MAGNÉSIE
Sous forme pulvérulente, cette substance est blanche, douce au toucher, infusible, inaltérable par les fluides impondérables ; elle n’a point d’action sur l’oxygène , mais elle absorbe facilement le gaz acide carbonique de l’air atmosphérique à une température moyenne.
La magnésie ne se trouve pas pure dans la nature; on l’obtient en versant une dissolution de sous-carbonate de soude ou de potasse dans une dissolution de sulfate de magnésie (sel d’Epsom). Dans cette opération, il se précipite un sous -carbonate de magnésie qu’on lave , qu’on sèche , et qu’on calcine pour le dégager de l’acide carbonique.
La magnésie s’emploie dans tous les cas où les terres calcaires , dont il a été fait mention, ont été jugés utiles; peut-être même lui accorde-t-on une sorte de préférence. On l’emploie aussi contre les empoisonnemens par les acides minéraux.
(1) Oxide de magnésium. ( Thénard . )
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Par alliai is , on entend des substances qui affectent le goût d’une manière caustique, irritante et acrimonieuse, exhalent une odeur comme urineuse , teignent en vert les couleurs bleues des végétaux , forment avec les huiles des concrétions nommées savons , etc. , etc.
On a distingué les alkalis en fixes et en volatils (1).
Propriétés médicales des Alkalis. — Les alkalis sont âcres et caustiques , irritans et sti— mulans : ils sont apéritifs, très-fondans, bons diurétiques et absorbans.
,,(i) La chimie moderne ne reconnaît plus d’ alkalis , et les substances réputées subalkalines et alkalines par Fourcroy , doivent , d’après les expériences de Thénard et de ses collaborateurs , être regardées ( l’ammoniaque excepté , qui exerce , selon Thénard , et se comporte en beaucoup de cas comme les oxides métalliques , surtout comme ceux appelés alkalis, c’est-à-dire, la potasse, la soude, la baryte, la strontiane , la chaux , etc, ) , comme des oxides métalliques. Ainsi, il n’est plus question de magnésie, de chaux , de baryte , de strontiane , de soude , de potasse ; mais d’oxides , protoxides , péroxides , deutoxides , de magnésium , de potassium , de sodium , etc. Cependant ces changemens, quoique bien reconnus , n’étant point encore introduits dans la matière médicale ni dans la pharmacie , l’éditeur s’est crîi autorisé à suivre les anciens erremens , c’est-à-dire ceux adoptés jusqu’à l’époque des travaux et des découvertes du très-laborieux et très-savant chimiste Thénard,
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D'après ces propriétés générales, ils ne conviennent pas dans les maladiesinflammatoires, quand même l’inflammation serait légère, car ils l’augmenteraient, ainsi que l’éréthisme. Il y a même des maladies aiguës , non inflammatoires, qui les exilent comme les fièvres putrides parvenues à un certain degré où il n’y a plus d’inflammation ; alors les alkalis augmenteraient la putridité de ces maladies.
On les a beaucoup vantés dans les fièvres intermittentes, mais ils ne conviennent pas dans celles qui sont bilieuses, comme sont les vernales , parce qu’ils donneraient beaucoup d'âcretè à la bile , augmenteraient sa vertu dissolvante, et de fièvres intermittentes, en feraient des fièvres continues. Il en est de même pour les fièvres intermittentes automnales commençantes; mais quand celles-ci deviennent quartes , et se propagent dans l’hiver avec engorgement des principaux viscères du bas- ventre, empâtement, épaississement de la lymphe , disposition à l’infiltration , alors les alkalis sont utiles : ils augmentent le cours des urines , empêchent l’infiltration , diminuent l’engorgement des viscères , en sollicitant leur action systaltique. Ils seraient nuisibles dans les fièvres quartes longues et rebelles, qui finissent par une dissolution comme scorbutique, car ils augmenteraient cette dissolution. Ainsi ils ne conviennent que quand il y a défaut de ton, engorgement par une matière visqueuse, infiltration commençante (pourvu qu’elle ne 6oit pas la suite de la dissolution du sang) , engourdissement de la sen-
