Elle est quelquefois mortelle, mais pas
aussi souvent que quelques auteurs, qui n’em.
ploient point le traitement convenable l’ont prétendu. Quand les particules saturnines portées dans les secondes voies attaquent assez immédiatement les nerfs, ce qui produit des convulsions et des maladies inflamma-
venT’ “ °" n'aladeS n,eurent assez sou-
L ouverture de ces personnes n’offre rien de particulier dans le canal intestinal , qui est à
ÏÏ: :la[1S : quelquefois
pendant ce canal offre quelques phlogoses • quelques points gangréneux, quelquefois des lotus susceptions ou volvulus. Deux enfans vinrent à la Chante avec le ventre non tend,? ma^is douloureux, constipation, convulsions ’
délire, fièvre; ils moururent, et on trouva des iutus-susceptions dans plusieurs départemens du tube intestinal.
Il faut remarquer que la maladie de plomb affecte plus vivement lesenfansque les adultes; alors elle est accompagnée de quelques caractères inflammatoires ; il en estcle meme encore chez les jeunes gens sanguins, forts, qui n’ayant point encore eu la colique , ne manient le plomb que depuis un certain temps ; alors la maladie a quelques caractères inflammatoires ; mais ces caractères se rencontrent très-rarement chez les sujets de quarante à cinquante ans, qui manient le plomb depuis plus longtemps , et surtout chez ceux qui ont déjà eu la colique. J’en ai vu venir à la Charité pour se faire traiter de la 16e, 17e, 22e colique. Le plomb attaquant les intestins, ceux qui ont souvent eu la colique meurent par le resserrement des intestins: lesboissons ni lesexcrémens 11e peuvent plus passer. Le n° 65 de Saint-Louis a eu plusieurs fois la colique, à la vérité légère ; le plomb a amené au pylore et au duodénum un squirrhe par le rétrécissement ( car ou distingue le squirrhe avec développement de volume et le squirrhe avec rétrécissement considérable); d’où il y a un vomissement habituel de matières noirâtres. Ainsi le rétrécissement du cardia, de l’œsophage, du duodénum, ou autre partie du tube alimentaire, est la cause de mort la plus commune chez ceux qui ont travaillé long-temps le plomb , et qui ont eu souvent la colique.
5°. J’ai vu des goultes-sereines, des surdités, des extinctions de voix et des bégaiemens in-
des métaux. 555
curables. Il y a quelquefois des coliques légères , mais incurables , qui n’admetUnt que quelques palliatifs , parce qu’elles dépendent d un resserrement incurable. Il y a surtout des tremblemens , et encore plus dès paralysies et des faiblesses de membres insurmontable^ ÿuand en effet une paralysie, suite de maladie de plomb , dure depuis un certain temps, elle est incurable. Cette paralysie a rarement l eu aux extrémités inférieures, mais plus souvent aux supérieures, surtout aux poignets, qui deviennent difficiles au mouvement , et quelqueois immobiles : les doigts deviennent crochus ;
1 survient aiJx tendons des extrémités, des ganglions, regardés à tort par quelques-uns comme critiques; enfin toutes ces maladies invétérées sont presque incurables.
L âge, îa force, Je tempérament sanguin du malade , peuvent donner des caractères presque inflammatoires à la colique de plomb.
Traitement de la colique de plomb . I! y
a trois indications à remplir : la première , de détacher les particules métalliques fixées eù tres-adhérenles aux membranes, surtout de I estomac et des intestins; 2°. de les chasser par le bas-ventre, la bouche et le système cutané *
? . d employer des caïmans propres ^ détruire a grande irritation, suite des medicamens essentiels.
