‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 164 sur 169 · ÉLECTRO-AIMANT · texte numérisé non relu

ÉLECTRO-AIMANT

sionnerun déraillement. Celte pièce porte le nom de chasse-pierre. Un wagon spécial, auquel on donne le nom de tender, suit toujours la locomotive, et lui sert de réservoir pour l'eau et le combustible. C'est dans le tender que l'eau est constamment puisée par les pompes alimentaires de la machine, pour être introduite dans la chaudière', et y entretenir un niveau constant. Chaque piston moteur de la locomotive fait mouvoir une pompe alimentaire, dont on voit la disposition complète sur la/îg. 529. La tige m du piston de cette pompe est attachée à l'extrémité de la tige du piston moteur. Le mouvement de va-et-vient de ce dernier piston détermine en conséquence un mouvement analogue du premier, dans le petit corps de pompe n. L'eau du tender se trouve ainsi aspirée, par le tuyau o, et ensuite refoulée par le tuyau p, qui la conduite l'intérieur delà chaudière. Des soupapes sont installées dans ces deux tuyaux, dé part et d'autre du corps de pompe n, de manière à permettre à Teau.de se mouvoir dans le sens que nous venons d'indiquer, et à s'opposer à ce qu'elle prenne le mouvement contraire.

EMPLOI DE l'Électricité comme moteur.

§ 449. Ce n'est que depuis un petit nombre d'années qu'on a trouvé le moyen d'employer l'électricité comme force motrice. L'usage des machines que l'on a imaginées pour cela est jusqu'à présent extrêmement restreint ; mais nous n'en devons pas moins faire connaître le principe, tant parce qu'on y voit une application très ingénieuse des progrès des sciences, que parce que ce genre de machinesestpeut-être destiné à prendre une place importante parmi les moteurs dont se sert l'industrie.

Nous devons naturellement nous occuper tout d'abord d'indiquer le moyen que l'on a imaginé pour développer une force à l'aide de l'électricité. Nous verrons ensuite quel parti on a pu, jusqu'à présent, tirer de cette force.

§ 450. Électro-aimant. — Supposons que Ton prenne un mor"» ceau de fer doux, ayant par exemple la forme d'un cylindre, et qu'on enroule autour de lui un fil métallique enveloppé de soie, en lui faisant faire un grand nombre de tours. Si l'on vient à faire passer le long de ce fil métallique un courant d'électricité produit par une pile, le cylindre de fer doux se trouve immédiatement transformé en un aimant ; l'aimantation disparaît aussitôt que le courant électrique cesse de passer.

On peut courber le morceau de fer, pour lui donner la forme d'un fer à cheval, comme on le voit sur la fig. 534. Lorsque le courant électrique est établi, l'aimant artificiel A A se trouve avoir ses

Fis. i*'»*'

688 EMPLOI DE l'Électricité comme moteur.

deux pôleà rapprochés l'un de Tautre ; et Ton peut les mettre en contact avec un second morceau de fer 6, supportant un poids qui est ainsi soutenu par Taimant, si son énergie est suffisante. Dès qu'on supprime le courant électrique, la force qui supportait la pièce B est anéantie, et cette pièce tombe.

Un morceau de fer doux, disposé comme nous venons de le dire, au milieu d'un grand nombre de spires d'un fil métallique envelop^ de soie, prend le nom d' électro-aimant. Souvent un électro-aimant, au lieu d'être un cylindre de fer courbé en fer à cheval, est formé de deux cylindres de fer placés à côté l'un de l'autre, et réunis à Tune de leurs extrémités par une pièce de fer transversale qui leur est fixée.

§ 451 . Télégraphe éleetriqae. —L'invention toute récente et si merveilleuse du télégraphe électrique est fondée sur la propriété de l'électro-aimant de prendre et de perdre l'aimantation avec une extrême rapidité, suivant qu'on établit où qu'on interrompt le courant électrique, lors même que la longueur du fil dans lequel passe ce courant est très considérable. Il est aisé de concevoir en efiFet comment on peut utiliser cette propriété, pour 'déterminer presque instantanément la production de divers signes à une très grande distance.

Imaginons pour cela qu'une pile soit établie à Paris, par exemple , qu'un fil métallique parte du pôle positif de cette pile, et aille jusqu'à Rouen; que là ce fil s'enroule un grand nombre de fois autour d'un morceau de fer disposé en fer à cheval, de manière à constituer un électro-aimant ; et qu'enfin le fil revienne à Paris, pour se réunir au pôle négatif de la pile. Il suffira d'établir et d'interrompre successivement le courant à Paris, pour produire et supprimer aussitôt l'aimantation de l'électro-aimant siluéàRouen. Supposons de plus que l'on ait disposé, tout près des pôles de cet électroaimant, un morceau de fer doux qui soit mobile, de manière à pouvoir se mettre en contact avec ces pôles, et qui en soit cependant écarté par un léger ressort. Au moment où l'on établira le courant électrique à Paris, ce morceau de fer sera attiré par l'aimant, et viendra se mettre en contact avec lui, en faisant céder le petit ressort qui le retient : aussitôt que l'on interrompra le courant, l'aimantation disparaîtra, et le morceau de fer doux n'étant plus attiré.

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