sibilité. Ils ne conviennent pas quand il y a inflammation lente, comme au commencement des phthisies ; ni quand il y a quelque suppuration particulière. Ils ne conviennent pas non plus dans le scorbut et les maladies analogues. On les a beaucoup vantés dans les hydropisies : ils y sont très-utiles quand l’hydropisie est due -au relâchement, au défaut de ton des viscères , à leur engorgement ; mais ils sont nuisibles quand elle est la suite de la dissolution du sang, comme le scorbut, et à la suite du traitement mercuriel long -temps continué, de même que quand elle est la suite de l’éréthisme, et qu’elle est accompagnée de sécheresse. Ils conviennent mieux quand l’eau est épanchée dans les grandes cavités, comme la poitrine et le bas-ventre; mais ils sont moins avantageux, quand elle a lieu dans le tissu cellulaire. Ils réussissent principalement quand l’hydropisie est due à un défaut de ton des voies urinaires, qui produit le défaut de sécrétion et d’excrétion de l’urine : alors ils titillent avantageusement les organes urinaires , et réta^ blissent leur fonction. C’est par leur moyen que le maréchal de Saxe a été guéri d’une pareille hydropisie. Ils sont encore utiles dans les engorgemens> des viscères abdominaux , et dans quelques jaunisses, non celles du printemps, car ils augmenteraient Vâcretè de la bile , mais dans celles d’hiver et celles qui ont lieu chez les gens pituiteux. Ils conviennent aussi dans les engorgemens de la rate ; ils sont de grands dissolvans de la lymphe , et conséquemment très-utiles dans les tumeurs
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écroUelleuses et le vice rachitique. Ils ne conviennent pas moins dans les engorgemens laiteux , non ceux qui suivent les couches nouvelles , où il y a état voisin du spasme , et où il faut des résolutifs plus doux , mais quand ils sont anciens et sans éréthisme. Ils sont nuisibles dans les engorgemens vénériens ; et M. Levret se servait de ce moyen pour distinguer les engorgemens vénériens d’avec les engorgemens laiteux : s’ils étaient vénériens l’usage des alkalis faisaient augmenter les douleurs et l’engorgement ; s’ils étaient laiteux , les douleurs et l’engorgement diminuaient. On les a encore souvent employés dans l’asthme; mais comme c’est une maladie principalement marquée par un caractère nerveux, ils n y conviennent pas, en général, surtout dans les accès. Mais quand ils sont occasionnés par une matière visqueuse et pituiteuse r qui embarrasse les bronches , les* alkalis peuvent être utiles, donnés dans l’intervalle de& accès.
Les alkalis conviennent encore dans le cas de goutte et de rhumatisme, non avec un caractère inflammatoire, mais quand ils sont anciens , avec des tophus et des nodus sans douleurs, ils résolvent très- bien ces nodus et ces tophus. Ils sont encore très - bons , quand les organes sont empâtés par une matière glaireuse et pituiteuse , comme dans les hjpocondriacism.es lents , les .embarras muqueux des voies urinaires. Van-Swieten les recommandait quand, chez les enfans, le lait s’épaissit dans les premières voies, et qu’il
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s’en développe un caractère acide. On les a aussi conseillés dans les apoplexies : ils seraient nuisibles dans les sanguines; mais ils sont utiles dans les séreuses, quand le malade commence à aller mieux, pour hâter la guérison et prévenir les suites, comme la paralysie, etc. : v alors il faut les continuer long-temps ; mais la dose doit être ménagée ; car, quand elle est trop forte, !les alkalis sont de vrais poisons qui irritent , enflamment et corrodent. Dans ce cas , il ne faut pas avoir recours aux neutralisations , mais employer les émolliens , les inviscans, une eau mucilagineuse , les huileux , et le lait long-temps continué.
Manière (T employer les Alkalis. — Les alkalis se donnent ou sous forme liquide , ou sous forme sèche. L’alkali fixe végétal (i) s’emploie sous forme liquide : on le donne dans de larges véhicules, à la dose de 18 ou 20 gouttes, ou un gros et demi, dans des boissons apéritives , comme le vin blanc , dans le cas d’hydropisie, etc. En potion, on le prescrit à la dose de 8 ou io gouttes , et c’est ainsi qu’on l’emploie chez les enfans, qui répugnent aux boissons étendues. Van-Swieten en donnait 5 ou 6 gouttes dans trois ou quatre cuillerées d’une potion appropriée , et il faisait prendre une cuillerée de cette potion aux enfans attaqués de maladies acides. C’est un fort bon moyen pour atténuer le lait épaissi ,
(i) Carbonate de potasse.
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ft neutraliser son caractère acide. On l’emploie de la meme manière dans le carreau où il y a engorgement du foie, de la rate, et surtout du mésentère. V alkali fixe minéral (i) se donne sous forme sèche, dans des extraits dont on fait des bols , des opiats , etc. , à la dose de 6 , 8 , ou au plus 12 grains par jour, partagés en plusieurs prises.