Ainsi point de méthode anti-phîogistique ; cependant elle a été long-temps employée par leco e de Hollande. Tronchm, élève distmgui. ce cette ecole ; Gaubius, chimiste et pral|C«en , 1 ont recommandée; l’école d Allemagne de même; M. de Huën n’en admettait
pas d’autres; enfin M. Tissot, ornement de l’école Suisse , a aussi recommandé cetle méthode. Maisles médecins français, surtout ceux de Paris, et en particulier ceux de la Charité , n’ont jamais pu penser ainsi : ils ont toujours cru que les drastiques étaient préférables ; que les anti-phlogistiques ne faisaient que pallier la maladie , et rendre ensuite le traitement beaucoup plus difficile, plus lent, et quelquefois impossible; que cette méthode n’était nécessaire que dans quelques circonstances rares. En Angleterre on a d’abord employé les antiphlogistiques , mais aujourd’hui on ne les emploie plus. Le traitement anti-phlogistique semble conseillé par l’atrocité des douleurs; mais ces tourmens ne sont qu’accidentels et dépendans du développement de Pair concentré inégalement dans les intestins. Si on ôte la cause qui resserre le canal , l’air passe librement, il n’y a plus de douleurs. C’est donc l’ensemble dessymptômes qui doit guider dans le traitement. Ainsi le traitement drastique convient le plus ordinairement dans toutes les affections que produisent les particules saturnines; il convient aussi, comme nous en avons un exemple sur un malade de Saint-Louis, dans les céphalées atroces qu’éprouvent quelquefois ceux qui manient le plomb, et qui dépendent des particules de ce métal portées sur la membrane pituitaire ou sur le péricrâne. Cependant, en général , le traitement drastique ne convient pas chez les enfans pour lesquels cette maladie est très-douloureuse : il faut commencer par les émolliens , qui suffisent quelquefois seuls. Si au bout d’un ou deux jours
DES MÉTAUX. ZSj
ils ne réussissaient pas , il faudrait employer le traitement drastique proportionné à cet âge et à sa sensibilité. Il en est de meme quand cette maladie s'offre chez les femmes. Dans ces cas, on peut adroitement combiner les deux traitemens ensemble.
On ne doit point employer la saignée , quoique conseillée par quelques-uns. Elle n’ôle point entièrement les douleurs , elle les diminue seulement pour un temps ; mais elles deviennent ensuite très-opiniâtres.
Les fomentations et les lavemens émolliens, les ba ins tièdes, les huileux , les narcotiques, les boissons mucilagineuses ne conviennent pas. Cependant quelquefois les anti-phlogistiques sont nécessaires. J’ai vu des circonstances , cà la vérité rares, où les drastiques ont augmenté les douleurs et l’inflammation , qu’il a fallu diminuer par le traitement contraire.Quand donc un enfant, un jeune homme fort et robuste, est pris delà colique de plomb avec fièvre , il faut employer les anti-phlogistiques , mais avec sagesse, il y a actuellement à 1 hôpital des jeunes gens forts, robustes, sanguins, attaqués de cette maladie : on les traite comme les autres, et ils guérissent . J’ai été appelé par une femme fort jeune , attaquée de la colique dont il est question, pour avoir habité dans un appartement nouvellement peint : les drastiques lui furent nuisibles; il fallut employer la saignée, les fomentations, les lavemens émolliens , les bains , et elle fut guérie au bout de douze à quinze jours. Chez les femmes il ne faut donc employer les drastiques que quand la maladie aura duré depuis long-temps ,
et qu’il n’y aura point un ensemblequi annonce trop d’irritabilité et d’effervessence sanguine. Ainsi, en général , le traitement consiste dans les vomitifs violens, les purgatifs et les sudorifiques actifs; et voici la manière dont on les administre à l’hôpital de la Charité.
— Traitement à la Charité. — Le premier jour que le malade arrive , on commence par lui donner un lavement purgatif dont voici la formule :
If Feuilles de séné demi-onee.
Faites bouillir jusqu’à réduction convenable pour la dose d’un lavement ; mettez dans cette décoction ,
Sel de Glauber ou d’Epsom dembonce.
