‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 71 sur 94 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

Le mercure ou vif argent, est une substance métallique d’un blanc brillant, semblable à l’argent, habituellement fluide , opaque , trèsvolatile, et la plus pesante des substances après 1 or et le platine : ni l’air ni l’eau ne l’attaquent d’une manière sensible ; il n’est pas susceptible de rouille. L’empirisme a tiré grand parti de cette substance , et les alchimistes qui 1 ont travaillée les premiers en ont aussi tiré un grand nombre de préparations. Le mercure se trouve rarement dans le sein de la teire sous forme coulante, quoique ce soit son état habituel. On prétend que Montpellier est bâti sur une mine de mercure coulant* Le plus souvent il est uni au soufre, et forme un composé nomme cmcibj'e . Celui qu’on trouve dans le commerce est souvent uni au plomb et au bismuth , ce qui le rend dangereux dans les arts et dans la médecine. On le purifie par la sublimation , ou en le triturant avec un peu de vinaigre ou de sel, ou en le faisant passer par une peau de chamois, ou à travers une toile neuve , propre et serrée. On a remarqué que, lorsqu on secoue dans les ténèbres un baromètre lait avec un pareil mercure , il jette une lumière phosphonque. Une chaleur qui n’excède pas celle de l’eau bouillante n’altère point le mercure, et ne paraît point lui faire perdre de son poids. Par le moyen d’un froid artificiel considérable, on peut le rendre concret, ductile et malléable. Par la digestion à un degré de chaleur très-fort, soutenu pendant plusieurs mois, dans un vaisseau qui ne soit pas exactement clos , le mercure acquiert

une forme pulvérulente rouge : alors, comme il ressemble à un précipité métallique, et que Ton n’a eu besoin pour cela d’aucune addition , on lui a donné le nom de mercure précipité per se y ou mercure précipité rouge sans addition , ce qui est l oxyde de mercure rouge par le feu des chimistes modernes. Une agitation forte et longue, un broiement constant peuvent aussi former le précipité per se , comme l’a prouvé le premier M. de la Garaye , avec sa machine , et MM. Margraf et Navier.

Dans cet état de précipité perse, le mercure est assez aisément dissoluble par les acides minéraux et même végétaux. Il peut aussi s’unir alors avec les terres absorbantes qui lui ôtent sa couleur, sa volatilité , et lui donnent une forme méconnaissable. Trituré pendant un certain temps avec la poudre d’yeux d’écrevisses , il forme ce qu’on nomme mercure terreux , mercure alkalin. Mais ici, il n’y a point une véritable dissolution du mercure, car , par une distillation légère, il redevient mercure coulant , il n’y est qu’éteint. Le mercure s’unit aisément au soufre; quand il est parfaitement combiné avec lui par la sublimation , il forme le cinabre artificiel.

Cette combinaison se fait aussi dans l’intérieur de la terre; les feux souterrains le subliment aux voûtes des mines. Le cinabre réduit en poudre forme le vermillon , qu’on emploie dans la peinture. La vraie mine de mercure contient aussi du soufre , et c’est ce qu on nommé cinabre naturel. Mais si l’on mêle du cinabre naturel avec les terres calcaires, les alkalis fixes , le fer , le cuivre , le plomb, l’argent ou le régule d’antimoine, et qu’on dis-

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tille ce cinabre avec une de ces substances, le mercure se dégagera , passera sous la forme de mercure coulant, et le soufre restera combiné dans la cornue avec l’intermède qu’on aura employé, comme ayant encore plus d’affinité avec lui qu’avec le mercure. Il faut observer que le mercure qu'on obtient dans cette opération , prend le nom de mercure revivifié du cinabre : il est très-pur, et mérite la préférence, quand on a besoin de l’employer comme tel dans la médecine , la chimie et les arts.

Lorsque la combinaison du mercure et du soufre est moins parfaite que dans le cinabre, comme par la trituration ou la fusion, le mercure est éteint sous forme de poudre noire , appelée éthiops minéral (1), qui n’existe pas naturellement dans le sein de la terre. L’acide sulfurique concentré , et aidé par une forte action du feu, dissout le mercure, et forme un sulfate de mercure. Si l’on verse sur ce sulfate de 1 eau chaude à plusieurs reprises , il se précipite une poudre jaune, nommée turbith minéral ou précipité jaune (2), Quand on a bien lavé et décanté cette poudre, qu’on y a employé un alkali qui se combine avec l’acide sulfurique , alors le mercure peut se revivifier aisément par une simple distillation. L’acide nitrique est, des acides minéraux, celui qui dissout le plus aisément et le plus promptement le mercure. Alors il forme le nitrate de mercure, qui se cristallise en aiguilles jaunes ou en cristaux dodécaèdres. Quand on étend

(1) Oxyde de mercure sulfure noir.

(2) Oxyde mercuriel jaune par l’acide sulfurique.

s68 RÈGtfE MINÉRAL.

le nitrate de mercure dans l’eau bouillante, il se précipite une poudre rouge , nommée précipité rouge (1).

