‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 59 sur 94 · SULFURES AL K AL IN S · texte numérisé non relu

SULFURES AL K AL IN S

Les alkalis (i) se combinent avec le soufre, et forment des substances connues sous les noms de sulfures, ou foies de soufre. Les sulfures sont très-pénétrans ; ils exhalent une odeur fétide, semblable à celle des œufs couvis. Us sont réputés les meilleurs fondans que la médecine connaisse, mais leur odeur empêche de les employer à l’intérieur aussi souvent qu’on pourrait le désirer. On ne les administre guère en dissolution ; quand on les donne ainsi , c’est à la dose de 12 grains dans une pinte de boisson , mais cette boisson est très-désagréable ; c’est pourquoi on les emploie le plus souvent sous forme sèche, incorporés avec des extraits amers.

Leur usage, en général , donne un très-grand développement à la sensibilité , excite la turgescence sanguine, et peut donner lieu aux hémorrhagies. Ils sont employés contre les scrofules, dans les suites d’asthme, les affections psorique et dartreuse.

M.Navier avait regardé les sulfures comme

(1) Fourcroy , qui regardait la chaux comme substance subalkaline , reconnaît aussi le sulfure de chaux ; et MM. Hahnemann et Paping , dit le docteur Alibert ( Nouveaux Elément de Mat. méd. etc.) , ont préconisé le sulfure de chaux pour arrêter les progrès de la salivation dans le traitement de la vérole par le mercure ; mais M. Cullerier , ajoute-t-il, a déjà présenté les inconvéniens qui suivent l’administration de cette substance. — Pourquoi Thénard , dans son Traité de Chimie élément . tome 1 , pag. 363 et 366, avance-t-il que le sulfure de chaux ( sulfure de calcium') n est pas connu , mais qu on l’obtiendra bientôt ?

DES ALKÀLÏS.

contre-poisons des matières métalliques; mais, en dépit de toute considération chimique , l’expérience a prouvé qu’ils étaient encore par eux-mêmes trop irritans , et qu’il valait mieux leur préférer les boissons délayantes mucilagineuses, huileuses, prise en très-grande abondance.

Sulfure de Potasse. — Il est d’un vert jaunâtre, attire l’humidité de l’air, et est trèssoluble dans l’eau. Il se prépare facilement, soit en mêlant ensemble et plaçant dans un creuset, pour les faire liquéfier par le calorique, poids égal de soufre et de potasse; soit en faisant bouillir pendant long-temps proportion égale de soufre en poudre et de potasse en liqueur.

Depuis plusieurs années, ce sulfure a reçu de nombreuses applications au traitement du croup et des affections scroftîleuse , dartreuse , psorique, etc. La dose ordinaire du sulfure de potasse est de quatre, six ou huit grains, qui, quelquefois, peut se renouveler deux fois dans les vingt-quatre heures. On lui donne consistance et forme pilulaire, avec le miel ou un sirop quelconque. Le professeur Chaussier a fait préparer un sirop de cette manière (i) : prenez 2 gros de sulfure de potasse , faites-les dissoudre dans 8 onces d’eau distillée de fenouil ou d’hyssope ; filtrez la dissolution , et faites fondre au bain-marie 1 5 onces de sucre en poudre. Une once de ce sirop contient six grains de sulfure (2).

( 1 ) Alibert , ouvrage déjà cité.

(2) V oyez , pour l’applicat ion du sulfure de potasse au

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Sulfure de Soude . — Il est d’une couleur verte , qui devient plus foncée lorsqu’il s’est emparé de l’humidité de l’air. Sa saveur est amère et alkaline. Il est très-dissoluble dans l’eau : traité par les acides, il dégage du gaz hydrogène sulfuré. On le prépare de la même manière que le sulfure de potasse.

Il peut s’employer dans les mêmes cas et aux mêmes degrés que le sulfure de potasse. C’est principalement lui qui est employé dans la composition des eaux artificielles de Barèges.

Telle est la formule proposée par MM. Planche et Boullay , pharmaciens de Paris (i) :

Sulfure hydrogéné de soude concentré à 25 degrés du

pèse-acide de Baumé io onces.

Solution saline gélatineuse 4 onces.

Mêlez , et ajoutez à l’eau d’un bain au moment d’en faire usage.

Telle est aussi la formule de la solution saline gélatineuse indiquée ci-dessus :

Eau distillée i litre.

Carbonate de soude i once.

Gélatine animale i once.

Sulfate de soude 4 gros*

Muriate de soude 4 gros*

Petrole rectifié 20 grains.

Distillez et filtrez.

traitement du croup , le rapport de la commission du croup , et l’article Croup du Dictionnaire des Sciences médicales , l’un et l’autre rédigés par le professeur Royer- Collard.

(0 Voyez Essai sur les Eaux minérales naturelles et artificielles , par Bouillon-Lagrange.

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