Casse eu bâton 2 ou 3 onces.
Vin émétique trouble 2 , 3 ou 4 onces.
On pourrait se passer de la casse ; cependant on recommande de l’y mettre.
Par le moyen de ce lavement, on vide les gros intestins, on force la constipation, qui est si opiniâtre , qu’elle ne céderait pas à des lavemens plus doux.
Dans le courant de la journée; on donne l’eau de casse composée que voici :
*if Feuilles de séné demi-once.
Faites bouillir à vaisseau fermé dans une pinte et demie d’eau , et réduire à une , ou seulement dans une pinte, et réduire à chopine. Ajoutez ,
Pulpe de casse 1 once et demie ou 2 onces.
Sel de Glauber ou d’Epsom 3 ou 4 gros.
Tartre stibié 2 ou 3 grains.
DES MÉTAUX. SSq
C’est ce qu’on appelle cum granis : quelquefois on ajoute,
Sirop de Nerprun T once.
ou de la confection Hamee 2 gros.
On prend cette eau dans-la matinée , en trois ou quatre verres.
Le soir , pour consoler les intestins et calmer 1 irritation du premier lavement, on en donne un anodin fait avec parties égales d’huile de noix et de vin , et un peu de thériaque. A 1 intérieur on fait prendre i gros et demi de thériaque, dans laquelle on incorpore, suivant les circonstances, i grain et demi d’opium.
Le second jour du traitement , on donne le matin l'eau bénite , faite avec 6 grains de tartre stibié, à prendredans trois verres d’eau. Quelquefois il faut doubler cette dose , et j’en .ai vu quelquefois employer ainsi le même jour 18 grains. Autrefois on faisait vomir ces malades avec le verre d’antimoine saccharin : c’était du verre d’antimoine trituré avec partie égale de sucre. On donnait de ce mochlique i scrupule ou un demi-gros. Mais le tartre stibié est beaucoup meilleur , et plus sûr. 'Quand le malade a vomi , on lui donne pour le reste du jour la tisane sudorifique suivante :
Prenez des bois sudorifiques , savoir :
Gayac
Sassafras
Squinc aa 1 onCe-
Salsepareille
56o RÈGNE MINERAL.
Faites bouillir dans trois pintes d’eau et réduire à une ; sur la fin de la décoction , faites infuser ,
Feuilles de séné 3 gros ou demi-once.
Sel de Glauber demi-once.
Par le moyen de cette tisane , on évacue les excrémens qui sortent sous forme de petites crottes.
Le soir on donne le lavement anodin, et la thériaque et l’opium comme le premier jour.
Le troisième jour du traitement , on donne le lavement des peintres , du premier jour, et on ouvre le ventre par l'eau de casse composée. Pour le reste du jour on donne la tisane sudorifique laxative. Le soir, le lavement anodin, la thériaque et l’opium.
Le quatrième jour , on donne le purgatif des peintres, purgans pictorum , dont voici la formule :
Feuilles de séné 3 gros.
Faites-en une décoction assez rapprochée pour un seul verre; ajoutez :
Pulpe de casse 2 onces et demie.
Sel d’Epsom ou de Glauber 2 ou 3 gros.
Tartre stibié 1 grain.
Confection Hamec 2 gros.
“Vin émétique trouble demi-once.
ou Sirop de Nerprun 1 once.
On aide l’action de ce purgatif par la tisane sudorifique laxative. Le soir on donne le lavement anodin, la thériaque et l’opium-
Le cinquième jour , on donne encore le lavement purgatif, ensuite la tisane laxative ou leau de casse; l’après-midi, la tisane sudori-
nque simple ; le soir, le lavement anodin et la thériaque.