Quand on fait digérer le nitrate de mercure dans l’esprit-de-vin, le mercure acquiert une couleur rouge, et est appelé arcane corallin (2); arcane, parce qu’il a été long-temps employé comme un secret; corallin , à cause de sa couleur.

L’acide muriatique agit aussi le mercure , mais il faut que tous les deux soient en état de vapeurs ; il en résulte par ce moyen un sel mercuriel, nommé sublimé coirosif. On peut encore avoir le sublimé corrosif, en faisant décomposer le nitrate de meroure par l’acide muriatique ; car, quoique l’acide nitrique dissolve promptement et complètement le mercure, il a cependant moins d’affinité avec lui que l’acide muriatique.Le muriate de mercure, qui résulte de l’acide muriatique versé dans une solution de muriate de mercure , est ce qu’on appelle précipité blanc (5).

Le mercure doux , aquila alba, est du sublimé corrosif (4) , trituré et combiné avec une nouvelle quantité de mercure coulant ; de sorte que l’acide muriatique n’y excède presque

(1) Oxyde de mercure rouge par l’acide nitrique.

(2) On ne voit pas la différence qui existe entre 1 arcane corallin et le précipité rouge: les synonymies les font identiques. Ces deux substances sont également regardées par les chimistes modernes, comme oxyde de mercure rouge par l’acide nitrique.

(3) Muriate de mercure par précipitation.

(/*) Müriate de mercure au maximum d’oxydation.

plus, au lieu qu’il excédait beaucoup dans le sublimé corrosif, et que le mercure refuse de se combiner ou de s’éteindre. On fait sublimer cette matière jusqu’à trois fois., pour perfectionner la combinaison.

Si 1 on sublime jusqu’à sixfoiscette dernière combinaison, on rend la connexion du mercure et de l’acide muriatique encore plus intime, et il en résulte ce qu’on nomme panacée mercurielle , ou calomélas. Cette dernière combinaison , ainsi que le mercure doux , sont fort peu dissolubles dans l’eau; le sublimé, au contraire , s’y dissout facilement. Les acides végétaux dissolvent aussi le mercure , mais il faut qu’il soit très-atténué, très-divisé et sous forme de poudre , comme le précipité per se, le précipite' jaune, le précipité rouge, ou le mercure dissous dans les acides minéraux, et précipité par un alkali. L’acide de vinaigre est celui des acides végétaux qui dissout le plus aisément 1@ mercure. Le résultat de cette dissolution prend le nom de sel acéteùx mercuriel , ou mercure acéteux ; on lui a donné aussi celui de terre foliée mercurielle.

Le mercure dissous par la crème de tartre ( i ), est nommé sel tartareux mercuriel, ou tartre mercuriel (2).

Les autres acides végétaux , comme celui d orange, de citron, d oseille, etc. , et les acides animaux agissent aussi le mercure. Cemiinéral se combine encore avec les substances mucilagineuses , les sucs gommeux , les huiles ; "alors

(1) Tartrate acidulé de potasse.

(2) Tartrite mercuriel.

il prend le nom de mercure sirupeux , gommeux, huileux. Ici, ce n’est point une vraie dissolution, mais une simple extinction du mercure, puisque la distillation le fait reparaître sous forme naturelle. Les huiles essentielles et les baumes, qui ne sont que des huiles essentielles concentrées , dissolvent aisément le mercure , à cause de l’acide développé qui y est contenu; on l’appelle alors mercure balsamique.

La graisse le dissout aussi, à cause de l’acide qu’elle contient: c’est ce qui forme V onguent mercuriel.

Propriétés médicales des préparations mercurielles.— 1°. Le mercure coulant. Il était trèspeu connu des anciens, qui le regardaient comme un poison , et ne l’employaient ni à l’intérieur, ni à l’extérieur. Les Arabes sont les premiers qui l’aient employé , ainsique les autres préparations métalliques. Dès le sept ou huitième siècle , ils mettaient en usage le mercure coulant à l’intérieur, surtout dans les maladies d’engorgement et d’épaississement de la lymphe. Depuis, plusieurs médecins, et principalement M. de Haén , ont conseillé le mercure coulant, non dans les maladies vénériennes , puisqu’il n’entre pas dans les secondes voies , mais pour forcer les obstacles qui peuvent se trouver dans les premières voies, comme dans la constipation longue et rebelle, le volvulus, etc.

