Tome I
2Q0 règne minéral.
mercure dans le baume de térébenthine pour l’usage des frictions ; mais cette méthode n’est plus usitée.
2o°. Onguent mercuriel ou napolitain , ou Pommade mercurielle. C’est du mercure éteint dans les graisses , surtout celle de porc. Voici comme on le prépare aujourd’hui : on prend du mercure revivifié du cinabre , on le triture avec une certaine quantité de térébenthine; quand il est éteint, on l’étend dans une dose égale de graisse de porc : tel est l’onguent napolitain à parties égales.
Des praticiens, ne trouvant pas cette quantité de mercure suffisante, l’ont augmentée, mais à tort; d’autres, au contraire, la trouvant excessive 9 l’ont restreinte, et sur deux •parties de graisse, n’ont mis qu’une partie de mercure : c’est ce qu’on nomme ongue?it mer - 'curiel double , employé quand on craint que le sujet ne s’affecte trop par les frictions.
Quelques Pharmacopées recommandent d’employer l’onguent mercuriel nouvellement fait ; mais en général il réussit peu ; il en faut une plus grande dose } et il n a pas la même efficacité que quand il est fait depuis un certain temps. Aussi celui-ci est bien à préférer au nouveau : il agit en moins de temps sur les symptômes véroliques; il excite plusprornptement la salivation , preuve qu’il est plus efficace. Mais il faut être circonspect sur son usage, car il a l’inconvénient d’être un peu caustique , d’exciter des démangeaisons, des érysipèles : il faut dans ces cas arrêter ces inflammations locales, parer à ces petits accidens par les eaux
DES MÉTAUX. j2gl
mucilagineuseset les bains. C’est pour cela qu’il laut choisir cet onguent lorsqu’il n’est ni trou
nOU£veaunl trop. ancien. Quelquespraticiensont
préféré , apres avoir trituré le mercure dans la térébenthine, de l’étendre dans le beurre de cacao ; mais cet onguent est trop sec, trop dur; i ne s étend pas aussi aisément, et est moins bon que préparé avec la graisse. D’autres triturent le mercure dans quelques nom-, madesou cerats; mais ce minéral ne s’y dissout pas facilement, et le traitement est moins sûr et plus long; car, outre l'extinction, il faut encore qu’il y ait une véritable combinaison du mercure : voilà pourquoi l’onguent nouellement fait n est pas bon; voilà pourquoi on lui préféré 1 ancien, parce que plus la combinaison sera complète, plus la guérison sera prompte et sure.
Au commencement du traitement des maladies venenennes, on étendait cet onguentsur ( CS emplâtres dont on couvrait presque toutes es parties du corps, ce qui procurait une salivation tres-prompte, et la vérole éludait le traitement. Mais aujourd'hui , et avec beaucoup plus de raison, on administre contre ces
factions 'Pala<lieS r0n8Uent naPolitai“ en
à l l dnT'u10'6 en général l’onguent mercuriel a la dose d un gros pour chaque friction. Dans
les premiers temps de la maladie vénérienne, on en prenait 4 et 6 gros pour une seule fricdon , aussi la salivation avait lieu dès le coinencement, et continuait très-longtemps.
‘Tüs a suite, pour que la salivation ne fut pas trop précoce, on commençait par 2 gros
à la fois, et quand on était arrivé à la quatrième ou cinquième friction , on allait jusqu’à 3 gros à la fois. Il est certain que quand on en emploie ‘i gros dès le commencement, la salivation a lieu dès la quatrième ou cinquième friction ; aussi cette dose a été employée par tous ceux qui ont cru la salivation nécessaire. Mais comme il est constant aujourd’hui que la salivation est dangereuse , on n’emploie qu’un gros d’onguent par chaque friction , et seulement de deux jours l’un ; de cette manière,' on prévient la salivation, ou, si elle a lieu, elle est légère et aisée à arrêter. On est obligé d’user de ménagement chez les hypocondriaques, les scorbutiques, et ceux qui ont déjà essayé le traitement plusieurs fois : alors on commence par demi-gros , de deux jours l’un. On habitue peu à peu le corps au mercure, et on monte graduellement jusqu’à i , 2 et même 3 gros, et on redescend comme on était monté.