Le sixième jour ,onconduit lemaladecomme on a fait le jour précédent ; mais en général au bout de la seconde médecine, le malade est guéri; cependant il faut insister sur la tisane sudorifique. Quelquefois il faut plus de trois , quatre et même cinq purgations; quelquefois un seul vomissement ne suffit pas, et on est obligé de répéter de temps en temps leau benite. 1
Il y a des circonstances , rares à la vérité ou les malades ne rendent ni par la bouche’ m par les selles, les purgatifs en boisson .’ )l faut alors employer les bois purgatifs des peintres , boh purgantes pictorum , ainsi coin-
l'i AC OC •
If Diagrède
Gomme gutte. . . .
Résine de jalap.. .
Confection Hamec Sirop de Nerprun .
10 grains.
...... 12 grains.
10 grains.
. . . 1 gros et demi,
quantité suffisante.
On fait du tout douze bols , qu’on prend de deux heures en deux heures.
Quelquefois ces moyens ne peuvent forcer fa barrière ; les purgatifs en lavement et par la bouche son t mutiles; alors les purgatifs plus °!ix so,)l meilleurs; 1 huile simple quelquefois suffit, ou la marmelade de Tronchin faite avec parties égalés d huile d’amandes douces, de pulpe de casse et de manne , le tout aromatisé avec un peu d eau de fleur d’orange. On prend
cette marmelade par cuillerée de demi-heure en demi-heure. Quelquefois ces moyens doux sont encore inutiles ; alors les malades meurent avec le ventre très-tendu, et on trouve presque toujours une intus-susception intestinale, un volvulus.
S’il y a quelques symptômes inflammatoires, comme la fièvre, le délire , souvent furieux, avec langue sèche et rouge , chaleur de peau , visage rouge, yeux enflammes ; si en même temps le ventre est tendu et si le malade paraît y ressentir de la douleur , il faut presque toujours employer le traitement drastique. Un malade est entré à l'hôpital avec des symptômes qui simulaient la fièvre putride bilieuse ; le traitement drastique a diminué le délire dès le jour même ; on a insisté sur les purgatifs forts , et il s’en est beaucoup mieux trouvé. ,
Mais quand avec les symptômes inflammatoires ci-dessus mentionnés , la maladie est ancienne , que l’orage n’a point lieu par sympathie, les particules métalliques n étant point inhérentes au canal intestinal, mais ayant pénétré plus intérieurement, et irritant les membranes , les drastiques ne conviennent pas. Quelquefois même les malades ne peuvent boire à cause de la sécheresse de la langue , du resserrement du gosier et du délire ; il faut alors les émolliens purement extérieurs , les fomentations émollientes sur le bas-ventre , et presque toutes les parties du corps; les bains tièdes ; et , si la déglutition est possible , la tisane sudorifique émulsionnée; car il faut chasser la matière métallique par la peau ,
puisqu’elle a pénétré dans l'intérieur (i). Mais très-souvent ce traitement n’est que d’essai; car il n’est pas aisé de savoir si ce délire, etc. a lieu par sympathie , ou par l’introduction des particules métalliques à l’intérieur : il est donc sage de commencer par les évacuans , et s ils sont inutiles , on vient au traitement intérieur.
Quelquefois il est très- difficile de distinguer les maladies de plomb des maladies dues à d autres causes ; par exemple , ces malades viendront avec des symptômes de fièvre putride, de pleurésie ,, péripneumonie, etc.; doit-on les attribuer au plomb ou à d’autres causes? Car ceux qui manient le plomb peuvent aussi avoir des maladies qui ne soient pas effets de ce métal. Mais on les distingue les unes des autres, parce que celles-ci , qui dépendent du plomb , ont commencé par des douleurs de ventre, ou au moins par la constipation ; quand au contraire il y aura dévoiement , météorisme du ventre , et un ensemble de symptômes étrangers à la maladie de plomb, il faut un autre traitement. Au reste , ces cas ne sont pas communs , et les plus expérimentés peuvent quelquefois s’y tromper.
