Tome T. L
tilde, jusqu àcequ’ellefût ramenëe dansl’usage de la médecine par Willis, Bateus, Sylvius de Le Boë, et plus récemment encore par MM. Jacquin , Roux , etc.
H faut regarder l’eau de chaux comme un remède stimulant, irritant, très-âcre , apéritif, fondant. Par conséquent elle ne convient pas aux tempéramens pléthoriques , à ceux qm sont sensibles, à ceux qui sont maigres, secs et dans le marasme, ni dans le cas de pléthore et celui de dissolution, même lente. Macbride et Pringle l’ont conseillée dans les maladies putrides, même inflammatoires; mais, dans ce dernier cas, l’intensité inflammatoire augmenterait, ainsi que l’âcreté ; il y aurait suspension des excrétions , etc. ; et dans le cas de fièvres putrides avec dissolution , elle rendrait la dissolution plus prompte. On l’a conseillée dans les fièvres intermittentes : elle peut quelquefois être utile , non dans les vernales , qui sont bilieuses , salutaires et facilement guérissables; non dans les automnales , quand elles sont occasionnées par une bile épaisse; mais dans ces fièvres quartes qui arrivent à la fin de l’automne , avec empâtement , infiltration , mollesse. Dans ce cas, l’eau de chaux agit comme tonique, diurétique, apéritive ; mais il faut la donner avec précaution, et seulement après les remèdes généraux; encore avonsnous d’autres moyens plus efficaces pour remplir ces différentes indications. Cependant il faut avouer qu’elle peut être bonne dans les fièvres quartes avec empâtement du foie, de la rate, et dans la leucophlegmatie ; alors on
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Unit l'eau de chaux avec d’autres apéritifs. On a dit l’eau de chaux utile dans le scorbut , mais différens praticiens , dans leurs expériences sur cette eau , comme lithontriptique , ont va que sa continuité seule pouvait donner le scorbut. v •
On l’a employée aussi dans les différentes maladies cutanées; comme les dartres , tes érysipèles, la gale , etc. , mais elle y est nuisible > en ce qu’elle occasionne une prompte répercussion de la matière morbifique , qui peut alors faire les plus grands ravages. On la donne encore dans les maladies purulentes, comme les phthisies pulmonaire ^ rénale, vésicale , etc. ; comme cicatrisante , elle peut cicatriser les ulcères de ces parties. Elle a quelquefois guéri des phthisies commençantes, avec suppuration abondante sans faiblesse de la poitrine , ou disposition à l’hémoptysie. On ne la donne point seule alors , mais coupée avec partie égale ou seulement un tiers de lait. Il faut remarquer que le lait passe aisément quarid on y mêle un peu d’eau de chaux. Elle a été de plus conseillée dans les divers engorgemens , dans les écrouelles. Il est vrai que , donnée avec prudence,elle peut être bonne dans ce cas, comme fondante et apéritive, On l’a employée aussi dans les engorgemens laiteux; mais les eaux alkalines ont mieux réussi»
Comme lithontriptique , MM. Roux , Jacquin, etc. , l’ont beaucoup vantée. La pratique a montré que, quand les graviers étaient peu considérables, que les douleurs des reins ou de la vessie avaient lieu par une matière glai-
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reuse , graveleuse, l’eau de chaux produit cls bons effets ; mais quand la pierre existe à un certain degré, l’eau de chaux n’est plus lithontriptique ; car, mise avec des calculs humains dans des bocaux, elle ne les dissout pas (i) ; à plus forte raison ne les dissolvera- t-elle pas dans les reins ni dans la vessie. Cependant des observations prouvent qu’elle diminue les douleurs occasionnées par la pierre une fois formée , mais sans en diminuer le volume. Dehaën pense que cet adoucissement vient de ce que les couches calcaires fournies par Peau de chaux s’accumulent autour de la pierre , et diminuent ses irrégularités et aspérités , et conséquemment les douleurs.
On ne donne pas l’eau de chaux seule à l’intérieur, on l’unit toujours avec des substances douces , mucilagineuses , avec le lait. Ainsi coupée , on peut en prendre une pinte par jour. Quelquefois on la donne avec la décoction de kina, dans les fièvres intermittentes; avec le sirop antiscorbutique , dans le scorbut ; avec les teintures de mars ou de jalap, dans l’hydropisie ; avec le lait, dans les phthisies : mais on est souvent tombé en erreur, en attribuant, dans ce cas, à l’eau de chaux des effets qui n’étaient dus qu’aux substances auxquelles on Punissait.,
L’eau de chaux est, au résumé, un remède
*(i) Cette assertion est opposée aux expériences faites par Robert Whytt. Vid. Essai sur les vertus de l’eau de chaux pour la guérison de la pierre, traduit de l’anglais par M. A. Roux, D. M. P.