M. de Haén rapporte beaucoup d’observations où le mercure coulant a alors réussi. Mais il y a beaucoup de constipations qui sont ac-

eompagne'es de l’inflammation des intestins , où le pouls est fréquent, petit par concentration ; il y a angoisse, le ventre est tendu et douloureux , alors le mercure coulant fatiguerait, par son poids , de plus en plus les intestins; il en est de même pour les volvulus accompagnés d inflammation. Mais quand celleci n existe pas , qu il n’y a pas grande douleur , le mercure coulant peutetre bon en allongeant et développant par son poids les intestins. Il en est de même pour les hernies : il peut y être utile en tiraillant par son poids le canal intestinal, et M. de Haën en rapporte des exemples ; mais quand elles existent avec inflam- . xnation, il est nuisible, il augmenterait les douleurs; 1 inflammation amènerait la gangrène et la mort, après laquelle on trouve le mercure arrêté au-dessus de l’obstacle; dans ce cas de hernies, il faut au contraire les antiphlogistiques, etc. Du reste , le mercure coulant pris par la bouche ne peut produire de mal que par son poids, car il passe avec rapidité et fort promptement par le fondement.

Au commencement du dernier siècle , c’était la mode à Londres et à Edimbourg d’avaler tous les malins 2 ou 3 gros de mercure coulant dans 4 ou 5 onces d huile , pour préserver, disait-on, de la goutte, de la pierre , etc. On n’a pas vu qu il produisît aucun accident.

Dans les maladies vermineuses, on donne le mercure coulant en décoction : après quelques heures d ébullition, on décante la liqueur qui sert de boisson au malade. Mais cette eau est-elle vraiment anthelminthique ? L’eau ne r issout point le mercure par les ébullitions

les plus fortes ; on retrouve toujours après le même poids de mercure, ce qui ferait croire que cette eau n’est point vermifuge : cependant l’expérience prouve qu’elle tue les vers et les évacue, d’après le témoignage de Baglivi, de Lentilius, de Andry,etc. Mais cela n’empêche pas qu’il n’y ait d’autres préparations mercurielles plus sûres comme vermifuges.

Les vapeurs du mercure , soit respirées par la bouche , soit introduites par les pores de la peau , peuvent occasionner des accidens trèsgraves.

Les constructeurs de baromètres , les doreurs, les argenteurs, ceux qui mettent les glaces au tain , ceux qui subissent sans précautions et trop long temps les frictions mercurielles , et surtout ceux qui les donnent , etc. , sont sujets , par cette cause , à la salivation , au dessèchement, au marasme, au tremblement, à la paralysie. Ils éprouvent aussi quelquefois des coliques métalliques qui sont produites par le plomb, avec lequel le mercure est sophistiqué , principalement celui du commerce.

Le mercure étant très-atténuant et très-fondant, amène une dissolution comme scorbutique. Ainsi ce minéral a deux caractères généraux quant à ses effets sur l’économie animale : i°. un caractère spasmodique , c’est-àdire, qui attaque particulièrement le genre nerveux ; 20. un caractère fondant les humeurs, surtout le sang.

Le traitement du tremblement mercuriel consiste dans les sudorifiques actifs et résineux. Les anti-spasmodiques sont aussi employés avec assez de succès , surtout l’électri-

cite, qui est un moyen principal quand la continuité des sudorifiques n’a pas pu guérir ce tremblement. Ce moyen a réussi àM. Haè'n , et M. Mauduyt a ainsi guéri beaucoup de doreurs — II faut aussi, chez ceux qui manient le mercure, employer les anti-scorbutiques; car les dents sont presque toutes rongées , elles sont noires, leur émail est détruit, les^encives sont corrodées et très - saignantes ; le visage est d’un jaune pâle, comme chez les scorbutiques, l’haleine est très-fétide et scorbutique. Il faut donc faire usage des anti-scorbutiques ; par exemple, mettre du sirop antiscorbutique dans les tisanes sudorifiques. Le iait est aussi utile comme unique nourriture mais il a 1 inconvénient d’augmenter la dissout*011 scorbutique; c’est pourquoi il faut, sur âne chopine de lait, ajouter 5 ou 4 onces de mes anti-scorbutiques; on en fait autant le °ir • Par-là on remédie au tremblernent , aux mtres affections nerveuses, et à la dissolution lu sang.

Quand le mercure excite des salivations il mt, pour les arrêter, employer les tisanes udonfiques laxatives, le lait avec le sirop anticorbutique. Il faut quelquefois les sucs des ruciferes les plus abondans , pour donner us de consistance aux humeurs qui sont tomees dans la colliquation premièrement octsionnée par les vapeurs mercurielles.

Lorsque le plomb est amalgamé avec le rnerire, cequi produit des symptômes mixtes,

aut d abord le traitement de la colique de om , c est-à-dire , faire vomir et purger for-v •’nent, ensuite employer les tisanes sudori- Tome I. • o

O'j 4 RÈGNE MÎNÈlUt,

iiques continuées long -temps, l’huile essentielle d’anis incorporée dans l’extrait de genièvre. Ces moyens portent les particules métalliques à la peau, et le tremblement, déjà affaibli par le traitement de la colique saturnine , se guérit quelquefois par l’électricité.

2°. Oxyde de Mercure rouge par le feu , Précipité per se, ou précipité rouge sans addition. Comme il excite le vomissement, des angoisses, qu’il est infidèle, il est aujourd’hui abandonné. On le donnait sous forme sèche dans des extraits , ou étendu dans un véhicule approprié , à la dose de 2 , 3 et 4 grains.

