AÉROSTATS
cidèrent à se faire élever eux-mêmes dans l'atmosphère. Les premiers qui entreprirent ce voyage d'un nouveau genre sont Pilâtre desRoziers et le marquis d'Arlandes. Leur montgolfière, fig, 358,
magnifiquement ornée, se, terminait inférieuremenl par une galerie circulaire destinée à recevoir lés voyageurs. Un réchaud était suspendu intérieurement et à leur portée ; en sorte qu'ils pouvaient , pendant leur voyage, y jeter de temps en temps de la paille , dont ils avaient une provision , afin de rendre à leur machine la force ascensionnelle que le refroidissement lui faisait perdre. Cette ascension mémorable eut lieu sans accident, le 21 novembre 1783, dans le jardin de la Muette, près Paris.
§ 283. Au lieu de remplir l'intérieur du ballon avec de la fumée ou de l'air chaud , on peut y introduire un gaz naturellement plus
412 PRINCIPES RELATIFS A L*B0U1LIBRE DES FLUIDES, léger que l'air, tel que l'hydrogène. Cette idée, qui remonte à Montgolfier, fut mise en pratique par Charles, qui en fit une première expérience publique à Paris, au Champ de Mars, le 27 août 4783. Le 4°'" décembre suivant, il s'éleva lui-même dans l'atmosphère, accompagné do Robert,au moyen d'un ballon à gaz hydrogène Cette nouvelle espèce d aérostats présente des avantages marqués sur les montgolfières. D'une part, la légèreté relative du gaz intérieur n'a pas besoin d'être entretenue par un foyer placé vers le bas ; et par suite on peut prolonger un voyage aérostatique, sans être obligé de porter avec soi une grande quantité de matières combustibles , comme cela arrive lorsqu'on se sert d'une montgolfière. D'une autre part, la présence de ce foyer audessous d'une montgolfière peut occasionner un incendie, dont les effets seraient terribles ; la suppression de ce foyer est donc, sous ce point de vue, d'une très grande importance.
Lorsqu'un ballon de cette espèce est destiné à recevoir des voyageurs, on l'enveloppe dun filet solide qui le recouvre presque complétemen t,excepté à sa partie inférieure, /îg .359. Ce filet se termine par des cordes qui descendent tout autour, et soutiennent, au-dessous du ballon, la nacelle où se placent les aéronautes.
Si le ballon était complètement •rempli de gaz à la pression atmosphérique, au moment >du départ, *^' ^^^' et que ce gaz ne pût en sortir par
aucun moyen , il pourrait en résulter de très graves accidents. A mesure que le ballon s'élève, il se place dansdes couches de l'atmosphère où la pression de l'air est de plus en plus faible. La pression que le ballon supporte extérieurement de la part de l'air diminue donc progressivement, tandis que la pression intérieure, produite par la force élastique du gaz qui y serait renfermé ne changerait pas d'intensité. L'enveloppe, qui était d'abord également pressée sur ses deux faces, se trouverait donc alors soumise, de part etd'aulre, à des pressions très différentes; cela pourrait déterminer des déchirures de celle enveloppe, ce qui permettrait au gaz de sortir en abondance, et par suite obligerait bientôt le ballon à retomber sur la terre.