Il n’y a pas de dose fixe d’onguent napolitain pour la guérison complète de la vérole- On en voit qui sont guéris avec 18 ou 20 gros; seuvent on est obligé de monter jusqu’à 3o, 4o , 5o, 60 gros, et il y a quelques observations de véroles qui, ayant résisté à 8 et 10 onces, n’ont cédé qu’à i5, 18 et 20 onces. C’est le tempérament du malade, la nature de la maladie, ses complications , la lenteur avec laquelle on fait le traitement, qui décident de la dose. Lorsqu’on a employé une quantité à peu près suffisante, il faut diminuer peu à peu , et redescendre à peu près comme on était monté. Vers la dixième ou douzième friction r on augmente la dose d’un gros; ensuite ou
DES MÉTAUX. %Çp
augmente encore d’un, après quoi on descend en diminuant d’abord d’un gros, ensuite de deux, enfin de deux et demi. De cette manière, on guérit les véroles les plus invétérées.
Si le sujet est très-délicat, et susceptible du mercure , que la salivation soit aisée à venir, on emploie le mercure à dose très-légère , et on met deux, trois, et meme quatre jours d’intervalle entre chaque friction ; on fait prendre des bains tous les jours intermédiaires, et on lave les parties sur lesquelles l’onguent a été appliqué. Mais si le sujet n’exige pas de ménagemens particuliers, il ne faut point de bains les jours intermédiaires; on ne lave point la partie frottée , parce qu’alors le traitement serait beaucoup plus long; on conseille même de garder les mêmes chaussons, les mêmes bas, les mêmes caleçons, la même chemise, etc. L’introduction du mercure se fait ainsi plus complètement , et le traitement est plus prompt.
On peut faire les frictions sur presque tout le corps. Engénéral, on commence parlespieds, on monte ensuite aux cuisses, de là aux extrémités supérieures, au dos, aux reins. On dit que de cette manière , le mercure passe plus parfaitement dans l’intérieur , et qu’il attaque mieux le virus. Si cette méthode a son utilité, elle n estpas cependant toujours nécessaire. J’ai vu des malades qui ont été bien guéris, et qui n avaient été frictionnés qu’aux pieds et aux jambes; on pourrait très-bien guérir de cette manière , mais avec un peu plus de temps.
On observe de ne guère frictionner du coté de la tète et des parties supérieures, parce que
la salivation devient plus prompte, plus abondante , et difficile à arrêter.
On Fait aussi des frictions particulières, quand il y a des symptômes lôcaux invétérés , comme à l’entour des ulcères , qui alors se cicatrisent, plus promptement et plus facilement.il est bon de remarquer que le mercure, appliqué à l’eritour des parties ulcérées , entre plus promptement dans l’intérieur, et rend la salivation plus facile.
— - Onguent citrin pou r la gale . — C’est le nitrate de mercure étendu dans la graisse de porc. Il réussit très-souvent contre la galè, et plus souvent que l’onguent de soufre. On s’en sert à la dose d’un gros ou deux pour chaque friction qu’on fait de deux jours l’un. Il faut à peu près huit à neuf frictions pour guérir les gales les plus invétérées.
— Onguent gris. — C’est tout uniment du mercure cru trituré avec de la graisse de porc , jusqu’à ce qu’il soit parfaitement éteint. Cet onguent seçt à faire périr les poux et autres insectes qui s’attachent au corps : on en frotte les endroits qui en sont attaqués,
ai0. Mercure violet. C’est le mercure éteint avec le sel ammoniac. Cette préparation a joui d’une certaine réputation contre les maladies vénériennes. On en prenait 3, 4 grains , trois fois par jour, le matin, à midi et le soir. Il a été aussi employé contre les symptômes écrouelleux*; mais il est aujourd’hui abandonné.
2 2°. Sel alumineux mercuriel. C’est le mer-
cure combine avec l’alun. Comme cette combinaison excite des coliques , elc. , elle n’est plus d’usage.
23°. Mercure uni au fer par le moyen du zinc. Cette préparation a été employée contre beaucoup d engorgemens, de tumeurs squirrheuses et même cancéreuses. Un médecin de Paris la conseille, dans ces cas, à l’intérieuret à 1 extérieur. Elle n’a point réussi danslescaneers, mais a été quelquefois utile dans les anciens engorgemens rebelles et presque squirrheux; au reste, le mercure ferrugineux est très peu employé.