3°. Le Mercure terreux ou alkalin. Il a été très employé dans les maladies vénériennes, dans celles* d’engorgement , et dans beaucoup de maladies de peau. Mais comme il n’est qu’éteint dans cette combinaison terreuse , qu’il se revivifie dans les premières voies , puisqu’on le rentf parles selles, qu’il ne passe pas par conséquent dans les secondes voies , il est aujourd’hui exclu de la pratique. On le donnait à la dose de 10 , 12 , 1 5 , 24 et 56 grains.

4°. Oxyde de Mercure sulfuré noir, Ethiops minéral. Il a été très en usage , et l’est encore. C’est une des préparations mercurielles les premières employées contre les maladies vénériennes, surtout contre les maladies de lapeau, les vers , la rage , et comme préservatif et correctif de la petite vérole. Mais donné à une dose même un peu forte, il n’excite point la salivation, preuve qu’il n’entre pas , ou au moins très-peu dans les secondes voies. Il n est dissoluble que dans les menstrues alkahns; ainsi on peut l’éloigner de la pratique medi-

Î^S MÉTAUX. 2r?5

Ce qui a induit en erreur snr coo P-etés, c'est qu’on l’unimit dans les d7'

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phoretique non lavé, le mercure do, panacee mercurielle, les amers, les médic mens vraiment actifs. Contre la ra°e v - T anglaise l’a beaucoup recommande 77 camphre, a la thériaque , etc Mais -vin effets sont dus à ces derniers 'ingr'dié^8 A"*

1 a conseillé dans la petite vérole pour 7 a ger 1 acrimonie variolique - mais 77? °rr" parafions mercurielles rernnli ^P ! rGS pre“ indication. On donnaTZ^' I iTUXCél!* *,ler? *eulement, sous forme sèche -77 d”*"

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y a quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans. Ori en fit usage à Bicêtre , mais sans succès. De nos jours , M. Lalouette les a recommandées. Dans la méthode des fumigations, le cinabre n’entre pas dans l’économie comme cinabre , mais comme mercure et comme soufre séparément. Le mercure se trouve alors réduit en vapeurs qui peuvent attaquer , détruire et guérir beaucoup de symptômes véroliques, surtout ceux qui sont cutanés, comme les chancres anciens, les dartres véroliques, les douleurs ostéocopes anciennes, les rhagades qui ont résisté long-temps aux autres moyens, etc. Il faut garantir sa tête de ces vapeurs, par le moyen de la machine fumigatoire ; sans cela, elles occasionneraient de grands maux de tète , la salivation , des chancres , etc. Mais, même avec cette précaution , les fumigations ont souvent causé l’affaiblissement , la maigreur, les convulsions, les tremblemens, la paralysie, parce que les vapeurs mercurielles attaquent spécialement le genre nerveux. Ainsi on a raison d’éloigner les fumigations du traitement vénérien , à cause de leurs suites.

On emploie un demi-gros de cinabre pour les fumigations particulières , et un ou deux gros jetés sur les charbons ardens , pour les fumigations générales. On donne environ depuis dix jusqu’à vingt fumigations pour traitement complet.

6°. Sulfate de Mercure , Sel vitriolique mer curiel , qu Vitriol de Mercure. Il a été employé dans le commencement de l’usage des préparations mercurielles ; mais aujourd hui il est abandonné. Sous forme sèche, c’est un poison

corrosif qui excite les vomissemens, les coliques, la mort. Veau vitriolique mercurielle , quoique point aussi active , doit être egalement bannie de la pratique. La dose du sulfate de mercure était d’un demi-quart de grain.

70. Oxyde de Mercure jaune par V acide sulfurique y Précipité jaune , ou Turbith. minéral. On le donne à la dose de 2 , 0 grains dans la journée; une plus grande quantité exciterait des coliques , des vomissemens. On peut aussi en donner 2 , 4 ? 6 grains sous la forme sèche, avec des moyens appropriés. Quelques-uns l’ordonnent à la dose de 6 , 8 grains, dans de la mie de pain, en forme de bol, aux chiens enragés , ou qui ont été mordus ; et il est meilleur contre la rage que l’éthiops minéral.

Il a guéri des maladies vénériennes , tué des vers, fondu des engorgemens considérables. Boerhaave et Lobb l’ont recommandé pour prévenir la petite vérole, et corriger l’acrimonie variolique ; mais d’autres préparations mercurielles remplissent mieux cette indication.

8°. Nitrate de Mercure , Nitre mercuriel , ou Mercure nitré. C’est un caustique des plus puissans , aussi faut-il 1 éloigner de l’usage intérieur. Cependant, dulcifié, il a fait le secret de beaucoup de charlatans, et a été employé , par les médecins, à la dose de 2 , 5 grains étendus dans une pinte d’eau ; mais il est trèscorrosif.

