‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 55 sur 94 · DE LA CHAUX · texte numérisé non relu

DE LA CHAUX

très-utile pour faire passer le lait chez les gens qui sont nécessités à le prendre , et le digèrent mal. Elle est bonne aussi en lavemens pour arrêter les anciennes dysenteries muqueuses, et certaines diarrhées. Elle convient aussi dans les anciennes gonorrhées virulentes, les fleurs blanches, les ulcères au col de la matrice, pourvu qu’ils ne ^soient pas trop anciens et carcinomateux ; dans les suppurations de la vessie. Dans ce dernier cas, on l’unit avec les eaux sulfureuses, surtout celles de Barège. Enfin elle n’est pas moins utile dans les ulcères avec bords mous, infiltrés, dans les empâtemens oedémateux , dans les engorgemens des articulations; dans tous ces cas, on l’emploie en douches et en lotions. Elle peut aussi être avantageuse dans quelques cas de maladies cutanées ; mais alors il faut être trèscirconspect sur son usage, qui peut donner lieu à de promptes répercussions toujours dangereuses. Le docteur Andry a souvent employé avec succès l’eau de chaux, soit en lavemens , soit en boissons, dans levs tympanites.

Terres calcaires. — Ces terres sont encore appelées terres absorbantes , et selon CartheuxSer , terres alkalines. Elles se reconnaissent , parce qu’étant exposées à un feu suffisant, elles prennent les caractères de la chaux vive. Elles sont insipides, se dissolvent dans les acides avec effervescence, et non dans les menstrues aqueux. En s’unissant avec les acides , elles forment différens sels neutres à base terreuse calcaire.

On distingue les terres calcaires en miné-

l6£ RÈGNE MINÉRAL.

raies et animales; mais ces deux espèces ne diffèrent entre elles que parce que celles qu’on nomme minérales ont leur séjour dans la terre.

Ou préfère les terres calcaires dites animales , corn me les yeux d’écrevisses, les écailles d’huîtres , le pied d’élan ,.les coquilles d’œufs, les coraux , etc. (i), Gn les a regardées anciennement comme une panacée , surtout dans les quinzième et seizième siècles , où on prétendait que toutes les maladies venaient d’acides. Sylvius de Le Boë , Tachenius , etc. , avaient mis en vogue cette théorie; mais il s’en faut beaucoup qu’elle soit juste, et les modernes n’emploient les terres calcaires qu’avec beaucoup de ménagement. Les enfans, les tempéramens faibles, les femmes , surtout en couches et nourrices, sont sujettes aux maladies acides : dans ces cas mêmes, on a trop usé des terres calcaires ; car les acides prédominant dans la machine , parce qu’il n’y a pas eu assez de force et de ton pour donner aux humeurs, le caractère animal qui leur convient , les terres absorbantes ne sont pas dans le cas de donner cette force qui manque : elles occasionnent, au contraire , souvent la faiblesse de l’estomac, la pesanteur, l’empâtement, etc. ; il faut donc être très-réservé sur leur usage (2).

(1) La hase (le toutes ces substances est le carbonate de chaux.

(2) Puisqu’il faut de la théorie , ne pourrait-on pas croire que les terres absorbantes n agissent que par suite de l’action chimique qu’exercent sur elles les acides qu elles rencontrent dans les voies digestives? Ces acides ne les

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