24° • Foie de soufre mercuriel. C’est le mercure dissous dans le foie de soufre. Cette préparation devrait être recommandée dans les maladies cutanées , les maladies écrouelleuses, même vénériennes, de même que le sel ammo* niae mercuriel.
Résumé sur les propriétés du Mercure. — Le mercure et ses préparations est regardé en général comme le remède spécifique des maladies vénériennes. L’est-il réellement? On ne l’a employé dans ces maladies que par analogie (i ) ; a^int, on 1 employait contre lagaleet les autres affections cutanées. C est ainsi que les Arabes en faisaient usage vers le septième ou huitième siècle. Comme la vérole a beaucoup de symptômes cutanés ressemblai à la gale, un médecin italien, nommé Berenger de Carpi, se détermina le premier à 1 employer en frictions, ce qui lui réussit. Cette méthode tombée entre les mains des charlatans, excitant une saliva-
( i) Voyez pqge 42.
lion épuisante, etc., fit qu’on abandonna les frictions, et qu’on en vint au mercure, pris à l’intérieur. D’abord on donna le nitre mercuriel, le précipité rouge et blanc, le sublimé corrosif, le turbith minéral ,1e tout sous forme sèche. Beaucoup d’accidens, et la mort même, étant souvent la suite de cette méthode, on revint aux frictions dans le seizième siècle. Cependant la salivation ayant aussi ses inconvéniens , M. Chicoyneau , médecin de Montpellier , imagina le traitement dit par extinction. Il consiste à donner les frictions à doses légères , et éloignées de deux ou trois jours. On fait prendre les bains avant le traitement , et les jours intermédiaires des frictions. Par cette méthode, on évite la salivation, et elle est aujourd hui généralement adoptée; il n’y a plus que quelques anciens praticiens qui tiennent à la salivation. Les frictions ont aussi leurs inconvéniens, comme la malpropreté, le dégoût, l’impossibilité du secret, et très-souvent des affections des organes salivaires ou des organes intérieurs; ce qui a engagé à revenir au mercure pris à l’intérieur, qui n’est point dégoûtant , et permet le secret. C’est ce qui a donné la vogue à la plupart des solutions mercurielles, comme l’eau mercurielle nitreuse, le remède du capucin, le mercure tartareux, les dragées de Keyser , etc. Ces préparations peuvent être utiles quand elles sont placées à propos. Cependant, dans les pays chauds, le sublimé corrosif réussit fort peu ; d’ailleurs il y a des tempéramens qui ne le supportent pas : il occasionne des tiraillemens d’estomac, des coliques, des dysenteries, des affections de poi tri ne ; ainsi
les solutions mercurielles acides ne conviennent que dans quelques circonstances, comme quand il faut le secret, etc. Quand on les emploie, ce doit être avec la plus grande précaution, il faut empâter le remède pour préserver les organes de son action. Le sublimé corrosif resserre la gorge, et ce resserrement dure longtemps ; quelquefois il excite la toux, la difficulté de respirer, etc. Alors il faut employer les émolliens, la diète laiteuse long temps continuée. Les sels mercuriels donnés sous forme sèche sont toujours très-dangereux. On a vante' aussi la méthode des fumigations. Celles-ci se font avec le cinabre uni à du succin et de la gomme adragant. Le sujet se met dans la boîte fumigatoire qui préserve la tête de vapeurs. On met dans cette boîte un réchaud plein de charbons allumés, on jette dessus les pastilles mercurielles, qui s’exhalent en vapeurs et pénètrent jusque dans l’intérieur du corps. Cette méthode est bonne contre les rhagades , les chancres , les dartres , les exostoses véroliques. Turner dit avoir employé avec succès les fumigations dans les ulcérations de la gorge , l’extinction de voix, et même la phthisie vérolique. J’ai vu des surdidés très rebelles, des caries intérieures de l’oreille guéries par ce moyen. Mais les fumigations ont l’inconvénient d’exciter la sécheresse, le spasme, la roideur des membres , les convulsions et même la paralysie, les tremblemens , le marasme, une salivation très -abondante , l’hémoptysie, les maux de poitrine, de tête, etc.; accidens qui arrivent aussi aux artistes qui sont exposés aux vapeurs du mercure. Dans cette méthode,
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ce n’est point le cinabre en vapeurs qui entre dans le corps, mais le mercure séparément, et l’acide sulfureux séparément. Les frictions sont plus employées et méritent de lëtre : elles guérissent le plus complètement, et ont moins d’inconvéniens.