L eau dans laquelle on dissout le nitrate de mercure, est nommée eau mercurielle. La chirurgie 1 emploie comme un bon caustique contre les chancres, les verrues véroliques,

les ulcères sanieux, etc. Un capucin avait recommandé cette eau dans les maladies vénériennes , à l’iniérieur, d’où elle avait pris le 110m de remède du capucin , et aussi celui de remède du duc d Antin. Il en faisait prendre une cuillerée par jour dans une boisson mucilagineuse. Cette eau a beaucoup guéri de maladies vénériennes ; mais elle a fait aussi beaucoup de victimes, produisant des inflammations du bas-ventre , des affections de poitrine , des phïhisies pulmonaires. On en a rappelé l’usage de nos jours, sous le nom de sirop de Belet , qui se prépare de la manière suivante : on prend du nitrate de mercure, on le fait digérer long-temps dans l’esprit-de-vin ; on étend ensuite ce mélange dans l’eau, qu’on édulcore avec un sirop quelconque. Ce sirop aune odeur agréable étbérée, et le sirop qu’on y ajoute le rend moins corrosif.

MM. Belet et Bouvart ont beaucoup accrédité ce sirop dans les maladies de la peau , les écrouelles , les érysipèles , les dartres anciennes. Il est vrai qu’il guérit souvent les maladies principales , mais il amène souvent la maigreur, le dessèchement, les affections de poitrine , les coliques , et quelquefois la mort ; ce qu’on a vu dans les hôpitaux de marine, où il a été fort employé. On en prend une cuillerée étendue dans une boisson mucilagineuse, mais il doit être employé avec la plus grande précaution , et seulement chez les lempéramens gras, pituiteux, point irritables, et à dose très-ménagée. C’est M. de Home qui a fait l’analyse de ce secret : il a prouvé que , prépare récemment , le sirop de Belet est plus disposé

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à produire les accidens ci-dessus, parce que le sel mercuriel n’étant pas encore bien combiné, conserve encore de sa causticité, et que, quand il est préparé depuis long-temps, l’esprit-de-vin se combine avec l’acide nitrique; ce qui forme un éther nitrique, et le mercure vSe précipite sous sa forme coulante.

90. Oxyde de Mercure rouge par V acide nitrique, Précipité rouge. C’est un caustique des plus décidés de la chirurgie, très -employé , surtout dans les cas véroliques. On n’en fait usage qu’à l’extérieur, vu sa grande causticité. On le fait entrer à la dose de quelques grains dans quelque onguent approprié à la nature des maux, et sur lesquels 011 l’applique. On l’emploie aussi sous forme sèche et pulvérulente , pour détruire les pous et les morpions. Alors on en saupoudre quelques grains dans les cheveux et les poils où sont logés ces insectes.

io°. Arcane corallin (r). On l’a employé, dans les premiers temps qu’on a usé du mercure, contre les maladies vénériennes. Aujourd’hui , il est fort peu employé à l’intérieur et à l’extérieur. On le donnait à la dose d’un demigrain jusqu’à 1 , 2 grains, répétés deux ou trois lois par jour.

ii°, Muriate de Mercure au maximum d’oxydation , Sublimé corrosif (2). C’est un sel mercuriel dans lequel le mercure est uni à la plus grande quantité d’acide muriatique, avec laquelle il puisse se combiner intimement. On peut aussi le préparer en versant de l’acide

(0 Voyez la 2e note, page 268.

( a) Dento-muriate de mercure , de Thénard.

a8o règne minéral.

sur une dissolution de mercure dans l’acide nitrique; alors se forme une espèce de sublimé corrosif qu’on nomme muriatique. Ce sel n’a pas autant de causticité que le sublimé corrosif proprement dit , et a été employé à l’intérieur dès le commencement de la pratique anti-vénérienne. Boerhaave l’y a cru très-bon. 11 faisait le secret de Dibon , et fait celui du chevalier Godernauoc. Le remède de celui-ci a été quelquefois utile ; il a guéri des véroles invétérées, des symptômes rebelles à d’autres méthodes : mais les expériences faites à Bicêtre et ailleurs ont montré qu’il en manquait beaucoup, et qu’il était souvent nuisible; encore tout récemment, un boucher de la boucherie de Beauvais a été tué par une prise et demie de la poudre médicamenteuse , de la poudre unique de Godernaux. Chaque prise est de 12 grains. 31 mélange ce précipité blanc avec un peu de mercure coulant et de charbon. S’il y a des circonstances où ce remède puisse convenir , ce qui doit être très-rare, ce ne doit être que chez les gens robustes et peu irritables , et la dose doit être très-ménagée , comme 2, 5, 4 grains par jour.

