ROUE A CHEVILLES
les chevilles, comme sur une échelle ; le poids de leur corps force la roue à tourner; la pierre monte, et lorsqu'elle est arrivée au-dessus de Torifice du puits , un ouvrier recouvre cet orifice de forts madriers sur lesquels on la laisse redescendre.
Entrons dans quelques détails sur l'action des forces dans cette machine. Lorsqu'un homme exerce une pression ou une traction pour vaincre une résistance , il développe une force plus ou moins grande, suivant la grandeur de cette résistance. Ici il n'en est pas de même; la force provenant de l'action d'un homme sur la roue est le poids de son corps, et il n'est pas libre de faire varier cette force à volonté : mais il peut faire varier le bras de levier sur lequel elle agit, et c est ainsi qu'il parvient à faire équilibre au poids qu'il veut soulever. Admettons, pour simplifier, qu'un seul ouvrier monte sur les chevilles de la roue, et que son poids suffise pour élever la pierre suspendue au câble. On voit que, lorsque l'ouvrier est au point A, fig. 68, son poids doit être regardé comme agissant sur le bras do levierON; en sorteque ce brasde levier augmente, si l'ouvrier s'élève de A en B. On conçoit donc qu'il puisse se placer sur la roue, de manière à faire équilibre au poids de la pierre : il faudra pour cela que son poids et le poids ^J de la pierre soient inversement proportionnels aux bras de levier ON et OM. Soit A la position que doit occuper l'ouvrier, pour que l'équilibre ait lieu. S'il monte en B, le bras de levier sur lequel il agit augmente; son poids, qui n'a pas diminué, se trouve .
trop fort pour faire encore équilibre à la résistance; une portion seulement de son poids est employée à produire cet équilibre, et l'autre portion détermine le mouvement de la roue dans le sens de la flèche f. L'ouvrier se
trouve donc ramené en A ; s'il continue à monter, la roue ne cessera pas de tourner, et la pierre sera ainsi élevée jusqu'au-dessus du puits, -à l'ouvrier, au lieu de monter, descendait de A efi C, le bras du
5â MACHINES A L'ÉTAT D'ÉQUILIBRE.
levier sur lequel il agirait diminuerait de longueur, son poids ne serait plus assez fort pour faire équilibre à la pierre, et la roue prendrait un mouvement contraire, dans le sens de la ilèche f, ce qui te ramènerait encore en A. On voit donc que le point A est une position d'équilibre stable pour l'ouvrier, puisque s'il s'en éloigne, soit en montant, soit en descendant, la roue prend toujours un mouvement en vertu duquel il est ramené en ce point A.
Si l'ouvrier se place en A', son poids fera aussi bien équilibre au poids de l'a pierre que lorsqu'il est en A, puisque son bras de levier sera la même ligne ON. Mais l'équilibre sera instable : que l'ouvrier monte ou descende sur la roue, à partir du point A', la roue prendra un mouvement qui l'en éloignera de plus en plus. La stabilité de réquilibre qui a lieu, lorsque l'ouvrier est au point A, est d'une très grande importance, en ce qu'elle prévient les accidents graves qui se produiraient si la roue était entraînée par le poids de la pierre, et emportait l'ouvrier dans son mouvement; ausSi, pour conserver les avantages de cette stabilité, doit-on faire en sorte que le point A soit notablement plus bas que l'axe du treuil , car elle pourrait devenir inefficace, si ce point n'était que très peu inférieur à l'axe.
§ 58. Courroie sans fin. — Lorsqu'on veut transmettre le mouvement de rotation d'un arbre à un autre arbre parallèlle au premier, et qui n'en est pas très rapproché , on emploie souvent une courroie sans fin, qui embrasse deux tambours, dont chacun est fixé à un des arbres. Ce mode de transmission de mouvement est employé surtout dans les ateliers où plusieurs machines, disposées pour effectuer diverses espèces de travaux, reçoivent le mouvement d'une même machine motrice , d'une roue hydraulique par exemple , ou d'une machine à vapeur. La niachine motrice fait tourner un ou plusieurs arbres qui s'étendent dans toute la longueur des ateliers ; et c'est sur ces arbres que sont placées , de distance en distance, les courroies qui doivent faire mouvoir les diverses machines-outils destinées , soit à travailler les métaux , soit à préparer et filer le coton, soit à scier le bois, etc. La /îgf. 69 montre une transmission de ce genre : la courroie, entraînée par le mouvement de rotation de l'arbre AB, fait tourner une meule à aiguiser. Si l'on veut arrêter le mouvement de la meule, il suffit de pousser vers la gauche l'extrémité C du levier CDE, mobile autour du point D; la fourchette qui termine le levier en E, et dans laquelle passe la courroie, est alors portée vers la droite; et la courroie, entraînée latéralement par cette fourchette, vient s'enrouler sur un second tambour placé à côté de celui sur lequel elle était appliquée. Ce second