Plusieurs praticiens ont redouté l’usage du mercure , de quelque manière qu’il fût employé. Ses prétendus dangers ont été remontrés fortement par un médecin de Paris, qui a dit n’en point faire usage. Mais il est bon de remarquer que ces imputations ne se font, que pour donner de la vogue à des remèdes que leurs auteurs tiennent secrets. Le mercure , employé sagement en friction , n’est point dangereux • il n’altère point les fonctions, il les rend même plus libres. Boerhaave, Sydenham, Stahl, Van-S wielen , Gaubius ont avancé que, s’il y avait un moyen de purifier les humeurs , d allonger la carrière de la vie , et d ôter les infirmités de la vieillesse en rendant les couloirs plus faciles , le jeu des sécrétions et excrétions plus libres , ce serait le mercure , les frictions mercurielles. On remarque, en effet, que ceux qui ont subi le traitement par les frictions, arrivent cà la dernière vieillesse. On se fait un corps neuf; comme on dit, les organes sont réparés.
Le mercure guérit sans altérer les fonctions ; il faut donc le conserver , pour l’employer avec les précautions convenables. Il est vrai qu il ne guérit pas toutes les maladies vénériennes; plusieurs résistent à son usage. Ces véroles rebelles cèdent alors quelquefois aux tisanes sudorifiques très-rapprochées. J’en ai vu des effets
très- rapides : une femme avait un ulcère cliancreux vérolique à la gorge; elle était depuis huit à neuf mois dans le traitement anli vénérien , qui faisait disparaître de temps en temps ce symptôme, mais il revenait bientôt; sous quinze jours, l ulcère vénérien s’est cicatrisé par l’usage des sudorifiques rapprochés. Ainsi il y a des cas où le mercure ne réussit pas, et où les sudorifiques réussissent promptement ; mais ces cas sont rares, et n’empèchent pas de regarder avec raison le mercure comme spécifique dans les maladies vénériennes , ne partageant cette vertu spécifique que dans des cas particuliers; car il est usité même aux Antilles et aux grandes Indes , où les bois sudorifiques croissent naturellement. Lorsque dans les caries vénériennes, les ulcères vénériens surtout de la gorge , le mercure ne réussit pas, il faut donner des sudorifiques rapprochés en extrait, comme le rob sudorifique que l’on fait de la manière suivante : prenez une once des quatre bois sudorifiques; laites bouillir dans trois pintes d’eau , et réduire à une chopine : on prend une cuillerée de cette boisson de trois heures en trois heures, de sorte qu’on en a pour deux jours. Quand la décoction est à peu près faite, on ajoute une ou deux pincées de quelques semences carminatives,surtoutde coriandre ; ensuiteon passe, et on ajoute une once et demie ou deux onces d excellent miel de Narbonne. On a remarqué que sans le miel cette recette n’avait pas la meme efficacité ; et il y a long-temps que l’on regarde le miel comme un excellent dépuratif dans les maladies vénériennes.
Mais en général , les sudorifiques ne réussissent que quand les malades sont, pour ainsi dire, pleins de mercure; ainsi il ne faut pas commencer par les sudorifiques , mais par le mercure. Il est vrai que quand le mercure est donné sans précaution , il excite une salivation souvent grave, et quelquefois la mort, des tremblemens, des convulsions , la paralysie , l’infiltration ; mais toutcela n’arrive pas quand on agit avec prudence. On prévient la salivation, en commençant le traitement par les bains , en donnant le mercure à doses légères et éloignées , et les bains dans les jours d’intervalles. Si la salivation a lieu malgré ces précautions , ce qui est rare , il faut éloigner les frictions, diminuer la dose, donner les purgatifs et les sudorifiques légers ; si malgré cela elle survient encore , il faut arrêter le traitement pendant un certain temps , et donner aux humeurs plus de consistance ; car la salivation est d’autant plus facile, que les humeurs sont plus mal constituées , ce qu’on voit arriver dans le scorbut. Il faut donc, quand les n’ont pas une bonne consistance, faire marcher en même tempsque les frictions, les sucs d’oseille, de cochléaria, de cresson. Les frictions, par leur continuité , amènent des symptômes scorbutiques, comme la faiblesse , des ulcères, des chancres. Si on persiste dans le traitement vénérien , ces symptômes augmentent; il faut donc le quitter, et mettre en usage les antiscorbutiques , quoique les accidens fussent originairement vérolique. Il est bon de remarquer que le mercure pris à l’intérieur, n’excite pas la salivation aussi souvent qu’en friction.
