édifices , ou l’on trouvait toutes les commodités qu’on pouvait désirer pour se baigner. Ces éddices étaient

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