A l’extérieur, les alkalis sont caustiques, fondans , résolutifs et cicatrisans. On les emploie en douches dans les tumeurs molles , indolentes, les loupes commençantes- et en lotions répétées dans quelques stéatomes commençans. Ils conviennent aussi en douches et en lotions dans les épaississemens de synovie, les nodus , les tophus goutteux. Ils sont aussi utiles dans les ulcères anciens : ils détruisent les callosités, amollissent les chairs, dessèchent et donnent du ton à la partie ulcérée. ‘C’est alorsqu’on voit très-bien réussir les bains et les lotions d’eaux alkalines, surtout dans les ulcères qui tiennent du genre écrouelleux, ou laiteux , et autres anciens ulcères qui ne dépendent pas d'une cause interne. Mais ils sont nuisibles dans les ulcères scorbutiques et ceux qui sont vénériens. Ils conviennent dans les ulcères fistuleux. On ne donne point les alkalis purs à l’extérieur : ils dessécheraient et corroderaient trop; il les faut tels qu’ils existent dans la lessive de sarment, de cendres gravelées , etc.
(i) Soude, ou carbonate de soude.
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Dé la Pierre à cautère , ou Potasse caiis tique. — La pierre à cautère est la potasse privée de toute humidité, et devenue plus corrosive après avoir été traitée par la chaux. Pour préparer la pierre à cautère, on enlève au carbonate de potasse son acide , en le fai sant bouillir avec poids égal de chaux vive, et douze ou quinze fois son poids d’eau , que l'on remplace par d’autre, à mesure qu’elle s’évapore (i). L’ébullition étant continuée jusqu’à ce qü’une portion de la liqueur, prise pour essai et filtrée, ne donne plus, ou presque plus de précipité en y versant de l’eau de chaux, on passe le tout au filtre. On fait ensuite bouillir de nouveau la liqueur jusqu’à siccité , et on fait fondre le résidu pour le couler. La potasse , ainsi purifiée et fondue , devient trèscorrosive , et infiniment plus active et plias caustique , même lorsqu’elle est en liqueur (2) , que tout autre alkali.
On se sert de cette composition pour ouvrir les cautères. Les Arabes sont les premiers qui en aient fait usage ; aussi cette opération est-
(1) Dans cette opération, dit Thénard, l’eau dissout le carbonate de potasse. La chaux, après s’être divisée et réduite en bouillie, s’empare de l’acide carbonique, et forme un sous-cnrhonate de chaux insoluble qui se précipite , tandis que le deutoxide de potassium (potasse , selon la nomenclature de Fourcroy) , étant soluble, reste dans la liqueur.
(2) La potasse caustique se conserve dans des flacons hermétiquement fermés ; car , lorsqu’elle reste exposée à l’air , elle s’empare de son humidité , et tombe eu déliquescence. Il prend alors une forme liquide.
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rlle est appelée ustio arabica. Les anciens, pour la faire, employaient le feu.
La pierre à cautère agit en s’emparant de l’humidité, desséchant et désorganisant la partie sur laquelle on l’applique (i): la vie alors en sollicite la séparation , ce qui forme un ulcère dont on entretient la suppuration aussi long-temps qu’il est nécessaire par les moyens connus en chirurgie. »
AMMONIAQUE , ou ALKALI VOLATIL.
L’ammoniaque est formé de deux corps combustibles , l'hydrogène et l’azote (2). Il est appelé, i°. alkali , parce qu’il a toutes les propriétés des alkalis fixes , comme la saveur âcre , caustique et brûlante, la propriété de verdir les couleurs bleues, de former avec les acides des sels neutres, etc. 20. On ajoute l’épithète de volatil , à cause de sa prompte évaporation , de son odeur particulière et de sa pénétrabilité.
Les vapeurs de l’alkali volatil sont capables de suffoquer, d’exciter la toux et les larmes quand 011 les respire. Ce sont aussi ces mêmes vapeurs qui font le piquant de l’odeur que l’on sent dans les latrines aux changemens de temps.
(1) Voyez ce qui a été dit en note, page 90.
(2) Lorsqu’on fait passer un grand nombre d’étincelles électriques à travers une certaine quantité de gaz ainriio— niac , par exemple , j 00 parties , on le décompose complètement, et on en retire i5o parties de gaz hydrogène , et 5o parties de gaz azote. Voyez Thénard , Traité de Chimie élémentaire , tome 1 , page n/|.