Le sublimé corrosif proprement dit , est un sel où l’acide excède plus que dans le précipité blanc. Son usage est très-ancien ; dès le septième ou huitième siècle , on l’employait dans les maladies d’engorgement. Il a commencé à être en usage dans les maladies vénériennes vers le seizième siècle ; d’abord dans le Nord , chez les Tartares , ensuite chez les Russes. Chez ces derniers, c’est le remède anti-vénérien le plus commun; c’est même la mode,

D US MÉTAUX. 28r

parmi eux, de mettre de la dissolution de sublimé corrosif dans la première cuillerée de leur soupe. M. Sanchès, qui avait pratiqué long-temps la médecine en Russie, communiqua ce remède à Van-Swieten, qui l’accrédita beaucoup, après en avoir vu de bons effets; c est ce qui fit qu on l’appela liqueur de Van- Swieten. Sa manière de l’administrer était de faire dissoudre 12 grains de ce sel mercuriel dans une pinte d’eau-de-vie de froment , et de donner une cuillerée de cette dissolution dans un verre d’eau mucilagineuse , l’eau d’orge coupée avec un tiers de lait. L’école d’Allemagne la beaucoup recommandé, ainsi que 1 Angleterre. La France a été plus réservée sur son usage, quoiqu il ait été très-accrédité il y a 55 ou 40 ans. M. Brousfelds, et plu sieurs médecins français, réclamèrent enfin contre ses abus. Il a guéri beaucoup de maladies vénériennes , surtout quand elles étaient nouvelles et avec des symptômes récens. 11 11e réussissait pas aussi bien dans les anciennes et les rebelles , où les frictions ont toujours été à préférer. Il a eu des succès dans les verrues , les chancres , et les engorgemens des glandes naissans; mais il n a pas réussi dans les caries vénériennes et les douleurs ostéocopes. 11 y a même des circonstances où il a manqué des maladies vénériennes nouvelles avec ries symptômes peu graves. 11 y a des temperamenschez lesquels il n’a point d’effet, et il y en a au contraire très-peu sur lesquels les ricfions n en aient pas. 11 a été donné longterri ps à dose quelquefois forcée , sans faire de mal, à quelques individus : mais , en général,

sa continuité en fait ressentir les effets. Il ne convient pas dans l’enfance, chez la plupart des femmes, chez les tempéramens délicats, sensibles, irritables, chez les pléthoriques, et surtout ceux qui sont disposés à la phthisie ; car il amène souventl’hectisie, la phthisie. C’est un moyen qui n’est point sûr par lui-même, qui peut être remplacé par d’autres plus sûrs, qui est trop banal, souvent pernicieux, et qui devrait être en général .exclu de la pratique médicale. Cependant, quand une maladie vénérienne a éludé les autres moyens mercuriels, quand le tempérament est bon, point trop irritable ni pléthorique , quand la poitrine n’est pas susceptible de s’attaquer aisément , ou quand les circonstances exigent que le traitement soit secret, alors on peut l’essayer; mais il faut toujours beaucoup de prudence dans son administration. Il est très-souvent nécessaire de faire précéder la saignée; car, a^u bout de quelques prises, la poitrine se resserre, et le crachement de sang survient. Il faut éviter le vin , le sel , et tout ce qui peut irriter; employer une diète farineuse, les purées, les viandes blanches en petite quantité, le lait comme unique nourriture, les mucilagineux pour défendre les parois des viscères, et empêcher la turgescence sanguine ; car on a remarquéque le sublimé corrosif accélérait les règles , le flux hémorrhoïdai , et amenait l’hémoptysie , quelquefois dès la troisième ou quatrième prise, et toujours par sa continuité. Dans ce cas, il faut arrêter son usage , quoique quelquefois on soit encouragé à continuer par la diminution des symptômes vénériens. Les

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frictions sont alors meilleures; d’ailleurs elles «exigent point un régime si sévère. Ainsi , l’usage du sublimé corrosif doit être très- ménagé. Aujourd’hui on le donne étendu dans l’eau, parce que beaucoup de personnes répugnent à l’eau-de-vie de grain. On triture 8, io, grains avec le double de sel ammoniac, et on étend le tout dans une pinte d’eau distillée. On commence d’abord par prendre une cuillerée de ce mélange dans un verre de boisson mucilagineuse, chaque soir; on reste longtemps a cette dose ; ensuite on en prend aussi une pareille cuillerée le matin. Quelques-uns veulent seulement que l’on mette un grain de sublimé dans une pinte d’eau distillée, pour boisson unique ; mais la méthode precedente vaudrait beaucoup mieux. On ne peut pas déterminer au juste la quantité de sublimé corrosif nécessaire pour une entière guérison. On croit ordinairement avoir assez cte i5, i8, 20 grains; mais j’en ai vu employer^, 5o ’ 6o , et quelquefois plus de i oo grains , sans que la guérison lût complété. Chez quelques-uns^ les symptômes augmentent même en le donnant à assez haute dose, et chez d’autres il suffit de 8 à io grains pour faire disparaître les symptômes ; mais la guérison n’est point encore assurée, malgré cette disparition, et il faut aller au-delà.

