‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 138 sur 169 · SOUFFLETS · texte numérisé non relu

SOUFFLETS

l'éloigner et à le rapprocher alternativement de l'autre. En vertu de ce mouvement, la capacité intérieure C augmente et diminue alternativement. Lorsque cette capacité augmente, il se forme un vide à l'intérieur et l'air atmosphérique s'y introduit à la fois par les ouvertures D, E , mais surtout p"ar la première D, qui est plus large. Lorsque au contraire les deux manches A , B , se rapprochent l'un de l'autre , l'air intérieur est comprimé, et ne pouvant sortir par l'ouverture D, qui est alors fermée, il est obligé de s'échapper en totalité par le tuyau E.

Le jet gazeux ne sort que par intermittence du soufflet dont nous venons de parler, et de plus, au moment où se fait l'aspiration, l'air extérieur tendant à entrer aussi bien par le tuyau E que par l'ouverture D, il peut arriver que de la flamme entre par ce tuyau , et vienne brûler l'intérieur du soufflet. Pour obvier à ces deux inconvénients, on a imaginé les soufflets dits à double vent. Un soufflet (le ce genre est formé de trois plaques de bois , dont deux seulement se terminent par des manches A , B, pg. 464. Entre ces plaques sont disposées, comme précédemment, deux pièces de cuir qui forment deux compartiments C, F. Le premier de ces compartiments, C, communique avec l'extérieur par une ouverture D , garnie d'une soupape de cuir pareille à celle dont nous avons déjà parlé ; il communique en outre avec le second compartiment F, par une ouverture E garnie d'une soupape du môme genre . A l'extrémité de ce second compartiment F , existe un conduit aboutissant au tuyau conique G, par lequel l'air doit être lancé. Lorsqu'on écarte les deux manches A , B, la soupape E se ferme, là soûpapô D sfôuvre ; et l'air extérieur pénètre dans le compartiment C. Lorsque ensuite on rapproche les deux manches A, B , la soupape' D se fermé, la soupape E s'ouvre, et l'air passe de C en F. Un petit ressort intérieur tend constamment à rapprocher l'une de l'autre les deux plaques de bois qui comprennent entre elles le compartiment F. Au moment où l'air passe de C en F, ce petit ressort cède, et permet à l'espace F de s'agrandir pour le contenir ; mais il réagit bientôt, et en comprimant cet air, il l'oblige à sortir par le tuyau G. Si l'on continue à faire mouvoir les manches A et B, en les éloignant et en les rapprochant successivement l'un de l'autre, de nouvelles quantités d'air viendront à chaque instant de G en F, avant que la réaction du res-

sort ait eu le temps d'expulser la totalité de l'air qui s'était précédemment introduit dans le second compartiment F. La sortie de l'air par le tuyau G néprouve donc pas d'interruption, et le jet gazeux présente une régularité d'autant plus grande que le mouvement (les manches A et B est plus rapide, ce qui ne permet pas à la tension du ressort contenu en F de varier dans des limites trop étendues. § 399. MaelilBes ■oulllaiitM. — Pour lancer de lair à l'intérieur des fourneaux , dans les usines , on emploie des machines soufflantes de diverses formes, mises en mouvement, soit par des roue> hydrauliques, soit par des machines à vapeur. Quelquefois ce sont d'immenses soufflets analogues aux soufflets que nous venons de décrire ; d'autres fois ce sont des machines à piston , en tout pareilles ii la machine pneumatique représentée par la /îgr. 459 (page 585), si ce n'est que les soupapes s'ouvrent en sens contraires. Lorsqu'on emploie ces dernières machines, l'air qu'elles puisent dans l'atmosphère est refoulé par elles dans des tuyaux qui le conduisent au\ différents orifices par lesquels il doit s'échapper. La régularité delà vitesse avec laquelle l'air est lancé étant d'une grande importance pour la marche des fourneaux , on emploie souvent pour l'obtenir on moyen analogue à celui que nous avons trouvé dans le soufflet à double vent. Ce moyen consiste à placer sur le chemin que doit parcourir l'air, à sa sortie de la machine, un réservoir cylindrique, /îg.

46 5, dans lequel se trouve un piston chargé de poids et libre de monter ou de descendre en glissant sur les parois du réservoir L'air fourni par la machine arrive dans ce réservoir d'un côté, et en sort de l'autre. Aumc^ ment où une grande quantité d'air vient s»* rendre dans cette capacité intermédiaire , le piston s'élève ; il s'aliaisse, au contraire, lorsque l'air arrive en moins grande abondance : en sorte que la force élastique de l'air contenu au-dessous du piston régulateur reste à très peu près la même, et la vitesse avec laquelle il sort du réservoir ne varie pas sensiblement.

Fig. 46 5.

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