DES MJÎTAÜX.' 3oï
Le mercure occasionne encore quelquefois la pesanteur des membres, et même la paralysie; alors il faut employer les sudorifiques. Pour éviter cet inconvénient , on a conseillé le camphre et le soufre; aussi voit-on dans les anciens dispensaires, que ces deux substances entraient dans les onguens mercuriels ; mais ni l’effet salivatoire , ni la dissolution n’en sont pas diminués. Ainsi, quand la dissolution s’annonce, il faut abandonner le mercure, et redonner de la consistance aux humeurs.
On a encore regardé le mercure comme spécifique dans la plupart des autres virus animaux. On l’a employé dans la morsure de la vipère, et autres insectes vénéneux; mais loir* d’y être spécifique, il est plus souvent inefficace, il augmente même le danger. Cependant il a réussi quelquefois, mais très-rarement, et seulement quand l’alkali volatil, qui est le vrai spécifique dans ce cas , n’avait pas eu de succès. M. Dessault, médecin de Bordeaux; MM. Jamet, Baudot, de Lassonne , etc. l’ont recommandé contre la rage confirmée. Quand les symptômes ne font que commencer à paraître, qu’ils sont peu intenses , on étouffe, pour ainsi dire, la rage par les frictions mercurielles (1), qui doivent être préférées dans
(r) Les observations de ce genre ne sont ni assez nombreuses , ni assez constantes pour pouvoir adopter cette vertu du mercure contre la rage , avec la confiance que paraît y avoir l’auteur. Voyez Recherches sur la Rage , par M. le docteur Andry , lues à la Société royale de médecine. Paris , 1780.
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le traitement de cette maladie, au turbith minerai.
On emploie encore le mèrcure contre les insectes , les vers de l’estomac et des premières voies. Plusieurs ont recommandé alors l’eau mercurielle nitreuse, et surtout les solutions de sublimé corrosif; mais ces moyens sont trop dangereux : il faut leur préférer le turbith minéral , même l éthiops minéral , et surtout le mercure doux et la panacée mercurielle qui entre dans la plupart des anthelmintiques , et dans le remède de Nouffer. Le mercure ainsi employé réussit bien , mais il n’y est point spécifique; car il y a des remèdes qui ne lui cèdent pas en pareille vertu : comme la coralline de Corse, contre les vers cucurbitains et les ronds ; la fougère à haute dose , unie aux forts purgatifs , contre le tænia. Ces remèdes sont alors de meilleurs spécifiques que le mercure. Contre les poux, les morpions, on emploie l’onguent citrin , napolitain, le turbith minéral, le précipité rouge , les solutions de sublimé corrosif, tout cela à l’extérieur : ces moyens réussisent dans ces circonstances. Mais la cévadille , le staphisaigre , la coque du Levant réussissent aussi bien. Le précipité rouge et le sublimé corrosif ont souvent des inconvéniens. J’ai vu un sujet chez lequel, en douze ou quinze heures, la tète était devenue très-grosse, les yeux bouchés, accompagnés de douleurs horribles, de beaucoup de fièvre. J’employai alors trois saignées de pied, les bains, les lotions mucilagineuses , et surtout les lotions alkalines : l’eau de savon , apres les moyens urgens , réussit dans ce cas
comme spécifique, en décomposant le sublimé corrosif. Le mercure est encore employé contre la gale. Il y a aussi des, -gales qui paraissentdépendre d’insectes particuliers (i) : telles sont les gales de contact ; le mercure est alors bon et meilleur que le soufre. Mais il serait dangereux dans les gales anciennes , à moins qu’un traitement convenable n’eût précédé. (Jn a vanté Je mercure comme préservatif de la petite vérole et de ses symptômes dangereux. Lobb a cru avoir observé cet effet dans une épidémie ; il communiqua son idée à Boerhaave, qui la confirma. Depuis , plusieurs praticiens anglais, M. Sutton , emploient le calomélas en poudre pour préparer au traitement de la petite vérole inoculée, et meme dans le courant de la maladie. 11 est vrai que quand un individu est attaqué de la petite vérole pendant le traitement anti-vénérien , les symptômes se passent fort tranquillement. Un médecin russe , Vanvoisen , s’était servi , pour inoculer , de pus digéré dans une solution mercurielle ; cet inoculateur a vu que la petite vérole était bénigne, et que l’endroit où il avait inoculé ne s’enflammait pas comme à l'ordinaire. Il a vu aussi qu’en faisant une insertion
(i) Il est très-décidément reconnu actuellement que la eause essentielle de la gale est un insecte que les naturalistes ont classé parmi les cirons; Linné le place dans les aptères (aplera), et le nomme accirns humanus subcutaneus. Fabricius le range dans ses antliata. M. Lalreille place le ciron de la gale dans un genre qu’il nonimewrcoptes. Voyez la dissertation inaugurale de M. Galès , intitulée : Essai sur le Diagnostic de la gale , scs causes , etc.
