‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 80 sur 94 · ARGENT · texte numérisé non relu

ARGENT

L’argent est un métal d’un blanc et d’un

( 1 ) S’il est vrai , comme il n’est guère possible d’en douter , que l’usage de l’alun et des acides végétaux trop continué, que l’usage des fruits acerbes et astringens , etc. , produisent les mêmes accidens que le plomb, que devient la théorie de l’auteur sur l’action mécanique qu’exercen t dans l’économie les molécules métalliques ? On veut bien croire que des causes différentes peuvent avoir des effets identiques ; mais alors on demandera pourquoi les mêmes moyens remédient à des causes morbifiques très -différentes ? Il semblerait qu’en médecine , plus qu’en toute autre chose , les effets devraient être atta'qués par les causes. Le traitement drastique , employé empiriquement et utilement à la Charité, exerce donc une autre action que celle que l’auteur lui accorde sur les molécules métalliques.

(2) L’auteur pensait que le verre devait être compté comme une des causes de la colique métallique , et par conséquent avait plaeé sur sa liste les vitriers , les polisseurs de glaces , ceux qui travaillent les cristaux , etc. L’édi- 'teur croit que c’est à tort : il s’appuie sur une dissertation inaugurale ayant pour titre : Recherches sur les effets du /verre et des substances vitriformes , portés à Ü intérieur des organes digestifs , etc., soutenue, en 1810, par ■ M. Lesauvage , qui établit dune manière positive, par nombre d’expériences et d’observations , que c’est par erreur , et en se fondant seulement sur des préjugés , que le verre et les substances analogues pulvérisés, jouissaient mécaniquement et physiologiquement de quelque propriété délétère.

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brillant éclatant; il se trouve dans le sein de la terre, mélangé avec des substances étrangères. Il est dissoluble par les acides minéraux concentrés, et surtout par l’acide nitrique, qui le dissout le plus promptement et le plus complètement , quoique ce ne soit point lui qui ait avec l’argent la plus grande affinité , puisque cette dissolution peut être précipitée parl’acidemuriatique et par l’acide sulfurique. En effet , si l’on verse de l’acide sulfurique dans une dissolution d’argent par l’acide nitrique, il se forme un précipité blanc, qui est un sulfate à’ argent ou vitriol de lune ; l’acide muriatique produit de même un muriate d’argent, ou lune cornée .

Quand la dissolution de l’argent dans l’acide nitrique est forte , ou qu’on la fait évaporer jusqu’à un certain point, il se forme un sel lunaire ou des cristaux de lune , queBoele, Augelus-Sala ont employé dans l’hydropisie. Ce sel est irritant, corrosif, et peut exciter de fortes évacuations par les selles , ce qui souvent suffit pour guérir l’hydropisie , et ils en rapportent des observations; mais ce moyen est trop dangereux pour l’usage intérieur, et il est aujourd’hui abandonné.

Les cristaux de lune , privés le plus qu’il est possible de leur eau de crystallisation , forment un caustique très-usité en chirurgie , nom m é nitrate cV argent fondu , pierre infernale , à cause de sa couleur et de sa vertu corrosive. On l’emploie pour détruire les cicatrices, hâter la dessiccation des anciens ulcères , ronger les chairs fongueuses des plaies et des ulcères. C’est un moyen d’autant plus précieux , que

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cette pierre étant peu dissoluble , elle s’étend peu sur les parties environnantes.

Boerhaave rapporte un exemple d’empoisonnement d un élève en pharmacie, par la pierre infernale ; il en était résulté des douleurs horribles , la gangrène et le sphacèle des premières voies. Si la dose n’était pas assez fortes pour produire tout-à-coup ces accidens , il faudrait employer les mucilagineux , les délayans , comme pour les autres empoisonne— mens métalliques corrosifs (1).

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