(i) On pensera ce qu’on voudra de cette expulsion de matières métalliques par la peau. L’éditeur ne croit pas qu en bonne physiologie , ce soit en aucune manière admissible , et ne connaît aucun fait pathologique qui ait pu donner lieu à une telle proposition. On a cependant cité un ou plusieurs malades qui , pour raison de maladie syphilitique , ayant subi un traitement mercuriel , ont rendu par la peau, dans le bain, quelques particules d’oxyde noir de mercure. *
— Régime. — Pendant le temps de la maladie et du traitement, il faut observer la diète. La douleur, la constriction de l’estomac et du canal intestinal ne permettent pas d’alimens solides, ni même quand le traitement est fini depuis un certain temps. Ces convalescens sont très-sujets à des indigestions , à cause de la sensibilité et du rétrécissement des intestins; alors les malades retombent par des douleurs de ventre ; et , ce qu’il y a de particulier, c’est que ces nouvelles douleurs doivent être traitées comme les premières. Quand on permet de la nourriture, elle doit être légère et douce, comme le lait, le beurre, le fromage nouveau : on recommande aussi les lavemens émolliens et les boissons emollientes. Ce régime pourrait être indiqué comme préservatif aux ouvriers qui manient le plomb. Il faut aussi leur recommander de nettoyer leurs mains avant de manger; d’éviter les ali mens trop secs; employer, au contraire, les nourritures propres à relâcher et détendre : par-là , ces ouvriers se préserveront des maladies de plomb.
Les suites de la colique de plomb sont des difficultés de digestions, des constipations assez opiniâtres, des faiblesses , des tremblemens et quelquefois des paralysies.
Quand après une maladie de plomb, surtout la colique, il y aura une suite de digestions lentes^ quoiqu’on prenne peu de nourriture; qu’il y aura constipation habituelle, les drastiques ne conviennent pas ; car ces symptômes dépendent du resserrement du canal intestinal avec épaississement des membranes, lequel
augmenterait par les drastiques; il faut seulement un traitement palliatif, manger très-peu à la fois, pour que le canal intestinal ne soit pas trop rempli ; prendre des nourritures émollientes et mucilagineuses : par-là , on prolonge la carrière des malheureux réduits à cet état. Quand il y a faiblesse, tremblement ( car il n’y a pas que le mercure et l’arsenic qui puissent produire ces symptômes, la plupart des substances métalliques en vapeurs peuvent les occasionner) et lassitude dans les membres, alors on continue long-temps la tisane sudorifique, non purgative , mais faite de la manière suivante :
% Sassafras
Faites bouillir dans trois pintes d’eau et ré-? duire à une; passez et ajoutez dans chaque verre , esprit de Mindererus, 10011 12 gouttes, M. Navier avait conseillé de mettre dans chaque verre 6 ou 8 gouttes de foie de soufre liquide; mais alors la boisson a une odeur si désagréable, que les malades y répugnent. Si on veut l’employer, il faut que ce soit sous forme de bol , et sec , comme nous le verrons ci-après.
Quelquefois la faiblesse des membres après la colique est telle, quelle approche de la paralysie ; on a peine à remuer les doigts , les poignets. Souvent cette difficulté est incurable, quand elle existe depuis long-temps; alors il faut continuer qaelque temps l’usage des sudorifiques, en y joignant l’extrait de genièvre
Gavac
Squine ....
Salsepareille
à la dose d’un gros, l’huile essentielle d’anis a celle de douze gouttes, pour douze bols, dont on prend deux , de deux heures en deux heures. Cette huile essentielle est un excellent sudorifique, surtout pour les substances métalliques; car des expériences réitérées semblent prouver qu’elle est spécifique dans l’empoisonnement cle l’arsenic, quand celui-ci est passé dans les secondes voies. Le foie de soufre est excellent aussi dans ces faiblesses de membres, suites des maladies métalliques. C’est pourquoi on conseille l’usage des eaux sulfureuses, comme celles de Barèges, de Cauterets, de Bagnères, d’Aix-la-Chapelle, etc. Quand on ne peut se procurer ces eaux, on fait entrer le foie de soufre, sous forme sèche , dans les bols ci-dessus à la dose de huit grains. Assez souvent les paralysies métalliques, même incomplètes, résistent à tous ces moyens; alors on a recours à l’électricité, et j’ai deux observations bien sûres où elle a réussi. M. de Haén en rapporte aussi plusieurs exemples.