Le sublimé corrosif a été encore recommandé contre les écrouelles, où il a quelquefois réussi , ainsi que dans les maladies de la p< au , mais il excite souvent des tranchées, co.iques , des dévoiemens dysentériques.

ne guérit point les maladies de peau non

■vénériennes ; il les rend même plus considérables : il y a plus, c’est que son usage amène souvent des dartres, des érysipèles, surtout chez les gens bilieux ; beaucoup de douleurs rhumatisantes , de douleurs d’articulations sont venues par son usage : alors il faut les boissons muciiagineuses , le lait long -temps continué. Ainsi donc le sublimé corrosif ne doit être employé que dans les maladies vénériennes, et ne doit l’être qu’avec la plus grande précaution. On ne doit point le donner sous forme sèche, car c’est un poison trop corrosif.

On emploie à l’extérieur, contre les chancres et les ulcères vénériens , Veau phagédé nique y qui est un mélange d’eau de chaux avec la dissolution de sublimé corrosif. Le sublimé corrosif a fait et fait tous les jours la base des secrets des charlatans , comme du chocolat anti- syphilitique de le Febvre de Saint - lldephonse, de la tisane de Feltz , avocat allemand , qui est composée d’une décoction sudorifique, avec un grain ou demi-grain de sublimé corrosif par pinte ; du sirop balsamique d’ Agironi , des biscuits anti-vénériens , de Veau anti-vénérienne de Quertan et Audoucest , de Veau stomachique de Dacher , etc.

12°. Muriate de Mercure au minimum d! oxydation, Mercure doux y ou Aquila alba. C’est un sel mercuriel dans lequel l’acide muriatique n’est point surabondant , mais combiné avec une dose proportionnelle de mercure ; aussi est-il très-différent du sublimé corrosif. Il se prépare en triturant celui-ci avec de nouvelles parties dé mercure jusqu’à saturation.

DES MÉTAUX. sSj

et le sublimant ensuite jusqu’à trois fois ; et comme il reste toujours un peu de sublimé corrosif, M. Baume propose de le broyer sur un porphyre avec de l’eau , et de le bien laver ensuite avec de l’eau chaude. On l’a employé comme guérissant les maladies vénériennes; cependant , administré seul, il en a rarement guéri de confirmées ; il est infidèle, et au bout d’un certain temps les symptômes reparaissent. Mais il est bon comme accessoire; on l’emploie dans les symptômes nouveaux, et il est souvent utile à la fin des gonorrhées virulentes. C’est un excellent fondant et un bon purgatif, utile dans la plupart des maladies écrouelleuses , des maladies de peau , et toutes les fois qu’il faut employer un remède mercuriel doux , qu’on ait besoin de continuer longtemps. Ses principaux effets se concentrent plus dans les premières voies et les viscères abdominaux : aussi est-il très-employé dans le carreau, les matières très -épaisses des premières voies , les maladies vermineuses , ce qui est fréquent dans l’enfance. Il est à remarquer que, donné à une dose un peu forte, il excite la salivation ; preuve qu’il entre en partie dans les secondes voies.

On ne le donne jamais en dissolution, mais sous forme sèche, souvent seul; broyé avec de la mie de pain, ou dans des extraits ou des opiats appropriés , comme l’extrait de ciguë dans les écrouelles; de fuineterre , de petite centaurée , de trèfle d’eau dans beaucoup de maladies de peau ; avec le soufre en nature, le soufre doré d’antimoine , l’antimoine diaphonique dans les épaississemens morbifiques.

La dose est de 4^6,8 grains, en allant graduellement et lentement à cette dose , car à 6 ou 8 grains il est purgatif, même chez les adultes. Cependant, quand on le donne comme purgatif, c’est toujours à une dose plus forte, et uni avec d’autres purgatifs.

1 5°. La Panacée mercurielle , ou Calomélas (i). C’est un mélange d’acide muriatique et de mercure encore plus parfait que dans le mercure doux. Pour faire la panacée, on prend du mercure doux : on le fait encore sublimer neuf fois ; puis on le réduit en poudre fine, et on le fait digérer dans de bon esprit-de-vin, qu’on retire ensuite par la distillation , ou qu’on décante simplement. On la donne à petite dose, parce qu’elle est plus employée dans les engorgemens écrouelleux, dans les affections cutanées, dans les épaississemens quelconques de la lymphe. Elle est moins purgative que le mercure doux; aussi la dose doit être un peu plus forte, quand on l’emploie comme purgatif ; d’ailleurs c’est la même manière d’être administrée que le mercure doux. Plusieurs praticiens , d'après Turner , l’emploient unie avec le soufre doré, 4 grains de chaque, pour faire un bol qu’on prend le soir, et dont on continue l’usage jusqu’à la destruction totale des symptômes cutanés. En effet,

(i) On croyait, du temps de M. Desbois , qu’en sublimant le mercure dçmx un certain nombre de fois , on diminuait de plus en plus sa qualité corrosive ; mais on sait aujourd’hui que ces opérations n’apportent aucun changement dans cette substance , qui reste toujours muriate de mercure au minimum d’oxidation.

ce mélangé est excellent pour guérir des symptômes véroliques, surtout cutanés , les ulcères animés et invétérés , les douleurs musculaires, les dartres véroliques.

