CHAUX
La chaux et sa dissolution ont non -seulement la saveur et l’âcrelé , mais encore toutes
les autres propriétés des alkalis : elle est âcre, dissout les sels ammoniacaux, verdit le sirop de violette, etc., précipite les dissolutions métalliques, et même quelques sels à base terreuse , tels que l’alun : elle a quelque action sur les huiles, l’esprit-de-vin , et surtout sur le soufre. La pierre calcaire n’est point caustique dans l’état où nous l’offre la nature (quoiqu’elle le soit essentiellement) ; c’est alors du carbonate de chaux : elle devient caustique par la calcination , parce que l’action du leu lui enlève l’acide carbonique.
Les anciens connaissaient la chaux, et l’employaient , non à l’intérieur , mais comme corrosive , dépilatoire, etc. Aujourd’hui, on ne l’emploie plus comme telle, et on lui préfère la pierre à cautère, la pierre infernale, l’eau de chaux, etc. La chaux est d’une très-grande corrosion, et c’est un des plus forts poisons corrosifs que nous connaissions. Dans le cas où on en avalerait, il ne faudrait pas recourir aux prétendus spécifiques proposés par les chimistes, mais faire boire en grande quantité de beau, les délayans, les huileux, le lait, les mucilagineux , les émolliens.
La chaux en vapeurs est aussi très-caustique; c’est ainsi que, dans les appartemens nouvellement bâtis , elle fait éprouver à ceux qui les habitent des éternuemens, une toux fréquente, de légers maux de gorge avec constriction de cette partie, des envies de vomir, un resserrement de poitrine, des coliques , des diarrhées, des dysenteries, et surtout la paralysie : cette dernière a lieu parce que les vapeurs de la chaux çe répandent sur les pores de la
DÉ LA CHAUX. lût
peau, les resserrent, d’où il résulte que la matière de la transpiration retenue à l’intérieur se porte sur les nerfs, et occasionne la paralysie. On ne la guérit point par la saignée, les délayans, etc., mais il faut les sudorifiques, légers d’abord, ensuite plus forts. Quand les vapeurs de la chaux excitent à l’intérieur des symptômes d’âcreté , ou y remédie par les émolliens , les inviscans , le lait long -temps continué , etc.
Eau de Chaux. — L’eau de chaux est une préparation de chaux, faite avec une partie de chaux sur 8 ou io parties d’eau : on décante ensuite la liqueur, et c’est ce qu’on nomme eau de chaux première ; on reverse ensuite une pareille quantité d’eau sur la chaux qui a déjà servi à la première opération , et l’on décante ; c’est alors ce qu’on nomme eau de chaux seconde : on préfère celle-ci , parce qu’elle est moins âcre que la première. L’eau de chaux participe un peu aux effets de la chaux : elle est un peu âcre, verdit le sirop de violette, décompose le sel ammoniac. Elle perd ses effets quand on la laisse à l’air libre ; alors il se forme sur la surface une pellicule , nommée crème de chaux.
Les anciens connaissaient l’eau de chaux ; ils l’employaient en douches et en lotions dans les ulcères anciens, sanieux, putrides, dans les empâternens particuliers des tumeurs anciennes. Hippocrate l’avait donnée avec fruit en lavement , pour arrêter des dévoiemens et des dysenteries. Elle tomba ensuite en désué-