Enfin, dans les gouttes - sereines, les difficultés d’ouïe, les surdités, etc., on emploie aussi les tisanes sudorifiques, etc., et surtout l’électricité.
D’après tout ce que je viens de dire, il est facile de voir, i°. que le plomb et ses préparations, soit en substance, soit en vapeurs, n’excitent pas d’inflammation ni corrosion , comme les autres poisons minéraux, tels que l’arsenic, les acides minéraux, les alkalis, le cuivre (1).
(1) L’auteur ne parle ici quedu cuivre en dissolution seulement ; car quand il est en vapeurs , il produit la colique métallique.
2°. Que le traitement doit être évacuant et prompt , et consister dans les forts émétiques , purgatifs et sudorifiques. Ce traitement est né dans l'hôpital de la Charité, où il est employé depuis plus de cerU vingt-cinq ans avec un trèsgrand succès, puisque sur plus de deux cents et trois cents sujets par an attaqués de la colique de plomb, c'est tout au plus s’il en meurt trois ou quatre, encore ne sont - ce que ceux qui sont venus long-temps après l'invasion de la colique , et qui ont passé par un traitement non convenable.
5°. Enfin , qu’il ne faut point caresser cette maladie par les mucilagineux , en un mot, par un traitement anti - phlogistique. Cette méthode, comme nous l’avons dit, ne doit être employée que très-rarement. Jl faut aussi observer, nous l’avons fait voir, de marier les rnédicamenSj et de combiner le traitement suivant le tempérament, l’âge, le sexe, etc.* (i).
— Liste des ouvriers qui manient le plomb. — . Cette liste est très - nombreuse, parce que ce métal est employé dans beaucoup d’arts, d’une manière essentielle, et qu’on ne peut remplacer par des moyens innocens. 11 est employé
( i ) V oyez l'ouvrage du docteur Mérat de Vaumartoise , qui parut d’abord en i8o3 (an xi) , sous le titre de Dissertation sur la Colique métallique , vulgairement appelée Colique des peintres , des plombiers , etc } et qui a été reproduite avec de grands developpeinens en 1812, sous le titre de I raité de la Colique métallique . Les observations de cet auteur reposent sur le traitement de la Charité, qu il a eu occasion de suivre lui-même pendant plusieurs années; et toute sa théorie est parfaitement d’accord avec l’état actuel des sciences médicales.
dans les verreries, où ses oxydes entrent dans la composition des beaux verres, des cristaux , des verres même métalliques pour l’optique, la dioptrique , etc. Aussi beaucoup de verriers sont exposés aux maladies de plomb. L’oxyde de plomb fait la base des émaux, qui lui doivent leur blancheur.
Les faïenciers , par l’émail qu’ils appliquent sur une faïence quelconque. Les potiers de terre , non à cause de la terre, mais à cause du vernis, qui est toujours préparé avec un oxyde de plomb.
Les essayeurs, les monnoyeurs, qui se servent du plomb pour la coupelle, et affiner l’or et l’argent; les orfèvres, les bijoutiers et ceux qui travaillent l’or et l’argent, par l’alliage de parties étrangères avec ces métaux.
Les fondeurs de caractères d’imprimerie, les imprimeurs, ceux qui travaillent à la casse, et même ceux qui travaillent à la presse, parce que ces caractères sont formés par l’antimoine et le plomb.
