BAQUET
leur du plan soit la moitié dé sa longueur, cette résultante devra être la moitié du poids du tonneau : la force déployée par chacun des hommes, étant quatre fois plus petite, ne sera donc que la huitième partie de ce poids.
Ce qui vient d'être dit est parfaitement exact dans le cas d'une rampe : il n'en est pas tout à fait de même dans le cas d'un escalier. Les marches de l'escalier amènent de l'irrégularité dans la descente, ainsi que dans la grandeur des forces que les hommes doivent appliquer aux cordes pour retenir les tonneaux : mais on peut regarder ces forces, qui varient d'un moment à l'autre, comme étant en moyenne les mêmes que si l'escalier était remplacé par une rampe de même pente.
§ 65. Haqiiet. — Le haquet est une espèce de charrette à long brancard , qui est beaucoup employée pour transporter des ballots pesants et surtout des tonneaux. Les limons ne font pas corps avec ie brancard : ils lui sont attachés seulement par une espèce de grand boulon de fer, qui traverse sa partie antérieure, et autour des extrémités duquel ils peuvent tourner librement. Ce mode de jonction permet de faire basculer le brancard , de manière à appuyer son extrémité postérieure sur le sol ; dans ce mouvement de bascule, les limons restent à peu près dans la position horizontale qu'ils avaient auparavant, et le cheval ne s'en trouve nullement gêné. Le brancard ainsi placé, /igf. 86, forme un plan incliné: le chargement
Vis- s G
et le déchargement des fardeaux s'y feront donc beaucoup plus facilement que sur une charrette ordinaire. Les limons portent en outre, dans le voisinage de leur jonction avec le brancard, un tour à l'aide duquel un homme seul peut charger et décharger des fardeaux très pesants.
Lorsque le haquet est convenablement chargé, on relève l'extrémité postérieure du brancard , qui reprend ainsi sa position horizontale. La corde qui s'enroule sur le tour, et qui est destinée à faire
72 MACHINES Â l'État d'équilibre.
monter les fardeaux sur le brancard incliné, sert ensuite, pendant toute la durée du transport, à les maintenir dans la position qu on leur a donnée. A cet effet , on la fait passer sur les fardeaux , on l'attache à la partie postérieure du haquet, et, à l'aide du tour, on lui communique une tension suffisante ; puis, afin de maintenir cette tension, on attache aux limons un des leviers qui servent à agir sur le tour.
11 nous sera facile de déterminer la grandeur de la force que doit développer un homme, en agissant à l'extrémité de l'un des leviers du tour, pour faire monter, sur le brancard incliné , un corps qui serait attaché à la corde du tour. Admettons que, lorsque le brancard est incliné, la hauteur de sa partie antérieure au-dessus du sol soit le quart de sa longueur : la tension de la corde devra être le quart du poids du corps qu'elle fait monter, d'après ce que nous avons vu dans le § 63 . Si le bras de levier de la force développée par l'homme est dix fois plus grand que le rayon du tour, cette force devra être dix fois plus petite que la tension qu'elle communique à la corde : elle sera donc aussi quarante fois plus petite que le poids du corps. Ainsi, avec une force de 30^, appliquée à l'extrémité de l'un des leviers du tour, on pourra faire monter sur le haquet un fardeau pesant 1200"^.
Cette machine, qui présente une heureuse combinaison du tour et du plan incliné, est de l'invention de Pascal.
§ 66. Coin. — Le coin sert, comme on sait, A: — ]—]^ pouï* écarter deux corps l'un de l'autre, ou deux ^'''^7-— portions d'uû même corps, lorsque cet écarte- -.-4-^^^ ment ne peut s'effectuer qu'en employant un grand effort.On s'en sert notamment pour fendre le bois à brûler. Un coin n'est autre chose qu'un prisme triangulaire ABC, fig, 87, ordinairement de fer, dont une des faces AB est petite' relativement aux deux autres faces AC, BC; ces deux dernières faces sont d'ailleurs habituellement égales l'une à l'autre , en sorte que le prisme est isocèle. En appliquant une force perpendiculairement à la face AB, que l'on nomme la tête du coin, on détermine son enfoncement dans la feiil« où on l'a préalablement introduit; et il en résulte un écartement des deux bords de cette fente, avec lesquels les faces AC,BG sont en contact. Afin de nous rendre compte du mode d'action du coin, cherchons à déterminer la grandeur de la force qu'il faudrait appliquer sur la