1 4°. Acétate de Mercure , Sel acéteux mercuriel, Mercure acéteux , ou Terre foliée mercurielle. Le mercure, pour être dissoluble dans

1 acide du vinaigre , doit être sous forme pulvérulente. Celte préparation est connue depuis long-temps ; on l’a ensuite négligée. Elle faisait la base des pilules ou des dragées de Kefser, très -accréditées. Elles ont commencé à être mises ën usage à Bicêtre, puis on a forcé les hôpitaux de la marine de s’en servir. Ces pilules ont quelquefois fait disparaître les symptômes avec rapidité ; souvent elles ne les ont point fait disparaître; le plus souvent encore, elles ont amené des coliques, des dysenteries, le marasme : aujourd’hui , elles sont éloignées de la pratique. Elles étaient composées de sel acéteux mercuriel, incorporé dans de la manne, de la gomme adragant ou du sucre , mais elles amenaient promptement la salivation : pour éviter cet effet, on les unissait au camphre. Oncles donnait sous forme sèche, à la dose de

2 > 3, 4 grains. Quand on les donnait étendues, c était de la meme manière et à la même dose que le sublimé corrosif, dont le sel acéteux mercuriel aurait les avantages , sans avoir ses inconvéniens. Ainsi , quand il s’agit d’employer le sublimé corrosif, on peut lui substituer le sel acéteux mercuriel à la même dose, et employé de la même manière.

i5°. Sel tartareux mercuriel , ou Mercure tartareux. C’est le mercure dissous par la crème

de tarlre. Il a commence à être connu il y a soixante ou soixante-dix ans; il faisait la base de la liqueur fondante de Diener, médecin de Paris , et M. Pressavin , chirurgien de Lyon , l’a recommandé contre les maladies vénériennes : sous forme sèche, il serait dangereux; étendu, il se donne comme le sublimé corrosif, et peut être quelquefois utile.

Les dissolutions de mercure dans les acides animaux, ne sont point usitées en médecine.

i6°. Le Mercure huileux se fait avec 2 ou 5 gros de mercure trituré dans 2 ou 5 onces d’huile d’olives ou d’amandes douces , dont on faisait trois prises. Il a été usité un certain temps contre les maladies vénériennes; mais c’est un remède infidèle, parce que le mercure abandonne l’huile dans les premières voies ; aussi n’est-il plus usité.

1 70. Mercure sucré ou saccharin. Il se fait en triturant du sucre et du mercure à doses égales , avec quelques gouttes d’huile essentielle d’anis : on l’a donné à la dose de 8, 10 et 20 grains, deux fois par jour. Quand il est ancien, il laisse échapper une odeur acide; preuve qu’alors le mercure pourrait être vraiment dissous: mais c’est un remède infidèle, et aujourd’hui abandonné.

180. Mercure gommeux . C’est une extinction de mercure dans la gomme arabique ou adragant. On prend 2 ou 5 gros de mercure revivifié du cinabre ; on le triture avec une légère dissolution de gomme arabique, et on l’étend dans 6 ou 8 onces de cette dissolution , dont on prend deux cuillerées par jour, une le matin et une le soir. Mais le mercure reste

bfcs métaux; 25g

peu suspendu dans cette dissolution; il se précipite aisément. C’est pourquoi M. Plenck ( i), chirurgien, employait le mercure gommeux eu bols ou en pilules, dans les maladies vénériennes. Il triture la même dose de mercure dans 5 ou 6 onces d’une forte décoction de gomme arabique; il réduit le tout en bols avec du sucre, la poudre de réglisse, de la gomme adragant; chacun de ces bols est du poids de 6 ou 8 grains, dont on prend un le matin et un le soir.

190. Mercure balsamique. C’est du mercure combiné avec les huiles essentielles, les baumes , comme l’huile essentielle d’anis*, la térébenthine , le baume de Judée, du Pérou , surtout de Copahu et de Canada. On prend demi-once de mercure, le double d’une substance balsamique ; on triture le tout fortement, et on le réduit en bols avec une poudre appropriée ; on prend 4 , 5 et 6 grains de cette préparation deux fois par jour.

°n lui donne aussi le nom de pilules balsamiques mercurielles .

Les baumes de mercure sont une combinaison vraiment saline du mercure par l’acide des baumes. Us ont l’inconvénient de donner des devoiernens, des coliques , etc. ; leur usage est abandonné.

Quelques-uns ont conseillé l’extinction du

*(i) La formule de Plenck n’est pas tout-à-fait celle que

1 auteur donne ici. Il y faisait entrer l’eau distillée de fumeterre et le sirop de kermès. Vid. Jos.-Jac. Plenck , de Mcthodo rtovd et facili, elc. Vindobon. 1766.

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