Ceux qui manient le mercure du commerce, qui est sophistiqué avec le plomb ( celui-ci se trouve même mêlé avec le mercure naturel). Les doreurs, metteurs - en -oeuvre , ceux qui mettent les glaces au tain , les potiers-d’élain , ceux qui exploitent la mine de plomb ; les plombiers, outre la colique de plomb, ont aussi des tremblemens qui sont tres-rebelles , et demandent un long usage de tisane fortement sudorifique.
Les peintres en bâtimens, non - seulement les barbouilleurs, dans les vernis desquels entrent l’oxyde de plomb et souvent la céruse,
et dont on reçoit, par an , deux ou trois cents a la Charité; rna1S encore les peintres en diffé-
rr;0®x"i ce“ qui ^ °b,i«* <•« '»»■»
Les i cartiers, parleur jaune, qui est préparé avec 1 alun, un peu de massicot, de lithar<*e
et par leur rouge fait avec le minium ’
Les passe -talonniers, qui blanchissent les talons des souliers de femmes avec la ce'ruse et les cordonniers pour femmes. Ceux qui sophistiquent le vin, et le rendent plus sucré avec a h (barge, le minium, ou même le blanc de plomb ; aussi ceux qui sont obligés de
s,t,oensdeaCd .V,,n’ SOrlt Srje‘S à des '"^positions, a de legeres coliques, à des constipations a quelques légères envies de vomir a des faiblesses dans les membres. Pour s’assurer si ces symptômes sont dus au plomb il faut essayer le vin. Pour cela, on verse dans e vin un peu de foie de soufré en liqueur Si le précipité, que ce foie de soufre occasionne toujours, est blanc, ou n’est colore' que par le vin, c est une marque que ce vin n’elt pomt tere par le plomb : si au contraire ce même précipité est sombre, brun ou noirâtre cW une preuve qu il en contient. On reconnut en
oZZiZT:héré r la iuharse et autrë
oxyae de plomb, en en faisant évaporer auel ques pintes a s.ccité; fondant ensuite le résidu dans un creuset, on retrouve , dans ce cas un
apr^sTa °foîePl0mb réduit aU fond d" --set On frelate de même la bière le cidre I»
*°Z’Tr kUr d°nner Un s°dt P1"8 doux-
Huxham a décrit la colique de Devonshire, produite, selon lui, par l'acidité de la bière; mais en effet, parce que les tonneaux étaient intérieurement cerclés de plomb. Dans le Poitou , où les vins sont assez aigres et peu spiritueux, les marchands les dulcifient avec le plomb ; aussi la colique de plomb était - elle originairement connue sous le nom de colique du Poitou, colica Pictonum. Cependant le plomb n’est pas le seul qui puisse produire cette maladie ; beaucoup d’autres substances minérales ou végétales le peuvent aussi : telles sont les particules terreuses très - atténuées , comme le plâtre : aussi les plâtriers, ceux qui travaillent les pierres, les carriers, les marbriers, les statuaires, les lapidaires, les diamantaires, les flaconniers, sont-ils sujets à une colique à peu près semblable. L’usage de l’alun trop continué produit aussi ces accidens, de même que les autres astringens et les substances acerbes : aussi l’on voit combien avait tort M. Grasswis, homme d’ailleurs distingué , qui voulait qu’on employât l’alun dans le traitement de la colique de plomb.
Il en est de même des acides végétaux trèsforts continués long-temps. Un homme est venu à (a Charité avec des symptômes effrayans de colique , constipation très-invétérée, rétrécissement de l’ombilic, etc.; il y a été traité par les drastiques, et a guéri. Cet homme faisait abus de fruits non encore mûrs; ces fruits acerbes et astringens avaient amené ces accidens. Il n’est donc point étonnant que la bière trop nouvelle et acescente, et les vins trop aigres,
produisent les memes désordres (1). C’est la maladie qu’on pourrait appeler colique végétale d Huxham , la même qu’a décrite M. Bonté , médecin de Coutances.
Le cidre nouveau produit aussi la même maladie , et demande le même traitement (2).