Paris, 1812.
sur un bras avec du pus non corrige , et su? l’autre avec du pus corrigé, il y avait dans le prer miercas, érysipèle, rougeur, etnon dansl’autre. Ainsi le mercure peut être regardé comme correctif du virus variolique ; cependant il ne convient pas dans l’orage de la petite vérole , où les symptômes sont inflammatoires, quand les humeurs sont disposées à la dissolution , comme dans les petites véroles scorbutiques, où il y a taches, vésicules sanguines, etc. Ainsi il y a beaucoup de restrictions à faire dans cette pratique.
On a cru le mercure , par analogie , spécifique dans les écrouelles , qui sont une maladie nouvelle; mais il n’est point spécifique. Il les guérit rarement seul; mais c’est un excellent accessoire. C’est un bon fondant, très-utile quand il est uni avec d’autres apéritifs et purgatifs , comme l’extrait de ciguë , le soufre doré d’antimoine , la gomme de gayac , l’antimoine diaphorétique non lavé , les puissans sudorifiques , et surtout les purgatifs résineux; comme la résine dejalap, lascammonée, la coloquinte , etc. Ces moyens long-temps continués, fondent et évacuent la matière morbifique. Le remède de la sœur de la charité nommée Galpin , est le mercure doux , la résine de jalap, la scammonée et la coloquinte. Dans le commencement elle employait le mercure éteint dans la térébenthine, mais il ne réussissait pas si bien : c’est un remède très-utile. De même aussiles pillules deBelloste, composéesde mercure éteint dans le sucre, de résine dejalap
et de diagrède. On les a corrigées , et au lieu
de mercure sucré , on se sert du mercure éteint
dans le tartrate de potasse. Ces pilules ont guéri beaucoup d’engorgemens de lymphe , decrouelles. MM. Béloste les tiennent encore à ce qu’ils prétendent, sous le secret, et ils font payer vingt - quatre livres ce qu’on a chez l’apothicaire pour douze sous , et mieux préparé.
Le mercure est un excellent fondant, qui convient dans le carreau, dans les engorgemens laiteux anciens et lents. C’est ainsi qu’on emploie chez les enfans , comme bon fondant, Copiât mésentérique, que l’on donne à la dose de deux gros.
Le mercure ne convient dans aucune maladie aiguë , dans aucune maladie chronique produite ou accompagnée de dissolution, de suppuration et d’ataxie nerveuse.
Préparations pharmaceutiques , clans lesquelles le entre mercure. — i°. Le précipité vert , qui est le nitrate de mercure dissous dans le vinaigre : il ne s’emploie qu’à l’extérieur , et encore très-rarement.
.2 . Le mercure liquide , ou le nitrate de mercure en dissolution, qui est très- employé à l’extérieur, comme caustique dans les symptômes vénériens.
j . La poudre d or de Zell , et la poudre tempérante deStahl , dans lesquelles le cinabre entre comme anti-spasmodisque.
4 • L opiat mésentérique , dans lequel entre le mercure doux.
o . Les onguens napolitain , citrin et gris.
b\ Enfin, l eau phagédénique,